mar - 2014 04

almere_publiclibrary

  1. Bibliothèque et Libraries By Design : 82e Congrès annuel de l’ABQLA (2014). Réservez la date : 8 mai 2014. Les inscriptions sont possibles dès le 21 février. L’événement a lieu au Centre de Conférence Gelber à Montréal. Au programme, les programmateurs de la célèbre bibliothèque de Delft aux Pays-Bas. Le mot-dièse Twitter du congrès est #abqla14

  2. La Bibliothèque Laure-Conan récompensée. Le Congrès des milieux documentaires du Québec a décerné l’automne dernier le prix Architecture 2013 de bibliothèques et de centre d’archives du Québec à la bibliothèque Laure-Conan de La Malbaie. Ce projet a été conçu par le consortium formé par Bisson associés architectes, ACDF et Normand Desgagnés architecte en 2011.

  3. Canada: Halifax’s New Central Library Earns Praise, Makes CNN’s Top-10 List of Eye-Popping New Buildings of 2014. La nouvelle bibliothèque centrale de Halifax qui ouvrira ses portes en 2014 fait partie du palmarès des 10 projets à surveiller dans le monde de l’architecture cette année, selon CNN.

  4. Une bibliothèque qui a tout d’une librairie aux Pays-Bas. La bibliothèque de la ville d’Almere aux Pays-Bas a été réalisé sur le modèle d’une librairie : marchandisation, effet boutique, classement par thématiques, mise en valeur frontale des documents, rayonnage organique, matériaux et couleurs attrayantes. On peut voir d’autres images sur le site des architectes qui ont créé le concept.

  5. Model Program for Public Libraries. Le programme de modélisation pour les bibliothèques publiques offre un catalogue et des outils pour communiquer les nouvelles connaissances et les meilleures pratiques ainsi que pour aider ceux qui réalisent le programme d’une nouvelle bibliothèque à conceptualiser les relations entre les espaces et les fonctions tout en les inspirant. Ce projet a été lancé et financé par l’Agence danoise pour la culture et Realdania.

  6. Make. Play. Learn. Connect. Share. Digital Innovation Hubs. À la bibliothèque publique de Toronto, des technologies et de la formation sont offertes dans des nouveaux espaces de travail et d’apprentissage numérique: ateliers de design et d’impression 3D, offre de postes de travail pour l’édition audio / vidéo, la numérisation 3D, la conversion vidéo analogique, la conception, le codage et la programmation web/graphique/3D, le prêt de Chromebooks, iPads, MacBooks, Microsoft Surface, Samsung Galaxy Note, caméras numériques HD, outils de production audio et vidéo, Arduinos ou Raspberry Pis.

  7. New Report from CLIR: “Participatory Design in Academic Libraries: New Reports and Findings”. Ce rapport examine la façon dont le design participatif a amélioré la compréhension des usages des étudiants et des professeurs, et comment ces résultats ont servi à améliorer les technologies dans la bibliothèque, l’espace et les services.



Pour aller plus loin :

| Photo : Rayonnages – De nieuwe bibliotheek, Almere, Pays-Bas, source : Flickr, Galerie de Milieux_documentaires |

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jan - 2014 31

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  1. Inauguration de la bibliothèque Marc-Favreau à Montréal.  La nouvelle bibliothèque Marc-Favreau, ainsi désignée en hommage au comédien du personnage de Sol, a été inaugurée le 5 décembre 2013 dans l’arrondissement de Rosemont-La Petite Patrie, à Montréal. On peut y parler, manger, téléphoner ou boire un café sur les lieux. Au terme d’un concours d’architecture, c’est l’équipe lauréate formée de Dan Hanganu architectes, Nicolet Chartrand, Knol ing. ainsi que CBA experts-conseils qui a été retenue pour réaliser le projet.

  2. Bibliothèque Monique-Corriveau: du culte à la culture. La nouvelle bibliothèque Monique-Corriveau a ouvert ses portes Selon Martin Dubois, chargé de cours à l’École d’architecture de l’Université Laval : «Les architectes responsables de la conversion de l’immeuble, Dan Hanganu et la firme Côté, Leahy, Cardas, ont su tirer parti des qualités spatiales et des effets de lumière qu’offrait l’ancienne église pour insuffler une belle personnalité à cette bibliothèque du 21e siècle.

  3. Inauguration de SODA à la Bibliothèque de Brossard. La Ville de Brossard a inauguré le 29 janvier l’espace SODA (anagramme du mot ados, aménagé au sous-sol de la Bibliothèque Georgette-Lepage et destiné aux jeunes âgés de 12 et 17 ans. Dans cet espace technologique et multifonctionnel, réalisé au coût de 240 000 $, on trouve des jeux vidéo et de société, des bandes dessinées, des magazines, des projections de films, des dômes d’écoute musicale, des ateliers, des conférences, et on peut profiter de l’encadrement de bénévoles supervisés par une enseignante pour l’aide aux devoirs.

  4. Le tableau sommaire des statistiques générales des bibliothèques publiques du Québec pour 2012 (compilé le 14 janvier 2014) a été mis en ligne dans la section Statistiques d’ici et d’ailleurs. Par rapport à 2011, on observe une hausse de près de 50% des visites virtuelles, une hausse de 13% des dépenses d’acquisition de documents électroniques (% du budget d’acquisition), une hausse du prêts entre bibliothèques (emprunts) par 1 000 habitants de 13 %.

  5. TOP 10 libraries of 2013. Le magazine designboom présente un palmarès des 10 plus beaux projets de bibliothèques en 2013. Cette sélection comprend un large éventail de projets, avec des œuvres de bureaux de renom qui côtoient des jeunes architectes émergents.

  6. Makerspaces in libraries. Une enquête révèle l’essor, dans les bibliothèques, des laboratoires de fabrication (makerspaces) qui offrent l’impression 3D, l’enregistrement de musique numérique, la pratique des arts ou de l’artisanat. Selon l’enquête, 41% des répondants disposent actuellement de makerspaces dans leurs bibliothèques (ou proposent des activités de fabrication par le biais de leurs bibliothèques) et 36% des répondants ont l’intention de démarrer ce type d’espaces dans un proche avenir.

Pour aller plus loin :

| Photo : Visite architecturale de la bibliothèque Marc-Favreau, août 2013 par Marie D. Martel |

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oct - 2013 22

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1. Concours d’architecture de la bibliothèque de Pierrefonds. Chevalier Morales architectes et DMA architectes ont remporté le concours de la bibliothèque de Pierrefonds. Le projet de Chevalier Morales architectes et DMA architectes a été choisi parmi les quatre finalistes par le jury, présidé par M. Jacques Plante, architecte et professeur à l’Université Laval, Mmes Phyllis Lambert et Guylaine Beaudry ainsi que Mrs Oscar Ramirez, Michel Beaudry et Dominique Jacob. Ce jury a reconnu l’audace et l’originalité du concept.

2. Un investissement de 18,7 M$ pour la construction de la future bibliothèque de Villeray. L’arrondissement de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension a annoncé, le 27 septembre dernier, un investissement de 18,7 M$ pour la construction de la future bibliothèque de Villeray. Selon le ministre de la Culture et des Communications, Maka Kotto, une nouvelle bibliothèque plus spacieuse et mieux adaptée aux besoins actuels contribuera à «l’amélioration de la qualité de vie des citoyennes et des citoyens. Avec ses installations de pointe, la future bibliothèque assumera pleinement son rôle dans la transmission de la culture, de la connaissance et du savoir».

3. Voici l’Espace 3C de l’ÉTS [vidéo]. L’ÉTS a inauguré le 16 octobre dernier une salle conçue pour favoriser «la collaboration, la créativité et l’échange de connaissances entre les usagers» à la bibliothèque de l’ÉTS.

4. Research Article: “Libraries as Co-Working Spaces: Understanding User Motivations and Perceived Barriers to Social Learning” [document pdf]. Cette étude vise à soutenir les stratégies de conception des bibliothèques en tant qu’environnement intelligent dédié à l’apprentissage informel, la collaboration entre les pairs, le co-working, la créativité autour de la culture, la technologie numérique. L’accent est mis sur la compréhension des motivations des utilisateurs, de leurs comportements et des activités dans la bibliothèque d’État de Queensland à Brisbane (Australie).

5. Libraries Play A Central Role in Connected Learning | The Digital Shift 2013. Les bibliothèques constituent une occasion réelle de combler les déficits en matière de scolarisation pour les différents publics par le passage au numérique. C’est le thème exploré lors de cette conférence.

6. Des bibliothèques en kit pour les populations réfugiées. L’ONG Bibliothèques sans frontières a le projet d’intervenir dans les crises humanitaires pour assurer l’accès à l’éducation et à la culture aux personnes à l’aide de «médiathèques portatives». Le design de ces microbibliothèques a été réalisé par Philippe Starck.

Pour aller plus loin :

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sept - 2013 04
La nouvelle bibliothèque centrale Birmingham

La nouvelle bibliothèque centrale de Birmingham

        1. Vox pop de la bibliothèque Marc-Favreau. Qu’est-ce que la bibliothèque Marc-Favreau vous offrira que vous n’avez jamais osé imaginer? La réponse est donnée dans la vidéo vox-pop que l’on peut visionner et partager. Cette stratégie de communication prépare le terrain pour l’événement du 15 septembre au cours duquel le public est invité à une visite architecturale de la bibliothèque entre 10 h et 16 h.

  • Portrait général des bibliothèques de Montréal 2012 (publié en 2013).  Ce document indispensable offre un condensé d’informations actuelles sur la vision et le développement de l’offre de service; les programmes et services offerts en bibliothèque; la bibliothèque numérique; la bibliothèque hors les murs; les projets de construction en cours, et bien d’autres choses encore.

 

 

  • Riding the Waves or Caught in the Tide?  Navigating the Evolving Information Environment (document PDF, en anglais). Dans son dernier rapport, l’IFLA (International Federation of Library Associations and Institutions) identifie 5 tendances qui caractériserant l’écosystème des bibliothèques à compter d’aujourd’hui : 1) les nouvelles technologies vont contribuer à la fois élargir et à limiter l’accès à l’information; 2) l’éducation en ligne va transformer et bouleverser l’apprentissage traditionnel; 3) les limites de la protection des données et de la vie privée seront redéfinies; 4) les sociétés hyper-connectées vont écouter et favoriser l’habilitation (empowerment) de nouveaux groupes et de nouvelles voix; 5) l’économie mondiale de l’information sera transformée par les nouvelles technologies.

 

  • First look: Birmingham’s new £188m library – a sparkling cornerstone of the city’s rebirth (en anglais). L’événement médiatique récent dans le monde de l’architecture des bibliothèques est certainement l’ouverture de la nouvelle bibliothèque de Birmingham! Le projet de l’atelier Mecanoo est, selon The Guardian, «un bâtiment de 10 étages d’espaces et de lumières, avec une peau en métal ourlée représentant à la fois un bijou dans la ville et son histoire industrielle.» 35 000 m.c. et 188 millions d’euros pour ce projet destiné à offrir à la fois une expérience pour la culture et l’apprentissage en phase avec le 21ième siècle et une opportunité pour revitaliser la ville. On peut voir les photos sur le site de ArchDaily.

 

  • Library Design Showcase 2013 (en anglais). American Libraries présente l’édition 2013 de sa publication célébrant les meilleures bibliothèques en tous genres, nouvelles constructions, agrandissements ou rénovations. Cette revue rassemble les projets les plus brillants qui se démarquent «tant par leur architecture innovante que par leur capacité à répondre aux besoins des usagers de façon unique, intéressante et efficace.»

 

Pour aller plus loin :

Photo : New Birmingham Central Library, source : Flickr, par Sean_Marshall, licence : CC BY-NC 2.0.

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août - 2013 13
Saltire Center à la Glascow Caledonian University

Saltire Center à la Glascow Caledonian University

    1. Saint-Laurent célèbre en grand l’ouverture de la Bibliothèque du Boisé avec Dany Laferrière, porte-parole de l’événement. À l’occasion de l’ouverture des portes au public le samedi 6 juillet, les citoyens ont été accueilli par le maire de Saint-Laurent, Alan DeSousa ainsi que les membres du conseil. Selon le porte-parole de l’événement inaugural, l’écrivain Dany Laferrière : « Cette magnifique bibliothèque du Boisé, nichée parmi les arbres et traversée par tant d’éclats de lumière, saura rendre votre vie plus excitante. »

    2. Quatre équipes finalistes ont été sélectionnées à l’issue de la première étape du concours d’architecture pour le rénovation et l’agrandissement de la bibliothèque de Pierrefonds.Le jury s’est réuni le 4 juillet dernier pour analyser les 10 dossiers conformes et désigner les finalistes en fonction des critères d’évaluation prévus au règlement du concours. Les finalistes sont (en ordre alphabétique):

      • AFO (Atelier Big City, FSA architecture et L’ŒUF)
      • BGLA et Coarchitecture
      • Chevalier Morales architectes et DMA architectes
      • Consortium Dan Hanganu architectes et Groupe A
    3. Un foyer québécois sur quatre est équipé d’une tablette numérique. Selon les données recueillies par le Cefrio, 27 % des foyers québécois possèdent une tablette numérique, 42 % un téléphone intelligent, et 12 % des foyers québécois disposent d’une liseuse électronique. En 2013, 78 % des foyers québécois sont branchés à Internet, un taux demeuré stable depuis l’année dernière. Les internautes québécois utilisent Internet de manière active près de 20 h par semaine.

    4. Le feu détruit la bibliothèque de Lac Mégantic et ses archives. Le Library Journal rapporte cet événement tragique en rappelant que, non seulement les collections furent détruites, mais aussi la totalité du fonds d’archives unique dont la bibliothèque était la gardienne. Depuis 1996, celle-ci rassemblait des documents historiques et des effets personnels des résidents.

    5. Les travaux de OMA commencent à la Bibliothèque Multimédia à Vocation Régionale à Caen (France).  Selon Clement Blanchet, associé chez OMA, la bibliothèque de 13 000 m.c. présente la forme d’un X qui maximise l’interaction entre les disciplines en offrant une salle de lecture entièrement transparente, baignée de lumière naturelle avec une vue imprenable sur l’eau et la ville. Ouverture prévue en 2016.

    6. Les bibliothèques universitaires façonnent le futur de l’apprentissage et de la recherche.  Cet article qui fait partie d’un dossier du journal The Guardian sur les bibliothèques universitaires aborde des enjeux qui sont partagés par les bibliothèques publiques en devenir : l’importance de la flexibilité («future proofing the library building»); l’humain au coeur de la démarche; les transformations dans les modèles pédagogiques en tant que moteur du changement; l’équilibre à atteindre pour un apprentissage mixte («blended learning») qui prend place à la fois dans l’espace physique et numérique; un espace pour des activités d’apprentissage avec des îlots de silence, et non plus l’inverse, c’est-à-dire un lieu de silence avec des niches pour les activités et le travail en groupe.

Pour aller plus loin :

Photo : Light palm trees, source : Flickr, par Ewan McIntosh , licence : CC BY-SA 2.0

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juin - 2013 27

Pour faire suite au billet sur les fab labs paru précédemment et à l’occasion de la résidence Imaginons nos Fab Labs qui a lieu dans la grande région de Montréal, voici une veille pour poursuivre nos réflexions et l’exploration de ces espaces de création.

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Bibliothèques, nouveaux espaces, réflexions

Les Tiers-Lieux, une notion à expérimenter et co-construire
Historique, définition et réflexion sur les tiers lieux de la part de Raphaël Besson, chercheur en Sciences du territoire et chef de projet Living Lab à la Casemate à Grenoble.

Les fab labs en bibliothèque : nouveaux tiers lieux de création
Marie D. Martel, à la Ville de Montréal, rappelle comment les bibliothèques ont de tout temps participé à l’évolution de la société dans laquelle elles sont implantées et comment elles se sont adaptées. Le passage au livre numérique et la libération des espaces en bibliothèque est peut-être le moment d’ouvrir de nouveaux lieux de participation citoyenne et créatrice : les fab labs. Son article propose des liens vers huit labs divers.

Espaces physiques et pratiques émergentes : comment les bibliothèques publiques peuvent y participer ?
Cet article de Vincent Audette-Chapdelaine, paru dans le Bulletin des bibliothèques de France et bien que datant de 2011, est toujours d’actualité. Le bibliothécaire et directeur d’Espace Temps, nous présente différentes initiatives citoyennes et communautaires, lieux de partage et de création. Il nous invite ainsi à questionner le rôle et la place de la bibliothèque publique dans ce nouvel univers.

 

Fab Labs

Qu’est-ce qu’un FabLab ?
La réponse parfaite à la question, en une minute et trente secondes, en images, ludique et limpide. Il manque bien évidemment des détails, mais les éléments de base sont là.

Les Fab Labs par Neil Gershenfeld
La conférence TED que Neil Gershenfeld, professeur au MIT et fondateur des fab labs, a présenté en février 2006. Il explique d’où est venue l’idée de ce concept, comment s’est amplifié le mouvement, quels objets on peut y créer et comment cette fabrication personnelle (qui vise une approche ascendante, bottom-up) est une véritable révolution.

Charte des Fab labs
La charte officielle (en anglais) sur le site du Center for Bits and Atoms (CBA) du MIT, qui en sept grands points définit un fab lab et ses modalités d’utilisation. On la retrouve en français ici.

Fab Labs – Tour d’horizon
Ce rapport d’une soixantaine de pages est une présentation très complète de ce qu’est un fab lab, ce qu’il contient, ses usages et pratiques, etc. Il présente également d’autres espaces de fabrication numérique personnelle. Un véritable état des lieux des fab labs, un incontournable pour ceux qui s’intéressent à cette nouvelle forme de l’innovation participante.

Comment ouvrir un fablab – Construire le monde de demain en 7 jours (ou plus)
Traduction de Limouzi Lab d’un texte du Fablab d’Amersfoort (Harmen G. Zijp / FabLab Amersfoort ) aux Pays-Bas. C’est en quelque sorte le résumé rapide de Comment monter son fablab dans son garage (ou presque) ? Il donne les informations de base, les principales étapes pour créer un fab lab à partir de rien, avec un petit budget et une petite équipe et ce de manière autonome (ou presque), sans faire appel préalablement aux pouvoirs publics et à leur subventions. C’est donc une approche « du bas vers le haut » qui est proposée ici, un modèle général qui n’est pas orienté spécifiquement vers les bibliothèques. Liste des machines et logiciels pour démarrer.

Mini Fablab
Ce site néerlandais propose (en anglais), à partir de l’observation de départ que la plupart des gens venaient au Fab lab d’Utrecht ProtoSpace pour construire de petits objets, une liste de machine à coûts réduits, permettant ainsi de construire un mini fab lab à peu près n’importe où, chez soi, dans une école, une bibliothèque…

Fablabo
Wiki mis en place par l’association Ping (Nantes, France) proposant diverses ressources (liste de machines, outils, logiciels libres, projets en cours, etc.) ainsi que plusieurs liens permettant de connaître l’histoire, la charte des fabs labs et autres lectures pertinentes.

Fab Wiki
Comme son nom l’indique, un wiki international sur les fab labs, avec entre autre une page très intéressante sur les consignes de sécurité à respecter dans cet espace particulier. Car ne l’oublions pas, bien que ce soit de la création numérique, les machines qui coupent, soudent, et les outils, sont bien réels.

 

Fab Labs au Québec

Fab Labs Québec est une « communauté motivée par l’émergence de l’interstructure des Fab Labs au Québec ». Le site propose des informations générales sur les fab labs (historique, mouvement), mais aussi des informations plus pratiques pour «Démarrer son Fab Lab», ainsi que les projets en cours au Québec.
échoFab est le fab lab installé à Montréal. Il ouvre ses portes au public deux journées par semaine, répondant ainsi à la charte du MIT. On y retrouve de nombreuses machines-outils, des ordinateurs et des outils traditionnels. En plus de l’aspect technique et technologique, du personnel très compétent est sur place pour accompagner les citoyens dans leurs projets.

DèmosLab
C’est le deuxième fab lab au Québec, qui a ouvert ses portes tout récemment. Il se trouve à Chicoutimi et on peut s’y rendre gratuitement une journée par semaine. On y retrouve une imprimante 3D, des micro-contrôleurs et micro-ordinateurs, et de l’équipement d’électro-mécanique.

Eastern Bloc
« Eastern Bloc est un centre de production et d’exposition voué à la promotion des nouveaux médias et des arts interdisciplinaires. » Dédié essentiellement à la communauté artistique, le lab d’Eastern Bloc, situé à Montréal, possède de nombreux outils et permet une création à « l’intersection de la technologie et de la science ». Des ateliers ouverts à tous sont également organisés.

ÉchoRap
ÉchoRap est une imprimante 3D conçue au Québec (inspirée du projet RepRap) et qui sera commercialisée par Robotic Sequencing. Il est prévu qu’elle soit livrée à assembler et l’ambition du projet est de créer une imprimante 3D à faible coût, facile à monter, et qui pourra à son tour produire des pièces pour en fabriquer une autre.

On retrouve à Montréal d’autres lieux de créations numériques et robotiques, liés à l’art comme Hexagram-UQAM et Hexagram-Concordia, qui sont des centres de recherche en arts médiatiques et technologies réservés aux chercheurs et artistes, ou Foulab, qui est un hackerspace, dont les utilisateurs sont membres, mais qui ouvre ses portes aux curieux une fois par semaine. Turbine, qui est un « centre de création, de formation, de recherche et de diffusion de pratiques actuelles en art et en pédagogie », a mis en place en 2012 un Fab lab mobile sous forme de projet ponctuel, dédié à la médiation culturelle.

 

Fabs Labs, makerspaces et bibliothèques

A librarian’s guide to makerspaces : 16 resources
Cette page de OEDb (Open Education Database) propose 16 liens pointant vers des ressources pour toute institution réfléchissant à la possibilité d’implanter un makerspace dans ses espaces et les façons de le faire.

Makerspaces, Parcipatory learning, and Libraries
Blogue de Buffy Hamilton, Learning Strategist for the Cleveland Public Library in Cleveland, Ohio. On peut y lire ses définitions, réflexions sur ce qu’est et sur ce qu’on peut faire d’un makerspace en bibliothèque.

Made in ma bibliothèque
Sabine Blanc, journaliste, reprend l’idée de l’évolution des bibliothèques et de leur accompagnement des changements de la société, qui, après l’informatique et internet, passe maintenant par l’implantation d’espace de création numérique. Elle présente le Fab lab de la Fayetteville Free Library, ainsi que quelques réflexions intéressantes sur le modèle d’affaire à appliquer à ces nouveaux lieux.

Webinar : « Made in a Library » (OCLC/LJ)
En mai 2012, OCLC et Library Journal ont proposé un webinaire sur les fab labs et autres espaces de création en bibliothèque intitulé : Made in a Library. Ce blog en propose une synthèse/ résumé avec des nombreuses questions à se poser en tant que bibliothèque et des pistes de réponses. On y trouve aussi des exemples concrets comme le Fab Lab de Fayetteville Free Library, ainsi que des listes de machines et outils.

The Labs @ Carnegie Library of Pittsburgh
Cet article présente The Labs de la Carnegie Library de Pittsburgh, un espace dédié à la création numérique pour les adolescents, inspiré du YOUmedia de Chicago.

The Makings of Maker Spaces
Un article de l’American Libraries Magazine, en trois parties, et qui présente des modèles de makerspaces et les partenariats qui fonctionnent, une entrevue de l’auteur Cory Doctorow, ainsi qu’un historique de ces espaces et une liste de machines qui composent ces espaces de création. On y retrouve également diverses ressources. Il est cependant intéressant de noter que bien que le Fab Lab de Fayetteville y est mentionné, les mots et le concept de fab lab ne sont pas évoqués…

Fab Labs at the Library
Allen County Public Library et Fayetteville Free Library offrent toutes deux des modèles différents de fab labs ou de makerspaces (l’article propose d’ailleurs un encadré avec la terminologie utilisée), dans une remorque sur le stationnement de la bibliothèque pour la première et à l’intérieur même de l’édifice pour la seconde. La volonté de proposer de tels espaces en bibliothèques publiques part d’une réflexion autour de la phrase du directeur de la Allen County Library, Jeff Krull : “The library is in the learning business, not just the book business”.

 

Photo : échoFab (Montréal) par Gaëlle Bergougnoux, licence : CC BY-NC-SA

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juin - 2013 18

DOK-kirjasto, Hollanti

    1. Lancement du concours d’architecture dans le cadre du projet de rénovation et d’agrandissement de la bibliothèque de Pierrefonds. Ce concours, vise la réalisation d’un bâtiment doté d’équipements modernes qui rejoint les très hauts standards exigés pour  Montréal: la vocation familiale, les nouvelles technologies de l’information, la qualité en design et le développement durable.

    2. Travaux de mise aux normes pour l’accessibilité universelle à la bibliothèque de Roxboro. Ces travaux ont pour objectif de rendre la bibliothèque de Roxboro accessible aux personnes à mobilité réduite leur permettant ainsi de profiter pleinement de tous les services qui leur sont offerts. Ainsi, le stationnement et le bâtiment seront modifiés et le comptoir de prêt amélioré afin d’accommoder tous les usagers et de favoriser l’accessibilité aux activités et équipements collectifs.

    3. Portraits démographiques : La population des jeunes de 10 à 34 ans à Montréal (mai 2013). Ce document propose un tour d’horizon des principales caractéristiques de cette population: leur répartition sur le territoire, leur scolarité et leur présence sur le marché du travail, les migrations interrégionales des jeunes, les jeunes issus de l’immigration et finalement les perspectives démographiques pour ce groupe d’âge.

    4. 10 libraries to visit with Google Street View.10 bibliothèques dont huit aux États-Unis et deux au Canada (Ontario) offrent des visites virtuelles de l’intérieur de leurs bâtiments via Google Street View.

    5. Designing Libraries That Encourage Teens to Loiter. Hamilton Grange branch est l’une des premières succursales de la New York Public Library à offrir un étage entièrement dédié aux adolescents (4400 pi2). Elle a été  récipiendaire 2013 de l’American Institute of Architects Library Building Awards.

 

Pour aller plus loin :

Photo : DOK library (Pays-Bas), source : Flickr, par Keskustakirjasto , licence : CC BY-SA 2.0

 

 

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juin - 2013 14

Gaëlle Bergougnoux est étudiante à la maîtrise en sciences de l’information à l’EBSI. Elle termine ses études en effectuant un stage sur le sujet des fab labs à la Division des Quartiers culturels avec Marie D Martel.

La bibliothèque publique, de par son rôle et sa place dans la société a toujours avancé et accompagné les évolutions de celle-ci. Loin de l’image du sanctuaire de livres (ce qu’elle est aussi d’une certaine façon), la bibliothèque s’est toujours renouvelée, s’adaptant et adoptant les technologies de l’heure. Ainsi CD, DVD, Blu-ray, jeux vidéo sont entrés dans ses collections. Ordinateurs et internet ont aussi leur place dans ces lieux publics d’information. Les formations et les activités proposées aux usagers se sont aussi diversifiées, et si l’on y raconte toujours des histoires aux plus jeunes, on y trouve maintenant des soirées jeux vidéo, des initiations à Internet et aux réseaux sociaux. Mais comme l’ont souligné plusieurs auteurs et professionnels du monde des sciences de l’information, la bibliothèque du 21e siècle entre dans une nouvelle ère, qui, de consultation et utilisation, devient participation et création.

Le concept qui a nourri cette réflexion nous vient de la sociologie urbaine et plus précisément de Ray Oldenburg. Dans ses ouvrages Celebrating the Third Place et The Great Good Place, le sociologue y développe l’idée, qu’après le premier lieu (la maison) et le deuxième (le travail), les humains ont besoin d’un troisième lieu, neutre, pour s’y retrouver, interagir, entrer et participer à la vie de la communauté. Oldenburg pense avant tout aux cafés (un certain modèle du café européen), mais aussi à bien d’autres endroits comme le titre complet de son livre l’indique : The Great Good Place: Cafes, Coffee Shops, Community Centers, Beauty Parlors, General Stores, Bars, Hangouts, and How They Get You Through the Day… Pourtant, si la bibliothèque publique ne fait pas partie des espaces qu’Oldenburg propose comme « tiers-lieu » ou « troisième lieu », nombreux sont ceux qui ont vu en elle les caractéristiques idéales pour répondre à ce concept. S’est alors posée la question de la façon dont la bibliothèque publique, qui possède en ses fondements des valeurs idéales pour être ce tiers-lieu, ferait pour en être effectivement un.

Les fab labs sont une réponse possible à cette transformation nécessaire, ce passage de lieu de consultation à lieu de participation, que vivent les bibliothèques publiques, et orienté bien évidemment vers les usagers. Comme le souligne en effet Jeff Krull, directeur de la Allen County Public Library : « The library is in the learning business, not just the book business ». Et c’est ainsi qu’il explique la présence du conteneur installé dans le stationnement de la bibliothèque et qui contient un fab lab, un « fabrication laboratory », un espace dédié à la fabrication numérique.

 

Qu’est-ce qu’un fab lab ? Et a-t-il sa place en bibliothèque publique ?

Les fab labs (contraction de fabrication laboratory) sont nés en 2001 au MIT, dans un cours du professeur Neil Gershenfeld intitulé « How to make (almost) anything ? ». On trouve plusieurs définitions de ce type de lieu. Fabien Eychenne, dans un rapport de la Fing (Fab Labs, Tour d’horizon) en parle comme « d’une plate-forme de prototypage rapide d’objets physiques, « intelligents » ou non » (p.7). C’est plus concrètement un atelier de création, fabrication numérique dans lequel on retrouve des machines à commande numérique (imprimante 3D, découpeuse laser, fraiseuse, etc.), des outils (petite électronique, fer à souder par exemple) et bien évidemment des ordinateurs, équipés de logiciels de CAO (création assistée par ordinateur).

Mais un fab lab, c’est aussi et surtout des valeurs. Pour Gershenfeld, le fab lab est « un lieu dans lequel s’expriment la créativité et le partage » (Eychenne, p.20), un endroit qui permet un apprentissage différent, qui veut revaloriser la culture du faire. Le travail en équipe est plus qu’encouragé, l’apprentissage par les pairs quasi inévitable et souhaité. Des réseaux intra fab lab et inter fab labs ont émergé. Quiconque vient utiliser un fab lab lors des journées ouvertes à tous est prié de documenter et déposer son projet sur le(s) réseau(x). Le partage est donc une notion importante. En effet, « un projet a plus de chance de réussir s’il est partagé avec les autres parce qu’il s’enrichit et s’améliore au contact de la communauté » (Eychenne, p.21).

Si les fab labs sont une belle expression du DIY (Do it yourself), ils appliquent également en leur sein le DIWO (Do it with others). Les fab labs peuvent exister sous différents modèles, privés, semi-privés ou publics, soutenus par une école, une collectivité locale, une société, et être ouverts à tous ou seulement pour des étudiants ou des entreprises. Si l’investissement de départ peut être relativement important (environ 100 000$, et avec un budget de fonctionnement mensuel de 5000 à 25 000$), il est tout à fait possible, et l’on voit fleurir sur la toile de nombreuses façons et propositions, de monter un fab lab avec un budget beaucoup plus modeste.

Montréal possède son propre fab lab, échoFab, répondant à la charte du MIT. Il se présente comme « un prototype d’atelier numérique communautaire de quartier » et est ouvert au grand public deux journées par semaine.

 

Tout ceci est bien beau me direz-vous, mais quel rapport avec les bibliothèques publiques ?

Si l’on en revient au concept de « tiers-lieu », la bibliothèque ne peut pas éternellement rester un espace d’emprunt et de consommation de l’information sous quelque forme qu’elle soit. Pour devenir ce troisième lieu après la maison et le travail, un lieu dans lequel on se sent bien, pour lequel on a un sentiment fort d’appartenance et qui nous permet de nous ancrer et de participer à la vie de notre communauté, la bibliothèque publique doit proposer de nouveaux espaces de partage, de communication, de création. Les fab labs semblent répondre à ces nouvelles préoccupations. Ils sont des lieux ouverts, prônant l’éducation et l’apprentissage (une littératie technologique et technique) et si les bibliothèques ont démocratisé l’accès au savoir, les fab labs ont « pour objet de démocratiser l’accès aux outils et machines pour permettre les inventions et les expressions personnelles » (Eychenne, p.49).

Plusieurs bibliothèques, pour la plupart aux Etats-Unis, ont ainsi expérimenté le concept du fab lab en leurs murs. Le plus célèbre reste à ce jour le Fab Lab de Fayetteville Free Library. Sa directrice, Susan Considine affirme que les bibliothèques sont là pour donner aux gens l’opportunité d’être ensemble pour apprendre, discuter, découvrir, tester, créer…Et c’est avec cette idée que le Fabulous Laboratory (bien que répondant aux critères du MIT, ce « fab lab » ne veut pas s’appeler ainsi pour se laisser la possibilité d’évoluer selon les exigences de la bibliothèque et les souhaits des usagers) a vu le jour. Lauren Britton Smedley, qui est l’instigatrice du projet, a beaucoup réfléchi à la forme qu’il pourrait prendre, à ce qui appartient à un espace comme celui-ci. C’est finalement un modèle hybride, qui est ouvert aux entrepreneurs. La bibliothèque est ainsi vue comme un centre d’échange de connaissances, ce qui correspond parfaitement aux fab labs et à l’importance qu’ils accordent au partage.

D’autres bibliothèques publiques proposent des espaces de création, des makerspaces (lieu de rassemblement d’une certaine communauté liée par des intérêts communs, où l’on se retrouve pour socialiser, échanger, élaborer des projets, partager et fabriquer). Ainsi la Maker Station de la Allen County Public Library est une sorte de fab lab installé dans une remorque située sur le stationnement de la bibliothèque. Avec l’idée que « anytime libraries come across an opportunity for people to learn and grow, they should do it », son directeur, Jeff Krull, a établi un partenariat avec TekVenture, une organisation sans but lucratif spécialisée dans la technologie et les makerspaces. L’organisation a fourni remorque et équipements, et la bibliothèque un emplacement pour le tout. La Maker Station est ouverte trois jours par semaine au grand public, le reste du temps elle est à la disposition d’entrepreneurs ou de particuliers.

On retrouve aussi des espaces de création numérique, montage de film, photographie, studio d’enregistrement, dans plusieurs bibliothèques aux Etats-Unis, parfois destinés aux jeunes et adolescents en particulier. C’est le cas du YOUmedia lab à la Chicago Public Library ou du Storylab de la Tacoma Public Library. Le Digital Media Lab de la Skokie Public Library, ouvert à tous les usagers de la bibliothèque, possède ordinateurs et équipements pour filmer, photographier, enregistrer. Certains matériels peuvent même être empruntés. I Street Press de la Sacramento Public Library propose des ateliers d’écriture, des informations sur la publication pour écrivains en herbe et permet même de publier ses œuvres grâce à une Espresso Book Machine ! Comme le résume cet article, « I Street Press turns readers of books into makers of books ».

Plus proche de nous, le Café de Da de la bibliothèque Ahuntsic a ouvert ses portes en 2011. Il propose rencontres et conférences, mais a initié en 2012 des ateliers de cinéma en direction des 16-25 ans pour leur permettre de réaliser, monter et projeter des films.

Tous ces exemples illustrent l’entrée des bibliothèques publiques dans l’ère de la culture du faire. N’en étant qu’à ses balbutiements, c’est toutefois une période de tâtonnements et de questionnements. Un fab lab a-t-il sa place dans les bibliothèques de Montréal ? Sous quelle forme ? Et pour quels publics ? Comment, après l’âge de l’accès et de la formation que définit Marie D. Martel, passe-t-on à celui qu’elle nomme l’âge de la participation ?

Parues en 2011, les nouvelles Lignes directrices pour les bibliothèques publiques du Québec, rappellent que ces dernières sont « étroitement liée[s] à la vie citoyenne » et qu’elles « contribue[nt] de façon significative au développement culturel, communautaire, social et économique des individus et des collectivités » (p.11). Parmi ses six valeurs principales, on retrouve l’approche participative, la créativité et le développement durable, trois valeurs qui, bien que non mises de l’avant de façon explicite, sont aussi celles des fab labs. Plus loin, les Lignes directrices rappellent que « les ressources technologiques font partie intégrante de l’offre de service de la bibliothèque publique » (p.37).

Lorsque l’on se penche sur la Politique de développement culturel de la ville de Montréal, 2005-2015, il est mentionné comme axes stratégiques pour les bibliothèques qu’il faut « renforcer [leur] utilisation comme outil d’intégration et de développement social » ainsi que leur rôle « comme milieux de vie ». Sans qu’il soit nommé, transparaît dans ces volontés, le concept de tiers-lieu. Pourtant, aucune action concrète n’est proposée pour faire de la bibliothèque publique cet espace particulier.

Les fab labs, de par leurs valeurs et leurs principes, pourraient être une des réponses pour entrer dans l’âge de la participation. Comme le souligne Eychenne, ils encouragent « la créativité individuelle car elle est porteuse de plus de conscience et responsabilité sociale » (p.9). On retrouve dans la charte des fab labs les termes accès, partager avec les autres utilisateurs, éducation, capitalisation des connaissances… La filiation avec les bibliothèques publiques apparaît de plus en plus évidente.

 

 Alors c’est décidé, installons un fab lab dans une bibliothèque !

Avant tout, il importe de se demander sous quelle forme nous voulons implanter ces nouveaux espaces et toutes leurs nouvelles fonctions dans la bibliothèque publique (un webinaire d’OCLC et du Library Journal indique un budget de 10 000 à 50 000$ pour monter un fab lab et un espace nécessaire d’environ 75 m2).

L’expression même de fab lab correspond à l’espace inventé par Neil Gershenfeld et reconnu par le MIT. Les bibliothèques publiques, bien que s’inspirant fortement de sa philosophie et de ses principes, ne sont cependant pas obligées de se conformer à tous les points de la charte. Sans doute, vont-elles devoir se pencher et réfléchir à quelle sorte de makerspace elles veulent pour leur communauté et leurs citoyens. On peut même imaginer que les bibliothèques publiques développeront leur propre homologation, répondant ainsi à leurs réels besoins.

Les fab labs possèdent des qualités « humaines » que les bibliothèques publiques vont sans doute pouvoir utiliser. On peut ainsi penser à un partenariat avec des écoles ou certains programmes particuliers, pour revaloriser le travail manuel, ce « faire » qui disparaît des écoles. Les enfants aiment naturellement bricoler (il n’est qu’à voir le succès des petits bricolages qui sont souvent proposés après l’heure du conte), ils sont certainement un public déjà acquis aux fab labs. Les adolescents, et ce n’est pas pour rien que plusieurs bibliothèques américaines ont développé des labs spécifiquement pour eux, sont aussi des usagers à privilégier dans cette entreprise, eux qui délaissent la bibliothèque publique à cet âge particulier de la vie… Plus globalement, le fab lab, un terrain neutre qui propose une littératie nouvelle, où tout le monde se retrouve un peu sur le même pied d’égalité et où chacun est encouragé à partager ses connaissances, pourrait être un lieu de mixité, de réconciliation sociale.

En venant à la bibliothèque pour fabriquer (comme on y vient pour lire), c’est un véritable moyen de s’approprier le lieu qui est proposé ici. En permettant aux usagers de créer, en favorisant l’émergence de projet individuel et communautaire, le fab lab leur offre par là-même la possibilité de s’épanouir personnellement et de faire rayonner la bibliothèque dans sa communauté.

 

Image : Marc-Olivier Ducharme, source : échoFab, licence : CC BY-NC-SA 2.5 CA

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juin - 2013 02

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Le YOUmedia est-il l’avenir de la bibliothèque? Notre collègue, Patrick Lozeau a visité cet espace récemment et a bien voulu partager ses images ainsi qu’un commentaire sur le lieu. C’est l’occasion de poursuivre l’exploration des laboratoires en bibliothèques. Le projet du YOUmedia a reposé sur une approche de design social et participatif impliquant la présence des adolescents dans le processus de la conception. La documentation sur le YOUmedia est abondante, on peut même y trouver le programme et un schéma d’aménagement. En guise d’introduction, je reprends ici les principaux éléments de cette démarche.

Le YOUmedia se définit comme un espace d’apprentissage des nouveaux médias conçu pour les adolescents qui a été inauguré en 2009 au sein de le Chicago Harold Washington Library Center.

Suivant le parti pris philosophique du YOUmedia, il s’agit de permettre aux jeunes d’apprendre à être des créateurs de contenus éclairés plutôt que de simples consommateurs.

On assume que la littéracie des nouveaux médias doit être développée très tôt chez les jeunes par le biais de différentes expériences formelles et informelles, mais qui seront intrinsèquement motivantes parce qu’elles impliquent l’utilisation des nouveaux médias.

Et comme aujourd’hui les compétences relatives aux nouveaux médias sont transversales, dans la mesure où elles croisent à peu près toutes les dimensions de la culture, on s’inscrit dans une démarche large de translittéracie.

Il s’agit aussi d’une approche de type « learning by doing » c’est-à-dire que l’apprentissage est réalisé par le biais d’activités de fabrication, de manipulation en réalisant des projets, fondés sur les intérêts, et qui favorisent la pensée critique, la créativité et le renforcement des compétences. On constate à travers dans les images plus récentes du YOUmedia que celui-ci a intégré un volet de laboratoire de fabrication dans l’esprit des fab labs.

Selon les programmateurs, le YOUmedia relève deux défis considérables auxquels font face les bibliothèques publiques d’aujourd’hui:

• Le manque d’espaces engageants et appropriés, numériques et physiques, pour les adolescents dans les bibliothèques publiques;
• Le manque d’opportunités pour les adolescents leur permettant de développer des compétences numériques adéquates pour fonctionner dans la société contemporaine;

La réponse à ces défis au YOUmedia a consisté à offrir des espaces appropriés aux adolescents susceptible de leur permettre de réaliser des projets qui font sens pour eux en ayant la possibilité d’accéder à un registre varié de ressources : des livres, une centaine d’ordinateurs portables et de bureau, des outils de création médias, des logiciels pour la photo, la vidéo, le dessin, la musique. Le YOUmedia propose également un studio d’enregistrement maison avec des claviers, de tables tournantes, et une table de mixage.

Plus précisément, la réponse à ces défis a été globale avec une proposition comportant 5 ingrédients essentiels :

1) L’espace. Dans un YOUmedia, il doit avoir un espace physique où les jeunes peuvent se rassembler de même qu’un espace en ligne pour le réseautage social, la diffusion de leurs œuvres et le partage d’idées.

La conception de l’espace YOUmedia a découlé des travaux du professeur Mizuko Ito, Living and Learning with Digital Media (2008), qui a produit une étude ethnographique auprès de 700 jeunes montrant que les jeunes participent aux médias numériques selon trois modalités :
• Le Hanging Out lorsqu’ils «traînent» et conversent avec des amis dans les espaces sociaux comme Facebook.
• Le Messing Around lorsqu’ils bricolent avec les médias numériques, font des vidéos simples, jouent à des jeux en ligne, publier des photos dans Flickr, etc.
• Le Geeking Out lorsqu’ils approfondissent l’exploration de leurs principaux intérêts et de leurs passions : musique rap, création de fan fiction, de robots, etc., souvent à travers des collaborations et en bénéficiant de l’apprentissage par les pairs.

Ito et als. ont observé que ces activités en ligne contribuent à l’apprentissage des jeunes de manière significative au-delà des expériences dans les programmes scolaires ou de la communauté. Le YOUmedia est organisé et aménagé avec trois zones distinctes qui correspondent à ce schéma des usages :

  • Une zone de Hanging Out pour échanger et converser. C’est un espace social avec une ambiance détendue où les adolescents peuvent lire, parler avec des amis, sur place ou via les réseaux sociaux. L’environnement, dit-on, est conçu pour offrir «une introduction sans pression à la technologie».
  • Une zone de Messing Around pour explorer et expérimenter. Cet espace vise à favoriser l’exploration des supports numériques pour ceux qui ne sont pas nécessairement prêts à s’engager dans des ateliers plus structurés.
  • Une zone de Geeking Out pour creuser, approfondir, pour aller plus loin, souvent avec l’aide d’un mentor ou d’un bibliothécaire, par l’intermédiaire d’ateliers et de projets. Dans ce cas, le YOUmedia propose un espace de formation et d’apprentissage collaboratif.

Les autres conditions du concept de YOUmedia :

2) Les mentors. Dans un YOUmedia, il doit avoir des mentors pour accompagner les jeunes dans leurs projets.

3) Les intérêts. Dans un YOUmedia, on favorise l’apprentissage des jeunes en tenant compte de leurs intérêts.

4) La recherche. Dans un YOUmedia, la programmation et l’offre de services sont continuellement ajustées en fonction des collectes de données et des informations recueillies sur les besoins des jeunes par des chercheurs. L’Université de Chicago, notamment le département de sociologie et l’Institut d’éducation urbaine, a été étroitement impliquée dans les cueillettes de données, les études, les processus et les évaluations ayant servi de cadre au YOUmedia.

5) Les partenaires. Le YOUedia est le résultat d’une collaboration entre divers partenaires qui contribuent à offrir différentes opportunités et des ressources aux jeunes.

Patrick Lozeau a visité l’espace YOUmedia avec le regard avisé qu’on lui connaît au sein de la profession, et il a généreusement accepté de partager son point de vue en commentant le lieu :

Avant de répondre à tes questions, j’aimerais préciser que j’ai eu l’occasion de visiter le YOUMedia à deux reprises. Ma première visite remonte à septembre 2009. À ce moment, j’ai visité l’espace un samedi en fin d’après-midi quand l’endroit était plein d’adolescents. J’y suis retourné un matin de semaine pour prendre les photos sans les jeunes. Cette année, j’ai visité l’endroit un mercredi après-midi quand plusieurs jeunes s’y trouvaient.

Quels sont les aspects que tu as jugés les plus intéressants dans cet espace ?

Je suis quelqu’un de très visuel, je dois retourner à mes photos pour m’aider à répondre à tes questions. Cependant, l’élément qui m’a le plus marqué sans regarder mes photos, c’est l’esprit de l’endroit. YOUmedia se situe dans la bibliothèque centrale de Chicago, la Harold Washington Library, mais la minute que tu entres dans l’espace, tu n’as pas l’impression de rentrer dans une bibliothèque. Il règne plutôt un esprit de maison des jeunes. Les livres sont toujours présents, mais les bibliothèques disposées sur les murs changent la perception de l’endroit. Pour moi, c’est très positif si l’objectif est d’attirer une nouvelle clientèle qui aurait une image négative d’une bibliothèque.

Qu’est-ce que tu améliorerais dans le YOUmedia ?

Difficile d’émettre une critique sur un endroit qu’on connaît seulement comme «touriste». Pendant mes visites, je n’avais pas l’impression que le personnel s’impliquait dans les activités du YOUmedia. J’avais l’impression que les jeunes interagissaient plus souvent avec le gardien de sécurité qui est présent en permanence. Je sais qu’ils ont des activités, mais quand une personne entre dans l’espace, il est difficile de le repérer et c’est un élément qu’ils devraient améliorer.

Est-ce que tu penses que le modèle du YOUmedia est un modèle – en termes de concept, design, services, mentorat – dont on pourrait s’inspirer pour développer des espaces pour les ados ou les jeunes adultes à Montréal ?

Je pense que oui. Pour moi, YOUmedia représente l’évolution de la bibliothèque contemporaine : l’espace de ressources et de création sous toutes ces formes. Ça m’est aussi apparu comme un endroit de socialisation pour les jeunes. Une sorte de point de rencontre où on peut se donner rendez-vous pour passer du temps. Le local est grand avec peu ou pas d’ameublement fixe. Ceci permettrait de changer, déplacer, reconfigurer l’endroit à n’importe quel moment dans le futur. C’est un gros avantage. Le mobilier (surtout les divans) m’a semblé usé après quatre ans, mais l’équipement informatique et électronique semblaient toujours en place et fonctionnel.

Selon plusieurs designers aujourd’hui, les concepts des espaces pour les ados définissent les orientations des bibliothèques à venir pour tous les publics. Et, à l’instar de mon collègue Patrick Lozeau, je crois que le YOUmedia s’avère une des illustrations les plus intéressantes d’une intention aboutie visant à intégrer les nouveaux usages associés à la culture numérique et la participation culturelle dans l’espace physique de la bibliothèque. La YOUMedia représente aujourd’hui ui un projet structurant, une référence de base, un modèle à partir duquel on se réfère pour identifier des nouvelles pistes, que ce soit en termes de démarche ou de design social, dans le but d’aller encore plus loin.

Pour aller plus loin :

Cet article est déjà paru sur Bibliomancienne et sur Voir.

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mai - 2013 31

anacostia neighborhood library at night

  1. 2013 AIA/ALA Library Building Awards Announced. Le prix organisé conjointement par l’American Institute of Architects () et l’American Library Association ()  vient d’honorer 6 projets de bibliothèques aux États-Unis qui se sont distingués par leur excellence en architecture et en aménagement.
  2. Nouvelle génération d’Idea Stores. Le nouvel Idea Store Watney Market a finalement ouvert ses portes dans l’Est de Londres, le 14 mai dernier. Premier de la nouvelle génération d’Idea Stores, il s’agit d’un guichet unique offrant une gamme de services notamment dans le domaine de la santé et de l’emploi.
  3. Centre culturel de Notre-Dame-de-Grâce : c’est parti ! Le contrat de construction du nouveau centre culturel de Notre-Dame-de-Grâce, qui accueillera la nouvelle Bibliothèque Benny, a été accordé au groupe Geyser inc. Les travaux de construction débuteront d’ici quelques semaines pour se terminer à la fin de l’année 2014.
  4. Bibliothèque Marc-Favreau : culture en Sol majeur. La bibliothèque Marc-Favreau, qui ouvrira ses portes l’automne prochain, sera bien ancrée dans le XXIe siècle. Nouvelles technologies, luminosité et développement durable seront au cœur de la conception de cette bibliothèque résolument moderne.
  5. New York Library / TEN Arquitectos.Située au cœur de Manhattan et voisine du Museum of Modern Art, la future succursale de la New York Public Library sera ouverte et lumineuse malgré le fait qu’elle soit en grande partie souterraine (2 étages sur 3). Elle intégrera les livres à l’art et à la technologie.
  6. Ying yang public library by evgeny markachev + julia kozlova. S’inspirant de la philosophie du ying et du yang, cette bibliothèque sud-coréenne impressionne par sa forme architecturale dynamique, visuellement en mouvement perpétuel, qui met en interaction deux types d’espaces opposés mais complémentaires : un pour l’éducation, l’autre pour la communication.

Pour aller plus loin :

Photo : Anacostia Library (2013 AIA/ALA Library Building Awards) . Source : Flickr, par Garber DC , licence : CC BY-ND 2.0

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