nov - 2011 21

Image_Story_of_elctronicsTablettes de lecture, livrels, liseuses, nuage informatique, Internet, les livres et les données se dématérialisent. Comment  cette dématérialisation s’inscrit-elle dans un développement plus soutenable de nos sociétés en général, et de nos bibliothèques en particulier ?

L’équipe du programme RAC (rénovation, agrandissement et construction de bibliothèques)  s’est intéressée à la question, celle des technologies de l’information et de la communication (TIC), les écoTIC, en particulier.

Pour l’instant, les TIC, vertes ou non, sont encore plutôt grises, malgré une opinion publique favorable à l’adoption de politiques d’approvisionnement responsable. D’abord, les livres et les technologies ne se dématérialisent pas vraiment : ils sont produits autrement ou ailleurs. Ensuite, certains efforts sont bien réels — ateliers de revalorisation des TIC, programmes de recyclage, réduction de matières dangereuses et utilisation de pièces recyclées dans certains appareils — mais ils sont encore marginaux, et les améliorations en matière de conception ont surtout porté, à ce jour, sur l’amélioration de la consommation énergétique.

Qu’à cela ne tienne, les bibliothèques peuvent agir en faveur de modèles plus soutenables de développement de cette filière, et sur plus d’un front. La première ligne d’attaque pourrait être la sensibilisation « préventive ». En effet, l’un des plus grands ennemis des TIC est le temps. La durée d’utilisation des ordinateurs est passée de 10 ans en 19851 à 2,5 ans depuis 2007. Celle des cellulaires est de 18 mois. Si les tablettes de lecture et les liseuses comptent parmi les solutions vertes en permettant de réduire le tirage de livres papier, elles ne sont pas fabriquées à partir de ressources renouvelables. Mais selon le Cleantech Group2, si on lit 22,5 livres sur une même liseuse, la Kindle d’amazon en l’occurence, on pourrait amortir les impacts de la production de cette liseuse. Donc, un impact neutre. Au-delà de ce nombre, le fait de lire en mode liseuse préviendrait les impacts de la production papier de tous les autres livres lus… sur la même liseuse. Ces appareils doivent donc échapper à l’effet de mode et à l’obsolescence programmée3 pour avoir un impact écologique neutre ou positif.  Autrement dit, plus longtemps on garde l’appareil, plus il « verdit ».

The Story of Electronics est un outil pédagogique amusant et fort instructif, produit par The Story of Stuff Project, qui reconstitue le cycle de vie des TIC sous la forme d’une animation narrée. La vidéo fait partie d’une série d’animations destinées à sensibiliser le public des sociétés industrialisées aux enjeux sociaux et environnementaux de leurs modes de production et de consommation, en prenant pour exemple le modèle étatsunien. La série est accessible en anglais, mais il est possible de visionner la toute première animation intitulée simplement The Story of Stuff (L’Histoire des choses), ou encore celle sur l’Histoire des bouteilles d’eau (The Story of Plastic Bottles), en versions sous-titrées en français.  On peut également télécharger The Story of Stuff sous-titrée en français sur le site du groupe Pour un monde durable. Toutes les animations produites par l’organisme — sous licence Creative Commons — peuvent être téléchargées sans frais à partir du site http://www.storyofstuff.org,  pourvu qu’elles soient projetées intégralement et à des fins non commerciales. C’est gratuit, mais un don à l’organisme est apprécié.

Voilà une bonne source d’inspiration pour des activités de sensibilisation au développement durable et responsable en bibliothèque !

[1] Éric Drezet, « Les technologies de l’information et de la communication : une partie de la solution ou une cause du problème ? » Communication donnée au Colloque EJC-TIC 2011, dans le cadre des Entretiens Jacques Cartier, Montréal les 3 et 4 octobre 2011.

[2] L’ analyse du cycle de vie d’une liseuse Kindle produite par le Cleantech Group n’est plus accessible par Internet, mais on peut obtenir une copie du résumé en communicant par courriel avec moi.

[3] Voir l’excellent documentaire produit par Arté sur l’obsolescence programmée ici : http://pourunmondedurable.blogspot.com/

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avr - 2010 22

Non, je ne veux pas parler de la célèbre collection éditée par Hachette mais d’une série de ressources pour verdir la bibliothèque que j’ai rassemblées ici : des incontournables, des blogues, recommandation de lecture et autres.

Si vous déroulez vous trouverez également un billet dédié au Jour de la terre : Lectures numériques durables.

Au-delà de la certification LEED requise pour les nouvelles bibliothèques dans le cadre du programme RAC (qui est une excellente démarche), des initiatives locales ou réseau pour des bibliothèques plus vertes à Montréal ne seraient-elles pas bienvenues?

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