Juin - 2011 02

« Ma bibliothèque idéale, c’est une bibliothèque qui a les qualificatifs suivants : elle est belle, accueillante, professionnelle et adaptée. »

Louise Guillemette-Labory, directrice associée – Bibliothèques, Ville de Montréal

Dans ce billet, découvrez la suite de l’entrevue accordée par Mme Louise Guillemette-Labory à Espace B et publié la semaine dernière. L’innovation, la créativité, et le dynamisme caractérisent plus que jamais le réseau des bibliothèques publiques de Montréal. Tour d’horizon du développement des bibliothèques. Bonne lecture!

Espace B : Pourquoi parle-t-on de développement dans le monde de la bibliothèque? Est-ce important?

Louise G-Labory :

Premier constat : tout bouge autour de nous! Il n y a rien de plus permanent que le changement. Si nous n’évoluons pas en même temps que le monde autour de nous, qu’advient-il? On devient désuet, caduque, mal adapté. Les bibliothèques doivent faire partie du développement si nous ne voulons pas être victimes de celui-ci. À Montréal, nous avons la vision d’une bibliothèque citoyenne, gratuite et de qualité, qui puise sa raison d’être dans les services qu’elle peut rendre à chacun et à tous.

Deuxième constat : avant l’essor de l’Internet, il pouvait sembler difficile de connaître les meilleures pratiques en bibliothéconomie. Or, à présent, elles ne sont plus qu’à un clic de nous. Dans ces conditions, notre champ de connaissance et notre vision deviennent globaux. En connaissant mieux les bonnes pratiques à travers la planète, il devient très intéressant de se demander comment nous pourrions les adapter ici. Depuis quelques années, Montréal se positionne comme une métropole de l’innovation, de la créativité et du savoir. Les bibliothèques sont des acteurs incontournables de ce vent porteur de développement.

En fait, je suis convaincue qu’il ne faut pas craindre le changement, mais qu’il nous faut, au contraire, y contribuer. Cette façon de voir a toujours constitué une dimension utile au cours de ma vie. Devant le changement, je me disais et me dis toujours : « Comment puis-je faire pour être une agente positive de ce changement? ». Le changement t’oblige à te repositionner ainsi qu’à te questionner sur tes actions. C’est très sain et constructif. En se posant des questions sur ce que nous faisons, comment nous le faisons, comment nous pourrions le faire, on réalise alors tout le potentiel des bibliothèques – d’autant plus que celles-ci sont une richesse renouvelable!

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Mai - 2011 25

« Le rôle social de la bibliothèque a pour moi toujours été fondamental. C’est pour cela que je suis devenue bibliothécaire. »

Louise Guillemette-Labory, directrice associée – Bibliothèques, Ville de Montréal

Espace B s’entretient avec Mme Louise Guillemette-Labory, directrice associée – Bibliothèques, à la direction de la culture et du patrimoine de la Ville de Montréal. Œuvrant au développement des bibliothèques depuis des années et mettant le bien-être des citoyens au cœur de son engagement, Louise Guillemette-Labory est une femme de parole et d’action. Elle nous livre ici ses réflexions et ses valeurs ainsi que plusieurs des moments marquants de son parcours professionnel.

Espace B : Pouvez-vous expliquer le rôle de la direction associée?

Louise G-Labory :

La direction associée a pour rôle de faire connaître les bibliothèques publiques de Montréal, de les mettre en valeur, de les faire apprécier et fréquenter par tous. Elle met ainsi tout en œuvre pour créer les conditions gagnantes afin d’assurer un service de qualité qui soit accessible et adapté aux besoins de l’ensemble de la population montréalaise.

Concrètement, nous effectuons de multiples activités qui vont de la recherche-développement, à la planification stratégique, en passant par des recommandations auprès du conseil municipal et du comité exécutif de Montréal. Nous gérons aussi un certain nombre de programmes et de ressources au service de toutes les bibliothèques montréalaises. À titre d’exemple, nous coordonnons des opérations pour le réseau telles qu’un système informatique commun à toutes les bibliothèques ou encore des programmes de médiation à l’échelle du territoire montréalais.

Nos actions visent à offrir tout le support possible aux arrondissements.  En fait, on ne le sait pas toujours mais la direction associée – Bibliothèques ne gère aucune bibliothèque. Elle est responsable du réseau des bibliothèques, c’est-à-dire des liens qui unissent les bibliothèques entre elles. Autrement dit, nous participons à la cohérence de l’offre de service globale. C’est en quelque sorte la montréalisation qui a lieu chez nous. Nous sommes en soutien aux bibliothèques en arrondissement pour favoriser leur  développement et la qualité de l’offre de services mais aussi l’équité de celle-ci pour tous les Montréalais à travers le réseau.

C’est un cas singulier car il n existe pas d’autres exemples de villes au Québec s’appuyant sur une unité comme celle de notre direction associée. Montréal, la plus importante métropole du Québec, possède une structure particulière au sein de laquelle les arrondissements sont très décentralisés. La présence d’une unité qui vient soutenir le réseau des bibliothèques est donc unique. Cette situation représente un défi formidable puisque que la direction de dispose pas de compétence directe sur les bibliothèques d’arrondissement. Tout ce que l’on peut faire, c’est persuader, convaincre, faire adhérer. Et le défi est d’autant plus grand et beau qu’il suppose une concertation obligatoire avec les arrondissements.

Par ailleurs, nous supervisons une veille qui constitue une sorte  d’observatoire des bibliothèques, pour le plus grand bénéfice de toutes les institutions du réseau et bien au-delà. Nous développons également des partenariats à différentes échelles et avec divers milieux. Les bibliothèques sont des carrefours de la culture et du savoir!

Enfin, en tant que directrice associée, je représente la Ville de Montréal au comité exécutif et au conseil d’administration de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. J’occupe cette place en tant que membre institutionnel.  J’ai la responsabilité de l’Entente-cadre de 2004 entre les deux institutions par le biais de laquelle la Grande Bibliothèque est devenue la bibliothèque centrale du réseau des bibliothèques de Montréal.

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