juin - 2016 13
post-it-notes

Giorgio Montersino via Flickr - CC BY-SA

1. L’ABF réussit à valoriser l’innovation à son congrès 2016. Un rapide compte-rendu des trois jours du Congrès de l’Association des Bibliothécaires de France des 9-10-11 juin derniers sur le thème de l’innovation. Une innovation vue d’un point de vue social, technologique et territorial sur fond de débat sur les horaires élargies des bibliothèques. Une participante convertie : « Je crois de toute façon que lorsqu’on commence à casser les codes, on devient accro à ça, l’innovation, c’est addictif. »

2. Comment développer une culture de l’innovation dans les bibliothèques ? La présentation de Silvère Mercier, sur son blogue Bibliobsession, faite au congrès de l’ABF la semaine dernière. Où l’on parle de formation, de médiation numérique (et non de médiation du numérique), de l’importance de forger une culture numérique commune et de la veille, où « l’innovation existe là où la prise de décision est décentralisée ».

3. Bibliothèques : pourquoi jeu vidéo et FabLab ne sont pas qu’un “coup de jeune”. Retour sur les ateliers techno proposés aux participants du Congrès de l’ABF. Discussion croisée entre plusieurs professionnels des bibliothèques. Où l’on parle d’éducation à la citoyenneté numérique, de « ne pas laisser la technique aux techniciens », du numérique comme nouvel outil et des « technologies qui favorisent le vivre-ensemble, déjà au cœur de la bibliothèque ».

4. Une imprimante 3D en médiathèque : Pour quoi faire ? Quelques arguments pour faire entrer l’impression 3D dans la bibliothèque et des exemples concrets de ce que l’on peut faire avec.

5. Tuto des makers #11: fabriquez votre casque de réalité virtuelle. Un tutoriel vidéo de moins de deux minutes pour fabriquer son propre casque de réalité virtuelle (beaucoup moins cher qu’un Oculus Rift!). Au programme : du carton, des lentilles, du velcro, des aimants, une règle, des ciseaux et un peu de pliage et d’astuce.

6. 60 secondes pour comprendre la réalité virtuelle. Un petit film d’animation expliquant la réalité virtuelle et ses applications. Et pour ne pas les confondre : 60 secondes pour comprendre la réalité augmentée.

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juin - 2013 27

Pour faire suite au billet sur les fab labs paru précédemment et à l’occasion de la résidence Imaginons nos Fab Labs qui a lieu dans la grande région de Montréal, voici une veille pour poursuivre nos réflexions et l’exploration de ces espaces de création.

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Bibliothèques, nouveaux espaces, réflexions

Les Tiers-Lieux, une notion à expérimenter et co-construire
Historique, définition et réflexion sur les tiers lieux de la part de Raphaël Besson, chercheur en Sciences du territoire et chef de projet Living Lab à la Casemate à Grenoble.

Les fab labs en bibliothèque : nouveaux tiers lieux de création
Marie D. Martel, à la Ville de Montréal, rappelle comment les bibliothèques ont de tout temps participé à l’évolution de la société dans laquelle elles sont implantées et comment elles se sont adaptées. Le passage au livre numérique et la libération des espaces en bibliothèque est peut-être le moment d’ouvrir de nouveaux lieux de participation citoyenne et créatrice : les fab labs. Son article propose des liens vers huit labs divers.

Espaces physiques et pratiques émergentes : comment les bibliothèques publiques peuvent y participer ?
Cet article de Vincent Audette-Chapdelaine, paru dans le Bulletin des bibliothèques de France et bien que datant de 2011, est toujours d’actualité. Le bibliothécaire et directeur d’Espace Temps, nous présente différentes initiatives citoyennes et communautaires, lieux de partage et de création. Il nous invite ainsi à questionner le rôle et la place de la bibliothèque publique dans ce nouvel univers.

 

Fab Labs

Qu’est-ce qu’un FabLab ?
La réponse parfaite à la question, en une minute et trente secondes, en images, ludique et limpide. Il manque bien évidemment des détails, mais les éléments de base sont là.

Les Fab Labs par Neil Gershenfeld
La conférence TED que Neil Gershenfeld, professeur au MIT et fondateur des fab labs, a présenté en février 2006. Il explique d’où est venue l’idée de ce concept, comment s’est amplifié le mouvement, quels objets on peut y créer et comment cette fabrication personnelle (qui vise une approche ascendante, bottom-up) est une véritable révolution.

Charte des Fab labs
La charte officielle (en anglais) sur le site du Center for Bits and Atoms (CBA) du MIT, qui en sept grands points définit un fab lab et ses modalités d’utilisation. On la retrouve en français ici.

Fab Labs – Tour d’horizon
Ce rapport d’une soixantaine de pages est une présentation très complète de ce qu’est un fab lab, ce qu’il contient, ses usages et pratiques, etc. Il présente également d’autres espaces de fabrication numérique personnelle. Un véritable état des lieux des fab labs, un incontournable pour ceux qui s’intéressent à cette nouvelle forme de l’innovation participante.

Comment ouvrir un fablab – Construire le monde de demain en 7 jours (ou plus)
Traduction de Limouzi Lab d’un texte du Fablab d’Amersfoort (Harmen G. Zijp / FabLab Amersfoort ) aux Pays-Bas. C’est en quelque sorte le résumé rapide de Comment monter son fablab dans son garage (ou presque) ? Il donne les informations de base, les principales étapes pour créer un fab lab à partir de rien, avec un petit budget et une petite équipe et ce de manière autonome (ou presque), sans faire appel préalablement aux pouvoirs publics et à leur subventions. C’est donc une approche « du bas vers le haut » qui est proposée ici, un modèle général qui n’est pas orienté spécifiquement vers les bibliothèques. Liste des machines et logiciels pour démarrer.

Mini Fablab
Ce site néerlandais propose (en anglais), à partir de l’observation de départ que la plupart des gens venaient au Fab lab d’Utrecht ProtoSpace pour construire de petits objets, une liste de machine à coûts réduits, permettant ainsi de construire un mini fab lab à peu près n’importe où, chez soi, dans une école, une bibliothèque…

Fablabo
Wiki mis en place par l’association Ping (Nantes, France) proposant diverses ressources (liste de machines, outils, logiciels libres, projets en cours, etc.) ainsi que plusieurs liens permettant de connaître l’histoire, la charte des fabs labs et autres lectures pertinentes.

Fab Wiki
Comme son nom l’indique, un wiki international sur les fab labs, avec entre autre une page très intéressante sur les consignes de sécurité à respecter dans cet espace particulier. Car ne l’oublions pas, bien que ce soit de la création numérique, les machines qui coupent, soudent, et les outils, sont bien réels.

 

Fab Labs au Québec

Fab Labs Québec est une « communauté motivée par l’émergence de l’interstructure des Fab Labs au Québec ». Le site propose des informations générales sur les fab labs (historique, mouvement), mais aussi des informations plus pratiques pour «Démarrer son Fab Lab», ainsi que les projets en cours au Québec.
échoFab est le fab lab installé à Montréal. Il ouvre ses portes au public deux journées par semaine, répondant ainsi à la charte du MIT. On y retrouve de nombreuses machines-outils, des ordinateurs et des outils traditionnels. En plus de l’aspect technique et technologique, du personnel très compétent est sur place pour accompagner les citoyens dans leurs projets.

DèmosLab
C’est le deuxième fab lab au Québec, qui a ouvert ses portes tout récemment. Il se trouve à Chicoutimi et on peut s’y rendre gratuitement une journée par semaine. On y retrouve une imprimante 3D, des micro-contrôleurs et micro-ordinateurs, et de l’équipement d’électro-mécanique.

Eastern Bloc
« Eastern Bloc est un centre de production et d’exposition voué à la promotion des nouveaux médias et des arts interdisciplinaires. » Dédié essentiellement à la communauté artistique, le lab d’Eastern Bloc, situé à Montréal, possède de nombreux outils et permet une création à « l’intersection de la technologie et de la science ». Des ateliers ouverts à tous sont également organisés.

ÉchoRap
ÉchoRap est une imprimante 3D conçue au Québec (inspirée du projet RepRap) et qui sera commercialisée par Robotic Sequencing. Il est prévu qu’elle soit livrée à assembler et l’ambition du projet est de créer une imprimante 3D à faible coût, facile à monter, et qui pourra à son tour produire des pièces pour en fabriquer une autre.

On retrouve à Montréal d’autres lieux de créations numériques et robotiques, liés à l’art comme Hexagram-UQAM et Hexagram-Concordia, qui sont des centres de recherche en arts médiatiques et technologies réservés aux chercheurs et artistes, ou Foulab, qui est un hackerspace, dont les utilisateurs sont membres, mais qui ouvre ses portes aux curieux une fois par semaine. Turbine, qui est un « centre de création, de formation, de recherche et de diffusion de pratiques actuelles en art et en pédagogie », a mis en place en 2012 un Fab lab mobile sous forme de projet ponctuel, dédié à la médiation culturelle.

 

Fabs Labs, makerspaces et bibliothèques

A librarian’s guide to makerspaces : 16 resources
Cette page de OEDb (Open Education Database) propose 16 liens pointant vers des ressources pour toute institution réfléchissant à la possibilité d’implanter un makerspace dans ses espaces et les façons de le faire.

Makerspaces, Parcipatory learning, and Libraries
Blogue de Buffy Hamilton, Learning Strategist for the Cleveland Public Library in Cleveland, Ohio. On peut y lire ses définitions, réflexions sur ce qu’est et sur ce qu’on peut faire d’un makerspace en bibliothèque.

Made in ma bibliothèque
Sabine Blanc, journaliste, reprend l’idée de l’évolution des bibliothèques et de leur accompagnement des changements de la société, qui, après l’informatique et internet, passe maintenant par l’implantation d’espace de création numérique. Elle présente le Fab lab de la Fayetteville Free Library, ainsi que quelques réflexions intéressantes sur le modèle d’affaire à appliquer à ces nouveaux lieux.

Webinar : « Made in a Library » (OCLC/LJ)
En mai 2012, OCLC et Library Journal ont proposé un webinaire sur les fab labs et autres espaces de création en bibliothèque intitulé : Made in a Library. Ce blog en propose une synthèse/ résumé avec des nombreuses questions à se poser en tant que bibliothèque et des pistes de réponses. On y trouve aussi des exemples concrets comme le Fab Lab de Fayetteville Free Library, ainsi que des listes de machines et outils.

The Labs @ Carnegie Library of Pittsburgh
Cet article présente The Labs de la Carnegie Library de Pittsburgh, un espace dédié à la création numérique pour les adolescents, inspiré du YOUmedia de Chicago.

The Makings of Maker Spaces
Un article de l’American Libraries Magazine, en trois parties, et qui présente des modèles de makerspaces et les partenariats qui fonctionnent, une entrevue de l’auteur Cory Doctorow, ainsi qu’un historique de ces espaces et une liste de machines qui composent ces espaces de création. On y retrouve également diverses ressources. Il est cependant intéressant de noter que bien que le Fab Lab de Fayetteville y est mentionné, les mots et le concept de fab lab ne sont pas évoqués…

Fab Labs at the Library
Allen County Public Library et Fayetteville Free Library offrent toutes deux des modèles différents de fab labs ou de makerspaces (l’article propose d’ailleurs un encadré avec la terminologie utilisée), dans une remorque sur le stationnement de la bibliothèque pour la première et à l’intérieur même de l’édifice pour la seconde. La volonté de proposer de tels espaces en bibliothèques publiques part d’une réflexion autour de la phrase du directeur de la Allen County Library, Jeff Krull : “The library is in the learning business, not just the book business”.

 

Photo : échoFab (Montréal) par Gaëlle Bergougnoux, licence : CC BY-NC-SA

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juin - 2013 14

Gaëlle Bergougnoux est étudiante à la maîtrise en sciences de l’information à l’EBSI. Elle termine ses études en effectuant un stage sur le sujet des fab labs à la Division des Quartiers culturels avec Marie D Martel.

La bibliothèque publique, de par son rôle et sa place dans la société a toujours avancé et accompagné les évolutions de celle-ci. Loin de l’image du sanctuaire de livres (ce qu’elle est aussi d’une certaine façon), la bibliothèque s’est toujours renouvelée, s’adaptant et adoptant les technologies de l’heure. Ainsi CD, DVD, Blu-ray, jeux vidéo sont entrés dans ses collections. Ordinateurs et internet ont aussi leur place dans ces lieux publics d’information. Les formations et les activités proposées aux usagers se sont aussi diversifiées, et si l’on y raconte toujours des histoires aux plus jeunes, on y trouve maintenant des soirées jeux vidéo, des initiations à Internet et aux réseaux sociaux. Mais comme l’ont souligné plusieurs auteurs et professionnels du monde des sciences de l’information, la bibliothèque du 21e siècle entre dans une nouvelle ère, qui, de consultation et utilisation, devient participation et création.

Le concept qui a nourri cette réflexion nous vient de la sociologie urbaine et plus précisément de Ray Oldenburg. Dans ses ouvrages Celebrating the Third Place et The Great Good Place, le sociologue y développe l’idée, qu’après le premier lieu (la maison) et le deuxième (le travail), les humains ont besoin d’un troisième lieu, neutre, pour s’y retrouver, interagir, entrer et participer à la vie de la communauté. Oldenburg pense avant tout aux cafés (un certain modèle du café européen), mais aussi à bien d’autres endroits comme le titre complet de son livre l’indique : The Great Good Place: Cafes, Coffee Shops, Community Centers, Beauty Parlors, General Stores, Bars, Hangouts, and How They Get You Through the Day… Pourtant, si la bibliothèque publique ne fait pas partie des espaces qu’Oldenburg propose comme « tiers-lieu » ou « troisième lieu », nombreux sont ceux qui ont vu en elle les caractéristiques idéales pour répondre à ce concept. S’est alors posée la question de la façon dont la bibliothèque publique, qui possède en ses fondements des valeurs idéales pour être ce tiers-lieu, ferait pour en être effectivement un.

Les fab labs sont une réponse possible à cette transformation nécessaire, ce passage de lieu de consultation à lieu de participation, que vivent les bibliothèques publiques, et orienté bien évidemment vers les usagers. Comme le souligne en effet Jeff Krull, directeur de la Allen County Public Library : « The library is in the learning business, not just the book business ». Et c’est ainsi qu’il explique la présence du conteneur installé dans le stationnement de la bibliothèque et qui contient un fab lab, un « fabrication laboratory », un espace dédié à la fabrication numérique.

 

Qu’est-ce qu’un fab lab ? Et a-t-il sa place en bibliothèque publique ?

Les fab labs (contraction de fabrication laboratory) sont nés en 2001 au MIT, dans un cours du professeur Neil Gershenfeld intitulé « How to make (almost) anything ? ». On trouve plusieurs définitions de ce type de lieu. Fabien Eychenne, dans un rapport de la Fing (Fab Labs, Tour d’horizon) en parle comme « d’une plate-forme de prototypage rapide d’objets physiques, « intelligents » ou non » (p.7). C’est plus concrètement un atelier de création, fabrication numérique dans lequel on retrouve des machines à commande numérique (imprimante 3D, découpeuse laser, fraiseuse, etc.), des outils (petite électronique, fer à souder par exemple) et bien évidemment des ordinateurs, équipés de logiciels de CAO (création assistée par ordinateur).

Mais un fab lab, c’est aussi et surtout des valeurs. Pour Gershenfeld, le fab lab est « un lieu dans lequel s’expriment la créativité et le partage » (Eychenne, p.20), un endroit qui permet un apprentissage différent, qui veut revaloriser la culture du faire. Le travail en équipe est plus qu’encouragé, l’apprentissage par les pairs quasi inévitable et souhaité. Des réseaux intra fab lab et inter fab labs ont émergé. Quiconque vient utiliser un fab lab lors des journées ouvertes à tous est prié de documenter et déposer son projet sur le(s) réseau(x). Le partage est donc une notion importante. En effet, « un projet a plus de chance de réussir s’il est partagé avec les autres parce qu’il s’enrichit et s’améliore au contact de la communauté » (Eychenne, p.21).

Si les fab labs sont une belle expression du DIY (Do it yourself), ils appliquent également en leur sein le DIWO (Do it with others). Les fab labs peuvent exister sous différents modèles, privés, semi-privés ou publics, soutenus par une école, une collectivité locale, une société, et être ouverts à tous ou seulement pour des étudiants ou des entreprises. Si l’investissement de départ peut être relativement important (environ 100 000$, et avec un budget de fonctionnement mensuel de 5000 à 25 000$), il est tout à fait possible, et l’on voit fleurir sur la toile de nombreuses façons et propositions, de monter un fab lab avec un budget beaucoup plus modeste.

Montréal possède son propre fab lab, échoFab, répondant à la charte du MIT. Il se présente comme « un prototype d’atelier numérique communautaire de quartier » et est ouvert au grand public deux journées par semaine.

 

Tout ceci est bien beau me direz-vous, mais quel rapport avec les bibliothèques publiques ?

Si l’on en revient au concept de « tiers-lieu », la bibliothèque ne peut pas éternellement rester un espace d’emprunt et de consommation de l’information sous quelque forme qu’elle soit. Pour devenir ce troisième lieu après la maison et le travail, un lieu dans lequel on se sent bien, pour lequel on a un sentiment fort d’appartenance et qui nous permet de nous ancrer et de participer à la vie de notre communauté, la bibliothèque publique doit proposer de nouveaux espaces de partage, de communication, de création. Les fab labs semblent répondre à ces nouvelles préoccupations. Ils sont des lieux ouverts, prônant l’éducation et l’apprentissage (une littératie technologique et technique) et si les bibliothèques ont démocratisé l’accès au savoir, les fab labs ont « pour objet de démocratiser l’accès aux outils et machines pour permettre les inventions et les expressions personnelles » (Eychenne, p.49).

Plusieurs bibliothèques, pour la plupart aux Etats-Unis, ont ainsi expérimenté le concept du fab lab en leurs murs. Le plus célèbre reste à ce jour le Fab Lab de Fayetteville Free Library. Sa directrice, Susan Considine affirme que les bibliothèques sont là pour donner aux gens l’opportunité d’être ensemble pour apprendre, discuter, découvrir, tester, créer…Et c’est avec cette idée que le Fabulous Laboratory (bien que répondant aux critères du MIT, ce « fab lab » ne veut pas s’appeler ainsi pour se laisser la possibilité d’évoluer selon les exigences de la bibliothèque et les souhaits des usagers) a vu le jour. Lauren Britton Smedley, qui est l’instigatrice du projet, a beaucoup réfléchi à la forme qu’il pourrait prendre, à ce qui appartient à un espace comme celui-ci. C’est finalement un modèle hybride, qui est ouvert aux entrepreneurs. La bibliothèque est ainsi vue comme un centre d’échange de connaissances, ce qui correspond parfaitement aux fab labs et à l’importance qu’ils accordent au partage.

D’autres bibliothèques publiques proposent des espaces de création, des makerspaces (lieu de rassemblement d’une certaine communauté liée par des intérêts communs, où l’on se retrouve pour socialiser, échanger, élaborer des projets, partager et fabriquer). Ainsi la Maker Station de la Allen County Public Library est une sorte de fab lab installé dans une remorque située sur le stationnement de la bibliothèque. Avec l’idée que « anytime libraries come across an opportunity for people to learn and grow, they should do it », son directeur, Jeff Krull, a établi un partenariat avec TekVenture, une organisation sans but lucratif spécialisée dans la technologie et les makerspaces. L’organisation a fourni remorque et équipements, et la bibliothèque un emplacement pour le tout. La Maker Station est ouverte trois jours par semaine au grand public, le reste du temps elle est à la disposition d’entrepreneurs ou de particuliers.

On retrouve aussi des espaces de création numérique, montage de film, photographie, studio d’enregistrement, dans plusieurs bibliothèques aux Etats-Unis, parfois destinés aux jeunes et adolescents en particulier. C’est le cas du YOUmedia lab à la Chicago Public Library ou du Storylab de la Tacoma Public Library. Le Digital Media Lab de la Skokie Public Library, ouvert à tous les usagers de la bibliothèque, possède ordinateurs et équipements pour filmer, photographier, enregistrer. Certains matériels peuvent même être empruntés. I Street Press de la Sacramento Public Library propose des ateliers d’écriture, des informations sur la publication pour écrivains en herbe et permet même de publier ses œuvres grâce à une Espresso Book Machine ! Comme le résume cet article, « I Street Press turns readers of books into makers of books ».

Plus proche de nous, le Café de Da de la bibliothèque Ahuntsic a ouvert ses portes en 2011. Il propose rencontres et conférences, mais a initié en 2012 des ateliers de cinéma en direction des 16-25 ans pour leur permettre de réaliser, monter et projeter des films.

Tous ces exemples illustrent l’entrée des bibliothèques publiques dans l’ère de la culture du faire. N’en étant qu’à ses balbutiements, c’est toutefois une période de tâtonnements et de questionnements. Un fab lab a-t-il sa place dans les bibliothèques de Montréal ? Sous quelle forme ? Et pour quels publics ? Comment, après l’âge de l’accès et de la formation que définit Marie D. Martel, passe-t-on à celui qu’elle nomme l’âge de la participation ?

Parues en 2011, les nouvelles Lignes directrices pour les bibliothèques publiques du Québec, rappellent que ces dernières sont « étroitement liée[s] à la vie citoyenne » et qu’elles « contribue[nt] de façon significative au développement culturel, communautaire, social et économique des individus et des collectivités » (p.11). Parmi ses six valeurs principales, on retrouve l’approche participative, la créativité et le développement durable, trois valeurs qui, bien que non mises de l’avant de façon explicite, sont aussi celles des fab labs. Plus loin, les Lignes directrices rappellent que « les ressources technologiques font partie intégrante de l’offre de service de la bibliothèque publique » (p.37).

Lorsque l’on se penche sur la Politique de développement culturel de la ville de Montréal, 2005-2015, il est mentionné comme axes stratégiques pour les bibliothèques qu’il faut « renforcer [leur] utilisation comme outil d’intégration et de développement social » ainsi que leur rôle « comme milieux de vie ». Sans qu’il soit nommé, transparaît dans ces volontés, le concept de tiers-lieu. Pourtant, aucune action concrète n’est proposée pour faire de la bibliothèque publique cet espace particulier.

Les fab labs, de par leurs valeurs et leurs principes, pourraient être une des réponses pour entrer dans l’âge de la participation. Comme le souligne Eychenne, ils encouragent « la créativité individuelle car elle est porteuse de plus de conscience et responsabilité sociale » (p.9). On retrouve dans la charte des fab labs les termes accès, partager avec les autres utilisateurs, éducation, capitalisation des connaissances… La filiation avec les bibliothèques publiques apparaît de plus en plus évidente.

 

 Alors c’est décidé, installons un fab lab dans une bibliothèque !

Avant tout, il importe de se demander sous quelle forme nous voulons implanter ces nouveaux espaces et toutes leurs nouvelles fonctions dans la bibliothèque publique (un webinaire d’OCLC et du Library Journal indique un budget de 10 000 à 50 000$ pour monter un fab lab et un espace nécessaire d’environ 75 m2).

L’expression même de fab lab correspond à l’espace inventé par Neil Gershenfeld et reconnu par le MIT. Les bibliothèques publiques, bien que s’inspirant fortement de sa philosophie et de ses principes, ne sont cependant pas obligées de se conformer à tous les points de la charte. Sans doute, vont-elles devoir se pencher et réfléchir à quelle sorte de makerspace elles veulent pour leur communauté et leurs citoyens. On peut même imaginer que les bibliothèques publiques développeront leur propre homologation, répondant ainsi à leurs réels besoins.

Les fab labs possèdent des qualités « humaines » que les bibliothèques publiques vont sans doute pouvoir utiliser. On peut ainsi penser à un partenariat avec des écoles ou certains programmes particuliers, pour revaloriser le travail manuel, ce « faire » qui disparaît des écoles. Les enfants aiment naturellement bricoler (il n’est qu’à voir le succès des petits bricolages qui sont souvent proposés après l’heure du conte), ils sont certainement un public déjà acquis aux fab labs. Les adolescents, et ce n’est pas pour rien que plusieurs bibliothèques américaines ont développé des labs spécifiquement pour eux, sont aussi des usagers à privilégier dans cette entreprise, eux qui délaissent la bibliothèque publique à cet âge particulier de la vie… Plus globalement, le fab lab, un terrain neutre qui propose une littératie nouvelle, où tout le monde se retrouve un peu sur le même pied d’égalité et où chacun est encouragé à partager ses connaissances, pourrait être un lieu de mixité, de réconciliation sociale.

En venant à la bibliothèque pour fabriquer (comme on y vient pour lire), c’est un véritable moyen de s’approprier le lieu qui est proposé ici. En permettant aux usagers de créer, en favorisant l’émergence de projet individuel et communautaire, le fab lab leur offre par là-même la possibilité de s’épanouir personnellement et de faire rayonner la bibliothèque dans sa communauté.

 

Image : Marc-Olivier Ducharme, source : échoFab, licence : CC BY-NC-SA 2.5 CA

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avr - 2013 03

Sans titre

  1. Approches de l’accueil en bibliothèques municipales (mémoire d’étude) : techniques, postures, évaluation. « L’accueil en bibliothèques municipales est l’activité la plus visible pour le public et la plus partagée par l’équipe, et c’est pourtant la moins interrogée. Que fait-on lorsque l’on est en situation d’accueil, selon quelles modalités, et peut-on l’évaluer ? Les conditions matérielles et les techniques mises en œuvre pour être disponible à l’égard des usagers sont ici analysées dans la perspective d’une approche globale de l’accueil. ».
  2. Une bibliothèque de location d’appareils mobiles verra le jour à Montréal. Une première au Québec, le CRIM  (Centre de recherche informatique de Montréal) se dote d’une bibliothèque d’appareils mobiles, qui offrira aux développeurs un accès à une grande variété d’appareils (téléphones intelligents, tablettes, etc.) à des fins de test.
  3. Et si les bibliothèques municipales devenaient des incubateurs de petites entreprises? « Les bibliothèques regroupent à peu près tout ce dont un innovateur du 21e siècle peut avoir besoin: un accès à internet, un espace de travail, des documents de référence et une aide professionnelle ».
  4. Libraries Open Doors, Data to Digital Art Displays. À la Teton County Library, une œuvre d’art numérique représentant différents sujets selon la Classification Dewey permet de visualiser les recherches dans le catalogue de la bibliothèque et suivre les sujets les plus demandés en temps réel.
  5. Un projet de terrains littéraires à Cleveland. «Un groupe de spécialistes en urbanisme a décidé de valoriser plusieurs terrains vagues de la ville de Cleveland aux États-Unis autour du thème du livre. La réalisation est prévue pour cet été et devrait durer quelques semaines.»
  6. Mobilier de bibliothèques 2012/14. Élaboré par un spécialiste européen en aménagement de bibliothèques, ce document constitue une source d’inspiration qui regroupe des informations et des données techniques sur les comptoirs d’accueil, les meubles OPAC, le mobilier, les présentoirs, etc.

Pour aller plus loin :

Photo : Bibliothèque Lelystad aux Pays-Bas, source : Flickr, licence : CC BY-NC-SA 2.0

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fév - 2013 08

Dibrary: Digital Monument

  1. Vers des espaces consacrés au partage des connaissances en bibliothèque. Tiers-lieux, coworkings, fablabs et  barcamps,  sont autant d’initiatives à développer en bibliothèque pour favoriser la collaboration, l’échange et la participation. L’exemple de l’espace 3C de L’École de Technologie Supérieure (ÉTS) de Montréal.
  2. 10 Steps to a Better Library Interior: Tips That Don’t Have To Cost a Lot | Library by Design. Une spécialiste du design d’intérieur de bibliothèque propose en 10 étapes simples et peu coûteuses, ses conseils pour mettre en valeur l’intérieur de votre bibliothèque.
  3. Centre Culturel et bibliothèque en Suède. « Schmidt Hammer Lassen architects vient de remporter le concours du nouveau centre culturel et sa bibliothèque à Karlshamn en Suède. Un projet qui met l’accent sur la dimension humaine, la lumière nordique et l’utilisation de matériaux robustes ».
  4. GUELPH MAIN LIBRARY : Building program and functional plan. Exemple de programme fonctionnel et technique élaboré pour la nouvelle bibliothèque Guelph Main Library en Ontario.
  5. St. Louis Public Library removes its dust jacket for an inspired renewal. La Bibliothèque publique de St-Louis au Missouri a subi une rénovation importante et une restauration de son bâtiment historique, au coût de 70 millions de dollars. Le résultat est un mélange très réussi  entre le moderne et l’ancien.
  6. Repenser les lieux culturels : l’exemple du Manga-Café de Paris. « Le manga-café de Paris est un lieu assez fascinant parce qu’il montre une réponse concrète à des problématiques qui intéressent à la fois les libraires et les bibliothécaires. »

Pour aller plus loin :

Photo : Dibrary, Digital Monument, par Mosman Library, Source : Flickr, licence: cc by 2.0

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oct - 2012 24

Social Media Information Overload

La veille, c’est quoi et pourquoi ?

Effectuer une veille régulière sur son environnement immédiat est le rêve de toute organisation, ces dernières justifient souvent leur incapacité à faire de la veille par le manque de ressources, de moyens et de temps.

Bien qu’elles soient conscientes de l’importance de la veille, peu d’organisations investissent dans un système de veille structuré et formel.

Comme le souligne bien Humbert LESCA, l’un des grands spécialistes de la veille, « s’il est naturel de s’interroger sur les coûts engendrés par la veille stratégique, il est tout aussi vital de s’interroger sur les coûts de la « non veille stratégique ».

Nous vivons dans un monde en constante évolution, marqué par l’incertitude, les mutations sociales, technologiques, politiques, économiques, etc. Personne n’avait prédit l’apparition et le succès planétaire des médias sociaux comme Facebook ou Twitter, ni leur immense pouvoir et nous ne savons pas quelle sera la prochaine révolution.

Dans un tel contexte, la veille est une nécessité, un impératif pour toute organisation qui veut assurer sa pérennité. Elle nous permet d’anticiper le changement, de repérer les opportunités et de détecter les menaces.

Nous avons besoin de « scanner », d’observer et de surveiller continuellement notre environnement immédiat : politique, économique, social, culturel, technologique, etc. d’identifier les pratiques innovantes, les tendances émergentes, de s’inspirer, d’évoluer et d’innover. La veille est aussi un outil d’aide à la décision, elle consiste à «Donner la bonne information à la bonne personne, au bon moment, pour prendre la bonne décision» Michael E. Porter.

François Jakobiak définit la veille comme « l’observation et l’analyse de l’environnement suivies de la diffusion bien ciblée des informations sélectionnées et traitées, utiles à la prise de décision stratégique ».

Plusieurs personnes ou organisations affirment faire de la veille, mais en fait, elles font juste de la recherche d’information, car la veille est un processus intellectuel qui va au-delà de la collecte d’information. La veille n’a de valeur que si l’information brute collectée est enrichie par des analyses et des synthèses puis diffusée et capitalisée dans le but d’alimenter et d’optimiser la prise de décision. L’absence de cette étape clé de traitement et d’enrichissement est capable de faire échouer tout processus de veille.

Pour réussir son projet de veille, il est essentiel de définir ses besoins, ses objectifs et ses priorités : pourquoi on veut faire de la veille ? Pour qui ? Pour quel usage ? Sous quelles formes ? La définition des besoins et des objectifs nous amène par la suite à identifier nos axes de veille, les thèmes et sous thèmes à surveiller, pour éviter de tomber dans l’infobésité et se concentrer sur nos objectifs. Avec la masse d’information produite à tous les jours, il est difficile d’être exhaustif et de couvrir tout ce qui est publié. Il faut prioriser, pour faciliter le travail de sélection, d’organisation et de stockage par la suite. Vouloir tout répertorier peut nous éloigner de nos objectifs initiaux et de nos priorités.

Une fois les axes de veille identifiés, l’étape suivante consiste à identifier les sources d’information les plus pertinentes pour chacun des axes.

Cycle de la veille

Pour une veille structurée et à valeur ajoutée, il est important de respecter les étapes suivantes :

  1. La collecte de l’information : la collecte se fait via les flux RSS, les alertes et des outils comme Google Actualités et Google News, les requêtes dans les principaux moteurs de recherche, les médias sociaux de type « professionnel » comme Twitter ou Linkedin. Lorsque le nombre de flux RSS est important, il est nécessaire d’avoir recours à un lecteur de flux comme Google Reader ou à un agrégateur comme Netvibes. Il est également important à cette étape de considérer le web invisible ou le web profond, qui comprend tout ce qui n’est pas facilement accessible via les moteurs de recherche classiques : bases de données commerciales, les sites internet ayant un moteur de recherche interne, etc. Le web invisible est beaucoup plus important, en termes de quantité, mais aussi de qualité, que le web visible, le  web de surface. Cette étape comprend également le tri, l’organisation et le stockage des informations collectées. Des outils de gestion de favoris comme Delicious sont tout à fait pertinents pour cette étape. Ils nous offrent la possibilité d’organiser nos favoris par « tag » ou mot-clé et de générer des listes dynamiques ou des webographies à partir de chacun des mots-clés attribués.
  2. L’analyse et le traitement : cette étape est cruciale et  consiste à transformer et à enrichir les informations brutes collectées, c’est la valeur ajoutée de la veille, de tirer profit de la masse d’information collectée. Elle consiste à analyser et à synthétiser l’information brute, à la rendre exploitable pour la prise de décision. Elle peut prendre la forme d’un dossier, d’un rapport, d’une synthèse ou tout simplement d’une liste de ressources organisées par thème et sous thèmes.
  3. La diffusion : consiste à transmettre et à partager les résultats de la veille. La diffusion doit être faite de façon régulière. Pour cela, il existe différentes formes ou produits de la veille : bulletins de veille, infolettres, billets de blogue, etc. L’intérêt de la veille réside dans le partage, faire profiter le maximum de personnes des résultats de la veille.
  4. La capitalisation : cette étape permet d’apprécier et de valoriser tout le processus de veille et particulièrement les résultats de la veille, c’est l’étape la plus longue, elle se fait progressivement et peut se traduire par la constitution d’une base de connaissances avec des outils comme les wikis. Capitaliser le savoir, les connaissances et les expertises est un travail de longue haleine, un processus complexe et exige une volonté collective de partage et de transfert des connaissances. Il s’agit du capital immatériel, des connaissances tacites. C’est une compétence « humaine » car il n’y a aucune technologie en ce moment qui permet d’extraire automatiquement les connaissances tacites et de les formaliser de façon matérielle, sur un support. La gestion des connaissances est donc un aspect important à considérer dans tout processus de veille.

L’évaluation de tout le processus de veille par rapport aux objectifs et besoins initiaux est également une étape importante. Elle permet de se réajuster, d’évoluer parce que les besoins, les sources d’information, les outils et la technologie évoluent constamment. On peut se servir des tableaux de bord pour réaliser cette étape. L’évaluation passe également par l’obtention de l’avis, la rétroaction du public cible de la veille, en comparant les réalisations de la veille aux besoins réels des équipes et en s’assurant de leur concordance.

Veille et innovation

Il y a un lien important à faire entre la veille et l’innovation. L’innovation (et non l’invention) vient souvent en s’inspirant des autres, de leurs expériences, des meilleures pratiques pour créer quelque chose de nouveau, améliorer un processus, un produit, un service, etc. Il ne peut pas y avoir d’innovation sans un système de veille structuré et efficace.

Olivier Soula, dans son article sur le rôle de la veille dans une démarche d’innovation cite l’approche du « degré d’originalité » développée par de D. Peltz et F. Munson, selon laquelle l’innovation passe également par l’adaptation et l’emprunt et non pas seulement par « l’origination ».  Selon l’auteur, « l’approche distingue l’innovation selon trois « degrés d’originalité » :

  1. L’«origination » : l’organisation développe une solution originale et inédite qui ne dépend en rien d’apport extérieur.
  2. L’adaptation : l’organisation adapte à sa propre situation une solution déjà connue.
  3. L’emprunt : l’organisation met en œuvre des solutions bien rodées qui nécessitent peu de changement dans le contenu de l’innovation. »

Pour explorer davantage le lien entre veille et innovation, voici une suggestion d’articles sur le sujet :

Rôle et limites de la technologie

Le web, est spécialement le web 2.0 a bouleversé les méthodes et les processus de veille. L’étape de la collecte de l’information est automatisée grâce aux alertes, aux flux RSS, aux agrégateurs et autres outils. Mais le travail de sélection, d’organisation, de synthèse et d’analyse est un travail intellectuel qui repose essentiellement sur des compétences humaines et aucun outil ou technologie ne peut remplacer ces compétences. L’humain est au cœur de toute stratégie de veille. C’est lui qui attribue de la valeur à l’information, en l’interprétant, l’analysant et la synthétisant, en la rendant exploitable pour la prise de décision.

Réussir la veille c’est éviter d’improviser, respecter toutes les étapes du cycle de la veille et aller au-delà de la collecte d’information.

L’étape de la réflexion est cruciale : une bonne analyse des besoins et une définition des objectifs est un gage de réussite de tout projet de veille. Improviser cette étape peut conduire à l’échec de tout le processus.

Une organisation innovante et intelligente est une organisation qui valorise ses ressources informationnelles et capitalise le savoir et les expertises de ses équipes, qui pratique une veille organisée, structurée et non une veille improvisée. La veille en tant qu’outil d’aide à la décision permet de fournir les informations pertinentes, de documenter la prise de décision et toute décision doit faire appel à la veille.

Pour aller plus loin

Photo: Information Overload, source: Flickr, galerie de Intersection Consulting, licence : CC BY-NC 2.0

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juil - 2012 25

Almere

  1. Library space and digital challenges (Project Muse, Library Trends). L’avènement du numérique et de la société du savoir influencent grandement la configuration des espaces physiques en bibliothèque. Des exemples  de changements innovants menés au Danemark, notamment à Hjorring et à Aarhus,  sont présentés dans cet article.
  2. Library Or Bookstore: New Netherlands Branch Blurs The Line. La Bibliothèque d’Almere aux Pays-Bas a adopté une approche commerciale en s’inspirant des meilleures pratiques en commerce de détail pour réinventer l’expérience usager en bibliothèque.
  3. The Hive, Wocester. Galerie d’image de la nouvelle bibliothèque  et centre d’histoire The Hive, résultat d’un partenariat unique entre bibliothèque universitaire et bibliothèque publique. Cette bibliothèque abrite une des plus importantes sections pour enfants en Angleterre, des salles de réunion et d’études, un magasin et un café.
  4. Construire et rénover des bibliothèques en Amérique en 2012 : ça prend une communauté. « Les bibliothèques, derniers refuges de la gratuité et du laisser-vivre, sont aussi les nouveaux pivots du développement durable. Elles occupent une position unique pour aider les communautés à comprendre la signification d’un  bâtiment vert ».
  5. McAllen Main Library. Un Wal-Mart abandonné du Texas reconverti en bibliothèque. La municipalité de McAllen au Texas a décidé de réutiliser le bâtiment pour aménager une nouvelle bibliothèque (124 500 pi²). Un projet réussi qui a reçu le prix ALA/IIDA Library Interior Design Awards, le meilleur de sa catégorie.

Photo :  Bibliothèque Almere (Pays-bas). Source : galerie de Tofsrud sur Flickr. Licence : CC BY 2.0

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