déc - 2011 14

L’informatique ubiquitaire

Selon la vision de Mark Weiser dans « The Computer for the 21st Century», l’informatique du 21e siècle sera ambiante, ubiquitaire (pervasive computing). Elle n’est plus une technologie distincte, elle est omniprésente et complètement intégrée à nos espaces et à nos environnements. Mark Weiser la qualifie même d’informatique « calme » !

À la fois omniprésente et invisible, elle est aussi intelligente : elle combine les objets du monde réel à ceux du monde virtuel et a la capacité de localiser des objets et des personnes mais aussi de reconnaître la voix, les gestes et les mouvements. Pour cela, elle utilise des caméras sophistiquées, des radars, les technologies RFID, et bien sûr les technologies mobiles et sans fil. Cette informatique est en train de bouleverser la façon d’acquérir et d’utiliser l’information et la connaissance. Son impact est considérable sur les méthodes, les outils et les processus d’apprentissage.

Face à ces changements, notre environnement et nos espaces, qu’ils soient publics ou privés, sont à redéfinir pour une meilleure harmonie et une meilleure intégration de la technologie. Les espaces en bibliothèque n’échappent pas à ce constat. À l’instar des autres lieux de la cité intelligente (Smart City) ou de la Cité interactive (Interactive City), la bibliothèque intelligente doit s’approprier le principe de l’informatique ubiquitaire pour créer des espaces intelligents et interactifs. Ces espaces seront axés sur l’usager et lui offriront de nouvelles façons de découvrir et d’explorer la bibliothèque. Pour la bibliothèque, il s’agit d’une nouvelle stratégie pour séduire les usagers.

Basées sur le principe de l’informatique ubiquitaire, les technologies interactives sont tactiles, multitouches et multi-usagers. Elles sont capables de s’adapter au contexte de leur utilisateur, de comprendre et d’anticiper ses besoins et ses attentes. Comme dans le domaine de l’éducation et des loisirs où elles ont déjà été introduites, les technologies interactives offrent de nouvelles façons d’interagir avec l’information ainsi qu’une multitude de possibilités d’apprentissage et d’acquisition du savoir. L’objectif n’est pas d’intégrer les technologies à notre environnement mais de façonner un environnement en harmonie avec ces technologies ambiantes. Cet objectif n’est pas simple : il ne s’agit pas d’ajouter des postes multimédias et des ordinateurs pour faire un espace intelligent. Il s’agit plutôt de créer un espace harmonieux où la technologie, à la fois omniprésente et discrète, est au service de l’utilisateur final qui constitue le centre de cet environnement.

Les technologies interactives sont de plus en plus populaires auprès des enfants et des adolescents. Elles se déclinent en plusieurs catégories : tables intelligentes, tableaux interactifs, bornes interactives, murs interactifs, planchers interactifs, comptoirs interactifs et écrans interactifs tactiles. Des études ont démontré le rôle positif de ces technologies comme les tableaux interactifs sur l’apprentissage chez les jeunes enfants et adolescents : amélioration de l’orthographe, amélioration de la motivation et de la concentration, etc. Beaucoup de ces technologies sont destinées spécifiquement au milieu de l’éducation notamment aux jeunes élèves du primaire.

Exemples de technologies interactives

Les tables interactives

Une table interactive est une surface dynamique dont le dessus est doté d’un affichage tactile et multitouches. Elle est munie de caméras et de lumières infrarouges. Grâce à une manipulation avec les doigts, elle permet à son utilisateur d’afficher des images ou des cartes par exemple, de les déplacer ou de les redimensionner. Elle peut être multi-utilisateurs, c’est-à-dire permettre d’interagir avec un ou plusieurs utilisateurs simultanément. Une table interactive est également capable de reconnaître et d’entrer en interaction avec des objets physiques comme les téléphones, les appareils photos, les cartes bancaires, les cartes de bibliothèques, etc.

Parmi les modèles commercialisés, il y a la table Microsoft Surface lancée en novembre 2008. La version 2, Surface 2, a été commercialisée en 2011.

Microsoft Surface

Certaines de ces tables interactives viennent avec des programmes déjà intégrés. D’autres permettent de développer des applications « maison ».

Les tables interactives peuvent être utilisées pour les loisirs : les jeux, le dessin, la peinture, la musique ou pour des besoins éducatifs comme l’apprentissage des sciences. Des écoles et des universités ont intégré ces technologies pour améliorer le processus d’apprentissage des élèves et des étudiants. Des hôtels, des restaurants ont d’ores et déjà intégré ces tables dans le cadre de leurs activités. Par exemple, des restaurants mettent à la disposition de leurs clients des tables interactives leur permettant de passer leur commande en consultant le menu interactif.

Les murs interactifs

Certaines villes européennes ont mis à la disposition de leurs citoyens des murs interactifs qui offrent des informations pratiques sur la ville et qui peuvent être activés par une simple manipulation avec les doigts et permettre à l’usager interagir avec le contenu. Ce principe est apparu à Helsinki en 2007 sous le nom de CityWall. Installé au centre d’Helsinki, cet écran interactif tactile et multitouches permet aux gens d’accéder à une multitude d’informations municipales et touristiques et offre une nouvelle façon d’explorer la ville.

Applications en bibliothèque

La Darien Public library a mis à la disposition des enfants une table interactive Microsoft Surface pour les jeux en janvier 2010. L’expérience a été très positive.

La  DOK Library Concept Center à Delft aux Pays-Bas a développé une application qui permet de naviguer et d’interroger les collections d’archives d’images locales et présente des photos de rues à ses usagers, en se basant sur leur code postal. En plaçant sa carte de bibliothèque sur la surface de la table, l’usager peut trouver facilement des photos historiques en lien avec son adresse postale. Plusieurs usagers peuvent utiliser simultanément cette table interactive de Microsoft.

Local Heritage Browser On Microsoft Surface

La Children’s Interactive Library : On ne peut évoquer les technologies interactives en bibliothèque sans souligner le Project de La Children’s Interactive Library, un projet de recherche et d’innovation d’envergure au Danemark, mené entre 2004 et 2006. Il s’agit d’un projet interdisciplinaire qui vise à explorer les possibilités de développement au niveau de l’espace et de l’utilisation des technologies que peut offrir les bibliothèques pour enfants dans le futur, en collaboration avec des chercheurs et des spécialistes des domaines de l’informatique et de l’architecture, les bibliothèques publiques d’Aarhus et le centre de recherche Interactive Spaces.

L’objectif du projet est de créer des espaces en bibliothèques offrant aux enfants de nouvelles expériences dans l’apprentissage, l’acquisition des connaissances et du savoir. Des expériences basées sur le principe de l’informatique ambiante, l’interactivité et la visualisation 3D. Plusieurs stratégies et prototypes ont été développés dans le cadre de ce projet et ont été utilisés principalement par les bibliothèques publiques d’Aarhus. Ces stratégies mettent l’accent surtout sur l’usager et non sur la technologie.

Quelques prototypes interactifs développés

Le Story Surfer : un plancher intelligent

Il s‘agit d’un engin de recherche et de navigation permettant aux enfants de faire des recherches dans les collections de la bibliothèque en utilisant deux surfaces interactives : une table et un plancher interactif. Le principe est de faire des recherches dans le catalogue et d’explorer le contenu des documents tout en discutant et en collaborant avec les autres usagers. Il s’agit d’un produit novateur, d’une nouvelle façon de découvrir et d’explorer les collections de la bibliothèque. Les enfants utilisent leurs pieds pour cliquer sur les boutons affichés sur un large plancher interactif. Ce dernier peut être utilisé par plusieurs usagers à la fois.

story surfer

Story Surfer

i-Land, La Cité interactive

Il s’agit d’une table interactive basée sur la technologie RFID. Les enfants utilisent des figurines et des ballons pour naviguer à travers cette table munie d’un écran interactif pour découvrir l’histoire de la Ville d’Aarhus ou visualiser des films historiques. Cette table a été intégrée de façon permanente à la Bibliothèque d’Aarhus.

i-land

i-Land

Sliding Titles

Il s’agit d’un rayonnage « intelligent » basé sur les technologies RFID. L’idée est d’afficher, sur un écran installé sur chacun des rayonnages de la bibliothèque, la couverture des livres disponibles sur les rayons dans un ordre établi par l’usager.

Dans les bibliothèques universitaires

La bibliothèque de l’Université du Nevada, Reno-library a développé une application sur l’anatomie pour les étudiants et a mis deux tables interactives à leur disposition à la bibliothèque.

Anatomy Application for the Microsoft Surface

Rice Fondren Library : cette bibliothèque universitaire a mis à la disposition des étudiants une table interactive dans une salle de travail dédiée à la collaboration entre les étudiants sur des projets numériques.

Il apparaît nécessaire d’entamer une réflexion sur le concept de bibliothèque intelligente. Cette bibliothèque du 21e siècle se distingue par trois composantes essentielles :

  • Objets intelligents : technologies RFID, chutes intelligentes, technologies interactives, etc.
  • Espaces intelligents
  • Services intelligents : combinaison des objets et des espaces intelligents pour offrir des services innovants au profit de l’usager, en considérant son contexte, son profil, ses besoins et ses intérêts.

Pour aller plus loin, consultez les signets sur le sujet : http://www.delicious.com/espaceb/technologies_interactives

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nov - 2011 25

En septembre dernier (6-9), les réunions du Sous-comité 8 de l’ISO (Organisation internationale de normalisation) sur la qualité des services documentaires (statistiques et l’évaluation de la performance) se tenaient à Helsinki en Finlande. J’ai participé à ces réunions en tant que Délégué du Canada auprès de quatre groupes de travail sur les normes concernant les statistiques, les mesures de performance, les indicateurs pertinents à l’évaluation des espaces pour les constructions et rénovations de bibliothèque et les mesures d’impact et d’outcome des services de bibliothèques.

Dans le cadre des travaux de normalisation et de planification du Plan de consolidation du réseau des bibliothèques de Montréal, nous manifestons beaucoup d’intérêt en regard de l’aménagement plus fonctionnels pour les services à la clientèle. Également, nous sommes préoccupés par les activités de médiation en bibliothèques et hors les murs (outreach), ainsi que les services pouvant davantage favoriser l’inclusion sociale.

La Bibliothèque municipale de Helsinki a certes une expérience reconnue à ce chapitre et une expertise et une approche innovatrice ayant fait école auprès du milieu dans ce domaine depuis de nombreuse années. D’ailleurs, c’est dans cet esprit que j’ai eu l’opportunité de visiter avant mes réunions une bibliothèque spécialisée en musique, la Library 10, un service d’information et de soutien aux petites entreprises, le Meeting Point et la bibliothèque centrale du réseau de bibliothèques de Helsinki.

En plus, j’ai eu l’occasion d’échanger avec les membres de la Direction attitrés à la planification et à l’évaluation des services. Nous avons cru opportun de profiter de ces visites et entrevues pour inviter à Montréal la Directrice de la Helsinki city Library. Madame Maija Berndtson a accepté de faire une présentation sur leurs initiatives dans ces domaines au cours du Forum des Bibliothèques de Montréal le 2 décembre prochain.

Au cours de la même semaine, j’ai eu également la chance  de visiter la bibliothèque centrale de la municipalité de Turku, 2e ville en importance  en Finlande, localisée en bordure de la mer Baltique.

Avant la tenue prochaine  du Congrès des milieux documentaires et du Forum du réseau des bibliothèques de Montréal, j’ai voulu partager avec vous tous quelques photos des endroits visités.

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sept - 2011 07

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1. CNW. Concours d’architecture pour l’agrandissement et le réaménagement de la bibliothèque Saul-Bellow de Lachine-> La firme Chevalier Morales architectes a remporté le concours d’architecture pour la bibliothèque Saul-Bellow. Des informations sur le projet lauréat sont disponibles ici.

2. CNW. Construction de la Bibliothèque du Boisé : le coup d’envoi est donné ->« C’est toujours une joie pour moi de voir s’ériger une nouvelle bibliothèque. Porte d’accès au savoir et à la culture, la Bibliothèque du Boisé sera un véritable milieu de vie accueillant, chaleureux et ouvert sur le monde qui offrira à la population une vaste gamme de services culturels. Le bâtiment logera également la réserve muséale du Musée des maîtres et artisans du Québec, un équipement indispensable pour soutenir la conservation et le développement de cette institution d’envergure », a affirmé la ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Mme Christine St-Pierre à l’occasion de la première pelletée de terre. On peut voir le projet lauréat ici.

3. Fastcodesign. How Twitter And Facebook Helped Bing Thom Design A Public Library -> L’architecte Bing Thom, gagnant de la médaille d’or de l’IRAC Architecture Canada 2011 explique la manière dont il a eu recours aux médias sociaux pour recueillir les commentaires et les suggestions en vue de formuler les besoins du public pour la construction de la nouvelle bibliothèque de Surrey (Colombie Britannique). L’ouverture de celle-ci est prévue pour septembre 2011.

4. Maxitendance.com. Bibliothèque Kanazawa Umimirai : Architecture Futuriste -> »C’est le cas de la bibliothèque publique Kanazawa Umimirai située à Ishikawa et imaginée par le studio d’architectes Coelacanth K&H dont les murs ont comme particularité d’être couverts de 6 000 petites ouvertures circulaires, autant de hublots, de fenêtres vers l’extérieur. »

5. Helsinki Central Library. The library as an urban office -> D’ici 2017, on prévoit que 50% du travail de bureau sera effectué dans un « troisième lieu » de travail ( cafés, hotels, etc.). À Helsinki, certaines bibliothèques ont reconnu les besoins d’un « troisième lieu » de travail pour les citoyens-avec-des-portables en développant un concept et un aménagement appropriés.

6. Web Urbanist. Reading Revolution: 14 Marvelous Modern Libraries -> Voici un sélection des 14 bibliothèques les plus modernes à travers le monde. Elles sont audacieuses, ambitieuses, avec des volumes et des formes dramatiques, de la transparence et…des livres.

Recherche : Marie D. Martel et Touria Fadaili

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août - 2011 22

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1. ALA Connect. Confronting the Future : Strategic Visions for the 21st-Century Public Library -> Les bibliothèques publiques seront confrontées à d’importants défis en lien avec la mutation numérique et affectant les ressources, les services, le personnel et les programmes. Ce texte propose des réponses possibles à travers une série de visions contrastées : bibliothèque physique et numérique, accent sur l’individu ou la communauté; service d’archives ou de diffusion, approche favorisant la création ou les collections.

2. Enssib. Constructions HQE : un nouveau modèle architectural pour les bibliothèques? -> Cet essai explore l’impact de l’appellation « HQE » (Haute Qualité Environnementale) sur l’architecture des bibliothèques françaises en termes de perception, de missions et de fonctionnement de la bibliothèque.

3. dezeen magazine. Foldaway Bookshop by Campaign -> À voir: une librairie de carton mise en place dans le cadre d’un Festival d’architecture à Londres cet été. Des recommandations de lecture étaient déployées à travers les rayonnages.

4. Denmark sets an example: Urban Mediaspace Aarhus -> La deuxième plus grande ville du Danemark se prépare à construire un bâtiment stylée et ultramoderne qui abritera la bibliothèque centrale (17 500 m2). Cet espace médias est destiné à être le centre du savoir et de la culture de la ville. On prévoit une variété de zones: des salles de projets et d’activités, de travail en équipe, d’étude, de formation, des technologies récentes, un café, un salle de séjour public, un hall, des espaces ouverts et informels où chacun pourra y venir chercher de l’information, de l’inspiration et des ressources pour se développer. De vastes escaliers pourront aussi être utilisés comme auditorium pour le tenue de pièces de théâtre, des lectures publiques, des performances.

5. LeMoniteur.fr. Promenade virtuelle dans la future bibliothèque multimédia à vocation régionale (BMVR) à Caen, par Office for Metropolitan Architecture (OMA) -> Cette vidéo présente le projet de la future bibliothèque multimédia de Caen (France) dont OMA sera le maître d’œuvre.

6. Benziga. Top Ten Green Building Trends for 2011 -> L’organisme de certification Earth Advantage Institute présente la sélection annuelle des 10 principales tendances en construction verte à surveiller au cours des 12 prochains mois.

7. Best Colleges Online.The 25 Most Modern Libraries in the World -> Chacune de ces 25 bibliothèques à l’avant-garde, selon Best College Online, offre des pistes pour les bibliothèques qui veulent s’engager dans le futur. Cette sélection a été établie sur la base des trois critères suivants: architecture, technologie/innovation et collections numériques.

8. Boîtes à idées? Bibliolabs? Biblioboutiks? Comment traduire les Ideas Store? -> Ce billet propose un diaporama présentant l’Idea store de Whitechapel à Londres ainsi qu’une réflexion sur cette approche comme modèle de bibliothèque pour le 21e siècle.

9. Café du Web – Lecture. Hjørring : la bibliothèque organique -> Cet article présente la bibliothèque de Hjørring au Danemark d’une superficie de 5 000 m2 et inaugurée en 2008 au coût de 1,8 millions d’euros (2 563 380 $). Dans ce lieu, on a visé à « créer toute à la fois un lieu de vie et de rencontre mais aussi un espace de travail et de méditation ». Le design ambitieux, et surtout ludique, du mobilier et des rayonnages vaut le détour.

Recherche : Marie D. Martel et Touria Fadaili

| La photo Idea store Whitechapel provient de la galerie de Bibliomancienne cc-by-sa source : Flickr |

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mai - 2011 26

Biblio Raymond-Lévesque2

La bibliothèque Raymond-Lévesque à Ville de Longueuil est une réalisation de l’architecte Manon Asselin. Le geste architectural est ambitieux, audacieux, contemporain et propulse le Québec à l’avant-scène des créateurs de bibliothèques.

1. Squiddoo. New and planned libraries, services and facilities -> Quoi de neuf en matière d’aménagement, design, technologies, gadgets ? L’article propose aussi plusieurs exemples de projets de bibliothèques qui se sont distingués.

2. LibraryJournal. LJ’s New Landmark Libraries -> La quête des modèles de bibliothèques les plus inspirants et novateurs a mené une équipe d’experts à sélectionner ces 10 projets de bibliothèques publiques pour le Library Journal.

3. LibraryJournal. The Year in Architecture 2010 -> Si vous l’aviez manqué, en décembre dernier, la sélection des meilleurs projets réalisés en 2010.

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avr - 2011 22

Partie 2 : Une intégration des arts dans les bibliothèques

Partie 1 : Le mécénat culturel à Seattle : au cœur de la transformation de la ville

Photo en plongée du hall de la bibliothèque

Dans le dernier article, nous évoquions l’importance du mécénat de type étatsunien dans le développement des bibliothèques de Seattle et de son réseau. L’investissement aura permis à de nombreuses multinationales et à de nombreux citoyens de s’intégrer dans le Plan : Libraries for All.

«Aux États-Unis, on n’hésite pas à détruire pour reconstruire en invoquant le développement et le progrès.»

Photo de la vue depuis une fenêtre

L'usager peut y admirer la ville et la ville peut y espionner ses lecteurs.

L’élément majeur de ce Plan était évidement la construction de la bibliothèque centrale. Son coût total est de 165,9 M$ US dont 14,3 M $ proviennent de dons privés. Il s’agit de la troisième grande bibliothèque à être construite sur un même site. La première, d’architecture beaux-arts, a été construite en 1906 et la seconde, datant de 1963, est fidèle au  style moderniste international en vigueur avec même un service à l’auto. Vu l’absence de stationnement et un besoin d’espaces additionnels, une nouvelle bibliothèque du XXIe siècle s’avère nécessaire. Donc, trois bibliothèques sur un même site, la nouvelle faisant place à chaque fois à l’ancienne. Trois bibliothèques qui représentent bien chacune leur époque et les tendances en aménagement. Aux États-Unis, la localisation est primordiale. En ce sens, on n’hésite pas à détruire pour reconstruire en invoquant le développement et le progrès.

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avr - 2011 11

Partie 1 : Le mécénat culturel à Seattle : au cœur de la transformation de la ville

Photo d'un intérieur de la Seattle Public Library

Seattle a connu son heure de gloire à plusieurs reprises au cours de son histoire : profitant de la ruée vers l’or, elle explose au XIXe siècle, elle accueille le monde entier en 1962 pour l’Exposition internationale spécialisée et aujourd’hui, the Rainy City, attire de nouveau l’attention grâce à un boom économique et à des projets culturels contemporains réussis, audacieux et innovateurs. Les entreprises, la sphère politique et les citoyens de l’une des villes les plus importantes de la côte pacifique américaine se sont mobilisés autour d’un grand projet : donner accès au savoir par l’entremise des bibliothèques.

«Les entreprises, la sphère politique et les citoyens se sont mobilisés autour d’un grand projet : donner accès au savoir par l’entremise des bibliothèques»

Nous avons visité la ville en février 2011 et, pour nous, Seattle évoquait le café Starbucks et la musique grunge des années quatre-vingt-dix grâce, notamment, à Kurt Cobain du groupe culte Nirvana et à Pearl Jam. Nous avons également découvert un important projet d’aménagement d’un parc de sculptures qui mettait en valeur des berges décontaminés.  En lisant davantage sur la ville, son histoire et son économie, nous constatons qu’un certain ralentissement économique affectait Seattle depuis les années soixante-dix. En 1990, des entreprises de hautes technologies s’y installent comme Microsoft, Google, amazon.com et provoquent une importante croissance économique et un glissement de son économie vers le savoir. Profitant de cette vitalité, plusieurs nouveaux bâtiments publics sont construits :

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fév - 2011 09

Photo de l'intérieur de la bibliothèque Rina-Lasnier

Le salon de lecture pour les périodiques et les BDs est déployé dans le jubé et l’ascenseur est dans le clocher : la bibliothèque Rina-Lasnier, située à Joliette, a été rénovée dans une église convertie. Ce projet de 2 500 m.c., réalisé par les architectes Rivest-Jodoin et associés, a été inauguré en 2007 au coût de 5 millions et demi de dollars.

Datant de 1953, l’église qui l’abrite a été construite dans le style Dom Bellot du nom de l’architecte, un bénédictin, qui a inspiré cette approche de l’architecture. Un certain regain du religieux au début du siècle s’est accompagné d’un renouveau de l’expression architecturale réinterprétant le style gothique en l’épurant et en lui donnant une facture géométrique dont l’arche polygonal, qui caractérise la façade, est un exemple.

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août - 2010 27

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Andrew McDonald expose les 10 qualités les plus importantes d’un espace de bibliothèque réussi dans les IFLA Library Building Guidelines. Dans le billet précédent, j’ai présenté les 5 premières de ces 10 caractéristiques – avec lesquelles, comme mentionné,  j’ai pris des libertés puisque l’auteur se prononce pour les bibliothèques universitaires et parce qu’il importe ici de se positionner en tenant compte des pratiques et des contraintes locales.

TOUT est accès et pour réussir un espace de bibliothèque, celui-ci devra également posséder les 5 qualités suivantes et être :

6. stimulant, inspirant (conducive)un espace humain de qualité supérieure qui motive et inspire les gens. Générant la sphère publique, au coeur de la communauté, la bibliothèque doit traduire le rôle et la valeur de ce lieu distinct, et partant, de ceux qui l’habite. L’ambiance doit être confortable, propice à l’étude, à la réflexion, à l’examen critique; énergisante, elle doit stimuler et encourager les usagers, et contribuer à mettre du sens dans leurs projets, dans leurs destinations. Une architecture ambitieuse et imaginative, des aménagements originaux et variés, du mobilier de qualité vont définir cet espace ouvert à l’exploration et au dépassement de soi. Cette dimension sera enrichie par la présence d’artefacts culturels, d’oeuvres d’art, des jardins sensoriels, distribués dans des aires d’expositions qui s’insèrent aussi nombreux que possible dans l’environnement.

7. durableun espace qui offre des conditions appropriées pour les utilisateurs, les documents et les ressources technologiques. La qualité architecturale doit être développée en fonction du bien-être et de l’environnement en visant une réduction de l’empreinte écologique. Des conditions qui soient environnementalement durables sont nécessaires pour le confort des utilisateurs mais aussi pour une exploitation efficace des équipements informatiques et pour la sauvegarde des documents. Ces conditions dépendent d’un contrôle de l’humidité, de la température, de la lumière,  de la poussière, de la ventilation, de la pollution, des matériaux, de l’énergie en visant un bilan neutre en carbone.

8. sécuritairepour les gens, les collections, les équipements, les données, le bâtiment. Il existe des risques pour les utilisateurs, les collections, les équipements, les données et le bâtiment et la programmation doit faire en sorte de se conformer aux normes et aux législations touchant la santé et la sécurité.

9. efficaceun espace qui vise à des économies de superficie, de personnel et de coûts d’opération. Les bibliothèques doivent opérer de la manière la plus efficace et économique que possible dans un contexte d’attrition. Récemment, la gestion des espaces, leur utilisation et leur efficacité de même que les coûts associés à tout le cycle de vie du bâtiment sont scrutés avec soi et les projets sont appelés à démontrer leur valeur en relation avec les sommes considérables qu’ils engagent.

10. adéquat pour les technologies de l’informationavec des équipements flexibles (dans le temps et l’espace) pour les usagers et les membres du personnel. Les technologies de l’information n’ont pas rendu les bibliothèques obsolètes parce que celles-ci les ont intégrées dans leurs espaces et dans leur offre de service. Les nouveaux espaces doivent permettre aux utilisateurs de profiter des changements technologiques par le biais d’une expérience positive. La programmation devrait être fondée sur des hypothèses concernant les technologies de demain et une compréhension des besoins des citoyens numériques et de ceux qu’il faut inclure au sein de la société de l’information. Le technologies de libre-accès (guichet automatisé de prêt et de retour) favorise l’autonomie de l’usager qui souhaite ce type de service. La technologie doit être omniprésente par le biais du sans-fil et de la distribution des branchements. L’espace doit être propice à une dissémination de la technologie plutôt qu’à une concentration de celle-ci par le biais d’un parc de postes informatiques alors que la mobilité des équipements (portables, que ce soit ceux des usagers ou prêtés par la bibliothèque, lecteurs numériques, Ipad, etc.) est une tendance lourde. Comme en milieu universitaire, les bibliothèques publiques devraient également tenir compte des tendances liées aux nouvelles interfaces de la connaissance qui constituent des sources d’apprentissage mobile, connecté, visuel, interactif. Partenaire de la communauté à travers la technologie, des salle de formation sont prévues dans la bibliothèque, de même que les dispositifs nécessaires pour assurer les services hors-les-murs tel que le prêt à domicile.

En plus de ces qualités, la nouvelle bibliothèque devrait posséder un facteur « wow » et être en mesure de captiver les utilisateurs tout en traduisant, de manière forte, l’identité de marque de l’institution.

Pour compléter cet horizon, on ajoutera que ce lieu devrait être conçu suivant une approche :

  • de réseau : qui tiennent compte de son inscription dans un ensemble plus large, ville, province, communauté internationale, susceptible d’assurer une meilleure planification des activités et une rationalisation des ressources.
  • d’intégration : qui, suivant la perspective de l’architecture intégrée, implique l’utilisateur, qu’il soit usager ou membre du personnel, dans le processus de programmation et de design.
  • de marketing : ici encore, il s’agit d’une approche centré sur l’usager et ses besoins, plutôt que sur les collections; on mise alors sur des techniques de marketing pour mieux identifier l’offre de produits et de services, leur valeur ajoutée, de même que les stratégies promotionnelles et les espaces où celles-ci devraient être déployées.
  • de mémoire :  qui contribue à création, à la sauvegarde et à la mise en valeur des collections locales dont la bibliothèque est la gardienne avec les espaces et les équipements que ceci requiert.
  • favorable au jeu et à la créativité : qui réponde aux attentes d’un positionnement de la bibliothèque comme lieu de divertissement et d’exploration en proposant des aires pour la conception multimédias et le jeu vidéo (gaming) par exemple.

Marie D. Martel

* L’image Prelinger Library est sous licence creative commons et appartient à la galerie de rockcreek dans Flickr.


août - 2010 10

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J’ai appris, de source sûre, que le comité ISO pour les bibliothèques prépare un document décrivant un ensemble de normes pour la construction de bibliothèque qui devrait être diffusé au cours de l’automne 2010. C’est une heureuse initiative, d’une part parce qu’il se construit plus de bibliothèques que jamais. D’autre part, parce que les conditions de la planification et de la programmation des espaces n’ont jamais été aussi hasardeuses dans ce contexte de changement, de complexité et de paradoxes.

Comme le suggère Santi Romero (Library Architecture, 2008), aujourd’hui la société du loisir côtoie la problématique du chômage et de l’immigration. On déplore la surcharge informationnelle alors que l’analphabétisme fonctionnel, le décrochage scolaire et les carences dans la formation continue sont des maux bien documentés. Autre contradiction, l’accès à l’information est élevé en principe démocratique mais les écarts sociaux sont tels que plus de 40 % de la population n’est pas équipé pour accéder à l’information numérique et combien d’autres, parmi ceux qui y accèdent, n’ont pas les connaissances requises pour l’utiliser et l’évaluer de manière critique. Le livre et le texte sont des dispositifs bien ancrés mais aujourd’hui les technologies numériques bouleversent la pratique de la lecture par l’intermédiaire d’informations fragmentées, de documents interactifs avec des conséquences sur la transmission des savoirs dont on mesure encore mal la portée.

Ce qui se détache clairement dans cet horizon brouillé, c’est que les bibliothèques sont appelées à faire une différence dans la résolution de ces contradictions au sein de la sphère publique. La vision de la bibliothèque n’est plus celle d’un entrepôt où un certain produit-livre est soumis à un processus, conservé et diffusé, on le dit et on le répète souvent, elle représente un centre de culture communautaire  qui supporte l’accès à l’information et au savoir dans le contexte de surabondance, d’inégalités sociales, de transformation qui caractérisent la société numérique et pour laquelle on sollicite son intervention. Plus tard, ce sera autrement, pour le moment, ces besoins sont identifiés comme prioritaires.

Il va sans dire que cette mission plus récente se décline dans le prolongement des fonctions séculaires propre au modèle de la bibliothèque publique mais qu’elle actualise. Et comme la bibliothèque est une institution généreuse, à l’image de ceux et celles qui la font, elle continue donc d’assumer la palette de services courants développés au fil des décennies pour les différents publics.

Cet ouvrage à venir du comité ISO sur les normes de construction constituera un complément quantitatif au IFLA Library Building Guidelines : Developments & Reflections paru en 2007 qui expose un ensemble d’enjeux et de recommandations stratégiques concernant le processus de planification d’une nouvelle bibliothèque et dont le contenu, de nature plus qualitative, est toujours actuel.

Dans les IFLA Library Building Guidelines, Andrew McDonald expose les 10 qualités les plus importantes d’un espace de bibliothèque réussi. Et l’objectif de ce billet vise, de fait, à présenter ce point-de-vue – avec lequel j’ai pris des libertés puisque ce dernier se prononce pour les bibliothèques universitaires et parce qu’il importe ici de se positionner en tenant compte des pratiques et des contraintes locales.

On comprend que TOUT est accès et pour réussir un espace de bibliothèque, celui-ci devra être:

  1. fonctionnelun espace qui s’utilise aisément, convivial et qui vieillit bien. Il permet de remplir sa mission, ses fonctions de médiation, de formation comme ses fonctions récréationnelles en offrant des services de haut-niveau. Les relations entre les documents, les gens et la technologie sont prises en compte. Aujourd’hui, on se fait également sensible à la vitesse avec laquelle les usagers s’attendent à pouvoir circuler et trouver ce qu’il recherche.
  2. flexibleun espace adaptable dont l’utilisation est appelé à changer. La futurologie étant ce qu’elle est, on recommande de ne pas planifier pour plus 15-20 ans, en raison de l’incertitude qui règne au sujet des technologies numériques, sinon en planifiant une approche flexible à long terme. On vise à faire en sorte que l’utilisation de l’espace puisse être modifié sans perturbations, simplement par le biais d’un réaménagement du mobilier, des équipements, des étagères. Des dégagements combinés à des dispositifs mobiles permettent une reconfiguration aisée en fonction des besoins spécifiques et des usages ainsi qu’une capacité évolutive des lieux suivant les transformations. Ces caractéristiques permettent à la bibliothèque de s’incarner aujourd’hui tout en considérant les besoins qu’elle devra combler demain pour demeurer pertinente. Mais la flexibilité a un coût.
  3. accessibleun espace sensible, facile à utiliser et qui encourage l’autonomie. Tout est accès mais, en particulier, le design doit rencontrer les exigences associé à l’accessibilité universelle pour les personnes handicapées qui sont des interventions qui profitent généralement à tous. Les usagers souhaitent également plus d’autonomie et un accès 24/7, ce  que l’approche du libre-accès vise à satisfaire notamment avec un ensemble d’aménagements et d’équipements (des automates de prêt, chutes intelligentes et puces RFID). De plus, l’espace doit être aussi lisible que possible assurant aux usagers une compréhension et une appropriation naturelle des lieux et de leur structure en vue d’une meilleure utilisation des services. La signalétique implique désormais des panneaux d’affichages dynamiques et des signaux numériques de même que des repères vocaux. Dans certains cas, on repense également l’organisation des ressources afin de faciliter le bouquinage, le butinage, la navigation en bibliothèque, parfois en adoptant en tout ou en partie des systèmes empruntés aux librairies. Enfin, puisque la bibliothèque est appelé à se déployer hors-les-murs pour rejoindre les clientèles difficiles d’accès, l’impact sur l’espace de stockage et celui dédié au personnel assurant les services mobiles est à prévoir.
  4. varié - des salles adaptées à une variété d’usagers, de style de lecteurs et d’apprenants, de documents/médias, de partenaires. La bibliothèque est un lieu pour tous et parler de « variété » constitue une traduction dans le langage de l’espace de sa vocation démocratique. Les espaces sont organisés en fonction des différents publics (enfants, adolescents, adultes, aînés, communautés culturelles, etc.). Par ailleurs, les usagers ont leurs préférences, certains apprécient la tranquillité qu’assure une bonne acoustique et une certaine intimité où ils sont à l’abri des regards; d’autres aiment le bruit, l’animation, être vus. Les apprenants ne sont pas tous les mêmes, selon les styles, on apprend mieux en groupe ou individuellement, avec des facilités pour emprunter un ordinateur ou brancher le sien. Les lecteurs vont se distribuer entre des places individuelles, des tables pouvant accueillir plusieurs personnes, des salles pour le travail en équipe, des salons de lecture, des cafés. Le registre des attentes en matière de récréation est aussi vaste que pour celles qui sont liées à l’apprentissage. Les tendances qui orientent cette variété sont influencés par le monde du divertissement, du commerce et de la technologie et proposent la création d’espaces ouverts, sociaux/collaboratifs (facilitant les interactions), émotionnels (comme prolongement de la maison et de la communauté), segmentés (différenciés par public en exploitant divers mobiliers, éclairage, revêtement, sonorité, agencement, signaux visuels, technologies ) expérientiels (aptes à véhiculer un aura positif, « hot », « fun », traduisant un certain style de vie auquel on serait bien disposé à s’identifier), inclusifs ( qui reflètent les habitudes et l’appartenance ethniques des usagers qui sont associés aux communautés culturelles) multimédias (qui élargissent ce type de collections et qui valorisent les relations intertextuelles entre le livre et les autres composantes de l’univers documentaire – musique, film, numérique, etc. Enfin, partout dans le monde, on observe un accroissement de projets de bibliothèques qui sont développés en partenariat avec d’autres institutions : universités, centre d’apprentissage, centres culturels, lieux de diffusion, écoles, centre d’affaires, d’emploi, de services sociaux. L’hypothèse de points de service gouvernementaux dans les bibliothèques de Montréal est à l’étude en ce moment.
  5. interactif - un espace qui facilite les contacts et les rencontres entre les gens ainsi qu’entre les gens, les services et les documents. Le renouveau de la bibliothèque comme centre d’information et de culture communautaire – dans la perspective du développement durable – la positionne comme un lieu privilégié pour contribuer à l’élaboration de stratégies de croissance locales et pour favoriser l’habilitation (empowerment). Des espaces sont prévus pour stimuler l’activité citoyenne et faire en sorte que la bibliothèque devienne le cœur, le pivot du village urbain. Cette orientation signifie que des salles de tailles diverses pour la formation, les assemblées, les réunions, les conférences, les événements culturels, les expositions, seront mis à la disposition de la communauté. Les divers partenariats et la présence de point de services gouvernementaux mentionnés plutôt s’inscrivent aussi dans cette foulée. Le web social, la retransmission d’événements, la vidéoconférence, etc. vont faciliter le réseautage en assurant une continuité dans les transactions et les déplacements entre les territoires physiques et numériques. Le hall comme agora et le café comme milieu de vie sont conçus comme les marqueurs de l’identité sociale de la bibliothèque contemporaine en tant que troisième de lieu.

Dans un prochain billet, la seconde partie de cette proposition et les 5 autres qualités d’un espace de bibliothèque au 21ième siècle complèteront ce portrait. J’y ajouterai aussi quelques composantes qui méritent d’être prises en compte.

Marie D. Martel

| L’image provient de la galerie de Lauren Maning sur Flickr. Il s’agit de la Yale University’s Beinecke Rare Book and Manuscript Library. Ceci n’est pas une bibliothèque publique, pourrait-on protester. Manifestement et ce pourrait passer pour un choix d’autant plus curieux que je tentais de ramener la discussion dans cette perspective. C’est juste, mais je trouvais intéressant de montrer que même lorsque les livres se font rares, si c’est ce que l’avenir nous réserve, les lieux peuvent retentir et dire encore toute l’importance qu’une communauté leur accorde. |

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