août - 2012 02
DOK "genius bar"

Futur "Genius bar" - DOK Library Concept Center

  1. La bibliothèque n’est pas un entrepôt de livres : les bibliothèques ne sont plus axées sur le livre et les collections mais plutôt sur les usagers, le public. Dans une bibliothèque traditionnelle, 70% de l’espace est consacré aux livres et aux rayonnages et 30% au public. Actuellement, les nouvelles bibliothèques appliquent l’inverse : 70% de l’espace consacré au public contre seulement 30% pour les collections. Dans les pays scandinaves, la proportion consacrée au public est encore plus importante et peut atteindre 80%  dans les nouveaux projets.
  2. La bibliothèque est un lieu de création : la bibliothèque offre des espaces de création littéraire, artistique, numérique et technologique à ses usagers. Des espaces pour imaginer, inventer, innover, créer et expérimenter. Et pour cela, elle met à la disposition des usagers des outils et des moyens. La bibliothèque devient un lieu de démocratisation de la créativité et de l’innovation. Des FabLabs, Makerspaces, Hackerspaces, MediaLab et autres formes de laboratoires et d’ateliers de fabrication numérique voient le jour dans les bibliothèques publiques. Exemple de la Fayette Free Library avec son Fabulous Laboratory ou le futur Urban Media Space à Aarhus au Danemark avec ses multiples laboratoires : FictionLab, Literature Lab, Transformation Lab, etc. Véritable révolution, l’usager de la bibliothèque devient créateur et pas seulement consommateur.
  3. La bibliothèque est un lieu d’apprentissage : s’inspirer du modèle des Learning Centres pour offrir des lieux favorisant l’apprentissage et la formation tout au long de la vie, des  lieux hautement technologiques qui offrent l’accès à l’information et au savoir, sous toutes ses formes : à travers les collections, les jeux, les activités littéraires et artistiques, les formations et la technologie. La bibliothèque participe à la réduction du fossé numérique et soutient l’alphabétisation numérique. Exemple des Idea Stores de Londres axés sur la formation.
  4. La bibliothèque est un lieu de socialisation, un troisième lieu. Cela ne se limite pas à introduire un café pour qu’une bibliothèque devienne un troisième lieu. C’est une approche qui doit se refléter dans tous les espaces de la bibliothèque et dans la vision du projet. La bibliothèque est un espace de rencontre, de discussion et de débat. Elle  favorise les interactions et les connexions, les loisirs et la détente.
  5. La bibliothèque est un lieu d’expérience. En marketing mix, l’accent n’est plus mis sur le Produit, jadis élément important des 4P (Produit, Place, Prix, Promotion) mais plutôt sur l’expérience, élément issu des 4 E (Experience, Every place, Exchange, Evangelism). Même chose en bibliothèque, le livre n’est plus le « produit » principal, on met l’accent sur l’expérience usager. La bibliothèque est centrée sur l’usager, ses besoins et ses préférences.  Elle est un lieu d’exploration et de découverte, un lieu d’expérience, à la manière des Apple Stores, un lieu qui incite l’usager à rester plus longtemps et à revenir, où les usagers ne viennent pas juste pour emprunter mais pour vivre une expérience unique. L’exemple de Cerritos Public Library (Californie) et son concept de « New experience » Library, tel que développé dans «The Experience Economy» et l’exemple de Hjorring Library au Danemark.
  6. Une place pour chacun : la bibliothèque est un lieu ouvert à tous et offre un espace pour le travail en groupe, le travail individuel, un espace pour discuter, socialiser, un espace pour manger, etc. l’adolescent y trouve sa place, de même que l’enfant, la personne âgée, les familles, etc. Cela implique une polyvalence au niveau des espaces. La bibliothèque prend en considération tous les publics et les catégories d’âge et offre des espaces à tous et des zones pour différentes activités.
  7. Design participatif, co-création avec l’usager. L’usager est au centre et on construit pour lui, pourquoi se mettre à sa place et deviner ce qu’il veut, pourquoi ne pas lui demander son avis directement, connaître ses besoins. Consultations publiques, enquêtes et sondages auprès de la population à desservir sont nécessaires. On fait participer l’usager dans le processus de design et de cette façon, on s’assure que la bibliothèque est construire de son point de vue et non de celui de l’institution.

La multiplicité des modèles, Idea Stores, Learning Centres, troisième lieu, FabLab, MakerSpaces, etc.  doit être une source d’inspiration. Les modèles ne sont pas des franchises, il ne suffit pas de copier la recette d’un modèle pour en assurer le succès !

Chacun des modèles a été développé dans un contexte particulier, pour des besoins particuliers et pour une population avec des caractéristiques sociodémographiques et socio-économiques bien précises.

Il est important de s’inspirer et de combiner les éléments à succès des différents modèles pour créer une bibliothèque parfaitement intégrée dans son milieu et répondant aux besoins de sa population.

Quelque part sur le web, quelqu’un a déjà écrit que « les bibliothèques ne vont pas disparaître, elles vont juste exister différemment ».

Photo : Futur « Genius bar » à la DOK Library Concept Center. Source : Flickr, galerie de The Shifted Librarian, licence: CC BY-NC-SA 2.0

Pour aller plus loin :

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fév - 2012 22

new model3

Model of the library as "space" in the knowledge society

1. A New model for the public library in the knowledge and experience society. Le document propose un nouveau modèle de bibliothèque publique basé sur quatre objectifs : l’expérience, l’implication, le renforcement et l’innovation. De ces objectifs découlent quatre principaux types d’espace : Espace d’inspiration (inspiration space), Espace d’apprentissage (learning space), Espace de rencontre (meeting space) et Espace de performance (performative space). Le modèle propose d’intégrer les quatre objectifs dans l’architecture, l’aménagement, les services et les programmes de la bibliothèque.

2. Bibliothèque d’aujourd’hui : lignes directrices pour les bibliothèques publiques du Québec. Il s’agit d »une mise à jour des normes publiées en 1996 « Pour des bibliothèques québécoises de qualité ». Le chapitre 9 porte sur les ressources matérielles dont les différents espaces de la bibliothèque et l’architecture. En annexe, on retrouve des outils de mesure sur les collections, les superficies, les places assises et des données techniques sur l’éclairage et le mobilier. Une publication des Éditions de l’ASTED.

3. Top 10 Libraries for Children. Un classement réalisé par Livability sur les bibliothèques américaines. Parmi les critères : les bibliothèques ayant des espaces visuellement attractifs pour les enfants, la diversité des programmes et l’intégration des nouvelles technologies. La première place revient à la célèbre bibliothèque ImaginOn grâce à l’excellence de ses programmes et environnements offerts aux enfants.

4. Une nouvelle bibliothèque publique à New-York par 1100 Architect - Architecture.  Présentation avec photos de la nouvelle bibliothèque de New-York qui occupe les deux étages d’une tour d’habitation.

5. Le tiers-lieu, moteur de la créativité économique, sociale et culturelle ? «Le concept de tiers-lieu s’inscrit dans la problématique des lieux créatifs et de l’alchimie de la proximité et de l’échange. C’est un lieu hybride et fluide où convergent des dynamiques de développement économique, social et culturel. A ce titre, le tiers-lieu peut apparaître comme la particule élémentaire du lieu créatif. Il pourrait ainsi être l’incubateur du nouveau paradigme de l’organisation socioéconomique et « le processeur de l’intelligence collective » ».

Pour aller plus loin, consultez nos outils de veille :

http://www.netvibes.com/programme-rac
http://www.delicious.com/espaceb/RAC
http://wikibpm.bibliomontreal.com

Recherche : Touria Fadaili et Marie D. Martel

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