juin - 2012 11

Image Obsolescence avec crédits

Vous ne pouvez plus ouvrir votre ordinateur ultra portable pour changer votre batterie au risque de perdre votre garantie? Votre imprimante vous demande de la nourrir alors que vous lui avez servi une nouvelle cartouche quelques semaines auparavant? Vous voulez réactiver votre téléphone encore très intelligent, mais on vous propose plutôt un abonnement de trois ans avec un appareil tout neuf?

 Bienvenue dans l’obsolescence programmée des TIC (technologies de l’information et des communications). L’effet de mode, la faible qualité des produits, les mises à niveau compliquées, coûteuses ou impossibles, réduisent la durée de vie des TIC et découragent la réduction à la source, la réutilisation et le recyclage. À ce jeu, seuls les technos les plus aguerris peuvent déjouer le modèle. Ainsi il en va de la couche « matérielle ».

 Or il s’en cache une autre, la couche « logicielle », autrement dit la programmation d’un logiciel. Les programmes sont maintenant tellement lourds qu’on parle d’obésité logicielle, un joueur majeur dans l’obsolescence des TIC :

Puce TIC s'éteint Les développeurs ne réécrivent pas les programmes à chaque nouvelle version, mais ajoutent de nouvelles fonctionnalités. Cette façon de faire, plus économique que la réécriture, crée une obésité logicielle coûteuse et insoutenable, si l’on considère que la majorité des fonctionnalités ne sont pas utilisées.

Puce TIC s'éteint La performance, le nombre de calculs par kWh et les exigences en espace mémoire doublent tous les 18 mois depuis au moins 40 ans. Les nouveaux logiciels nécessitent donc plus d’espace de mémoire et des microprocesseurs toujours plus puissants, du simple au double à chaque nouvelle version, « si bien qu’en 25 ans, la durée moyenne d’utilisation d’un ordinateur a été divisée par 3, passant de 10 à 3 ans [i]». Le passage de Windows ­­­­­XP à la version Vista ou 2010, par exemple, a obligé des milliers d’organisations à remplacer leurs ordinateurs, les parcs informatiques étant plus difficiles à sécuriser lorsque les appareils n’ont pas tous la même capacité de support.

 Puce TIC s'éteint Prêt-à-jeter, une excellente vidéo produite par ARTE, explique la fin de vie des  TIC et ses contreparties, l’obsolescence programmée et la surconsommation.

Le logiciel libre

Pour pallier l’obésité logicielle et le coût financier qui l’accompagne, l’équipe de soutien informatique aux bibliothèques a recours aux logiciels libres dans plus de cas qu’on ne le croit. Sur les postes Internet publics des bibliothèques, ces logiciels non-propriétaires (dont le code source est ouvert), permettent, entre autres, de :

  • lire des documents PDF
  • faire des échanges informatiques de fichiers sur un réseau TCP/IP
  • naviguer dans le Web
  • travailler dans un traitement de texte équivalent à Word

 Bien qu’en l’état actuel ils ne conviennent pas aux usages les plus spécialisés, les logiciels libres présentent des avantages bien réels pour les utilisateurs conventionnels. Ils sont sans coût de licence, ne comportent pas de verrou propriétaire, bénéficient d’un développement et d’un soutien technique solides du fait qu’ils sont l’œuvre d’une communauté de contributeurs, et les mises à jour utilisent le matériel et les périphériques existants (pas besoin d’augmenter la puissance de l’ordinateur chaque fois). Ils présentent un autre aspect primé par les services « sensibles » de la Ville, la sécurité, puisqu’ils ne sont menacés, pour l’instant, par aucun logiciel malveillant.

 Que faire?

L’une des façons phares d’influencer le cours du développement logiciel est de dicter patiemment au marché ses préférences, au moyen du plus puissant outil dont disposent les pouvoirs publics : les politiques d’approvisionnement et les appels d’offres, particulièrement dans les achats groupés.


[i] http://www.greenit.fr/article/acteurs/green-code-lab-une-pepiniere-de-green-design-patterns

 

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juin - 2012 07

Image composite TIC s'éteint 

Pour y répondre, suivons la vie d’une TIC (une technologie de l’information et des communications), du berceau au boulot.

Au berceau : matières premières et fabrication

Un ordinateur peut exiger jusqu’à 100 fois sa masse en matières premières alors qu’une automobile ou un réfrigérateur en requiert du simple au double. La masse de matières extraites pour en dégager les quelques grammes de métaux qui entreront dans sa fabrication se chiffre en tonnes. Ajoutons à cela, pour un PC et un écran de 17 po (1), 1500 litres d’eau potable ou stérilisée (surtout pour la fabrication), 22 kg de produits chimiques et 373 litres de pétrole (2). Un seul circuit intégré (une puce), pesant 2 g et mesurant 0,16 micromètre, requiert 1200 g de combustible fossile, 1 m3 d’azote, 72 g de produits chimiques et 32 litres d’eau.

Côté déchets, la fabrication en génère 164 kg pour le même ordinateur avec écran de 17 po, dont 15 % (le poids de l’ordinateur) sont des substances hautement toxiques. L’énergie (généralement) fossile utilisée totalise 10 fois le poids de l’équipement en équivalent carbone.

Au boulot : l’utilisation dépend des besoins et [surtout] des comportements

Puce TIC s'éteint C’est à l’utilisation que les impacts indirects et organisationnels des TIC influent le plus sur la société, l’environnement et l’économie :

Puce TIC s'éteint Le mode utilisation accapare jusqu’à 60 % de l’énergie totale du cycle de vie d’une TIC. Un appareil qui n’est pas mis en veille est très énergivore, quelle que soit la source d’électricité. Plus un écran est grand, plus il consomme.

Puce TIC s'éteint Un ordinateur portable consomme 50 % moins d’électricité qu’un ordinateur fixe, mais il est moins évolutif.

Puce TIC s'éteint Le mode veille consomme environ 10 % de l’énergie totale de la durée de vie d’un appareil. S’il est mis en veille mais jamais éteint, cet appareil consommera de 10 % à 25 % de la facture d’électricité. En France, où l’énergie est nucléaire, on évalue que la consommation annuelle des appareils en veille dans les maisonnées équivaut à la production de deux réacteurs nucléaires (3). Au Canada, la mise en veille permanente des appareils électriques, avec son cortège de voyants lumineux, représente la consommation électrique annuelle du Nouveau-Brunswick (4).

Puce TIC s'éteint Ne pas confondre la mise en veille avec l’écran de veille ou économiseur d’écran. Ce dernier ne permet pas d’économiser l’énergie.

Puce TIC s'éteint En bibliothèque, les serveurs, les ordinateurs de comptoirs, les OPAQ et les postes Internet, ainsi que certains appareils programmés, doivent, pour l’instant, rester ouverts jour et nuit. Tous les autres appareils, par contre, pourraient être éteints le soir. L’écran, par exemple, s’éteint d’un seul clic. Les lecteurs de code à barres et autres périphériques branchés directement dans l’ordinateur se ferment à l’arrêt de celui-ci. Il suffit de 30 à 60 secondes en moyenne pour démarrer le système et de 30 à 60 secondes pour ouvrir Lotus. Deux minutes. Le temps d’enlever son manteau, d’aller chercher un café ou d’en griller une. La fin de semaine et au départ des vacances, pas d’excuse pour ne pas éteindre son ordinateur et ses périphériques.

Puce TIC s'éteint Même éteint, un appareil électrique consomme de 2 à 22 Watts/h. Un portable consomme jusqu’à 17 Watts/h, l’imprimante 7 Watts/h, le décodeur numérique 15 Watts/h et le téléviseur 5 Watts/h.

Puce TIC s'éteint Selon l’Office de l’efficacité énergétique, la seule façon d’être assuré qu’un appareil ne consomme pas d’électricité est de le débrancher ou de fermer la barre de tension sur laquelle il est branché. Plutôt difficile à faire au travail, mais à la maison, on peut brancher l’ordinateur et ses périphériques sur une multiprise munie d’un interrupteur, qu’il suffit d’éteindre le soir, durant les vacances ou les absences prolongées. Il existe des barres d’alimentation intelligentes dotées de prises indépendantes, qui permettent de regrouper des appareils informatiques (ou même ses petits électroménagers), y compris les appareils programmés qu’on ne peut pas débrancher, tel que les enregistreurs numériques. Il en existe même avec minuterie : le débranchement se fait alors tout seul.

La réponse

Donc, en réponse à la question, on peut répondre que cela dépend de nous…. de combien de centrales électriques nous avons besoin pour satisfaire à la demande énergétique du type d’utilisateur que nous sommes.  Devons-nous absolument garder les voyants de nos écrans, imprimantes personnelles, agrafeuses et étiqueteuses électriques allumés en tout temps? Si le coût et les impacts sont plutôt insignifiants à l’échelle d’un espace personnel de travail ou d’un logis, on n’a qu’à les reporter à l’échelle d’une population pour en saisir l’énormité.

Bonnes vacances !  N’oubliez pas d’éteindre.       


[1] Computers and the Environment : Understanding and Managing their Impacts, 2003, sous la dir. de Ruediger et Eric Williams, Kluwer Academic Publishers, EcEfficiency in Industry and Science Series, Dordrecht/NL, 300 p.

[2] http://www.electronicstakeback.com/green-design-vs-greenwashing-2/

 [3] L’ADEME — l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie de France — fournit, sous forme de tableaux, des exemples d’appareils consommant de l’énergie tout en étant arrêtés ou en mode d’attente. Très informatif. http://www.ademe.fr/lorraine/energie/mde.html

[4] http://vieenvert.telequebec.tv/sujets/588/debrancher-pendant-2-semaines

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mai - 2012 11

Inqbate - University of Sussex

  1. Actualités québécoises. Actualités sur les nouveaux projets au Québec :
  2. Scandinavian Library Quarterly. Le dernier numéro de la revue scandinave est en ligne et porte sur le thème du Lifelong Learning. On y aborde les bibliothèques publiques en tant qu’espace d’apprentissage et de formation et le projet nordique « Space for learning ».
  3. Jeu vidéo : Trois studios québécois font un don aux bibliothèques publiques de Montréal. Les studios de jeu vidéo Eidos, Electronic Arts et Ubisoft qui sont établis à Montréal remettront gratuitement au réseau des bibliothèques de la Ville de Montréal des centaines d’exemplaires de jeux pour consoles.
  4. Un argumentaire pour les jeux vidéo en bibliothèques. Un billet qui explique bien la mission des jeux vidéo en bibliothèque et aide à combattre certains préjugés qui leur sont associés.
  5. Made in a Library: a free online innovation Symposium. 15 mai 2012. Les bibliothèques offrent de plus en plus d’espace pour la création comme les FabLabs et les “Doing Spaces”. L’exemple de la Fayetteville Free Library sera présenté dans le cadre de ce symposium. L’inscription est gratuite.
  6. Apprendre et se former dans les bibliothèques : la mission éducative des bibliothèques municipales. Le document porte sur la bibliothèque en tant que lieu d’apprentissage et de formation tout au long de la vie. La section 3 est consacrée au concept des Idea Stores londoniens et à leur mission éducative.

Pour aller plus loin, consultez nos outils de veille :
· http://www.netvibes.com/programme-rac
· http://www.delicious.com/espaceb/RAC
· http://wikibpm.bibliomontreal.com (authentification requise)

Recherche : Touria Fadaili et Marie D. Martel

Photo : InQbate – University of Sussex. Source : Flickr, galerie de Shu Learning Spaces, licence : CC BY-NC-ND 2.0

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avr - 2012 27

Ce billet est aussi disponible sur le blogue Ludicite.ca.

Collection_Jeux_Video

Au cours de la conférence de presse qui s’est déroulée aujourd’hui à la Bibliothèque Saint-Michel, nous avons appris que 27 bibliothèques de la Ville de Montréal allaient maintenant offrir plus de 5000 jeux vidéo à leurs usagers. L’investissement massif dans ce nouveau type de document n’est pas opportuniste, c’est une décision réfléchie pour mieux répondre à la mission des bibliothèques publiques. Par contre, comme à l’arrivée de tous les nouveaux supports, plusieurs questions sont posées.

Développer un argumentaire pour faire comprendre la mission des jeux vidéo en bibliothèque peut être important quand vient le temps de discuter avec des membres de l’équipe, avec des usagers ou avec les élus. Cette série d’arguments est tirée en partie du livre Everyone Plays at the Library écrit par le bibliothécaire et professeur universitaire Scott Nicholson et peut aider à combattre certains préjugés et à éclaircir le lien entre bibliothèques et jeux vidéo.

Quel est le lien entre les jeux vidéo et la bibliothèque, un lieu pour les livres?

Dorénavant, les bibliothèques sont bien plus qu’un dépôt de livres! Elles offrent d’ores et déjà plusieurs autres formes de produits culturels comme la musique et les films. Poser cette question, c’est ne pas comprendre la nature holistique des bibliothèques modernes et ne pas comprendre la valeur du jeu vidéo en tant que produit culturel.

Historiquement, les bibliothèques possèdent des jeux depuis des décennies que ce soit sous la forme de jeux de société ou de livres-jeux. Dès 1850, des bibliothèques américaines avaient des clubs d’échec et des clubs de bridge. Au fil des années, elles ont intégrés des soirées de Scrabble, des jeux dans les clubs d’été, des animations ludiques et, plus récemment, des jeux sur les ordinateurs publics.

Pourquoi financer les jeux vidéo, des produits qui ne sont pas utiles à la société et qui ne sont pas de l’art, au détriment de la lecture?

Le débat à savoir si les jeux vidéo sont de l’art est complexe et demande une analyse intéressante sur la définition de l’Art. Voici tout de même quatre cas qui pourraient faire changer d’avis certains détracteurs.

Les jeux vidéo ont été intégrés dans plusieurs musées et expositions internationales : le Smithsonian American Museum of Art, à Washington lui consacre l’exposition «The Art of Video Games » tout comme le Grand Palais de Paris pour « Game Story : Une histoire du jeu vidéo » et le Computerspiele Museum à Berlin.

En juin 2011, la cour suprême des Etats-Unis reconnaissait les jeux vidéo comme une forme d’art. Une clause californienne pour bannir la vente des jeux vidéo violents aux Etats-Unis a été invalidée, car les jeux vidéo méritaient d’être couverts par le 1er amendement et ainsi, rejoindre le livre, la musique, les films, etc. Dans le jugement, les juges ont mentionné que la violence dans l’art n’avait rien de nouveau si on se fiait aux contes pour enfants des Frères Grimms.

En mai 2011, l’institut « The National Endowment for the Arts » ajoutait le jeu vidéo comme un produit pouvant demander un financement. Cette agence culturelle étatsunienne (l’équivalent canadien du Conseil des Arts du Canada) aide les artistes et les institutions culturelles du pays.

Lors de l’annonce du partenariat entre Warner Bros. Games et Bibliothèques et Archives nationales du Québec, le président-directeur général Guy Berthiaume a qualifié le jeu vidéo de « 10e art ».

Pourquoi la communauté montréalaise devrait-elle investir dans les jeux vidéo?

En plus d’être un produit artistique, trois autres raisons expliquent le raisonnement derrière un tel financement : sa popularité, la création locale et le retard des Bibliothèques de Montréal.

En effet, chaque copie des jeux vidéo est empruntée en moyenne plus de deux fois par mois ce qui les rends plus populaires que les best-sellers. Et, ce sont toutes les collections de la bibliothèque qui sont revitalisés par les jeux vidéo : un sondage de l’ALA (American Library Association) démontrait que plus de 75% de ceux qui profitaient des jeux vidéo utilisaient d’autres services ou d’autres collections de la bibliothèque.

L’intérêt des Bibliothèques de Montréal souligne aussi le dynamisme de la Ville pour l’industrie du jeu vidéo. Hôte du plus grand studio international de jeux vidéo en Occident et reconnu comme une plaque tournante à travers le monde, l’industrie crée 7000 emplois directs à Montréal uniquement.

Produit_Montreal

Néanmoins, les 43 Bibliothèques de Montréal accusent un retard important devant les autres grandes villes canadiennes dont Québec (2500 jeux dans les 25 bibliothèques) et Ottawa (4000 jeux dans les 34 bibliothèques). Au Canada, sept des dix plus grandes villes possèdent des collections de jeux vidéo sur l’ensemble de leur territoire.

Qu’est-ce que le jeu peut apporter aux besoins de littéracie, d’éducation et d’apprentissage à la lecture?

Plusieurs jeux nécessitent une partie importante de lecture, ce qui rejoint la conception initiale de la littéracie (c’est-à-dire l’apprentissage de la lecture et de l’écriture). En plus des manuels du joueur, une majorité de jeux utilisent du texte pour transmettre l’information aux joueurs (histoire, menu, règles, etc).

De plus, le jeu aide aussi aux développements d’apprentissages plus complexes. Dans son livre What Video Games Have to Teach Us about Learning and Literacy, James Paul Gee présente 36 principes qui sont enseignés aux joueurs. Ceux-ci incluent la prise de risque, la résolution de problèmes et le développement par la pratique. Selon l’auteur, ceux qui jouent à une grande variété de jeux sont plus résilients aux changements dans la vie à cause de leur plus grande capacité d’adaptation.

En raison de leur complexité, de nombreux jeux requièrent aussi une recherche d’information assidue pour trouver des solutions à leurs problèmes. Les joueurs créent des bases de données gigantesques, des guides et des communautés pour documenter les différents aspects du jeu. Ce n’est pas pour rien qu’à certains moments, le deuxième Wiki (après Wikipédia) le plus massif soit WikiWoW, qui traite du jeu en ligne World of Warcraft.

Il existe de plus en plus de connexions entre les joueurs et les lecteurs. Plusieurs jeux ont en effet des contextes historiques ou culturels importants. Si ce contexte intéresse les joueurs, ils peuvent en apprendre plus sur ces derniers par la lecture. Un jeu sur la musique peut inspirer le joueur à consulter un ouvrage sur la musique comme un jeu historique peut intéresser le joueur à des documentaires sur l’histoire. Les bibliothèques ont un rôle à jouer pour satisfaire les intérêts des joueurs avec des services traditionnels.

Que faire de la violence dans les jeux vidéo ?

À cause du caractère parfois violent des jeux vidéo, certaines personnes sont inquiètes de voir les bibliothèques les valoriser. Pourtant, dans un jugement rendu par la cour suprême des États-Unis, les arguments psychologiques sur l’impact de la violence chez les joueurs ont été considérés comme étant non-concluantes.

Par contre, si les bibliothèques prêtent des jeux, les mêmes politiques de développement de collection devraient être utilisés pour les films et les livres violents. Si le jeu est joué dans les murs de la bibliothèque, il faut s’assurer que la sélection réponde à un besoin particulier. S’il y a un objectif précis pour l’animation qui nécessite un jeu vidéo violent, alors vous avez la réponse à votre question. Comme les bibliothèques n’ont pas à acheter tous les livres produits, ils n’ont pas à acheter tous les jeux vidéo produits.

De plus, les Bibliothèques de Montréal respectent la classification ESRB (Entertainement Software Rating Board) pour s’assurer que les usagers n’est accès qu’à des documents destinés à leur groupe d’âge. Ainsi, un jeune de 16 ans et moins ne pourra pas emprunter des documents classés M (Mature en anglais ou Jeunes adultes). En plus de se conformer à la classification, les bibliothécaires se font un devoir d’informer les usagers de ce système encore très peu connu chez le public en général.

Que faire de la dépendance aux jeux vidéo ?

Le concept de dépendance n’est pas juste applicable aux jeux – d’autres formes de média comme les livres, la musique et les films peuvent aussi être autant dépendant. En fait, les bibliothèques essaient de « rendre dépendants » leurs usagers à la lecture depuis des décennies. Toutes les activités récréatives peuvent rendre dépendantes : demandez à quelqu’un qui est resté réveillé pour finir un roman qu’il aimait ou pour regarder les dernières émissions d’une série télévisée. Le jeu n’est pas différent des autres formes d’activités récréatives.

Alors, quel est le lien entre jeux vidéo et la mission des bibliothèques?

Il est surtout important que les jeux vidéo supportent la mission de la bibliothèque. Comme les jeux vidéo prennent des ressources des autres activités de la bibliothèque, ces services de jeux doivent être développés en lien avec ces autres services. Même si les jeux sont fun, ce n’est pas une justification suffisante pour les élus et certains usagers irrités par la présence et le bruit des jeux vidéo.

Selon un sondage de l’ALA, les trois principaux rôles des jeux vidéo en bibliothèque sont : attirer une nouvelle clientèle en bibliothèque, offrir un nouveau service pour les usagers et aider les usagers de la bibliothèque à interagir entre eux. Les jeux vidéo peuvent aider à transformer la bibliothèque en un centre de la vie communautaire pour tous. Pour plusieurs usagers, discuter et interagir autour des jeux vidéo à remplacé ce qui étaient autrefois créé par les livres, la musique ou les films. Ce n’est qu’un nouveau type de document qui répond à un besoin réel de la clientèle.

En résumé, les jeux vidéo sont ni plus ni moins qu’un nouveau type de document qui répondra aux besoins d’une nouvelle clientèle.

Pour les bibliothécaires, il s’agit d’une excellente occasion pour s’inscrire dans la chaîne du jeu vidéo en informant la population sur les jeux vidéo : classification ESRB, violence, dépendance, etc.

Merci_Pour_le_Don

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avr - 2012 23

À la Bibliothèque du Vieux-Saint-Laurent… Nous innovons !

Par Julie Gagnon, Lucie Da Luz, Anne-Marie Juneau et Raphaël Lavoie

Bibliothèque du Vieux-Saint-Laurent

Bibliothèque du Vieux-Saint-Laurent

À l’ouverture en novembre 1965 l’édifice de style contemporain, situé au 1380 de l’Église, se caractérisait par une structure en béton armé fini briques, des poutres et des colonnes à découvert qui servent de terme ornemental à l’intérieur et à l’extérieur du bâtiment, une salle de lecture de 15 pieds de haut, une mezzanine et un escalier aux lignes harmonieuses digne d’un décor de «Mad Men» (c’est à voir !), une immense fenestration, une section jeunesse au sous-sol avec une entrée séparée et une salle d’animation. À l’époque, la bibliothèque était décrite comme étant l’une des plus moderne au Québec. La superbe sculpture «Cailloudo» de Charles Daudelin, avec sa fontaine, enjolive le petit parc aménagé à l’extérieur, créant ainsi un espace de détente et de lecture affectionné par les usagers de la bibliothèque.

Bibliothèque du Vieux-Saint-Laurent

Fidèle à sa réputation avant-gardiste, la Bibliothèque du Vieux-Saint-Laurent a su s’ajuster rapidement aux nouvelles réalités et aux différentes innovations technologiques en passant par le DVD, le BLU-RAY, les liseuses, les jeux vidéo et le guichet libre service. Vous voulez télécharger un livre numérique sur votre liseuse, et vous ne savez pas comment faire ? Rien de plus simple, notre super équipe à la référence se fera un plaisir de vous initier aux joies du merveilleux monde de la lecture numérique !

Bibliothèque Vieux-Saint-Laurent

La population de Saint-Laurent affiche la plus forte proportion d’immigrants des dix-neuf arrondissements de la ville. Plus d’un habitant sur deux est né à l’extérieur du Canada. L’offre de services de la bibliothèque tente donc de répondre aux besoins de ses citoyens. Une équipe dynamique veille à offrir des activités, ateliers, conférences et animations variées : des midi-causeries, des activités «hors les murs», des heures du conte pour les 3 à 5 ans, des jeux, rimes et comptines pour les 18 à 35 mois, des ateliers de bricolage, des ateliers d’initiation à l’informatique pour les adultes, des visites de groupes personnalisées, etc.

À la Bibliothèque du Vieux-Saint-Laurent, en plus des 182 000 documents en français et en anglais et des 240 périodiques, les usagers ont aussi accès à une vaste collection de films pour tous les goûts. Une collection de 8184 films (DVD et BLU-RAY) est disponible à la section des adultes et à la section jeunesse, du cinéma de répertoire aux classiques en passant par le cinéma étranger et les films dits populaires. Il ne faut surtout pas oublier l’éventail de choix en ce qui a trait aux collections de documentaires et de séries télé ! «Lost» ? Nous l’avons ! «Downtown Abbey» ? Nous l’avons ! «Torchwood» ? Bien sûr, que nous l’avons !

Pour en savoir plus, visitez notre page Facebook : facebook.com/biblio.vieux.saint.laurent

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avr - 2012 18

Nous avons eu le plaisir, à la bibliothèque Frontenac, de recevoir en résidence, deux auteures dynamiques, enjouées et créatives, soit les bédéistes Iris et Zviane.

Quelques mots pour les présenter !

collant-zvianeLe point B est la première BD de Zviane, elle a depuis publié deux titres aux éditions Pow Pow, Apnée et Pain de viande avec dissonances, ainsi que Le quart de millimètre chez Grafigne et La plus jolie fin du monde chez Mécanique générale.

Iris, a publié Justine à la Pastèque et Dans mes rellignes chez Mécanique générale, et a illustré Pour en finir avec le sexe, de Catherine Allard.collant-iris

Les deux amies sont aussi complices dans la vie que dans la création, non contentes de produire à l’occasion des fanzines ensemble, elles ont concocté une BD-feuilleton L’ostie d’chat disponible en ligne, dont deux tomes sont déjà parus dans la collection Shampoing aux éditions Delcourt. L’œuvre a été entièrement composée à quatre mains, puisqu’elles se relaient tant au dessin qu’au scénario.

Un projet de résidence

Le programme de résidences d’auteures du Conseil des Arts de Montréal permet à une bibliothèque d’accueillir un auteur résidant dans son arrondissement pour une durée de 6 mois. Le projet est financé à hauteur de 10 000 $ par le CAM, et l’arrondissement a fourni 5 000 $.

Johanne Prud’homme, bibliothécaire responsable de la bibliothèque Frontenac, a demandé à ce qu’on reçoive spécifiquement un bédéiste pour mettre en valeur ce pan important de notre collection.

Lors de l’appel de projets, nous avons été conquises par le projet présenté conjointement par Zviane et Iris : donner des ateliers d’auto-publication. Leur approche nous semblait hautement compatible avec les moyens de la bibliothèque et accessible à notre public.

Ensemble, bédéistes et bibliothécaires, nous avons concocté une programmation pour cette résidence. Deux séries d’ateliers de création de fanzines ont donc été programmées : à l’automne 2011, pour une classe d’étudiants du Centre Gédéon-Ouimet, et à l’hiver 2012, pour le grand public adulte. Ces ateliers ont été couronnés de succès. En tout, 18 fanzines ont été réalisés, en solo ou en équipes. Les participants de l’atelier grand public ont développé des liens et ont organisé une exposition de leurs originaux à la galerie Lobhta.

atelier-autopublication

Pendant toute la durée de leur résidence, Zviane et Iris ont alimenté une page facebook donnant des nouvelles de leur aventure à Frontenac. Nous avons aussi réalisé une exposition de leurs créations (planches, fanzines, objets peints, etc.) en septembre 2011 et une autre de leurs coups de cœur BD en octobre et novembre 2011. Cette deuxième expo a débuté lors de la semaine des bibliothèques publiques.

Pendant la résidence, les deux bédéistes ont produit trois affiches originales, un dépliant de coups de cœur et des icônes les représentant pour identifier leurs oeuvres et leurs BD fétiches.

Soirée de clôture

L’événement LE FANZINE À L’HONNEUR tenu le 28 mars dernier à la Maison de la culture Frontenac a permis de clore cette résidence en beauté. En effet, nous avons organisé une table ronde sur le sujet des fanzines et de l’autopublication. Animée de main de maître par le libraire Éric Bouchard, les quatre invités, soit Luc Bossé, Simon Bossé ainsi qu’Iris et Zviane, qui utilisent tous ce mode d’expression, ont pu partager leur pratique du fanzinat et leurs réflexions sur l’univers méconnu de l’autopublication.

fanzine-honneur

Les spectateurs ont aussi pu profiter de l’événement pour lire les fanzines des participants réalisés dans le cadre des deux séries d’ateliers et goûter aux bouchées touskiennes tout en sirotant du moût de pommes. Un sac souvenir orné d’un dessin de Zviane a aussi été remis à tout le monde lors de cette soirée, sans oublier que Luc Bossé a fait tirer des livres des éditions Pow Pow. Que demander de plus!

C’est la fin !

Zviane et Iris nous manqueront, mais nous suivrons de près l’ascension de leurs carrières respectives, car toutes deux ont le vent dans les voiles ! Et si vous passez par Frontenac en mai, mois de la BD, venez réclamer votre sac « Zviane et Iris en résidence à la bibliothèque Frontenac »… il vous suffira d’emprunter une de nos BD pour le mériter!

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avr - 2012 11


Le titre du colloque est une question : Est-ce qu’une église peut devenir une bibliothèque du 21e siècle? et sa prémisse est la suivante:

Au Québec, une quinzaine de projets de transformation d’églises en bibliothèques ont vu le jour ou sont en émergence autant dans les milieux urbains que ruraux, démontrant qu’il peut s’agir d’occasions pour réutiliser les églises délaissées par la pratique du culte. La réutilisation de ces édifices en bibliothèques pose avec acuité la question de l’usage d’un patrimoine fondateur autant que celle de la conception des bibliothèques de demain.

À travers des questions de développement durable, cet événement vise à préciser comment un projet de bibliothèque en église est possible et…à faire le point sur les expériences vécues, mais aussi sur les tendances convergentes qui font apparaître des arrimages entre  un patrimoine bâti en quête d’usages et des bibliothèques en quête de nouveaux espaces.

L’événement se déroulera le 4 mai prochain à la Grande Bibliothèque et s’adresse volontairement à un public diversifié pour que les réponses soient plurielles : des chercheurs, des bibliothécaires, des défenseurs du patrimoine, des architectes, des élus municipaux, des gestionnaires du secteur culturel et religieux, etc. Cet événement peut être interprété comme une instance de design participatif où la parole, la participation des acteurs est prise en considération pour la réussite et l’innovation sociale dans les projets publics.

Au cours de cette journée, je présenterai une nouvelle conférence en compagnie de ma collègue, Touria Fadaili, de la Direction de la culture et du patrimoine, à la Ville de Montréal, et Mylène Gauthier, du Réseau des bibliothèques de la Ville de Québec.

Cette conférence proposera un tour d’horizon de certains des modèles, tantôt symboliques tantôt physiques, qui sont revendiqués aujourd’hui par les programmateurs de bibliothèques : Idea Store de Londres, SESC du Brésil, YouMedia de Chicago, Learning Center, Tiers lieu, Fab lab, etc
.

Nous allons dégager les conceptions et les thématiques que ces propositions possèdent en commun, notamment en ce qui concerne l’impact de la culture numérique et de la dématérialisation, et qui tendent à constituer une sorte de méta-modèle de la bibliothèque du 21ième siècle. Puis, à la lumière de cette synthèse, nous allons explorer les conditions actuelles de la programmation de ces équipements publics en essayant de soupeser l’intérêt et les limites d’une démarche qui consiste à faire émerger une bibliothèque dans un bâtiment recyclé comme une église.

C’est une invitation que nous lançons à tous.

Pour s’inscrire ou s’informer, c’est par ici. On peut aussi communiquer avec Denis Boucher au 514 931-4701, poste 224, ou par courriel à colloque@patrimoine-religieux.qc.ca.

| Bibliothèque centrale d’Amsterdam, photo par Marie D. Martel licence : cc-by-sa |

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avr - 2012 02

L’Octogone, une équipe au service des citoyens!

Bibliothèque L\’Octogone

Marie-Andrée Marcoux
Photographe: Véronique Lett
Montage et réalisation de l’application: Thierry Robert

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mar - 2012 26

Située dans les anciens locaux d’une épicerie de quartier, la bibliothèque de Cartierville possède toutes les caractéristiques d’un marché public, mais plutôt que de combler les plaisirs du palais, nous présentons des étalages de produits culturels pour tous les goûts. Le lieu est convivial et agréablement éclairé. Un coin café est aménagé afin que les usagers puissent lire ou pianoter sur leurs portables tout en sirotant leur boisson chaude préférée. Aussi, nous possédons deux salles où se tiennent des activités variées.

Café de la Bibliothèque Cartierville

Café de la Bibliothèque Cartierville«... mais plutôt que de combler les plaisirs du palais, nous présentons des étalages de produits culturels pour tous les goûts.»

Nous avons bâti notre collection à l’image de la communauté qui nous entoure. Avec plus de 1500 documents en langue arabe, nos usagers arabophones, qui fréquentent en grand nombre notre institution, ont de quoi se mettre sous la dent… ou sous les yeux, si vous préférez.

Notre arrondissement étant un carrefour multiculturel accueillant beaucoup de nouveaux arrivants, l’intégration et la francisation sont des priorités pour nous. C’est pourquoi nous mettons particulièrement de l’avant la Collection pour tous. De plus, nous avons créé une section spéciale où nous regroupons des ouvrages pouvant aider les immigrants à bien s’installer et à se familiariser avec la société québécoise.

Référence Bibliothèque Cartierville

Référence de la Bibliothèque Cartierville

Notre rôle communautaire nous tient très à cœur et notre implication dans le milieu se traduit de diverses façons. Aide aux devoirs, heures du conte, programme d’éveil à la lecture et à l’écriture, rallyes en bibliothèque pour adultes et conférences données par l’Éco-Quartier sont autant d’exemples d’activités se tenant en notre enceinte. Une multitude d’interventions hors les murs, comme des rencontres dans les HLM et avec des organismes communautaires ainsi que des animations de lecture dans les parcs, sont aussi organisées. Les familles occupent une place importante au sein de notre mission.

Nous nous intéressons également à la clientèle des aînés, à qui nous offrons régulièrement des formations informatiques. Nous proposons une formule de café-rencontres où ils sont conviés à des ateliers ou conférences portant sur des thématiques les concernant.  La bibliothèque fait partie du trajet de la Navette Or 263, une initiative de la STM afin de faciliter les déplacements des aînés.

Comptoir de la Bibliothèque Cartierville

Comptoir de la bibliothèque Cartierville

Nous vous invitons donc à venir visiter notre charmante bibliothèque, lieu vivant et accessible à tous grâce au merveilleux travail de toute notre équipe !

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mar - 2012 16

library innovates

  1. Library Design Showcase 2012. Revue annuelle des meilleurs projets de construction et de rénovation de bibliothèques aux États-Unis. Les projets sont présentés selon différents éléments d’aménagement : espaces jeunes, espaces extérieurs, technologies, flexibilité, accessibilité, etc.

  2. Catalogue des concours canadiens. Base de données documentaires conçue sur une initiative du Laboratoire d’étude de l’architecture potentielle (LEAP) de l’Université de Montréal. Elle recense les concours d’architecture et d’urbanisme organisés au Canada depuis 1945. Une description du projet de la Bibliothèque Marc-Favreau figure actuellement sur la page d’accueil.
  3. Du choix de l’implantation aux stratégies de localisation : bibliothèques dans la ville. ENSSIB, janvier 2012. «Entre objectifs socio-économiques et socio-éducatifs, stratégies urbaines ou métropolitaines, la bibliothèque s’affirme, par l’architecture et l’urbanisme comme co-créatrice de centralité et d’urbanité. Des stratégies de localisation sont mises en place qui interrogent aussi les fonctions mêmes de la bibliothèque comme équipement public.»
  4. The Hyperlinked Library. Présentation de la version 2011 du modèle de Michael Stephens “The Hyperlinked library”  qui définit la bibliothèque comme une institution transparente, participative, humaine et centrée sur l’usager. De nouveaux défis technologiques ont été ajoutés au modèle initial.
  5. Get Things Off The Shelf – A Ten Point Checklist For Moving From Idea To Implementation. Stratégie en 10 points développée par Ellison Urban et adaptée au contexte des bibliothèques, pour passer d’un concept ou une idée à sa mise en oeuvre.
  6. Visite guidée à la médiathèque Etienne Caux. La rénovation de la médiathèque de St-Nazaire en France a permis de moderniser les différents espaces avec un nouveau mobilier, des automates de prêt et une amélioration de l’accessibilité.
  7. The Once and Future Library : An architect’s perspective on designing for changing constituencies. American Libraries Magazine, mars 2012. Point de vue d’un architecte sur les changements et les défis auxquels font face les bibliothèques aujourd’hui.

Pour aller plus loin:

Recherche : Touria Fadaili et Marie D. Martel

Photo : Galerie de photos du Dr. Michael Stephens sur Flickr

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