fév - 2013 08

Dibrary: Digital Monument

  1. Vers des espaces consacrés au partage des connaissances en bibliothèque. Tiers-lieux, coworkings, fablabs et  barcamps,  sont autant d’initiatives à développer en bibliothèque pour favoriser la collaboration, l’échange et la participation. L’exemple de l’espace 3C de L’École de Technologie Supérieure (ÉTS) de Montréal.
  2. 10 Steps to a Better Library Interior: Tips That Don’t Have To Cost a Lot | Library by Design. Une spécialiste du design d’intérieur de bibliothèque propose en 10 étapes simples et peu coûteuses, ses conseils pour mettre en valeur l’intérieur de votre bibliothèque.
  3. Centre Culturel et bibliothèque en Suède. « Schmidt Hammer Lassen architects vient de remporter le concours du nouveau centre culturel et sa bibliothèque à Karlshamn en Suède. Un projet qui met l’accent sur la dimension humaine, la lumière nordique et l’utilisation de matériaux robustes ».
  4. GUELPH MAIN LIBRARY : Building program and functional plan. Exemple de programme fonctionnel et technique élaboré pour la nouvelle bibliothèque Guelph Main Library en Ontario.
  5. St. Louis Public Library removes its dust jacket for an inspired renewal. La Bibliothèque publique de St-Louis au Missouri a subi une rénovation importante et une restauration de son bâtiment historique, au coût de 70 millions de dollars. Le résultat est un mélange très réussi  entre le moderne et l’ancien.
  6. Repenser les lieux culturels : l’exemple du Manga-Café de Paris. « Le manga-café de Paris est un lieu assez fascinant parce qu’il montre une réponse concrète à des problématiques qui intéressent à la fois les libraires et les bibliothécaires. »

Pour aller plus loin :

Photo : Dibrary, Digital Monument, par Mosman Library, Source : Flickr, licence: cc by 2.0

Mot(s)-clé(s) associé(s) à cet article :
jan - 2013 28

Brooklyn2

  1. Announcing: The Shelby White & Leon Levy Information Commons at Brooklyn Public Library. Brooklyn Public library (New-York) vient d’ouvrir un nouvel espace, “Information Commons”, son carrefour d’apprentissage. Un espace axé sur la formation et la technologie, qui offre des classes publiques et des ateliers, des espaces de rencontre, un laboratoire de formation, un laboratoire de création numérique, plusieurs salles de travail à réserver et un studio d’enregistrement audio/vidéo.
  2. Un distributeur de MacBook Pro gratuits dans une université. « Cette borne propose aux étudiants des ordinateurs en libre-service et équipés de nombreux logiciels. Leur utilisation est limitée à 5 heures par personne (5$ par demi-heure supplémentaire). L’étudiant peut accéder à ce service grâce à une carte magnétique fournie gratuitement par l’université. »
  3. La première bibliothèque publique sans livres aux États-Unis ouvrira bientôt au Texas. Une première bibliothèque sans livres verra le jour à San Antonio au Texas. Elle offrira à ses usagers des liseuses électroniques avec des livres déjà chargés pour le prêt et des espaces de lecture et de travail équipés d’ordinateurs.
  4. Bibliothèque du secteur Ouest (Ottawa). Une nouvelle succursale verra le jour en 2014 à Ottawa. Le site web présente divers documents sur l’avancement du projet. Une Présentation Powerpoint de la consultation publique pré-conception de cette future succursale est disponible sur le site.
  5. Take the Library to the People ! Des projets inspirants de bibliothèques à travers le monde qui se déplacent pour rejoindre de nouveaux usagers : la bibliothèque de l’aéroport de Schiphol à Amsterdam, les bibliothèques de plage, une bibliothèque dans une station de métro aux Pays-Bas, « Movable library »à Taiwan, lecture au marché au Pérou, Biblio-vélo au Brésil, Uni Project à New York, etc.
  6. What should a library look like in 2013? Answer: ‘Open’. Des spécialistes donnent leurs avis sur ce que devrait être une bibliothèque en 2013.

Photo : Brooklyn Public Library (New York) par Paul Lowry. Source: Flickr, licence : cc by 2.0

jan - 2013 11

ndg3

  1. 2012 Canadian Architect Awards of Excellence winners announced. L’Atelier Big City, Fichten Soiferman et Associés, L’OEUF a reçu le prix « Award of Excellence » du Canadian Architect, pour le Centre Culturel de Notre-Dame-de-Grâce à Montréal. Ce centre dont l’ouverture est prévue pour 2014 comprendra une bibliothèque, une salle multifonctionnelle et une salle polyvalente pour expositions.
  2. Appel d’offres : bibliothèque Saul-Bellow. L’appel d’offres concernant l’agrandissement et le réaménagement de la Bibliothèque Saul-Bellow dans l’arrondissement Lachine à Montréal  a été lancé le 7 janvier 2013.
  3. New York Public Library Renovation: First Visualizations Released. Premières images du projet de rénovation du bâtiment historique de la Bibliothèque publique de New York. Ce projet de 300 millions $ sera mené par l’architecte britannique Norman Foster.
  4. Branches of Opportunity (Rapport, janvier 2013). Center for an Urban Future vient de publier un nouveau rapport sur les bibliothèques publiques de la Ville de New York. Le rapport souligne l’importance des bibliothèques et le rôle joué auprès de la population de New York: immigrants, aînés, jeunes élèves, adolescents, chômeurs, etc. à l’ère du numérique. Le rapport est aussi une analyse de l’utilisation des bibliothèques qui a connu une augmentation considérable mais qui souffre des coupures budgétaires. La dernière section porte sur la bibliothèque du futur et souligne l’importance du partenariat : « The libraries should look to tech companies—from giants like Apple, Microsoft, Google and Facebook to startups like General Assembly, Code Assembly and Tumblr—as partners in the creation of technology learning centers”.
  5. Signalétique en bibliothèque 2012 (présentation SlideShare). Ses particularités, ses formes et comment réussir sa mise en place.
  6. Halls d’entrée de bibliothèques : entre seuil et accueil (mémoire d’étude). «Dans un contexte de bouleversements des bibliothèques, se pose la question de l’attraction de ces lieux publics et culturels. Comment le hall d’entrée des bibliothèques, espace fonctionnel, participe à cette séduction ? L’étude des perceptions et des représentations des usagers sur ce premier espace introduit la dimension sensible et affective dans la relation entre les bibliothèques et leurs publics».
  7. France Télécom recycle ses cabines en bibliothèques de rue. « À l’image de son homologue allemand, Deutsche Telekom, qui a initié la chose depuis plusieurs années, France Télécom-Orange va tester la transformation de ses anciennes cabines téléphoniques hors d’usage en bibliothèques de partage de livres ou BiblioboXX (traduction française du terme allemand BücherBoXX) ».

Pour aller plus loin :

Photo : Centre culturel de Notre-Dame-de-Grâce. Source: Ville de Montréal

Mot(s)-clé(s) associé(s) à cet article :
déc - 2012 14

Marc-Favreau

  1. Visite virtuelle de la future bibliothèque Marc-Favreau (vidéo). Visite en 3D de cette bibliothèque à vocation familiale qui offrira à son public des espaces de lecture, de travail et de création  dans une architecture intégrant le design, la lumière naturelle et le développement durable.
  2. Une bibliothèque au-delà des livres (vidéo). Présentation de la Bibliothèque Charlesbourg à Québec.
  3. La place de la couleur dans les bibliothèques jeunesse (diaporama). Des exemples illustrant l’importance de la couleur dans  l’aménagement des espaces pour les jeunes en bibliothèque. Une présentation dans le cadre de la journée d’études intitulée « Enfants et jeunes en bibliothèque : regards européens » organisée le 15 novembre 2012 à l’ENSSIB en France.
  4. 10 Ways The Library Of The Future Will Be Different. L’article propose dix tendances qui vont marquer le futur des bibliothèques.
  5. Marketing Your Library. Entrevue avec Terry Kendrick, le gourou du marketing stratégique en bibliothèque, où il nous dévoile ses secrets pour réussir sa stratégie marketing.
  6. Le traitement des frontières dans l’organisation  des collections (diaporama). Présentation des différents espaces, avec photos et plans, de la Bibliothèque Marguerite Duras à Paris, dans le cadre de la journée d’études intitulée « Enfants et jeunes en bibliothèque : regards européens » organisée le 15 novembre 2012 à l’ENSSIB en France.

Pour aller plus loin :

Photo : Future bibliothèque Marc-Favreau. source : Ville de Montréal, crédit : Dan Hanganu Architectes

Mot(s)-clé(s) associé(s) à cet article :
nov - 2012 11

IMG_2076

  1. Le ministère de la Culture et des Communications et la Ville de Montréal annoncent des investissements majeurs à la bibliothèque de Pierrefonds. La bibliothèque de Pierrefonds (arrondissement Pierrefonds-Roxboro) fera l’objet de travaux majeurs incluant la rénovation complète du bâtiment existant ainsi qu’un agrandissement de 2 666 m2. Le projet vise la certification LEED Or et sera réalisé dans le cadre du Programme RAC (Rénovation, agrandissement et construction de bibliothèques) de la Ville de Montréal.
  2. Pierres vives, la médiathèque. Inaugurée en septembre 2012, la médiathèque Pierres vives à Montpellier (France) fait partie d’un chef d’oeuvre architectural signé Zaha Hadid. Cette médiathèque se veut un laboratoire et un lieu d’expérimentation dédié uniquement à la consultation sur place.
  3. Child Care Design & Technical Guideline (via Canadian Architect). La ville de Toronto vient de publier un guide sur l’aménagement des espaces pour enfants (en milieu de garde). Il contient des recommandations techniques ainsi que les meilleures pratiques pour créer des espaces sécuritaires, fonctionnels, flexibles et accessibles aux enfants. Une ressource intéressante pour toute personne impliquée dans la planification, la construction ou la rénovation d’espace pour enfants.
  4. Le fil rouge. La nouvelle bibliothèque centrale de Hjoerring, Danemark. Présentation des principales caractéristiques de la bibliothèque de Hjoerring au Danemark, un lieu d’expérience et de découverte, pensée comme un troisième lieu et inspirée des musées et des théâtres (congrès IFLA, 2009).
  5. Take a tour of the new Woking library . vidéo présentant la nouvelle bibliothèque de Surrey qui a subit une cure de rajeunissement : introduction du libre service, circulation améliorée, rayonnages bas, mobilier moderne et signalisation efficace.
  6. Teen Space Feature, Tacoma Public Library’s StoryLab. Story Lab est un laboratoire de création numérique destiné aux adolescents, à la Tacoma Public Library. Il offre les outils et les ressources nécessaires pour les aider à créer et à communiquer efficacement  leurs « histoires ».  Il permet d’écrire et d’enregistrer de la musique, de monter un film, un site web, illustrer des histoires et les animer ou développer leurs compétences en photographie.
  7. Reinventing spaces & places. Parmi les éléments à considérer pour réussir son aménagement de bibliothèque: impliquer la communauté et la flexibilité de l’espace, du mobilier, des installations et de la technologie.

Pour aller plus loin :

Photo : Pierres vives, médiathèque (Montpellier, France). Source: Flickr, licence : cc by-nc-sa 2.0

Mot(s)-clé(s) associé(s) à cet article :
oct - 2012 24

Social Media Information Overload

La veille, c’est quoi et pourquoi ?

Effectuer une veille régulière sur son environnement immédiat est le rêve de toute organisation, ces dernières justifient souvent leur incapacité à faire de la veille par le manque de ressources, de moyens et de temps.

Bien qu’elles soient conscientes de l’importance de la veille, peu d’organisations investissent dans un système de veille structuré et formel.

Comme le souligne bien Humbert LESCA, l’un des grands spécialistes de la veille, « s’il est naturel de s’interroger sur les coûts engendrés par la veille stratégique, il est tout aussi vital de s’interroger sur les coûts de la « non veille stratégique ».

Nous vivons dans un monde en constante évolution, marqué par l’incertitude, les mutations sociales, technologiques, politiques, économiques, etc. Personne n’avait prédit l’apparition et le succès planétaire des médias sociaux comme Facebook ou Twitter, ni leur immense pouvoir et nous ne savons pas quelle sera la prochaine révolution.

Dans un tel contexte, la veille est une nécessité, un impératif pour toute organisation qui veut assurer sa pérennité. Elle nous permet d’anticiper le changement, de repérer les opportunités et de détecter les menaces.

Nous avons besoin de « scanner », d’observer et de surveiller continuellement notre environnement immédiat : politique, économique, social, culturel, technologique, etc. d’identifier les pratiques innovantes, les tendances émergentes, de s’inspirer, d’évoluer et d’innover. La veille est aussi un outil d’aide à la décision, elle consiste à «Donner la bonne information à la bonne personne, au bon moment, pour prendre la bonne décision» Michael E. Porter.

François Jakobiak définit la veille comme « l’observation et l’analyse de l’environnement suivies de la diffusion bien ciblée des informations sélectionnées et traitées, utiles à la prise de décision stratégique ».

Plusieurs personnes ou organisations affirment faire de la veille, mais en fait, elles font juste de la recherche d’information, car la veille est un processus intellectuel qui va au-delà de la collecte d’information. La veille n’a de valeur que si l’information brute collectée est enrichie par des analyses et des synthèses puis diffusée et capitalisée dans le but d’alimenter et d’optimiser la prise de décision. L’absence de cette étape clé de traitement et d’enrichissement est capable de faire échouer tout processus de veille.

Pour réussir son projet de veille, il est essentiel de définir ses besoins, ses objectifs et ses priorités : pourquoi on veut faire de la veille ? Pour qui ? Pour quel usage ? Sous quelles formes ? La définition des besoins et des objectifs nous amène par la suite à identifier nos axes de veille, les thèmes et sous thèmes à surveiller, pour éviter de tomber dans l’infobésité et se concentrer sur nos objectifs. Avec la masse d’information produite à tous les jours, il est difficile d’être exhaustif et de couvrir tout ce qui est publié. Il faut prioriser, pour faciliter le travail de sélection, d’organisation et de stockage par la suite. Vouloir tout répertorier peut nous éloigner de nos objectifs initiaux et de nos priorités.

Une fois les axes de veille identifiés, l’étape suivante consiste à identifier les sources d’information les plus pertinentes pour chacun des axes.

Cycle de la veille

Pour une veille structurée et à valeur ajoutée, il est important de respecter les étapes suivantes :

  1. La collecte de l’information : la collecte se fait via les flux RSS, les alertes et des outils comme Google Actualités et Google News, les requêtes dans les principaux moteurs de recherche, les médias sociaux de type « professionnel » comme Twitter ou Linkedin. Lorsque le nombre de flux RSS est important, il est nécessaire d’avoir recours à un lecteur de flux comme Google Reader ou à un agrégateur comme Netvibes. Il est également important à cette étape de considérer le web invisible ou le web profond, qui comprend tout ce qui n’est pas facilement accessible via les moteurs de recherche classiques : bases de données commerciales, les sites internet ayant un moteur de recherche interne, etc. Le web invisible est beaucoup plus important, en termes de quantité, mais aussi de qualité, que le web visible, le  web de surface. Cette étape comprend également le tri, l’organisation et le stockage des informations collectées. Des outils de gestion de favoris comme Delicious sont tout à fait pertinents pour cette étape. Ils nous offrent la possibilité d’organiser nos favoris par « tag » ou mot-clé et de générer des listes dynamiques ou des webographies à partir de chacun des mots-clés attribués.
  2. L’analyse et le traitement : cette étape est cruciale et  consiste à transformer et à enrichir les informations brutes collectées, c’est la valeur ajoutée de la veille, de tirer profit de la masse d’information collectée. Elle consiste à analyser et à synthétiser l’information brute, à la rendre exploitable pour la prise de décision. Elle peut prendre la forme d’un dossier, d’un rapport, d’une synthèse ou tout simplement d’une liste de ressources organisées par thème et sous thèmes.
  3. La diffusion : consiste à transmettre et à partager les résultats de la veille. La diffusion doit être faite de façon régulière. Pour cela, il existe différentes formes ou produits de la veille : bulletins de veille, infolettres, billets de blogue, etc. L’intérêt de la veille réside dans le partage, faire profiter le maximum de personnes des résultats de la veille.
  4. La capitalisation : cette étape permet d’apprécier et de valoriser tout le processus de veille et particulièrement les résultats de la veille, c’est l’étape la plus longue, elle se fait progressivement et peut se traduire par la constitution d’une base de connaissances avec des outils comme les wikis. Capitaliser le savoir, les connaissances et les expertises est un travail de longue haleine, un processus complexe et exige une volonté collective de partage et de transfert des connaissances. Il s’agit du capital immatériel, des connaissances tacites. C’est une compétence « humaine » car il n’y a aucune technologie en ce moment qui permet d’extraire automatiquement les connaissances tacites et de les formaliser de façon matérielle, sur un support. La gestion des connaissances est donc un aspect important à considérer dans tout processus de veille.

L’évaluation de tout le processus de veille par rapport aux objectifs et besoins initiaux est également une étape importante. Elle permet de se réajuster, d’évoluer parce que les besoins, les sources d’information, les outils et la technologie évoluent constamment. On peut se servir des tableaux de bord pour réaliser cette étape. L’évaluation passe également par l’obtention de l’avis, la rétroaction du public cible de la veille, en comparant les réalisations de la veille aux besoins réels des équipes et en s’assurant de leur concordance.

Veille et innovation

Il y a un lien important à faire entre la veille et l’innovation. L’innovation (et non l’invention) vient souvent en s’inspirant des autres, de leurs expériences, des meilleures pratiques pour créer quelque chose de nouveau, améliorer un processus, un produit, un service, etc. Il ne peut pas y avoir d’innovation sans un système de veille structuré et efficace.

Olivier Soula, dans son article sur le rôle de la veille dans une démarche d’innovation cite l’approche du « degré d’originalité » développée par de D. Peltz et F. Munson, selon laquelle l’innovation passe également par l’adaptation et l’emprunt et non pas seulement par « l’origination ».  Selon l’auteur, « l’approche distingue l’innovation selon trois « degrés d’originalité » :

  1. L’«origination » : l’organisation développe une solution originale et inédite qui ne dépend en rien d’apport extérieur.
  2. L’adaptation : l’organisation adapte à sa propre situation une solution déjà connue.
  3. L’emprunt : l’organisation met en œuvre des solutions bien rodées qui nécessitent peu de changement dans le contenu de l’innovation. »

Pour explorer davantage le lien entre veille et innovation, voici une suggestion d’articles sur le sujet :

Rôle et limites de la technologie

Le web, est spécialement le web 2.0 a bouleversé les méthodes et les processus de veille. L’étape de la collecte de l’information est automatisée grâce aux alertes, aux flux RSS, aux agrégateurs et autres outils. Mais le travail de sélection, d’organisation, de synthèse et d’analyse est un travail intellectuel qui repose essentiellement sur des compétences humaines et aucun outil ou technologie ne peut remplacer ces compétences. L’humain est au cœur de toute stratégie de veille. C’est lui qui attribue de la valeur à l’information, en l’interprétant, l’analysant et la synthétisant, en la rendant exploitable pour la prise de décision.

Réussir la veille c’est éviter d’improviser, respecter toutes les étapes du cycle de la veille et aller au-delà de la collecte d’information.

L’étape de la réflexion est cruciale : une bonne analyse des besoins et une définition des objectifs est un gage de réussite de tout projet de veille. Improviser cette étape peut conduire à l’échec de tout le processus.

Une organisation innovante et intelligente est une organisation qui valorise ses ressources informationnelles et capitalise le savoir et les expertises de ses équipes, qui pratique une veille organisée, structurée et non une veille improvisée. La veille en tant qu’outil d’aide à la décision permet de fournir les informations pertinentes, de documenter la prise de décision et toute décision doit faire appel à la veille.

Pour aller plus loin

Photo: Information Overload, source: Flickr, galerie de Intersection Consulting, licence : CC BY-NC 2.0

Mot(s)-clé(s) associé(s) à cet article :
oct - 2012 04

On vous invite à relire la 1ère partie, 2e partie et 3e partie.

Et les catalogueurs eux ?

Il faut toutefois donner raison à M.Gorman dans un sens. Pour les catalogueurs on ne peut minimiser les impacts : il s’agit là d’un changement dramatique d’avec les anciennes façons de cataloguer :

  • Étonnamment une nouvelle «notice» selon les RDA peut être relativement semblable à l’ancienne à la condition de garder le même format d’encodage (MARC) et le même ISBD MAIS pour y arriver le chemin sera radicalement différent car :
  • La terminologie FRBR est totalement différente.
  • Certaines notions ne sont pas simples à définir et à distinguer : l’entité Expression par exemple ou le point exact où une première «œuvre» peut devenir une 2e «œuvre» et non pas une expression, etc.
  • La structure du code ne présente aucune ressemblance avec celle des AACR2 : les chapitres ne sont plus basés sur les formats et ensuite divisés en grandes zones ISBD mais sont basés sur les éléments de description (attributs) pour chaque entité FRBR. Les indications sur les formats sont toutes énumérées à l’intérieur de chaque chapitre selon l’entité décrite (voir plus bas).
  • RDA contient 10 sections, 27 chapitres et 13 annexes ; la table des matières à elle seule compte 113 pages et le texte complet, 1 754 pages !! C’est essentiellement un outil «online».
  • Les «attributs» sont présentés en blocs et exemples distincts sans la structure ISBD qui enchâssait les éléments de description les uns aux autres.
  • Comme l’indique très bien Mme Chris Oliver, «le modèle FRBR modifie l’objectif du processus du catalogage. L’objectif n’est plus fixé sur le catalogueur qui crée une seule notice, mais plutôt sur l‘utilisateur qui cherche la notice dans un contexte d’un vaste catalogue ou d’une vaste base de données»[i]. Voilà tout un programme pour nous les catalogueurs !!

Comparons simplement la structure des 2 codes pour «apprécier» le changement radical de l’approche :

STRUCTURE AACR2

Partie 1 – Description

  1. Généralités
  2. Livres, brochures et feuilles imprimées
  3. Documents cartographiques
  4. Manuscrits
  5. Imprimés musicaux
  6. Enregistrements sonores
  7. Films cinématographiques et enregistrements vidéo
  8. Documents iconiques
  9. Ressources électroniques
  10. Artéfacts et échantillons en 3 dimensions
  11. Microformes
  12. Ressources continues
  13. Analyse

Partie 2 – Vedettes, titres uniformes et renvois

  1. Choix des accès à la description des documents
  2. Vedettes de personne
  3. Vedettes géographiques
  4. Vedettes de collectivité
  5. Titres uniformes
  6. Renvois

STRUCTURE RDA

ATTRIBUTS

Section 1. Attributs des manifestations et des items

Section 2. Attributs des œuvres et des expressions

Section 3. Attributs des personnes, familles et collectivités

Section 4. Attributs des concepts, objets, événements et lieux

RELATIONS

Section 5. Relations primaires entre œuvre, expression, manifestation et item

Section 6. Relations aux personnes, familles et collectivités associées à        une ressource.

Section 7. Relations aux concepts, objets, événements et lieux

Section 8. Relations entre œuvres, expressions, manifestations et items.

Section 9. Relations entre personnes, familles et collectivités

Section 10. Relations entre concepts, objets, événements et lieux

Ce qui saute aux yeux (et qui est «troublant» pour tout catalogueur) est le fait que la structure de la nouvelle norme  n’est plus divisée en genres de documents bien distincts mais plutôt en attributs et relations !! Le but poursuivi est «to simplify the cataloguing process. Rather than provide a number of specialized chapters that deal with particular categories of materials RDA will attempt to present a single set of instructions capable of describing any type of information resource. It will no longer matter if the resource is a book, a podcast or some as yet to be invented information resource. RDA will provide the necessary guidelines and instructions to record the attributes and relationships that represent the content of the information resource».[ii]

De plus toute la terminologie habituelle change. Ainsi on ne parle plus :

  • de vedette mais de point d’accès autorisé pour une oeuvre
  • de recueil mais de compilation
  • de renvoi mais de variante de nom
  • de titre uniforme mais de point d’accès autorisé pour une œuvre ou une expression
  • de vedette secondaire mais de variante de point d’accès
  • de vedette principale mais de point d’accès préféré
  • d’inscrire un ISBN mais d’inscrire un identificateur de la manifestation

Autre changement significatif : les RDA remplacent les IGGD (Indication Générale du Genre de Document qui sont les mentions entre parenthèses à la fin du titre comme [enregistrement sonore]) et les classes de documents par un nouveau cadre qui comporte trois éléments : type de contenu, type de média et type de support. «L’information que les IGGD communiquaient était de l’information utile. De plus, la visibilité des IGGD agissait comme un signe d’avertissement précoce pour aider l’utilisateur à distinguer les ressources les plus appropriées. Le problème avec les IGGD était l’incohérence de la catégorisation»[iii] puisqu’on y mêle les types de média (ex. : [microforme]) avec les types de contenus (ex. : [musique]). Le codage des 3 nouveaux éléments est déjà prévu en MARC 21 sous les nouvelles zones 336 (Type de contenu), 337 (Type de média) et 338 (Type de support). Cela permettra une granularité rendue nécessaire par le besoin de bien distinguer les contenus des supports et de les attribuer aux bons types d’entité. L’étude exhaustive de Chris Oliver (citée plus haut) sur la description des ressources de différents formats dans RDA donne un éclairage très lumineux sur ce problème particulier.

Pour nous aider à faire la transition, l’organisme responsable de la mise en œuvre des RDA, le Joint Steering Committee for Development of RDA (JSC)

(constitué de représentants du Comité canadien de catalogage, de l’American Library Association, du Chartered Institute of Library and Information Professionals (Royaume-Uni), de l’Australian Committee on Cataloguing, de la British Library et de la Library of Congress) offre la possibilité (moyennant «quelques» $$$) d’utiliser le RDA Toolkit.

Cette boîte à outils offre les instructions RDA en ligne avec une multitude de liens, des diagrammes de flux, des exemples de notices en AACR2 vs RDA, le texte complet des AACR2 en lien avec les RDA, etc.

C’est pour quand ?

La Library of Congress a annoncé officiellement qu’elle allait implanter et utiliser RDA à partir du 31 mars 2013. Les autres bibliothèques nationales impliquées dans le projet (Canada, Grande-Bretagne, Allemagne et Australie) feront de même vers la même date. Bibliothèques et Archives nationales du Québec prévoit implanter la norme RDA au courant de 2013. Bien sûr une traduction française est en cours et devra être terminée avant l’utilisation de la nouvelle norme.

De plus, «afin de permettre la création et l’échange de données RDA, les fournisseurs de systèmes intégrés de gestion de bibliothèque devront d’abord apporter des changements à la structure MARC 21 de leur catalogue. Les index devront également être modifiés afin de permettre la recherche et éventuellement l’affichage des nouveaux éléments de données.

À terme, les catalogues d’accès public seront aussi amenés à évoluer afin de tirer pleinement profit des données créées au moyen de la norme RDA et d’offrir aux utilisateurs une présentation plus intégrée des données.

En général, la conversion des notices existantes ne sera pas nécessaire puisque les notices créées au moyen de la norme RDA pourront cohabiter avec les notices créées selon le RCAA2.»[iv]

Le défi est de taille : il faut mettre en conjonction tous les éléments impliqués (les fournisseurs de systèmes, les outils de travail, les nouveaux concepts, les anciens catalogues, le format de présentation, les techniciens en documentation et les bibliothécaires, etc.) afin d’offrir un produit qui sera une véritable amélioration par rapport à ce qui existe présentement. Les questions sont présentement nombreuses, à commencer par celle fondamentale : ça devrait aller pour la description (les attributs) des entités bibliographiques (moyennant une sérieuse gymnastique intellectuelle J) mais pour bien établir les relations DANS les notices OU entre les notices à venir afin de tirer profit de ce riche cadre théorique et l’illustrer de façon conviviale dans les nouveaux OPAC, voilà où les réponses sont présentement partielles et à venir …


[i] Oliver, Chris. FRBR et RDA : Progrès dans la description des ressources de divers formats, Mars 2009, p.107 http://www.collectionscanada.gc.ca/obj/005002/f2/005002-2200-f.pdf

[ii] Knight, Tim. Cataloguing rules! The road to RDA. p.4.

http://pi.library.yorku.ca/dspace/bitstream/handle/10315/2550/RDA_TALL_2009_final.pdf?sequence=1

[iii] Oliver, Chris. FRBR et RDA : Progrès dans la description des ressources de divers formats, Mars 2009, p.63. http://www.collectionscanada.gc.ca/obj/005002/f2/005002-2200-f.pdf

[iv] Service Québécois de Traitement Documentaire. RDA-Questions et réponseshttp://sqtd.banq.qc.ca/faq/faq-rda.dot

Mot(s)-clé(s) associé(s) à cet article :
oct - 2012 03

(Voir la 1ère et 2e partie)

Peut-on dès maintenant appliquer les «bienfaits» de ce modèle relationnel dans les catalogues de nos bibliothèques ?

OCLC a rapidement sauté dans le train qui se mettait en marche : de nombreuses études et des projets pilotes sur leur propre base de données ont pavé la voie. Leur catalogue WorldCat en est un exemple partiel. Leur approche consiste à regrouper dynamiquement les notices d’une même oeuvre selon des algorithmes basés sur les ISBN: par exemple le FictionFinder est un prototype qui illustre bien l’application des principes des FRBR pour aggréger l’information bibliographique au niveau des manifestations. Dans ce projet les «records are clustered into works using the OCLC FRBR Work-Set Algorithm. The algorithm collects bibliographic records into groups based on author and title information from bibliographic and authority records. Author names and titles are normalized to construct a key. All records with the same key are grouped together in a work set»[i]. Ce projet est toutefois présentement en «rénovation». L’expérience d’OCLC dans ce domaine leur permet de proposer aux bibliothèques un service Web appelé xISBN (qui utilise l’algorithme développé) et qui permettra aux bibliothèques de faire automatiquement les liens dans leur propre catalogue.

La Library of Congress a également conçu un outil permettant un regroupement des notices bibliographiques au niveau de l’œuvre et de l’expression. En effet, le FRBR Display Tool «sorts and arranges bibliographic records using the FRBR model. It then generates useful hierarchical displays of these record sets containing works that consist of multiple expressions and manifestations …the tool is very flexible …written in XSLT»[ii]

    Exemple dans FictionFinder

FictionFinder

Une autre approche intéressante est celle des Bibliothèques de l’Université catholique de Louvain qui offrent un très joli exemple des possibilités d’utilisation des FRBR : on y distingue clairement les niveaux des 4 entités bibliographiques du groupe 1 inter-reliées:

Exemple-FRBR-Bibliotheques-Universite-catholique-Louvain

Ce sont là 2 exemples de FRBRisation (on prononce F R Brisation) i.e. le processus pour rechercher et dégager les entités FRBR à partir des notices cataloguées antérieurement et encodées selon d’autres schémas d’encodage, dans le cas qui nous occupe les notices cataloguées en AACR2 et encodées en MARC 21. Cette application demeure partielle mais dans la mesure où les données seront éventuellement enregistrées conformément à RDA, les résultats devraient être prometteurs.

On pourrait même évoquer la possibilité de placer des réservations pour les usagers au niveau de l’expression plutôt que de la manifestation comme maintenant : le titre voulu (peu importe l’édition) pourrait être obtenu beaucoup plus rapidement!!

On peut toutefois se demander, avec justesse, comme certains l’ont soulevé, si ce nouveau modèle n’est pas trop «performant» : le modèle semble très satisfaisant pour les oeuvres abondamment déclinées/éditées …mais excessivement détaillé pour les autres … auxquelles il peut néanmoins s’appliquer !! Ainsi les œuvres de fiction (surtout les «classiques») et les œuvres musicales profiteront pleinement des possibilités du modèle mais la majorité des titres, beaucoup moins. Comme dans tous les domaines, le principe de Pareto (ou la loi des 80/20) s’appliquera !! En effet, selon un estimé de Worldcat sur leur propre base de données de 40 millions de titres, environ 80% des notices bibliographiques n’ont qu’une seule manifestation par «œuvre» . Ce qui n’empêchera naturellement pas de profiter des autres avantages du nouveau code tels que décrits plus haut …

Certains prétendent même que  «RDA (are) the coming cataloguing debacle» !! En effet selon M. Michael Gorman, «this is the witche’s brew of ignorance, neophilia, and the exaltation of theory over practice that given birth to the draft Resource Description and Access». Selon M. Gorman, il n’existe aucune raison d’abandonner la structure des chapitres des AACR2 selon les différents genres de document et de ne plus utiliser systématiquement les ISBD qui sont acceptées à travers le monde. De plus, à son sens, les RDA sont un désastre éditorial et les instructions de cette norme «display a massive confusion». Et c’est signé M. Michael Gorman, University Librarian Emeritus, First editor, Anglo-American Cataloguing Rules, Second Edition 1978-1988.

Demain, dans la dernière partie : Les catalogueurs et les RDA.


[i] OCLC. FictionFinder : A FRBR-based prototype for fiction in WorldCat. http://www.oclc.org/research/activities/fictionfinder/default.htm

[ii]Library of Congress. Network Development and MARC standards Office. FRBR Display Tool Version  2.0. http://www.loc.gov/marc/marc-functional-analysis/tool.html

Mot(s)-clé(s) associé(s) à cet article :
oct - 2012 02

(Lire la 1ère partie)

Comment ça marche ?

«En gros, les FRBR organisent les différentes composantes de la description bibliographique (les autorités, les accès sujet et les informations physiques sur le document proprement dites) en trois groupes d’entités reliées ensemble par des relations.

Le 1er groupe d’entités regroupe tout ce qui concerne les documents et leurs différentes versions. Ces entités sont (de la plus abstraite à la plus concrète)»[i] :

  • Œuvre : une création intellectuelle ou artistique déterminée (par exemple : Germinal (dans la tête !) d’Émile Zola).
  • Expression : une réalisation de cette création intellectuelle (par exemple, la traduction anglaise de Germinal par Roger Pearson ou même le texte manuscrit original de l’œuvre !).
  • Manifestation : la matérialisation d’une expression (par exemple, la traduction anglaise de Germinal par Roger Pearson et publié chez Penguin Books en 2004 qui porte le ISBN 0140447423). La manifestation est, en gros, ce qui correspond le plus aux notices bibliographiques actuelles dans nos catalogues.
  • Item (ou Document) : un exemplaire précis d’une manifestation (par exemple celui qui porte le code barres 30010003948828 à la Bibliothèque de Saint-Laurent).

Ainsi :

Œuvre (une création intellectuelle déterminée)

trouve sa réalisation dans

Expression (la réalisation intellectuelle  d’une œuvre)

se concrétise dans

Manifestation (la réalisation physique de l’expression d’une œuvre)

est représenté par

Item (un exemplaire précis d’une manifestation)

Ce que permettra éventuellement l’application pratique de ce concept, c’est une navigation beaucoup moins linéaire, des résultats de recherche moins énumératifs et hétéroclites soutenus par des menus qui livreront une vision d’ensemble d’une œuvre et les relations qui se tissent entre cette œuvre et ses manifestations concrètes.

Le second groupe d’entités correspond aux «autorités» : personnes, collectivités (dont familles).

Le troisième groupe regroupe des entités qui sont le «sujet» de l’œuvre : concept, objets, lieux et événements.

noname

Nous avons donc 10 entités distinctes (les 10 rectangles) divisées en 3 groupes. Les relations entre les groupes sont indiquées par les flèches. Chaque entité possède aussi ses attributs ou caractéristiques :

FRBR-groupe-1
FRBR-groupe-2-et-groupe-3

Pour «illustrer» les différentes entités du groupe 1, pourquoi pas Dracula ? :

Ces entités et les relations qu’elles établissent entre elles tendent à répondre aux 4 grands besoins des utilisateurs :

Trouver les ressources qui correspondent aux critères de recherche

(je cherche le titre Robinson Crusoë) —» Oeuvre

Identifier une ressource qui correspond à celle recherchée

(je veux une traduction française et non le texte original) —» Expression

Choisir une ressource qui soit en adéquation avec ses besoins

(en format de poche si possible ex. : Folio) —» Manifestation

Obtenir la ressource décrite

(je vais aller emprunter l’exemplaire de Saint-Michel, c’est tout près)—» Item

Les FRBR créent une structure de base pour satisfaire à ces besoins en proposant la possibilité de collationner les documents au niveau des œuvres et expressions.

Exemples :

  • Relier ensemble les différentes éditions, traductions et formats d’une œuvre
  • Relier les cotes et vedettes-matière aux «notices» de l’œuvre ou de l’expression et ainsi éviter la répétition de l’information dans les notices bibliographiques (voir schéma ci-dessus la relation possible entre Groupe 3 et Groupe 1)
  • Relier entre eux les fichiers d’autorité à l’échelle mondiale et reconnaître ainsi le besoin de l’utilisateur de lire les vedettes dans sa langue (utile quand on sait que la forme acceptée ici de l’autorité pour l’Orchestre national de Vienne est plutôt Niederösterreichisches Tonkünstlerorchester!!). À cet égard le projet de VIAF (Virtual International Authority File/Fichier d’autorité
  • international virtuel) offre des perspectives intéressantes.

Il faut bien voir que les AACR2 ne sont pas pour autant jetées par-dessus bord, de même que le format MARC. RDA reprend les points forts des AACR2 au niveau de la logique mais laisse de côté ses aspects parfois arbitraires (la fameuse règle de trois), sa terminologie parfois désuète, ses limitations au niveau du nombre d’accès (fiches obligent !!), son manque de convivialité (abréviations latines et autres) et ses règles parfois un peu … absconses. Les anciennes notices seront compatibles avec les nouvelles et le format MARC pourra tout à fait s’y intégrer. Les RDA étant une norme de contenu et non d’encodage, la possibilité de s’ouvrir éventuellement à plusieurs formats d’encodage ou normes de métadonnées est implicite: MARC, Dublin Core, MODS (Metadata Object Description Schema), ONIX (ONline Information eXchange : format d’échange entre éditeurs) etc. et ainsi permettre d’intégrer les notices bibliographiques des bibliothèques à celles produites par d’autres communautés de métadonnées, et aller au-delà des catalogues des bibliothèques dans l’environnement numérique commun.

De plus, nous pouvons remarquer que la traditionnelle notion de «titre uniforme[iii]» n’est pas très loin de la notion FRBR d’«œuvre»!. D’ailleurs très récemment, «dans une perspective de FRBRisation de ses catalogues, la Bibliothèque Nationale française (BnF) a engagé une réflexion sur les accès titres uniformes de différents types d’œuvre»[iv]

Demain dans la 3e partie : RDA et la FRBRisation des catalogues.


[i] Manue. Les FRBR, qu’est ce que c’est ? http://www.figoblog.org/document594.php

[ii] Peponakis, Manolis; Sfakakis, Michalis; Kapidakis, Sarantos. FRBRisation : utiliser les zones de lien UNIMARC pour identifier les Œuvres. p.2. http://conference.ifla.org/past/ifla77/187-peponakis-fr.pdf,

[iii] «Titre conventionnel collectif qui sert à regrouper les publications d’un auteur, d’un compositeur ou d’une collectivité, lesquelles comportent plusieurs oeuvres ou des extraits, etc., de plusieurs œuvres…» RCAA, Éditions ASTED, 2000, p. 786.

[iv] Bibliothèque Nationale de France. Catalogage et indexation. http://www.bnf.fr/fr/professionnels/catalogage_indexation.html

Mot(s)-clé(s) associé(s) à cet article :
oct - 2012 01

cataloging the lost art«… à la même heure, sur les mêmes livres, avec les mêmes règles, quelques centaines de bibliothécaires tirent la même langue. » Armand Lapalus

Tapez RDA dans le moteur de recherche de Messieurs Page et Brin : juste après feu la République Démocratique Allemande mais bien avant le Riding for the Disabled Association au Royaume-Uni, les Ressources : Description et Accès ont «monté» en pertinence régulièrement depuis les dernières années. Cependant dans le domaine relativement stable et conservateur du catalogage et de ses règles, il n’y en a présentement que pour ce nouveau phénomène. RDA est la nouvelle norme de catalogage destinée à remplacer dès 2013 nos bonnes vieilles Règles de Catalogage Anglo-Américaines 2e édition/Anglo-American Cataloguing Rules 2nd ed. (RCAA2/AACR2).

Petite histoire du catalogage

Toutefois, ce RDA est dans l’air depuis de très nombreuses années. Mais reprenons au début, enfin presque. L’année 1967 est mémorable à plus d’un titre : le métro fait ses premiers allers-retours sous la métropole et l’Expo 67 braque les feux du monde entier sur Montréal. Mais dans le domaine des bibliothèques, la parution des AACR (Anglo-American Cataloguing Rules) sous des textes distincts aux États-Unis et en Grande-Bretagne  marque une étape importante dans le domaine du catalogage. Ce texte de règles précises est sous tendue par les grands principes du catalogage avec le document «en main» et l’établissement du concept de «source principale d’information».

L’année suivante marque aussi une étape importante pour le catalogage : en effet en 1968 le codage des informations bibliographiques en format MARC (MAchine Readable Cataloging), un format d’encodage et de communication, permettra de transmettre et de recevoir plus facilement les notices en format lisible par machine.

Une 2e édition des AACR en 1978 unifie les 2 publications anglophones et les rend compatibles avec les règles de l’ISBD (International Standard Book Description) utilisées encore aujourd’hui pour consigner les éléments descriptifs fondamentaux selon un ordre précis et une ponctuation définie : bahh … ces catalogueurs avec leurs espaces, leurs points et leurs virgules !! Mais ne négligeons pas les immenses bénéfices d’une normalisation de la présentation des notices bibliographiques.

Bien sûr avant cela, Sir Anthony Panizzi du British Museum (le «Keeper of Printed Books») avait publié en 1841 ses «91 Rules for the Compilation of the Catalogue» qui illustrent une brillante (et controversée) idée à l’époque : plutôt que de constituer un simple inventaire des titres de la bibliothèque du British Museum, faire plutôt un catalogue qui serve de guide pour accéder aux ressources de la bibliothèque en uniformisant les formes d’auteurs et en donnant des accès sujet !! Ensuite M. Charles Ammi Cutter (oui oui … l’inventeur des … chiffres Cutter !!) publie en 1876 ses «Rules for a Printed Dictionary Catalogue». Dans l’introduction de son célèbre texte, Cutter «explains, in some of the most quoted words in library history, what a catalog is for and how it should work.

Objects

1. To enable a person to find a book of which either

(A) the author is known

(B) the title is known

(C) the subject is known

2. To show what a library has

(D) by a given author

(E) on a given subject

(F) in a given kind of literature.

3. To assist in the choice of a book

(G) as to its edition (bibliographically).

(H) as to its character (literary or topical).

Means

1. Author-entry with the necessary references (for A and D).

2. Title-entry or title-reference (for B).

3. Subject-entry, cross-references, and classed subject table (for C and E).

4. Form-entry and language-entry (for F).

5. Giving edition and imprint, with notes when necessary (for G).

6. Notes (for H).»[i]

Ce programme servira de base à toute la théorie du catalogage actuel (avec les AACR) et contient déjà, en germe, les notions «d’objets» et de «relations» à établir entre eux pour mieux satisfaire les besoins des usagers de l’information.

Pour une vision détaillée de ces importantes étapes et leurs rapports avec une notion aussi moderne que les RDA, la lecture de cette [très] intéressante histoire est suggérée de même que ce clair survol.

En 1978, donc, les RCAA2 sont publiées : elles offrent un standard robuste qui pourra aussi s’adapter à la description éventuelle de nouveaux types de documents audio-visuels alias les «non-books» ; elles intègrent les grands principes de catalogage internationaux (Les principes de Paris) et offrent une meilleure cohérence par rapport aux codes précédents.

Toutefois il est important de réaliser que «the heart and soul of the Anglo-American Cataloguing Rules is the book. Books with a title and a statement of responsability clearly displayed on the chief’s source of information : which on the book is the title page. A book will usually have a straight-forward title, a clearly stated statement of responsibility (i.e. an author or two), a familiar publisher, with standard paging, perhaps some illustrations, bibliographic references, etc. This is what AACR was designed to describe and it does it well»[ii]

Ainsi le traitement des «non-books» se fait toujours à travers la lentille des livres. Mais ce ne sont pas des livres! : où est la page de titre et où est le titre ? Sur un DVD, doit-on le chercher sur la jaquette, sur l’étiquette du disque lui-même, sur l’écran puisque le document est essentiellement visuel ?? Sur un CD, le trouve-t-on sur le livret, le dos, l’étiquette ? Et s’il varie d’un endroit à l’autre ?

Il ne faut aussi pas perdre de vue le contexte de l’époque : les petites fiches 3 X 5 sont de mise comme supports des notices bibliographiques, elles sont insérées dans des tiroirs et des meubles qui occupent des murs complets. Ici à la Bibliothèque de Montréal, les techniciennes devaient consacrer une journée semaine simplement pour les classer et on ne parle pas des lourdes conséquences à corriger une simple faute d’orthographe sur une fiche dont on dactylographie des dizaines de copies qu’on doit ensuite remplacer !!

Pendant ce temps, les OPAC proposent leurs premiers affichages à l’Ohio State University (1975) et à la Dallas Public Library (1978) ; on est toutefois loin des interfaces graphiques qui n’apparaîtront que vers le début des années 1990. Les premiers OPAC sont en mode caractère, sur un terminal dédié ou sur Telnet, confinés dans une seule bibliothèque et reproduisent fidèlement les fiches de catalogues qu’elles ont l’intention de remplacer!

Des mises à jour successives en 1988, 1998 et 2002 donnent aux RCAA2 plus d’actualité mais ces mises à jour demeurent «réactives» : elles interviennent après-coup afin de régler les problèmes posés par l’apparition de nouvelles ressources et même de nouvelles réalités. De plus en plus le besoin se fait sentir d’examiner mieux les principes sous-jacents aux Règles, d’évaluer les nouveaux types de média, les ressources numériques et l’évolution des technologies dans l’environnement Web. On se rend bien compte que la division des chapitres des RCAA2 en genres particuliers de documents (chapitre 5 Musique, chapitre 6 Enregistrement sonore, etc.) amène des incohérences dans l’application des règles notamment quand un nouveau type de document présente des caractéristiques propres à plusieurs chapitres. Par exemple, les ressources électroniques à distance qui exigent  l’utilisation du chapitre 9 (ressources électroniques) et de n’importe quel des chapitres précédents selon le contenu principal de la ressource : texte, carte, enregistrement sonore ou vidéo, etc.

Ce problème du contenu par rapport au support reste une des grandes faiblesses des RCAA2 ; ainsi RCAA2 propose de décrire comme un «ensemble multi-supports» un document constitué de divers genres de supports sans composante prédominante alors que la Library of Congress ne retient aucunement cette notion en indiquant que le catalogueur doit choisir une composante comme étant prédominante et traiter le(s) autre(s) comme matériel d’accompagnement. Aucune notice américaine (Library of Congress) n’est traitée en notice d’ensemble multi-support («kit») alors qu’au Canada si ; pourtant nous utilisons le même code de catalogage !!

L’absence de cadre théorique comme source de référence lorsque confronté à l’inondation d’information plombe aussi sérieusement le recours aux AACR2 qui présentent des règles claires mais parfois peu adaptables aux nouvelles réalités numériques ou autres.

Il est donc temps semble-t-il de passer et de penser à autre chose car

«Today things are vastly more complicated:

  • Cataloging costs money and takes time. Sharing cataloging records will save both, if everyone can agree on how to catalog things the same way.
  • Electronic resources (on computers) are hard to catalog and manage, and not always easy to make available.
  • Everything comes in many formats, and they’re hard to catalog, manage, and make available, too.
  • There’s more of everything.
  • Technology is changing how libraries work, what they have in their collections, and what users need and expect.»[iii]

Une meilleure compréhension et vision de l’organisation de l’information est maintenant nécessaire. Dès le début des années 90, l’IFLA (International Federation of Library Associations) publie des documents importants qui influenceront l’avenir des AACR2. En 1991 un groupe d’experts formé par cette fédération est mandaté pour définir, a priori, les «Functional Requirements for Bibliographic Records» (FRBR) ou «Spécifications Fonctionnelles des Notices Bibliographiques» «en prenant en compte les différents supports, les différentes utilisations, et les différents besoins des utilisateurs. L’étude devra balayer la totalité des fonctions assignées à la notice bibliographique dans l’acceptation la plus large du terme, à savoir une notice qui ne se limite pas à des éléments descriptifs, mais qui contient également des éléments d’accès (noms, titres, sujets, etc.), d’autres éléments structurants (classification, etc.) et des notes»[iv]. On veut donc parvenir à une modélisation des informations contenues dans les notices bibliographiques et des relations qu’entretiennent ces informations.

Ce groupe travaille durant 6 ans, fait appel à des experts dans tous les domaines afférents (chercheurs, éditeurs, bibliothécaires, concepteurs de systèmes documentaires, libraires, utilisateurs d’information de toute sorte) et publie en 1998 son rapport final.

Ce modèle est construit selon la méthodologie dite «entité-relation» très utilisée dans la constitution des bases de données relationnelles. Ce modèle compte trois composantes fondamentales:

  • entités
  • attributs des entités
  • relations entre les entités.

Dans la même foulée seront aussi publiées en 2009, les FRAD (Functional Requirements for Authority Data / Fonctionnalités requises des données d’autorité) qui s’appuient sur des principes semblables aux FRBR mais appliquées aux données d’autorité.

Le Joint Steering Committee for Revison on AACR2 (JSC) qui s’occupe depuis plusieurs années déjà des mises à jour ponctuelle des AACR2 (1988, 1998, 2002, 2005) recrute en 2003 M. Tom Delsey, un canadien, comme rédacteur en chef et responsable intellectuel d’une révision de plus grande ampleur des AACR2 afin de passer aux AACR3. Et ce M. Delsey est … le rédacteur principal des FRBR !

Les AACR3 ne verront cependant pas le jour car «un premier projet de texte a été soumis à l’examen des associations professionnelles et des institutions du monde entier en décembre 2004. Ce premier projet a suscité de très vives critiques, qui ont montré qu’une révision encore plus profonde des AACR était attendue. En avril 2005, le JSC a donc annoncé le lancement d’un chantier plus vaste et la préparation d’un code de catalogage entièrement renouvelé qui ne porterait plus le même nom. Les AACR, apparus en 1967, cesseront d’exister sous cette appellation et laisseront la place au nouveau code intitulé : Resource Description and Access (RDA).»[v]

À lui seul, le nom du nouveau code annonce ses couleurs :

  • exit le «Anglo-American» : le code se veut international dans sa (ses) langue(s) et sa visée.
  • exit le «cataloguing» : la description des ressources est commune à toute la communauté qui s’occupe d’information, pas uniquement les bibliothèques.
  • exit les «rules» : les règles rigides font place à des directives basées sur un cadre théorique ayant une plus large applicabilité et centré sur l’utilisateur.
  • même le ISBD en prend pour son rhume : en annexe (facultative) seulement des RDA, on trouve les indications sur la présentation des données. L’accent est mis sur l’information requise pour décrire une ressource et non sur la manière de présenter cette ressource.

Mais surtout ce nouveau code a aussi son fondement théorique celui-là même qui faisait cruellement défaut aux AACR et AACR2 ; en l’occurrence il s’agit des «FRBR» publié sept ans auparavant, en 1998 et celui des FRAD quelques années plus tard. Il s’agit là d’une «Radically Different Approach»[vi]

Demain, la 2e partie : Comment fonctionne les RDA.


[i] Denton, William. FRBR and the history of cataloging. p.40 http://pi.library.yorku.ca/dspace/bitstream/handle/10315/1250/denton-frbr-and-the-history-of-cataloging.pdf?sequence=1

[ii] Knight, Tim. Cataloging rules! The road to RDA. p.2 http://pi.library.yorku.ca/dspace/bitstream/handle/10315/2550/RDA_TALL_2009_final.pdf?sequence=1

[iii] Denton, William. FRBR and the history of cataloging. p.50 http://pi.library.yorku.ca/dspace/bitstream/handle/10315/1250/denton-frbr-and-the-history-of-cataloging.pdf?sequence=1,

[iv] Fédération internationale des associations de bibliothécaires et des bibliothèques. Fonctionnalités requises des notices bibliographiques. p.7. http://www.bnf.fr/documents/frbr_rapport_final.pdf,

[v] Bibliothèque Nationale de France. Ressources : Description et accès (RDA). http://www.bnf.fr/fr/professionnels/rda/s.rda_origines.html

[vi] Oliver, Chris. FRBR et RDA : Progrès dans la description des ressources de divers formats, Mars 2009, p.58. http://www.collectionscanada.gc.ca/obj/005002/f2/005002-2200-f.pdf

Mot(s)-clé(s) associé(s) à cet article :