déc - 2016 06

2016-10-27_112

(Crédit Michel Legendre, BAnQ)

Le mercredi 9 novembre je me suis sentie comme un enfant à Noël : entourée de gadgets technos, et même de Lego!

J’étais invitée à l’inauguration du Square Banque Nationale, un nouvel espace de création numérique à la Grande bibliothèque, gratuit et destiné aux ados de 13-17 ans. Le Square Banque Nationale est un espace physique situé à la Grande bibliothèque ainsi qu’une plateforme numérique collaborative accessible partout au Québec sur square.banq.qc.ca. Eh oui, vous avez lu correctement le nom « square »; il s’agit bien d’un mot français qui, selon Wikipédia, signifie « une petite place urbaine occupée par un jardin public ».                                                                                                          

Heureusement que j’ai eu la chance de visiter le Square lors de l’inauguration puisqu’il est normalement interdit aux adultes. Les ados qui le fréquentent auront la chance d’exprimer leur créativité, sans jugement ni peur d’erreur, en profitant de la technologie dernier cri. Le Square offre, entre autres, 15 portables de pointe, une imprimante et scanner 3D, un écran vert, de l’équipement pour réaliser de l’animation image par image et de la photographie, de la programmation spécialisée, des espaces de travail individuel et travail de groupe ainsi qu’un coin de détente.

 

20161109_174056_HDR

Voici un aperçu de ce qu’on trouve au Square : un numériseur 3D, un ordinateur portatif pour la modélisation 3D et une imprimante 3D. (Crédit Robyn Maler, Bibliothèques de Montréal)

20161109_174152

Ce numériseur 3D de la marque Matter and Form permet aux usagers de créer des copies d’objets existants. (Crédit Robyn Maler, Bibliothèques de Montréal)

2016-10-27_030

 Des utilisateurs ados expérimentent avec l’écran vert pour un tournage de vidéo.  (Crédit Michel Legendre, BAnQ)

2016-10-27_033

À l’écran, la transformation numérique de l’écran vert en scène de nature.  (Crédit Michel Legendre, BAnQ)

2016-10-27_001

 Voici des postes de travail avec ou sans poste informatique. (Crédit Michel Legendre, BAnQ)

2016-10-27_100

Voici le coin détente, où les usagers peuvent jouer aux jeux vidéos.  (Crédit Michel Legendre, BAnQ)

Mais comment est-ce qu’un lieu de création numérique peut s’inscrire dans la mission de la bibliothèque publique? Tout simplement : les bibliothèques ont à cœur de démocratiser l’accès aux technologies, selon l’Association des bibliothèques publiques du Québec. Le Square contribuera alors à améliorer la littératie numérique d’une nouvelle génération de Québécois. Les compétences numériques ne cessent de devenir de plus en plus en demande et en vogue dans plusieurs secteurs, et l’accès aux dernières technologies représente toujours une barrière à l’acquisition de ces compétences.

Lors de l’inauguration, nous avons visionné une vidéo créée par Émile Roy et Mehdi Agnaou, jeune vidéastes et humoristes. Les deux adolescents ont utilisé les équipements du Square pour créer une vidéo drôle et dynamique. C’était un avant-goût du potentiel de cet espace de création numérique!

 

Informations pratiques :

Grande Bibliothèque, niveau 1
Métro Berri-UQAM

Du mardi au vendredi : de 14 h à 22 h
Le samedi et le dimanche : de 10 h à 18 h

Courriel : square@banq.qc.ca

Mot(s)-clé(s) associé(s) à cet article :
nov - 2016 23

Commencé il y a quelques mois puis mis de côté, le sujet de cet article a regagné toute sa pertinence et son intérêt en regard de l’actualité québécoise récente.

Fin octobre, nous apprenions que le téléphone de Patrick Lagacé, un des chroniqueurs star de La Presse, avait été mis sur écoute par le Service de Police de la ville de Montréal. Plusieurs journalistes auraient subi la même intrusion dans leur travail et leur vie privée.

Le 2 novembre dernier, Edward Snowden, le lanceur d’alerte américain le plus connu, donnait une vidéo-conférence à l’Université McGill. Il est revenu entre autres sur l’affaire Lagacé et sur l’importance de protéger sa vie privée numérique.

 

Il existe de multiples façons d’être un bibliothécaire engagé, et par le passé, de nombreuses figures de cette profession se sont illustrées (pensons par exemple à Éva Circé-Côté) dans la lutte pour l’éducation, l’accès à l’information pour tous. En ce sens, le métier de bibliothécaire n’a pas tellement changé. Bien que datant de 1994, la version actuelle du Manifeste de l’UNESCO sur la bibliothèque publique est encore abondamment citée. Et pour cause. Dans un monde où la production de l’information se multiplie à une vitesse qui n’a presque plus rien d’humain, dans un univers numérique omniprésent et où la fameuse fracture ne disparaît pas tant que ça (entre accès aux technologies et véritable compréhension de celles-ci), il est bon de rappeler que les missions de la bibliothèque publique, qui s’incarnaient dans le monde physique, doivent aussi se retrouver dans notre monde numérique :

  • soutenir à la fois l’auto-formation ainsi que l’enseignement conventionnel à tous les niveaux
  • assurer l’accès des citoyens aux informations de toutes catégories issues des collectivités locales
  • faciliter le développement des compétences de base pour utiliser l’information et l’informatique ;

Mais c’est surtout dans le premier paragraphe du Manifeste que l’on retrouve en filigrane les défis que vivent les bibliothèques et les bibliothécaires d’aujourd’hui :

La liberté, la prospérité et le développement de la société et des individus sont des valeurs humaines fondamentales. Elles ne peuvent s’acquérir que dans la mesure où les citoyens sont en possession des informations qui leur permettent d’exercer leurs droits démocratiques et de jouer un rôle actif dans la société. Une participation créatrice et le développement de la démocratie dépendent aussi bien d’une éducation satisfaisante que d’un accès libre et illimité à la connaissance, la pensée, la culture et l’information.

 

Et parmi ce flot d’informations, il y a toutes celles que nous produisons, en écrivant des courriels, en naviguant sur des sites, en nous identifiant, en marchant, en jouant, en cliquant sur J’aime. Des informations qui a priori nous appartiennent, sont privées, et qui sont pourtant collectées, analysées et revendues. Non, nous ne sommes pas tous surveillés par la NSA, mais la liberté et le respect de notre vie privée que nous exigeons et qui nous semble absolument normal dans le monde physique, ne se retrouvent pourtant pas tout à fait dans l’univers numérique.

 

Quelques petits rappels de la loi au Québec :

Charte des droits et libertés de la personne :

  • Toute personne a droit au respect de sa vie privée. (article 5)

Code civil du Québec :

  • Toute personne a droit au respect de sa réputation et de sa vie privée. (article 35)
  • Peuvent être notamment considérés comme des atteintes à la vie privée d’une personne les actes suivants:
    • 1°  Pénétrer chez elle ou y prendre quoi que ce soit;
    • 2°  Intercepter ou utiliser volontairement une communication privée;
    • 3°  Capter ou utiliser son image ou sa voix lorsqu’elle se trouve dans des lieux privés;
    • 4°  Surveiller sa vie privée par quelque moyen que ce soit;
    • 5°  Utiliser son nom, son image, sa ressemblance ou sa voix à toute autre fin que l’information légitime du public;
    • 6°  Utiliser sa correspondance, ses manuscrits ou ses autres documents personnels. (article 36)

Ces deux documents officiels et constitutifs de notre société sont très clairs : le respect de la vie privée est un des droits fondamentaux des québécois, des humains.

 

Alors, sans tomber dans la paranoïa, que peut-on faire?

Je crois sincèrement que les bibliothèques publiques ont un rôle important, pour ne pas dire primordial, à jouer dans le domaine de la littératie numérique (rendre chaque citoyen actif, créatif et critique face au numérique). Cet accompagnement que les bibliothèques peuvent faire se joue sur différents points. L’un deux est la sensibilisation des citoyens aux concepts de vie privée et protection des données sur Internet. Il s’agit également de leur donner des outils pour protéger les informations qu’ils produisent.

Une des premières étapes sera peut-être de devoir répondre au scepticisme des usagers (ou de vos collègues). Vous trouverez réponses et arguments aux classiques « Je n’ai rien à cacher », « Je/Ma vie n’intéresse personne », « Ce n’est pas grave que l’on sache ce que j’ai mangé au déjeuner », et autres sur ces deux sites :

 

Et Edward Snowden le rappelait à McGill « Le droit à la vie privée, c’est le droit d’être soi-même »[1].

 

Il existe différents moyens de protéger votre vie privée sur Internet, principalement en utilisant les bons outils, navigateurs et autres produits issus du monde du libre.

Parlons moteurs de recherche. Qui n’utilise pas Google?  Et pourtant il en existe d’autres tout aussi efficaces (ou presque, soyons tout de même honnêtes) et bien plus respectueux de la vie privée. En haut de la liste : DuckDuckGo et Qwant (Qwant possède même une version pour les plus jeunes : Qwant Junior, qui propose une interface adaptée et filtre pour éliminer le plus possible les contenus non appropriés). Qwant a d’ailleurs passé un accord avec Mozilla cet été pour que le moteur de recherche soit disponible sur Firefox de façon intégrée.

Quelques liens à suivre, des pages à lire pour comprendre le monde numérique dans lequel nous évoluons aujourd’hui :

  • Protection de la vie privée en ligne et sur les réseaux sans fil : un site du Commissariat à la protection de la vie privée du Canada qui a pour mission de protéger et de promouvoir le droit à la vie privée. On y trouve beaucoup d’informations sur la loi canadienne et des conseils concernant une foule d’aspects reliés à la vie privée, et plus particulièrement sur le numérique ici.
  • Dégooglisez votre entourage en quelques tutos-vidéos ! : Framasoft est un réseau d’éducation populaire, issu du monde éducatif, consacré principalement au logiciel libre. Un de leur projets phares s’intitule Dégooglisons Internet. Framasoft propose donc toutes sortes d’alternatives aux logiciels, programmes, sites que nous utilisons et qui ne sont pas respectueux de notre vie privée.
  • Library Freedom Project: ce projet américain est celui d’un partenariat entre bibliothécaires, avocats, informaticiens et défenseurs de la vie privée. Leur but est de sensibiliser à la surveillance et d’outiller les bibliothécaires pour y faire face, et par-delà les usagers des bibliothèques. L’organisme participe également à The Tor Project et propose un kit pour les bibliothèques qui souhaitent devenir des relais Tor.
  • 5 étapes pour commencer à protéger la vie privée des usagers : Thomas Fourmeux, assistant multimédia en bibliothèque et fortement engagé dans la défense des libertés numériques (suivre son blogue : http://biblionumericus.fr/), a repris des outils proposés par Alison Macrina du Library Freedom Project dans un article récent du Library Journal. Dans son dernier article, il propose d’autres trucs à appliquer dans notre vie personnelle et pourquoi pas, professionnelle aussi.
  • Compte-rendu du café vie privée du 18 juin : compte-rendu d’une rencontre de bibliothécaires parisiens et d’usagers autour de la protection de la vie privée en ligne. Présentation du formateur disponible et très intéressante.
  • Internet Citizen: blogue de Mozilla qui prodigue des conseils (en anglais) pour comprendre et protéger sa vie privée sur Internet.

Au Québec :

  • Crypto Québec : média numérique indépendant dont les sujets et les champs d’action tournent autour des enjeux de sécurité informatique, géopolitique, vie privée, technologie de l’information et renseignement.
  • SQIL : la Semaine québécoise de l’informatique libre. Évènement annuel autour de la culture du libre (logiciel, matériel, savoir) et des communs numériques. Organisée par FACIL.

 

Et n’oubliez pas : sur Internet, si c’est gratuit, c’est vous le produit.

Mot(s)-clé(s) associé(s) à cet article :
juin - 2016 21
Affiche-petit-format-06

Trouvé ici. CC BY-NC-ND 4.0

  • Future bibliothèque de Caen (France). Une nouvelle bibliothèque de presque 5000 m2 et 582 000 documents, et avec comme objectif d’atteindre 1 000 000 de documents. On est loin, très loin de la bibliothèque tiers lieu, où l’espace prime sur la collection. À suivre.
  • FabLabs, tiers-lieux, hackerspaces, makerspaces, espaces de coworking… Comment s’y retrouver? Ces termes commencent à nous être familiers, mais voici une typologie qui permettra de les différencier, de savoir de quoi on parle exactement. Et puis, « ces espaces s’inscrivent dans une même démarche : favoriser la rencontre et l’échange entre personnes, intérêts et compétences, qui n’ont pas forcément vocation à se croiser. De ce point de vue, ces lieux participent à  renforcer la cohésion sociale. » N’est-on pas en train de parler de la bibliothèque publique?
  • Poker créatif des bibliothèques. Un jeu de l’Institut des Futurs souhaitables qu’un groupe de bibliothécaires et autres curieux de l’innovation a adapté au monde des bibliothèques. C’est un jeu de carte dont le but est de favoriser la créativité en équipe en associant objets et adjectifs. Simple, matériel libre disponible gratuitement ici, durée du jeu variable (courte ou longue), un mini biblioremix facile à mettre en place. N’hésitez pas à le tester en bibliothèque avec vos équipes. Et racontez-nous!
  • À l’autre bout de la planète, on discute aussi bibliothèques au Southern African Online Information Meeting 2016. On y parle de ce qui définit les bibliothèques, de leurs objectifs et de comment y parvenir (en faisant certaines choses, mais peut-être en arrêtant d’en faire d’autres?), de ne plus nous identifier à une collection, mais plutôt à un espace (tout en en sortant!), et que les bibliothèques sont des « engines of hope and kindness ».
juin - 2016 13
post-it-notes

Giorgio Montersino via Flickr - CC BY-SA

1. L’ABF réussit à valoriser l’innovation à son congrès 2016. Un rapide compte-rendu des trois jours du Congrès de l’Association des Bibliothécaires de France des 9-10-11 juin derniers sur le thème de l’innovation. Une innovation vue d’un point de vue social, technologique et territorial sur fond de débat sur les horaires élargies des bibliothèques. Une participante convertie : « Je crois de toute façon que lorsqu’on commence à casser les codes, on devient accro à ça, l’innovation, c’est addictif. »

2. Comment développer une culture de l’innovation dans les bibliothèques ? La présentation de Silvère Mercier, sur son blogue Bibliobsession, faite au congrès de l’ABF la semaine dernière. Où l’on parle de formation, de médiation numérique (et non de médiation du numérique), de l’importance de forger une culture numérique commune et de la veille, où « l’innovation existe là où la prise de décision est décentralisée ».

3. Bibliothèques : pourquoi jeu vidéo et FabLab ne sont pas qu’un “coup de jeune”. Retour sur les ateliers techno proposés aux participants du Congrès de l’ABF. Discussion croisée entre plusieurs professionnels des bibliothèques. Où l’on parle d’éducation à la citoyenneté numérique, de « ne pas laisser la technique aux techniciens », du numérique comme nouvel outil et des « technologies qui favorisent le vivre-ensemble, déjà au cœur de la bibliothèque ».

4. Une imprimante 3D en médiathèque : Pour quoi faire ? Quelques arguments pour faire entrer l’impression 3D dans la bibliothèque et des exemples concrets de ce que l’on peut faire avec.

5. Tuto des makers #11: fabriquez votre casque de réalité virtuelle. Un tutoriel vidéo de moins de deux minutes pour fabriquer son propre casque de réalité virtuelle (beaucoup moins cher qu’un Oculus Rift!). Au programme : du carton, des lentilles, du velcro, des aimants, une règle, des ciseaux et un peu de pliage et d’astuce.

6. 60 secondes pour comprendre la réalité virtuelle. Un petit film d’animation expliquant la réalité virtuelle et ses applications. Et pour ne pas les confondre : 60 secondes pour comprendre la réalité augmentée.

Mot(s)-clé(s) associé(s) à cet article :
juin - 2016 02

image_RVBP

Les 26 et 27 mai dernier, avait lieu à Montréal la deuxième édition du Rendez-vous des bibliothèques publiques du Québec. Deux jours de conférences, un atelier, des rencontres, des retrouvailles, un conservateur de Paris, un directeur de la Bibliothèque de Los Angeles, et bien plus encore, étaient au programme. Tout cela avec l’idée de faire les pleins feux sur nos bibliothèques.

 

Le thème de ce Rendez-vous était plus large que celui de l’année passée (la littératie sous toutes ses formes), ce qui a permis d’inviter des conférenciers provenant de milieux très variés venus présenter des sujets très différents les uns des autres. Nous sommes ainsi passés du marketing, un mot qui est revenu souvent au cours de ces deux journées, aux Ruches d’art, de l’approche design à l’animation de sa page Facebook, ou encore de l’idée de marque à Wikipédia.

La conférence d’ouverture n’était pas assurée par quelqu’un du milieu des bibliothèques, une tradition, semble-t-il, puisque l’année dernière c’était l’économiste Ianik Marcil qui lançait les festivités, et c’est tant mieux.  Ce fut donc Pierre Balloffet, entre autres professeur agrégé de HEC Montréal, qui ouvrit le bal, et les esprits.

 

Pierre Balloffet était là pour nous parler de marque.  Et de l’artiste chinois Liu Bolin. Marque et bibliothèques ? Voilà un mot qui ne fait pas partie de notre vocabulaire quotidien. Et pourtant. Travailler une marque revient à travailler l’image que nous voulons donner de notre organisation, et cette image est une prise de position dans le monde de surabondance qu’est le nôtre. Elle nous permet d’apparaître. La marque est un outil pour se transformer, tisser du lien, avoir un impact sur la communauté. Elle se construit d’ailleurs avec cette dernière, à un niveau local pour un impact plus fort. Comment ? Pierre Balloffet n’a pas vraiment de réponse à nous donner, plutôt une liste de questions.

Que faisons-nous?

Quel rôle jouons-nous?

Qu’est-ce qu’on attend de nous?

Comment le faisons-nous?

Pourquoi le faisons-nous?

Quelles sont nos valeurs? Notre contribution?

Y répondre permettrait de réfléchir à cette idée de marque et de trouver l’image qui nous correspond, mais ces questions finalement fondamentales permettent tout simplement de nous positionner clairement dans la société.

 

De Nathalie Courville, spécialiste en marketing culturel et évènementiel, nous avons retenu que les partenariats ou commandites peuvent parfois être surprenants et inattendus. Ainsi, le Centre d’art Diane-Dufresne de Repentigny a comme partenaire le salon funéraire voisin, Memoria. Il suffit parfois de regarder de l’autre côté de la rue pour trouver un partenaire.

 

Claude Ayerdi-Martin, bibliothécaire dans le réseau des bibliothèques de la ville de Montréal, nous a parlé de trois projets sur lesquels elle travaille. Partenariats, commandites, collaborations? Tout cela en même temps! D’une façon très concrète et très sincère, Claude Ayerdi-Martin nous rappelle quelques défis des partenariats auxquels nous faisons tous face dans nos institutions. En vrac : ne pas se surestimer, mais surtout, peut-être plus dans nos habitudes, ne pas se sous-estimer. L’aptitude à se renouveler, l’équilibre à trouver dans la croissance de deux organisations qui sont en partenariat, ne pas perdre de vue sa mission et ses objectifs, ne pas accepter tous les partenariats qui semblent excitants et merveilleux, ne pas oublier le temps que l’on investit dans de telles entreprises…

L’exemple du Festival Montréal joue en est un d’envergure et de belle réussite !

 

Un petit saut de l’autre côté de l’Atlantique, et Romain Gaillard, conservateur de la Médiathèque de la Canopée, nous raconte la mise en place pas évidente de ce nouvel équipement culturel au cœur de Paris, et comment il a réussi à inverser l’opinion publique. Aller à la rencontre des riverains et des associations mécontentes, les inviter à visiter des bibliothèques, les écouter et surtout, montrer qu’on les a écoutés en mettant en place certaines de leurs recommandations, créer un blogue permettant de suivre le projet de la médiathèque, développer une culture de la participation et de la capacitation, co-construire la programmation (plus que les collections), recueillir les avis et idées de quatre « focus groupes »… Toutes ces approches ont permis de faire de cette nouvelle bibliothèque un lieu inspiré et inspirant.

 

Un peu moins glamour, mais tout aussi utile, Sophie Loiselle, bibliothécaire à BAnQ, nous a présenté l’outil StatBib, qui donne la possibilité d’obtenir tableaux et statistiques suite à l’enquête annuelle des bibliothèques publiques. Ces statistiques permettent bien évidemment de dresser un portrait de chaque bibliothèque, de la comparer à d’autres, mais plus stratégiquement, les statistiques peuvent servir à évaluer, planifier, et surtout convaincre des élus de se lancer dans un grand projet.

 

Une partie de l’après-midi de cette première journée était consacrée à un atelier pratique sur l’approche-design de la recommandation dans les bibliothèques publiques. L’approche-design ou design thinking, qu’est-ce que c’est? C’est se placer, en tant que designer, du point de vue de l’usager, c’est une approche empathique, sans oublier l’importance de l’expérience esthétique. L’approche design est critique, basée sur l’expérimentation, faillibiliste et récursive.

Séparés en deux groupes, observateurs et participants actifs, les bibliothécaires ont planché sur divers scénarios de recommandation de lecture selon un public d’usagers (bibliothécaire, famille, groupe communautaire, adolescent) et le type de recommandation (expert ou amateur, sur place ou hors les murs).

 

La deuxième journée de ce Rendez-vous commençait fort avec une conférence de John Szabo, directeur de la Bibliothèque publique de Los Angeles (LAPL). Ce qui étonne toujours chez nos voisins du Sud, c’est la démesure, mais surtout la confiance qu’ils ont en ce qu’ils font (le titre de City Librarian ne ressemble-t-il pas à celui d’un super-héros?). Ils n’hésitent pas à dire que leurs bibliothèques sont extraordinaires. Et ils ont raison!

John Szabo nous dit qu’une bibliothèque, c’est la possibilité d’avoir un impact sur la vie des gens, c’est une carte de visite, un visage du gouvernement, que les relations publiques et le marketing sont des investissements pour le futur des bibliothèques. Les bibliothèques sont des moteurs de développement.

Elles sont des centres communautaires, mais pas tout à fait. Elles ne sont pas non plus seulement des espaces. Elles doivent être conscientes de leurs ressources, ne pas oublier leur mission. Ainsi, pendant un mois, la LAPL a mis à l’honneur l’Odyssée d’Homère avec des lectures publiques, des activités et même un site dédié à cette initiative! La campagne d’amnistie des frais de retard en février dernier a pris comme titre LAPL Misses You, une façon forte de montrer que si les citoyens sont attachés à leur bibliothèque, la réciproque est aussi vraie. La bibliothèque est humaine avant tout. Et elle a des sentiments.

Si la proximité d’Hollywood inspire à la LAPL des actions qui en mettent plein la vue, elle n’en oublie pas pour autant ses employés. Elle accorde ainsi de mini subventions (500-1000 $) aux membres de son personnel pour concrétiser une de leurs idées. Ainsi est né le biblio-vélo.

Une des grandes forces de la LAPL est son implication dans des problématiques de société telles la citoyenneté, la santé publique, l’itinérance, démontrant l’impact réel qu’une bibliothèque peut avoir sur la vie de sa cité.

 

Nous avons ensuite arrêté de tourner autour du pot et de faire parler des bibliothécaires de marketing, en demandant à Tina Thomas, directrice marketing, communications et financement de la Bibliothèque publique d’Edmonton (EPL) de nous raconter comment elle a modifié l’image de ses bibliothèques. Tina Thomas a parlé de promouvoir les choses (les documents, les activités) et les gens. En une grande campagne d’harmonisation des messages et du mobilier, elle a décidé d’intéresser les gens à ce qui nous intéresse. EPL n’hésite pas à mettre de l’avant ses usagers, à les prendre en photo, à montrer qu’ils sont le cœur de la bibliothèque. Tina Thomas insiste aussi sur l’importance de la mise en valeur des collections, après celle des usagers. Il faut rendre nos rayonnages, nos expositions faciles d’accès et de choix, montrer les documents. Et si l’on a un petit budget, utilisons ce que nous avons déjà pour faire notre promotion : les cartes et sacs de bibliothèque, le mobilier de la bibliothèque, ses portes, le mobilier urbain. Montrer la présence de la bibliothèque partout dans la cité!

 

Cette présence doit aussi être visible en ligne et c’est ce que Jean-Philippe Titley nous a démontré en nous parlant encore une fois de l’importance de la communauté et de la façon de s’adresser à elle via une page Facebook de bibliothèque. Nous avons compris que nous avons sans doute un peu trop tendance à nous attacher à notre identité institutionnelle. Or Facebook est le royaume de la mise en scène de la personnalité (tiens, nous retrouvons ici l’idée de marque…). Nous devons nous créer une identité personnelle, raconter des histoires, interpeller nos visiteurs virtuels par des questions. Quelques règles à respecter : utiliser les outils de Facebook (créer un évènement par exemple), mettre des images (pas forcément de chatons), répondre rapidement à tout commentaire ou question et publier trois fois par jour (un minimum).

On peut prendre exemple sur la New York Public Library ou, en plus modeste et déjantée, sur la bibliothèque Louise Michel à Paris!

 

L’après-midi de cette deuxième journée a commencé avec une formidable leçon d’advocacy de la part de Stephen Abram, directeur général de la Federation of Ontario Public Libraries. À grand renfort de chiffres, impressionnants et d’une certaine façon, très visuels, Stephen Abram nous rappelle qu’il faut laisser parler nos usagers, qu’ils sont nos meilleurs défenseurs et que pour cela, ils doivent savoir ce qu’on fait. Il faut renverser la perception que les bibliothèques ne sont pas douées ou pas faites pour travailler avec les entreprises, avec les villes. Il faut se faire connaître!

 

C’est également de chiffres que nous parle Elizabeth Glass, directrice de la planification, des politiques et de la gestion de la performance de la Bibliothèque publique de Toronto. Cette dernière a réussi à démontrer l’impact économique des bibliothèques sur la ville de Toronto. À ce qu’elles coûtent à la cité, elle a réussi à opposer ce qu’elles rapportent. Les bibliothèques coûtent de l’argent, mais elles en valent beaucoup plus.

 

Rachel Laperrière, directrice de l’arrondissement de Montréal-Nord, ne pouvait qu’approuver les propos de Stephen Abram. Pour elle, la bibliothèque est une solution, il faut la positionner comme une base du développement des connaissances et de la vie culturelle des citoyens. Et c’est un positionnement qui est avant tout politique car il faut convaincre les élus de changer les choses en les faisant travailler main dans la main avec les bibliothécaires.

 

Collaborer nous disait Rachel Laperrière. Comment? Malorie Flon, conseillère  de l’Institut du Nouveau Monde, nous donne quelques outils. Mais tout d’abord, pourquoi collaborer? Parce que nous vivons dans une société de plus en plus diversifiée et que nous faisons face à des problèmes de plus en plus complexes. Nous pouvons imaginer des collaborations avec tous ceux qui nous entourent, collègues, élus, citoyens. Une bonne collaboration suit des étapes, utilise des outils précis et évite certains pièges. On y retrouve les notions d’impact collectif, de projet pilote, d’itération, de droit à l’erreur et une démarche en U. Cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose?

 

À la suite de la présentation théorique de Malorie Flon, nous avons découvert quatre types de projets collaboratifs qui ont vu le jour dans les bibliothèques du Québec.

REPONSEATOUT.CA est un système de référence virtuelle collaborative qui implique plusieurs bibliothèques québécoises. L’idée est née en 2000 et a tranquillement évolué pour passer des questions posées par clavadarge au formulaire en ligne. Inspirée du projet franco-belge eurêkoi.org, ce sont aujourd’hui seize techniciennes en documentation qui répondent à une à douze questions par jour en quelques minutes ou une journée.

Benoit Rochon, vice-président de Wikimédia Canada, a soutenu l’importance pour les bibliothèques de s’impliquer dans les projets de Wikimédia, notamment GLAM. La BAnQ offre des ateliers intitulés Mardi, c’est Wiki! une fois par mois. Le projet Wikisource permet de mettre en valeur le patrimoine littéraire québécois via la collection de BAnQ. On parle ici de diffusion et de création des savoirs, des domaines où les bibliothèques publiques ont toute leur place.

C’est dans le réseau des Ruches d’art que Rachel Chainey, coordonnatrice, nous a entraîné. Ces ateliers d’art communautaires libres, gratuits et ouverts à tous sont des espaces de partage et d’expérimentation. Nous sommes proches de l’idée de la bibliothèque tiers-lieu, inclusive et porteuse de créativité. Alors à quand une ruche d’art dans une bibliothèque ou un réseau bibliothèques-ruches d’art?

Le Rendez-vous des bibliothèques publiques s’est terminé avec la présentation d’un projet de création de microbibliothèque avec les citoyens, par Cécile Lointier, chef de section à la bibliothèque Père-Ambroise. Un projet entièrement documenté, rassembleur, une ouverture aux initiatives citoyennes, qui a permis d’aller chercher d’autres clientèles et de développer des liens avec des partenaires, à l’interne comme à l’externe. Une carte OpenStreetMap recensant toutes les microbibliothèques de Montréal est également lancée.

Collaboration, participation, ouverture sur le monde et le libre, partenariats, ce projet d’une petite bibliothèque reflète bien les désirs et les forces des bibliothèques publiques dans la société actuelle.

 

Vous retrouverez les présentations des conférenciers sur le site du Rendez-vous des bibliothèques publiques du Québec, juste ici.

Mot(s)-clé(s) associé(s) à cet article :
avr - 2015 09

tablette3

Après l’examen du profil de la génération tablette et un survol des services mobiles, les participants du laboratoire vivant des Bibliothèques de Montréal ont entrepris d’explorer et de co-créer des avenues de développement possibles, pertinentes, innovatrices, durables pour la tablothèque. Ce troisième et dernier article sur le thème des tablettes en bibliothèque publique résume les résultats de cette démarche.

LE MUR DE PROJETS

Quatre types de services ont été identifiés comme des solutions à développer dans un avenir rapproché:

  1. L’utilisation d’une tablette pour créer des parcours de découvertes. On veut recourir à la tablette pour offrir une expérience interactive, dynamique, ludique à l’aide d’applications ou de capteurs permettant de découvrir son quartier, la bibliothèque, les ressources numériques ou locales, les oeuvres des auteur(e)s ou des créateurs via des circuits, des jeux de pistes, des rallyes, etc.  La tablette se fait participative et l’emphase est placée sur la découverte et la médiation culturelle au service de l’écosystème local. On estime qu’une approche événementielle de type fabricathon (exemple Bibliomix version bibliothèque de Muséomix) pourrait être l’occasion de concevoir et prototyper ces services.
  2. Le prêt interne et externe de tablettes. Les deux types de services, prêt interne et externe, suscitent également un intérêt significatif et visent à offrir un accès à internet plus étendu et adapté aux usages actuels en accord avec les finalités de la Ville intelligente. Dans le cas du prêt interne, le libre-service avec la carte d’abonné s’impose. L’hypothèse de créer un consortium-réseau pour aborder les fournisseurs de tablettes qui proposent des dispositifs de libre-service est fortement recommandée. La possibilité d’offrir une diversité de plate-forme – pour ne pas privilégier iOs ou Androïde – apparaît comme une voie cohérente avec la position de neutralité, voire même l’approche techno-critique en matière de citoyenneté numérique que les bibliothèques revendiquent généralement.
  3. L’intégration de la tablette dans l’aménagement et le mobilier de la bibliothèque. Les bars à tablettes dans les espaces actualités ou les cafés, les tablettes pour la valorisation des ressources en ligne ou le furetage des nouveautés au bout des rayonnages,  les tablettes avec des câbles anti-vol ou montés sur support pour présenter des contenus exclusifs deviennent des stratégies d’intégration du numérique dans l’espace physique qui sont recherchées pour améliorer l’expérience en bibliothèque.
  4. L’animation interactive auprès des publics jeunes et ados. Les sélections de lecture sur des appareils mobiles et des animations projetées sur écran permettent de ré-inventer les services jeunesse comme l’heure du conte.

On a également insisté sur l’importance des services suivants: le développement de collections d’applications, notamment pour les jeux, les ateliers d’initiation en communautés numériques et en 1:1, les services en ligne tels que Zinio et hoopla, la référence nomade, la combinaison du prêt de tablette avec le prêt de routeur, etc.

LE DESIGN DE SERVICES EMPATHIQUE : LES PUBLICS

Reprenant les questions des usages, des objectifs, des règles de prêt, des contenus, des attentes à l’égard du personnel, des services de qualité tout en étant innovants, les participants ont proposé des scénarios empathiques pour des publics cibles. Une question test était suggérée et pouvait servir de déclencheur, sans être limitative: Comment offrir les journaux, les revues, les livres par le biais des tablettes – considérant que la version papier de ces documents pourrait être appelée à disparaître à court ou à moyen terme?

 La tablette d’or. Pour les aînés,  l’accompagnement par le biais d’ateliers d’initiation est conçu comme une priorité. L’exemple récent de la bibliothèque d’Outremont qui a reçu 62 inscriptions pour une formation de 10 cours sur l’utilisation du iPad confirme cet intérêt. Le développement de collection d’applications adaptées aux aînés est aussi recommandé.

Les services hors-les-murs dans les résidences pour aînés constituent une autre piste prometteuse, soit dans le but de prêter des tablettes (ou ces liseuses qui ne servent à peu près plus) ou pour capter des récits de vie, offrir des ateliers, faire découvrir les services en ligne. Au sujet de la lecture, la possibilité de pouvoir grossir les caractères (et désormais le poids plus avantageux des appareils mobiles – si on les compare aux pavés en gros caractères) suscite un enthousiasme considérable.

La tablette pour adultes. Du côté des adultes, la priorité va du côté de la médiation numérique et de l’expérience. Pour ces réguliers qui viennent lire les journaux papier à la bibliothèque, il faut envisager une transition vers le prêt de tablettes qui proposeraient les quotidiens et les revues. Les versions gratuites des quotidiens et des revues seraient offertes. Cette offre pourrait être adaptée en tenant compte des besoins des personnes issues de l’immigration ou de ceux des femmes.

Mais, le défi à relever est toujours le même que ce soit pour un poste internet, un portable ou une tablette et que l’on soit à la bibliothèque ou à la maison : Comment amener les usagers vers la bibliothèque numérique qui donne accès aux abonnements payants de ces périodiques en version complète? Médiation ou marketing numériques, atelier ou référence nomade, signalisation ou application dédiée pour la bibliothèque numérique, ou alors toutes ces réponses?

Le souci d’aménager un café, un espace de convivialité ou de créativité avec un bar à tablettes ou des appareils mobiles en prêt font partie des scénarios visant à favoriser une expérience positive, différents niveaux d’engagement, un sentiment d’appartenance.

La tablette y et z.  Les trois principaux services explorés pour les jeunes concernent l’animation et la lecture interactive (comme on l’a vu plus tôt), la découverte de produits éducatifs (flashcards, quiz, atlas, tutoriels, etc.) et les jeux. Dans tous les cas, le défi du développement de collections apparaît comme un chantier magnifique: Applithécaires jeunesse recherchés. Et d’une façon générale, le modèle du Youmedia (HOMAGO) demeure la référence pour la conception d’espace physiquenumériquecréatif.

Un autre défi de nature pédagogique consiste à concevoir des ateliers pour une utilisation éclairée et créative des tablettes (littéracie et citoyenneté numérique) comportant un volet d’apprentissage par les pairs – ainsi que pour les pères et mères qui ne voudraient pas faire face au décrochage scolaire avant leurs enfants pour cause d’analphabétisme technologique.

L’importance des conditions transversales suivantes a été soulignée à maints égards :

  • planifier/programmer ces services en collaboration avec les citoyens et les communautés locales;
  • développer les compétences numériques du personnel et celles des citoyens via les communautés numériques (l’essentiel chantier sur la fracture/littéracie numérique).
  • repenser la tablette sociale pour contribuer à l’animation de la bibliothèque tiers lieu et favoriser différents niveaux d’engagement;
  • mettre à profit l’effet et le potentiel collaboratif du réseau;
  • évaluer l’offre de service à l’aune de l’impact environnemental et du développement durable;
  • travailler en partenariat avec des organismes intéressés par l’expérimentation technologique, l’innovation ouverte, la mobilité, la littéracie numérique;

LA LISTE

Voici enfin une liste de ressources sélectionnées pour accompagner la réflexion sur les tablettes en bibliothèques.

Usages, services, programmes, outils

Mobilité au Québec : la croissance se poursuit
Les foyers québécois avec enfant(s) plus équipés et plus connectés
Le CEFRIO dévoile le rapport de ce projet d’expérimentation de la tablette numérique auprès d’entrepreneures
New Report Hails Librarians as Drivers of Digital Transition
New Survey Results Show U.S. Students Believe Tablets Are Game Changers in Learning and Student Engagement
Survey: Library Ebook Growth Slowing but Still Substantial
Meet the Tabletarians
Réflexion sur les tablettes en bibliothèques
Utilisation de nouveaux supports numériques en médiathèque
Old-Fashioned Libraries And Handwritten Notes: Learning With Khan Academy’s New iPad App
SLJ Reviews the AWE Tablet: A fast device, delivering blended content to individual students
Generation Tablet: Kids Must Learn to Hack in the Real World
Pilot Project: Three Chicago Public Library Branches Will Begin Lending Internet Routers and Tablets Next Month
Tablet Lending Program | Brooklyn Public Library
Drexel University installs iPad rental vending machine for students, library card holders
Cool Uses of iPads in School Libraries on Pinteres
20 Coolest iPad Ideas for Your Library
NetPublic » Guide de la tablette numérique pour les parents
iPads and Tablets in Libraries
What’s Hot | Library By Design

Mot(s)-clé(s) associé(s) à cet article :
mar - 2015 31

15563157851_e5d2dfc474_z

Et si on refaisait le point sur la tablette en bibliothèque? C’est l’objectif de l’article du Library Journal, Meet the Tabletarians, paru au début de l’année 2015. La tablothèque a déjà une histoire : La tablette a été perçue, dès 2010, comme une solution pour révolutionner le service de la référence en libérant les bibliothécaires des chaînes qui les retenaient prisonniers à leur bureau. Mais le poids, la connexion approximative/la lenteur ont rapidement terni ces espoirs. Les tablettes sont retournées de l’autre côté du comptoir- et les bibliothécaires aussi. Incidemment, la présence de ces appareils mobiles au sein du personnel est devenue l’occasion d’expérimenter : Les tablettes ont opéré à la façon d’une technologie de rupture qui aura permis de concevoir d’autres possibilités en termes d’usages et de services. Qu’est-ce que l’on a imaginé depuis autour des tablettes? Quels sont les nouveaux services supportés par les tablothécaires? Plusieurs bibliothèques au Québec et à travers le monde ont intégré cette technologie dans leur programmation notamment comme une stratégie pour favoriser l’effet de tiers lieu. Puis, la technologie s’améliorant peu à peu, on assisterait aujourd’hui au retour en force de la référence nomade.

Ce survol des pratiques et des services impliquant la tablette en bibliothèque a été discuté au sein d’un laboratoire vivant qui se tient dans les bibliothèques de Montréal. D’autres éléments d’informations sur le profil des tablonautes ont été partagés dans un article précédent.

La tablette, un perturbateur technologique

La référence nomade qui s’appuyait sur la tablette n’avait pas convaincue. La lourdeur, le peu d’ergonomie, le manque de connectivité avaient fini par en faire une sorte de tremplin, un prétexte pour raccompagner l’usager vers le bureau de référence plutôt qu’un service mobile autonome. Mais si les tablettes n’ont pas connu le succès escompté dans les allées, elles ont servi, en revenant du côté du personnel, à remettre en question la référence, ainsi que les autres services, et à explorer de nouvelles avenues, comme l’heure du conte avec des applications interactives ou les services hors-les-murs réinventés, par exemple. La tablette a servi de technologie de rupture :

Et tandis que les iPads n’ont pas été très utiles dans les rayonnages, le programme a provoqué toute une série de conversations fondamentales sur le service de la référence sans le bureau de référence …«Le personnel a développé une conscience accrue de l’importance de rejoindre et d’aider les clients là où ceux-ci se trouvent (plutôt que d’obliger les clients à revenir à la réception)», explique Lewis. «À tout le moins, les iPads ont connu un très grand succès comme technologie de rupture qui a suscité de nombreuses discussions sur la prestation de services. »

Après les tâtonnements et les expérimentations, on assiste désormais à une intégration plus stratégique des tablettes qui permet d’améliorer l’efficacité et l’expérience en bibliothèque – en soulignant que cette expérience client doit pouvoir se mesurer à celle des commerces de détail que ce soit une librairie ou un Applestore.

L’essor des tablettes en bibliothèque se décline maintenant à travers un registre assez large de services : accès aux technologies numériques, prêt de tablettes sur place ou en prêt externe, libre-service, utilisation dans les activités et la formation, applications de bibliothèques pour la découverte de contenus exclusifs, applications éducatives (littéracie numérique, emploi, etc.), sélections de livres et de jeux, lecture de livres interactifs à voix haute pour les jeunes, valorisation thématique des ressources, stations de travail, kiosques de iPads pour les actualités, bars à informations à l’aide de tablettes, etc.

Cette tendance prend diverses formes, note Miller. Pour de nombreuses bibliothèques publiques, l’accès aux nouvelles technologies est une partie importante de leur mission, et même si les propriétaires d’une tablette sont à la hausse, les programmes qui prêtent des tablettes ou permettent à leurs clients d’utiliser celles de la bibliothèque sont devenus de plus en plus communs. Les bibliothèques installent les tablettes sur des étagères ou des supports pour servir de points d’aide à la référence pour les clients. Les instructeurs les intègrent dans les programmes et les cours. Et comme avec [BPL], de nombreuses bibliothèques sont à la recherche de moyens susceptibles de permettre au personnel de passer plus de temps avec les clients, le recours aux tablettes pourrait contribuer à répondre à cette demande.

La tablette, une tierce pratique

La tablette fait aussi parties des repères domestiques et des stratégies pour aménager la bibliothèque tiers lieu conçue comme un second chez-soi : «les bibliothèques sont devenues le « troisième espace » pour leurs communautés offrant un endroit loin de la maison et du bureau avec des sièges confortables, des ordinateurs, le wifi.»

D’un point de vue pratique, lorsqu’un usager est confortablement installé à un ordinateur ou une table, la perspective de quitter ses effets ou ses objets de valeur pour demander de l’aide peut s’avérer problématique, et on appréciera la présence des bibliothécaires nomades dans ce contexte.

Et puis, les tablettes ne sont plus ce qu’elles étaient naguère: Elles sont devenues moins lourdes, plus rapides, de moins en moins coûteuses. Elles peuvent être utilisées pour donner accès aux ressources de la bibliothèques, montrer comment emprunter des livres ou pour faire découvrir des sélections d’applications. Les fournisseurs proposent maintenant des solutions mobiles et développent des outils permettant d’emprunter, abonner, éditer un compte d’usager, accepter des paiements pour des amendes, renouveler un prêt ou réserver un document, utiliser des listes et des inventaires en temps réels pour l’élagage, etc.

Il semble aussi plus cohérent de préférer les tablettes à une autre sorte d’interface quand il s’agit d’aider ou d’accompagner un usager considérant qu’il retournera chez lui pour refaire les démarches apprises ou accéder à ces ressources sur des appareils mobiles. Ces pratiques adaptées à celles des usagers favorisent la continuité et la familiarité de l’expérience de même que l’effet de la bibliothèque comme prolongement de la maison.

Une diversité de modèles de services

Différents projets pilotes explorant différents modèles de services sont mis en place aux États-Unis, en France et au Québec.

San Diego public Library, le prêt de masse.  Cette bibliothèque inaugurée récemment est réputée pour son programme technologique innovateur prévoyant plus de trois cents dispositifs mobiles. L’offre mobile comprend le prêt de iPads, iPads mini, Chromebooks, Kindle, et Sony Readers ainsi que des stations de travail (working stations) qui exposent des collections de documents rares,

Hennepin County Library,  une référence pour les projets pilote de tablettes destinés au personnel. Ce réseau a été reconnu comme Top Innovator 2013 par le Urban Libraries Council pour son projet pilote de tablettes conçu dans le but de développer les compétences du personnel. Ce projet a été étendu aux 41 succursales.

Brooklyn Public Library, un leader pour le prêt externe de tablettes. Depuis 2013 la bibliothèque publique de Brooklyn (Brooklyn Public Library, BPL) s’est doté d’un programme de prêt externe gratuit de tablettes avec 1000 Google Nexus 7 pour les enfants, les adultes et les éducateurs de Brooklyn. Ce projet a été rendu possible grâce à un don de Google, de l’État de New York et du Fonds pour les écoles publiques. Les tablettes offrent les applications de la bibliothèque ainsi qu’une sélection orientée sur l’éducation et l’alphabétisation.  Le programme est disponible en ligne avec les informations concernant les conditions du prêt, la politique, une foire aux questions et un tutoriel.

Chicago Public Library annonce le prêt externe de routeurs et de tablettes. Trois bibliothèques du réseau de Chicago ont annoncé le prêt externe de tablettes ainsi que le prêt de routeurs en février dans le but de contribuer à réduire la fracture numérique. »

Le prêt de tablettes en libre-service dans les bibliothèques de Montréal. À l’instar de certaines bibliothèques américaines, on trouve du prêt de tablettes en libre- service dans les bibliothèques de Montréal. Le prêt de liseuses n’a plus la cote auprès des usagers. Les abonnés peuvent emprunter des iPads par le biais du dispositifs de prêts NetSpot en libre-service aux bibliothèques Du Boisé et Pierrefonds , ou au comptoir de services à la bibliothèque Marc-Favreau. Très populaire, le prêt est destiné à une utilisation sur place. Les nouvelles bibliothèques Saul-Bellow (Lachine), et Benny (Notre-Dame-de-Grâce) qui ouvriront  leurs portes cette année prévoient aussi ce service. Ailleurs au Québec, la bibliothèque de Saint-Lambert est un autre exemple.

Le prêt de tablettes externe se retrouvent essentiellement dans les bibliothèques universitaires québécoises. Note : À l’université de Montréal on peut voir en ligne la disponibilité des tablettes.

Ailleurs au Canada, on semble plutôt orienté vers le prêt de portables que de tablettes. À Edmonton, le prêt de Chromebook est disponible  à l’intérieur de la bibliothèque pour la journée.

En France, une carte présente les établissements qui prêtent des lieuses et des tablettes : https://www.google.com/maps/d/edit?mid=zNsEEEK68_-I.khelhmAlzdNU

À confirmer, il s’agirait essentiellement de prêt sur place. Dans cette veine, les bibliothèques de Paris annonçaient le prêt de 250 iPads en  juin 2014. Des listes de bibliothèques engagées dans ce modèle de services sont recensées sur Bibliopedia (une mise à jour serait requise). Ce Storify documente le contexte des  bibliothèques françaises où les appareils mobiles semblent susciter beaucoup d’enthousiasme.

Tablette 101

Aujourd’hui, les initiations à l’utilisation des tablettes font généralement partie des cours de base des bibliothèques aux États-Unis, au Canada et en Europe. C’est bien connu que les grande villes canadiennes (Toronto, Vancouver, Edmonton) sont très fortes en matière de littéracie numérique : la quantité et la qualité des ateliers y est affolante (insane). Du côté de Halifax, où se trouve la nouvelle bibliothèque dont tout le monde parle, on propose la formation 1:1 en invitant les gens à se présenter pour des séances personnalisées sur les liseuses et les tablettes. Un guide d’introduction à la tablette (Hello iPad en format pdf) est aussi accessible en ligne pour les autodidactes débutants.

Mais, au Québec, même la bibliothèque de Saint-Tite, à travers le réseau Biblio, a ses ateliers sur les tablettes (Android ou iPad, mais c’est payant), pendant que la bibliothèque de Saint-Jean-sur-le-Richelieu vante la qualité de ses propres formations sur le sujet.

La bibliothèque d’Outremont s’apprête à offrir une formation gratuite : iPad pour les aînés d’une durée de10 semaines, les mercredis matins, en partenariat avec le Centre d’éducation des adultes. Les tablettes sont fournies.

Et l’applithécaire ?

Le développement de collections, traditionnellement orienté sur le livre, puis sur les autres types de documents (musique, films, jeu, etc.) se renouvelle encore à travers le développement de collections d’applications. Cette fonction introduisant un nouveau profil, celui de l’applithécaire (hum).

On peut voir un exemple intéressant d’une démarche de sélection d’applications du côté de la bibliothèque du MIT.

Si vous connaissez des projets pilote autour des appareils mobiles au Québec ou ailleurs, dans le milieu des bibliothèques ou de l’éducation, n’hésitez pas à alimenter ce survol.

Dans un troisième article, des scénarios de développement de services en fonction des publics seront présentés, avec une liste de ressources. 

Source : Flickr Sascha Müsse, cc-by-sa

 

Mot(s)-clé(s) associé(s) à cet article :
mar - 2015 25

DSC_0154

Tablonautes, tablothèques, tablothécaires et applithécaires, ou comment répondre aux attentes de la génération “tablette” en bibliothèque ? C’est le thème que les participant(e)s ont ingénieusement exploré à la bibliothèque Marc-Favreau le 17 mars 2015 dans le cadre d’une démarche de laboratoire vivant. Constat : Dans les foyers comme à l’école, toutes les générations numériques adoptent la tablette

À travers cet échange sur les usages liés aux tablettes numériques, diverses sources ont été explorées dont une enquête du Cefrio sur la mobilité au Québec publiée en janvier 2015.

La popularité de la tablette numérique s’accélère au Québec

Dans son rapport sur les usages des mobinautes en 2014, le Cefrio constate la progression de la tablette numérique chez les adultes québécois (39 %). Ce taux atteint près de 55% chez les adultes de 25 à 34 ans. De plus, 13 % des gens avaient l’intention de s’acheter une tablette en 2014.

Les résultats publiés par le Cefrio en juillet 2014 affirmaient qu’un foyer sur deux (45%) au Québec était équipé d’une tablette. Dans les foyers avec des enfants, ce taux s’élevait à 64%.

Par ailleurs, le taux d’adoption du téléphone intelligent augmente aussi chez les adultes du Québec (52 %), surtout les adultes de 25 à 34 ans (80 %).

En revanche, l’adoption du baladeur numérique, qui avait déjà beaucoup diminué au cours des dernières années, se stabilise. L’usage de la liseuse numérique reste faible (moins de 8% des adultes), et peu de  Québécois auraient l’intention de se doter d’une liseuse au cours de la prochaine année.

Être ou ne pas être sur la tablette

La tablette numérique et le téléphone intelligent sont en progression au Québec. Plus de 50 % des adultes possèdent l’un de ces deux appareils qui leur permet d’accéder à des applications mobiles.

Parallèlement, on observe une diminution du nombre d’adultes au Québec qui ne sont pas dotés de l’un ou l’autre de ces appareils numériques mobiles (téléphone intelligent, téléphone mobile de base, tablette numérique, baladeur numérique ou liseuse numérique). On estime qu’un adulte sur cinq ne possède aucun de ces appareils (soit moins de 18% des adultes québécois).

Le nombre de Canadiens disposant d’un téléphone intelligent est plus élevé (56%) qu’au Québec. On prévoit qu’en 2017 aux États-Unis, les mobinautes représenteront 80% de la population et au Canada, 65,5 %.

Qu’est-ce qu’on fait sur les mobiles ?

Selon le Cefrio, les appareils mobiles sont utilisés pour aller sur Internet : On attribue la croissance des mobinautes au nombre d’adultes qui vont sur Internet par le biais d’un téléphone intelligent ou d’une tablette.

Ce sont surtout les 18 à 44 ans qui se connectent à Internet à l’aide d’un téléphone intelligent (70 % des adultes).  Les adultes de 25 à 54 ans (45 %) utilisent davantage la tablette à cette fin.

Seulement 1,6 % des adultes  ont recours à la liseuse numérique pour se connecter à Internet.

Les activités de communication pratiquées sur les appareils mobiles, même si elles tendent à se diversifier, se concentrent principalement sur le courriel (84,8 %) et les courts messages – clavardage, messagerie instantanée ou textos (83,2 %).

Les deux tiers des mobinautes téléchargent des applications (69 %) pour des activités de divertissement. Les appareils mobiles sont utilisés pour pratiquer les trois activités suivantes :

  •  lire des nouvelles et consulter l’actualité (65%)
  • écouter des vidéos, des webtélés, des webradios (55 %)
  • jouer à des jeux (52 %)

Un mobinaute sur cinq (19,5 %) télécharge des livres, cette donnée est le même depuis 2012.

Bye bye la liseuse numérique et le baladeur numérique

Moins de 8% des adultes québécois possèdent un liseuse numérique. Par ailleurs, ils sont peu nombreux à avoir l’intention de se doter d’une liseuse au cours de la prochaine année.

Les Américains ont adopté avec plus d’enthousiasme que les Québécois cet équipement de lecture : Un Américain sur trois possède une liseuse (32%). Chez les 30 à 49 ans, ce taux  atteint 40 % – une proportion qui augmente encore chez les personnes dont les revenus sont élevés

Ce déclin relatif pourrait aussi affecter le baladeur numérique.

L’adoption des liseuses a été laborieuse au Québec, et l’usage des tablettes tend à supplanter ce dispositif de lecture. Les tablettes offrent plus de fonctions, notamment la possibilité de lire des fichiers audio de type MP3 ou autre, ce qui expliquerait qu’on les préfèrent au baladeur numérique.

On fait l’hypothèse que les tablettes et des téléphones intelligents sont devenues les principales plate-formes de divertissement numérique en raison de leur versatilité.

La génération tablette

L’usage des tablettes tend à répandre dans le milieu scolaire. Les questions que soulèvent cette présence sont nombreuses : Quel est l’intérêt pédagogique ? Qu’est-ce qu’on peut apprendre, et comment, à l’aide de celle-ci ? Combien de temps devrait-on consacrer aux écrans ? Produire, consommer, travailler, jouer, y a t-il encore une différence ?

Malgré les débats, la perception de cette technologie par les étudiants est positive.

Selon une enquête récente aux États-Unis, les étudiants du primaire et du secondaire croient, dans une large majorité (90%), que les tablettes transformeront la façon dont ils vont apprendre à l’avenir et, notamment, qu’elles rendront l’apprentissage plus amusant.

L’enquête a révélé que, même si les élèves (de tous les âges) sont toujours plus nombreux à utiliser des appareils mobiles et en être propriétaires,  l’accès à Internet haute vitesse et le 1:1 avec un équipement représentent encore un défi  significatif dans les écoles américaines.  Seulement 62% des étudiants ont accès au wifi à l’école, contre 93% des élèves qui disposent de ce service à la maison. Cela signifie qu’un étudiant sur six (16%) fréquente une école qui offre un ordinateur portable ou une tablette à chacun.

«Les résultats de l’étude de cette année montrent un niveau élevé d’optimisme, d’engagement et de confiance envers les appareils mobiles chez les étudiants américains», a déclaré Douglas Kubach, président, du groupe Pearson. « Alors que nous assistons à une croissance constante de l’utilisation des appareils mobiles parmi les étudiants pour le travail scolaire, il existe toujours un écart entre l’accès à domicile et l’accès à l’école, ce qui empêche de nombreuses écoles de tirer pleinement parti des technologies d’apprentissage numériques disponibles aujourd’hui qui sont susceptibles de contribuer à l’amélioration des expériences éducatives des étudiants.»

Pour le travail scolaire, les ordinateurs portables demeurent le plus utilisés par les étudiants. Ce sont les étudiants du secondaire surtout qui utilisent les portables. Les tablettes sont davantage répandues chez les élèves du primaire.

Au Québec, les tablettes suscitent un intérêt qui se traduit par des expérimentations en classe appuyées par le Ministère. Elle sont aussi perçues favorablement par les chercheurs :

Malgré toutes ces difficultés — qu’il appelle poliment des « défis » —, Thierry Karsenti reste convaincu que la tablette a sa place en classe. Pourquoi se contenter de soporifiques cours magistraux quand Google Earth permet de découvrir Tokyo ou Athènes en mode immersif et que la magie de l’écran tactile permet de manipuler une molécule chimique modélisée ? Quand l’appareil est utilisé à son plein potentiel, les jeunes en redemandent au lieu d’aller voir en cachette leur iMessagerie. Les professeurs de français notent aussi que les jeunes lisent davantage sur ce support pouvant contenir plus de livres électroniques que leur bibliothèque scolaire tout entière. Un avantage, à une époque où les jeunes lisent beaucoup de textos, mais très peu de littérature ! (L’actualité)

En somme, toutes les générations numériques adoptent la tablette, mais les adultes plus âgés et les enfants du primaire sont ses plus fervents utilisateurs. Plate-forme de divertissement, d’information et d’apprentissage pour tous, comment intégrer désormais cette technologie dans le contexte social de la bibliothèque ? Comment l’inscrire dans un projet critique et durable ?

Ce billet sera suivi d’un survol des services repensés à l’aide des tablettes dans les bibliothèques à travers le monde.

Mot(s)-clé(s) associé(s) à cet article :
nov - 2014 28

DSC_0219

Que ce soit pour créer un nouveau service, un lieu de diffusion, élaborer un plan d’action culturel ou programmer une bibliothèque, il existe des fondamentaux qui définissent un cadre conceptuel pour ce projet. Dans la foulée de la récente Déclaration, Montréal, engagée pour la culture, c’est l’occasion de mettre à jour ses lectures de base. Dans ce qui suit, je propose une liste de textes visant plus particulièrement à soutenir la réflexion dans l’avant-projet d’une nouvelle bibliothèque entendue comme centre d’information et de culture communautaire.

Politiques nationales et internationales

Politiques de la Ville de Montréal

Plans sectoriels

Autres

Je remercie Geneviève Auclair, ma collègue de la Division des quartiers culturels, pour la liste initiale qui a servi à l’élaboration de celle-ci. N’hésitez pas à suggérer d’autres documents de référence en commentaire.

Mot(s)-clé(s) associé(s) à cet article :
nov - 2014 28

Ce billet est d’abord paru, sous la signature de Josée Plamondon, sur le site de Bookcamp Montréal :

Bibliothèque du jeu Myst, de Cyan Worlds (1993)

Le début d’une grande aventure. La bibliothèque du jeu Myst, 1993, Cyan Worlds.

Tous les acteurs du domaine du livre sont concernés par les transformations numériques qui leur demandent de composer avec de nouveaux usages et de nouveaux modèles économiques. Qu’en est-il du rôle des bibliothèques et des bibliothécaires à l’ère de la société en réseau, de l’accès à la connaissance,  des nouvelles plate-formes éditoriales? De la programmation de nouveaux espaces publics et communautaires, des super tiers lieux, des bibliolabs? Des utopies de la bibliothèque intelligente?

Si le livre n’est plus le référent exclusif des bibliothèques, quelles sont ses nouveaux repères? Quels sont les enjeux fondamentaux pour cette profession en transformation? Êtes-vous en passe de devenir des humanitaires du savoir? Des médiateurs numériques? Tantôt cartographe de la culture locale, tantôt curateur des ressources éducatives libres, des données ouvertes, des biens communs? Designer de l’innovation sociale ? Engagé(e) dans le droit des usagers, celui de participer à la culture, la liberté d’expression, la démocratie participative, le développement durable? Wikipédien(ne)? Fabmanager? Bricodeur? Biblioremixeur?

Quelles sont les questions qui vous habitent? Comment penser/imaginer/collaborer/co-créer pour renouveler la profession et favoriser l’émergence de bibliothèques qui contribuent à faire du sens dans le monde d’aujourd’hui!

Mardi le 2 décembre, en marge du Congrès des milieux documentaires 2014, les organisateurs de Bookcamp Montréal ont choisi de revenir à la formule « camp » le temps d’une soirée afin d’accueillir et de partager les visions et les préoccupations de ceux et celles qui veulent réinventer les bibliothèques. L’invitation est ouverte à toutes et à tous. Sur le modèle de l’anticonférence,  c’est ensemble, dès votre arrivée au Pub Saint-Pauà partir de 18h30 que nous allons élaborer l’horaire et le canevas des discussions.

Le Pub Saint-Paul est situé dans le Vieux-Montréal, à proximité du Palais des congrès. Il sera possible de manger sur place.

Rendez-vous sur la page d’inscription du Bookcamp Montréal 2014 pour acquérir votre billet d’entrée (gratuit).

Bienvenue à toutes et à tous! Ne tardez pas à vous inscrire, les places sont limitées.

Pour aller plus loin :

Mot(s)-clé(s) associé(s) à cet article :