juin - 2016 21
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Trouvé ici. CC BY-NC-ND 4.0

  • Future bibliothèque de Caen (France). Une nouvelle bibliothèque de presque 5000 m2 et 582 000 documents, et avec comme objectif d’atteindre 1 000 000 de documents. On est loin, très loin de la bibliothèque tiers lieu, où l’espace prime sur la collection. À suivre.
  • FabLabs, tiers-lieux, hackerspaces, makerspaces, espaces de coworking… Comment s’y retrouver? Ces termes commencent à nous être familiers, mais voici une typologie qui permettra de les différencier, de savoir de quoi on parle exactement. Et puis, « ces espaces s’inscrivent dans une même démarche : favoriser la rencontre et l’échange entre personnes, intérêts et compétences, qui n’ont pas forcément vocation à se croiser. De ce point de vue, ces lieux participent à  renforcer la cohésion sociale. » N’est-on pas en train de parler de la bibliothèque publique?
  • Poker créatif des bibliothèques. Un jeu de l’Institut des Futurs souhaitables qu’un groupe de bibliothécaires et autres curieux de l’innovation a adapté au monde des bibliothèques. C’est un jeu de carte dont le but est de favoriser la créativité en équipe en associant objets et adjectifs. Simple, matériel libre disponible gratuitement ici, durée du jeu variable (courte ou longue), un mini biblioremix facile à mettre en place. N’hésitez pas à le tester en bibliothèque avec vos équipes. Et racontez-nous!
  • À l’autre bout de la planète, on discute aussi bibliothèques au Southern African Online Information Meeting 2016. On y parle de ce qui définit les bibliothèques, de leurs objectifs et de comment y parvenir (en faisant certaines choses, mais peut-être en arrêtant d’en faire d’autres?), de ne plus nous identifier à une collection, mais plutôt à un espace (tout en en sortant!), et que les bibliothèques sont des « engines of hope and kindness ».
juin - 2016 02

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Les 26 et 27 mai dernier, avait lieu à Montréal la deuxième édition du Rendez-vous des bibliothèques publiques du Québec. Deux jours de conférences, un atelier, des rencontres, des retrouvailles, un conservateur de Paris, un directeur de la Bibliothèque de Los Angeles, et bien plus encore, étaient au programme. Tout cela avec l’idée de faire les pleins feux sur nos bibliothèques.

 

Le thème de ce Rendez-vous était plus large que celui de l’année passée (la littératie sous toutes ses formes), ce qui a permis d’inviter des conférenciers provenant de milieux très variés venus présenter des sujets très différents les uns des autres. Nous sommes ainsi passés du marketing, un mot qui est revenu souvent au cours de ces deux journées, aux Ruches d’art, de l’approche design à l’animation de sa page Facebook, ou encore de l’idée de marque à Wikipédia.

La conférence d’ouverture n’était pas assurée par quelqu’un du milieu des bibliothèques, une tradition, semble-t-il, puisque l’année dernière c’était l’économiste Ianik Marcil qui lançait les festivités, et c’est tant mieux.  Ce fut donc Pierre Balloffet, entre autres professeur agrégé de HEC Montréal, qui ouvrit le bal, et les esprits.

 

Pierre Balloffet était là pour nous parler de marque.  Et de l’artiste chinois Liu Bolin. Marque et bibliothèques ? Voilà un mot qui ne fait pas partie de notre vocabulaire quotidien. Et pourtant. Travailler une marque revient à travailler l’image que nous voulons donner de notre organisation, et cette image est une prise de position dans le monde de surabondance qu’est le nôtre. Elle nous permet d’apparaître. La marque est un outil pour se transformer, tisser du lien, avoir un impact sur la communauté. Elle se construit d’ailleurs avec cette dernière, à un niveau local pour un impact plus fort. Comment ? Pierre Balloffet n’a pas vraiment de réponse à nous donner, plutôt une liste de questions.

Que faisons-nous?

Quel rôle jouons-nous?

Qu’est-ce qu’on attend de nous?

Comment le faisons-nous?

Pourquoi le faisons-nous?

Quelles sont nos valeurs? Notre contribution?

Y répondre permettrait de réfléchir à cette idée de marque et de trouver l’image qui nous correspond, mais ces questions finalement fondamentales permettent tout simplement de nous positionner clairement dans la société.

 

De Nathalie Courville, spécialiste en marketing culturel et évènementiel, nous avons retenu que les partenariats ou commandites peuvent parfois être surprenants et inattendus. Ainsi, le Centre d’art Diane-Dufresne de Repentigny a comme partenaire le salon funéraire voisin, Memoria. Il suffit parfois de regarder de l’autre côté de la rue pour trouver un partenaire.

 

Claude Ayerdi-Martin, bibliothécaire dans le réseau des bibliothèques de la ville de Montréal, nous a parlé de trois projets sur lesquels elle travaille. Partenariats, commandites, collaborations? Tout cela en même temps! D’une façon très concrète et très sincère, Claude Ayerdi-Martin nous rappelle quelques défis des partenariats auxquels nous faisons tous face dans nos institutions. En vrac : ne pas se surestimer, mais surtout, peut-être plus dans nos habitudes, ne pas se sous-estimer. L’aptitude à se renouveler, l’équilibre à trouver dans la croissance de deux organisations qui sont en partenariat, ne pas perdre de vue sa mission et ses objectifs, ne pas accepter tous les partenariats qui semblent excitants et merveilleux, ne pas oublier le temps que l’on investit dans de telles entreprises…

L’exemple du Festival Montréal joue en est un d’envergure et de belle réussite !

 

Un petit saut de l’autre côté de l’Atlantique, et Romain Gaillard, conservateur de la Médiathèque de la Canopée, nous raconte la mise en place pas évidente de ce nouvel équipement culturel au cœur de Paris, et comment il a réussi à inverser l’opinion publique. Aller à la rencontre des riverains et des associations mécontentes, les inviter à visiter des bibliothèques, les écouter et surtout, montrer qu’on les a écoutés en mettant en place certaines de leurs recommandations, créer un blogue permettant de suivre le projet de la médiathèque, développer une culture de la participation et de la capacitation, co-construire la programmation (plus que les collections), recueillir les avis et idées de quatre « focus groupes »… Toutes ces approches ont permis de faire de cette nouvelle bibliothèque un lieu inspiré et inspirant.

 

Un peu moins glamour, mais tout aussi utile, Sophie Loiselle, bibliothécaire à BAnQ, nous a présenté l’outil StatBib, qui donne la possibilité d’obtenir tableaux et statistiques suite à l’enquête annuelle des bibliothèques publiques. Ces statistiques permettent bien évidemment de dresser un portrait de chaque bibliothèque, de la comparer à d’autres, mais plus stratégiquement, les statistiques peuvent servir à évaluer, planifier, et surtout convaincre des élus de se lancer dans un grand projet.

 

Une partie de l’après-midi de cette première journée était consacrée à un atelier pratique sur l’approche-design de la recommandation dans les bibliothèques publiques. L’approche-design ou design thinking, qu’est-ce que c’est? C’est se placer, en tant que designer, du point de vue de l’usager, c’est une approche empathique, sans oublier l’importance de l’expérience esthétique. L’approche design est critique, basée sur l’expérimentation, faillibiliste et récursive.

Séparés en deux groupes, observateurs et participants actifs, les bibliothécaires ont planché sur divers scénarios de recommandation de lecture selon un public d’usagers (bibliothécaire, famille, groupe communautaire, adolescent) et le type de recommandation (expert ou amateur, sur place ou hors les murs).

 

La deuxième journée de ce Rendez-vous commençait fort avec une conférence de John Szabo, directeur de la Bibliothèque publique de Los Angeles (LAPL). Ce qui étonne toujours chez nos voisins du Sud, c’est la démesure, mais surtout la confiance qu’ils ont en ce qu’ils font (le titre de City Librarian ne ressemble-t-il pas à celui d’un super-héros?). Ils n’hésitent pas à dire que leurs bibliothèques sont extraordinaires. Et ils ont raison!

John Szabo nous dit qu’une bibliothèque, c’est la possibilité d’avoir un impact sur la vie des gens, c’est une carte de visite, un visage du gouvernement, que les relations publiques et le marketing sont des investissements pour le futur des bibliothèques. Les bibliothèques sont des moteurs de développement.

Elles sont des centres communautaires, mais pas tout à fait. Elles ne sont pas non plus seulement des espaces. Elles doivent être conscientes de leurs ressources, ne pas oublier leur mission. Ainsi, pendant un mois, la LAPL a mis à l’honneur l’Odyssée d’Homère avec des lectures publiques, des activités et même un site dédié à cette initiative! La campagne d’amnistie des frais de retard en février dernier a pris comme titre LAPL Misses You, une façon forte de montrer que si les citoyens sont attachés à leur bibliothèque, la réciproque est aussi vraie. La bibliothèque est humaine avant tout. Et elle a des sentiments.

Si la proximité d’Hollywood inspire à la LAPL des actions qui en mettent plein la vue, elle n’en oublie pas pour autant ses employés. Elle accorde ainsi de mini subventions (500-1000 $) aux membres de son personnel pour concrétiser une de leurs idées. Ainsi est né le biblio-vélo.

Une des grandes forces de la LAPL est son implication dans des problématiques de société telles la citoyenneté, la santé publique, l’itinérance, démontrant l’impact réel qu’une bibliothèque peut avoir sur la vie de sa cité.

 

Nous avons ensuite arrêté de tourner autour du pot et de faire parler des bibliothécaires de marketing, en demandant à Tina Thomas, directrice marketing, communications et financement de la Bibliothèque publique d’Edmonton (EPL) de nous raconter comment elle a modifié l’image de ses bibliothèques. Tina Thomas a parlé de promouvoir les choses (les documents, les activités) et les gens. En une grande campagne d’harmonisation des messages et du mobilier, elle a décidé d’intéresser les gens à ce qui nous intéresse. EPL n’hésite pas à mettre de l’avant ses usagers, à les prendre en photo, à montrer qu’ils sont le cœur de la bibliothèque. Tina Thomas insiste aussi sur l’importance de la mise en valeur des collections, après celle des usagers. Il faut rendre nos rayonnages, nos expositions faciles d’accès et de choix, montrer les documents. Et si l’on a un petit budget, utilisons ce que nous avons déjà pour faire notre promotion : les cartes et sacs de bibliothèque, le mobilier de la bibliothèque, ses portes, le mobilier urbain. Montrer la présence de la bibliothèque partout dans la cité!

 

Cette présence doit aussi être visible en ligne et c’est ce que Jean-Philippe Titley nous a démontré en nous parlant encore une fois de l’importance de la communauté et de la façon de s’adresser à elle via une page Facebook de bibliothèque. Nous avons compris que nous avons sans doute un peu trop tendance à nous attacher à notre identité institutionnelle. Or Facebook est le royaume de la mise en scène de la personnalité (tiens, nous retrouvons ici l’idée de marque…). Nous devons nous créer une identité personnelle, raconter des histoires, interpeller nos visiteurs virtuels par des questions. Quelques règles à respecter : utiliser les outils de Facebook (créer un évènement par exemple), mettre des images (pas forcément de chatons), répondre rapidement à tout commentaire ou question et publier trois fois par jour (un minimum).

On peut prendre exemple sur la New York Public Library ou, en plus modeste et déjantée, sur la bibliothèque Louise Michel à Paris!

 

L’après-midi de cette deuxième journée a commencé avec une formidable leçon d’advocacy de la part de Stephen Abram, directeur général de la Federation of Ontario Public Libraries. À grand renfort de chiffres, impressionnants et d’une certaine façon, très visuels, Stephen Abram nous rappelle qu’il faut laisser parler nos usagers, qu’ils sont nos meilleurs défenseurs et que pour cela, ils doivent savoir ce qu’on fait. Il faut renverser la perception que les bibliothèques ne sont pas douées ou pas faites pour travailler avec les entreprises, avec les villes. Il faut se faire connaître!

 

C’est également de chiffres que nous parle Elizabeth Glass, directrice de la planification, des politiques et de la gestion de la performance de la Bibliothèque publique de Toronto. Cette dernière a réussi à démontrer l’impact économique des bibliothèques sur la ville de Toronto. À ce qu’elles coûtent à la cité, elle a réussi à opposer ce qu’elles rapportent. Les bibliothèques coûtent de l’argent, mais elles en valent beaucoup plus.

 

Rachel Laperrière, directrice de l’arrondissement de Montréal-Nord, ne pouvait qu’approuver les propos de Stephen Abram. Pour elle, la bibliothèque est une solution, il faut la positionner comme une base du développement des connaissances et de la vie culturelle des citoyens. Et c’est un positionnement qui est avant tout politique car il faut convaincre les élus de changer les choses en les faisant travailler main dans la main avec les bibliothécaires.

 

Collaborer nous disait Rachel Laperrière. Comment? Malorie Flon, conseillère  de l’Institut du Nouveau Monde, nous donne quelques outils. Mais tout d’abord, pourquoi collaborer? Parce que nous vivons dans une société de plus en plus diversifiée et que nous faisons face à des problèmes de plus en plus complexes. Nous pouvons imaginer des collaborations avec tous ceux qui nous entourent, collègues, élus, citoyens. Une bonne collaboration suit des étapes, utilise des outils précis et évite certains pièges. On y retrouve les notions d’impact collectif, de projet pilote, d’itération, de droit à l’erreur et une démarche en U. Cela ne vous rappelle-t-il pas quelque chose?

 

À la suite de la présentation théorique de Malorie Flon, nous avons découvert quatre types de projets collaboratifs qui ont vu le jour dans les bibliothèques du Québec.

REPONSEATOUT.CA est un système de référence virtuelle collaborative qui implique plusieurs bibliothèques québécoises. L’idée est née en 2000 et a tranquillement évolué pour passer des questions posées par clavadarge au formulaire en ligne. Inspirée du projet franco-belge eurêkoi.org, ce sont aujourd’hui seize techniciennes en documentation qui répondent à une à douze questions par jour en quelques minutes ou une journée.

Benoit Rochon, vice-président de Wikimédia Canada, a soutenu l’importance pour les bibliothèques de s’impliquer dans les projets de Wikimédia, notamment GLAM. La BAnQ offre des ateliers intitulés Mardi, c’est Wiki! une fois par mois. Le projet Wikisource permet de mettre en valeur le patrimoine littéraire québécois via la collection de BAnQ. On parle ici de diffusion et de création des savoirs, des domaines où les bibliothèques publiques ont toute leur place.

C’est dans le réseau des Ruches d’art que Rachel Chainey, coordonnatrice, nous a entraîné. Ces ateliers d’art communautaires libres, gratuits et ouverts à tous sont des espaces de partage et d’expérimentation. Nous sommes proches de l’idée de la bibliothèque tiers-lieu, inclusive et porteuse de créativité. Alors à quand une ruche d’art dans une bibliothèque ou un réseau bibliothèques-ruches d’art?

Le Rendez-vous des bibliothèques publiques s’est terminé avec la présentation d’un projet de création de microbibliothèque avec les citoyens, par Cécile Lointier, chef de section à la bibliothèque Père-Ambroise. Un projet entièrement documenté, rassembleur, une ouverture aux initiatives citoyennes, qui a permis d’aller chercher d’autres clientèles et de développer des liens avec des partenaires, à l’interne comme à l’externe. Une carte OpenStreetMap recensant toutes les microbibliothèques de Montréal est également lancée.

Collaboration, participation, ouverture sur le monde et le libre, partenariats, ce projet d’une petite bibliothèque reflète bien les désirs et les forces des bibliothèques publiques dans la société actuelle.

 

Vous retrouverez les présentations des conférenciers sur le site du Rendez-vous des bibliothèques publiques du Québec, juste ici.

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avr - 2015 09

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Après l’examen du profil de la génération tablette et un survol des services mobiles, les participants du laboratoire vivant des Bibliothèques de Montréal ont entrepris d’explorer et de co-créer des avenues de développement possibles, pertinentes, innovatrices, durables pour la tablothèque. Ce troisième et dernier article sur le thème des tablettes en bibliothèque publique résume les résultats de cette démarche.

LE MUR DE PROJETS

Quatre types de services ont été identifiés comme des solutions à développer dans un avenir rapproché:

  1. L’utilisation d’une tablette pour créer des parcours de découvertes. On veut recourir à la tablette pour offrir une expérience interactive, dynamique, ludique à l’aide d’applications ou de capteurs permettant de découvrir son quartier, la bibliothèque, les ressources numériques ou locales, les oeuvres des auteur(e)s ou des créateurs via des circuits, des jeux de pistes, des rallyes, etc.  La tablette se fait participative et l’emphase est placée sur la découverte et la médiation culturelle au service de l’écosystème local. On estime qu’une approche événementielle de type fabricathon (exemple Bibliomix version bibliothèque de Muséomix) pourrait être l’occasion de concevoir et prototyper ces services.
  2. Le prêt interne et externe de tablettes. Les deux types de services, prêt interne et externe, suscitent également un intérêt significatif et visent à offrir un accès à internet plus étendu et adapté aux usages actuels en accord avec les finalités de la Ville intelligente. Dans le cas du prêt interne, le libre-service avec la carte d’abonné s’impose. L’hypothèse de créer un consortium-réseau pour aborder les fournisseurs de tablettes qui proposent des dispositifs de libre-service est fortement recommandée. La possibilité d’offrir une diversité de plate-forme – pour ne pas privilégier iOs ou Androïde – apparaît comme une voie cohérente avec la position de neutralité, voire même l’approche techno-critique en matière de citoyenneté numérique que les bibliothèques revendiquent généralement.
  3. L’intégration de la tablette dans l’aménagement et le mobilier de la bibliothèque. Les bars à tablettes dans les espaces actualités ou les cafés, les tablettes pour la valorisation des ressources en ligne ou le furetage des nouveautés au bout des rayonnages,  les tablettes avec des câbles anti-vol ou montés sur support pour présenter des contenus exclusifs deviennent des stratégies d’intégration du numérique dans l’espace physique qui sont recherchées pour améliorer l’expérience en bibliothèque.
  4. L’animation interactive auprès des publics jeunes et ados. Les sélections de lecture sur des appareils mobiles et des animations projetées sur écran permettent de ré-inventer les services jeunesse comme l’heure du conte.

On a également insisté sur l’importance des services suivants: le développement de collections d’applications, notamment pour les jeux, les ateliers d’initiation en communautés numériques et en 1:1, les services en ligne tels que Zinio et hoopla, la référence nomade, la combinaison du prêt de tablette avec le prêt de routeur, etc.

LE DESIGN DE SERVICES EMPATHIQUE : LES PUBLICS

Reprenant les questions des usages, des objectifs, des règles de prêt, des contenus, des attentes à l’égard du personnel, des services de qualité tout en étant innovants, les participants ont proposé des scénarios empathiques pour des publics cibles. Une question test était suggérée et pouvait servir de déclencheur, sans être limitative: Comment offrir les journaux, les revues, les livres par le biais des tablettes – considérant que la version papier de ces documents pourrait être appelée à disparaître à court ou à moyen terme?

 La tablette d’or. Pour les aînés,  l’accompagnement par le biais d’ateliers d’initiation est conçu comme une priorité. L’exemple récent de la bibliothèque d’Outremont qui a reçu 62 inscriptions pour une formation de 10 cours sur l’utilisation du iPad confirme cet intérêt. Le développement de collection d’applications adaptées aux aînés est aussi recommandé.

Les services hors-les-murs dans les résidences pour aînés constituent une autre piste prometteuse, soit dans le but de prêter des tablettes (ou ces liseuses qui ne servent à peu près plus) ou pour capter des récits de vie, offrir des ateliers, faire découvrir les services en ligne. Au sujet de la lecture, la possibilité de pouvoir grossir les caractères (et désormais le poids plus avantageux des appareils mobiles – si on les compare aux pavés en gros caractères) suscite un enthousiasme considérable.

La tablette pour adultes. Du côté des adultes, la priorité va du côté de la médiation numérique et de l’expérience. Pour ces réguliers qui viennent lire les journaux papier à la bibliothèque, il faut envisager une transition vers le prêt de tablettes qui proposeraient les quotidiens et les revues. Les versions gratuites des quotidiens et des revues seraient offertes. Cette offre pourrait être adaptée en tenant compte des besoins des personnes issues de l’immigration ou de ceux des femmes.

Mais, le défi à relever est toujours le même que ce soit pour un poste internet, un portable ou une tablette et que l’on soit à la bibliothèque ou à la maison : Comment amener les usagers vers la bibliothèque numérique qui donne accès aux abonnements payants de ces périodiques en version complète? Médiation ou marketing numériques, atelier ou référence nomade, signalisation ou application dédiée pour la bibliothèque numérique, ou alors toutes ces réponses?

Le souci d’aménager un café, un espace de convivialité ou de créativité avec un bar à tablettes ou des appareils mobiles en prêt font partie des scénarios visant à favoriser une expérience positive, différents niveaux d’engagement, un sentiment d’appartenance.

La tablette y et z.  Les trois principaux services explorés pour les jeunes concernent l’animation et la lecture interactive (comme on l’a vu plus tôt), la découverte de produits éducatifs (flashcards, quiz, atlas, tutoriels, etc.) et les jeux. Dans tous les cas, le défi du développement de collections apparaît comme un chantier magnifique: Applithécaires jeunesse recherchés. Et d’une façon générale, le modèle du Youmedia (HOMAGO) demeure la référence pour la conception d’espace physiquenumériquecréatif.

Un autre défi de nature pédagogique consiste à concevoir des ateliers pour une utilisation éclairée et créative des tablettes (littéracie et citoyenneté numérique) comportant un volet d’apprentissage par les pairs – ainsi que pour les pères et mères qui ne voudraient pas faire face au décrochage scolaire avant leurs enfants pour cause d’analphabétisme technologique.

L’importance des conditions transversales suivantes a été soulignée à maints égards :

  • planifier/programmer ces services en collaboration avec les citoyens et les communautés locales;
  • développer les compétences numériques du personnel et celles des citoyens via les communautés numériques (l’essentiel chantier sur la fracture/littéracie numérique).
  • repenser la tablette sociale pour contribuer à l’animation de la bibliothèque tiers lieu et favoriser différents niveaux d’engagement;
  • mettre à profit l’effet et le potentiel collaboratif du réseau;
  • évaluer l’offre de service à l’aune de l’impact environnemental et du développement durable;
  • travailler en partenariat avec des organismes intéressés par l’expérimentation technologique, l’innovation ouverte, la mobilité, la littéracie numérique;

LA LISTE

Voici enfin une liste de ressources sélectionnées pour accompagner la réflexion sur les tablettes en bibliothèques.

Usages, services, programmes, outils

Mobilité au Québec : la croissance se poursuit
Les foyers québécois avec enfant(s) plus équipés et plus connectés
Le CEFRIO dévoile le rapport de ce projet d’expérimentation de la tablette numérique auprès d’entrepreneures
New Report Hails Librarians as Drivers of Digital Transition
New Survey Results Show U.S. Students Believe Tablets Are Game Changers in Learning and Student Engagement
Survey: Library Ebook Growth Slowing but Still Substantial
Meet the Tabletarians
Réflexion sur les tablettes en bibliothèques
Utilisation de nouveaux supports numériques en médiathèque
Old-Fashioned Libraries And Handwritten Notes: Learning With Khan Academy’s New iPad App
SLJ Reviews the AWE Tablet: A fast device, delivering blended content to individual students
Generation Tablet: Kids Must Learn to Hack in the Real World
Pilot Project: Three Chicago Public Library Branches Will Begin Lending Internet Routers and Tablets Next Month
Tablet Lending Program | Brooklyn Public Library
Drexel University installs iPad rental vending machine for students, library card holders
Cool Uses of iPads in School Libraries on Pinteres
20 Coolest iPad Ideas for Your Library
NetPublic » Guide de la tablette numérique pour les parents
iPads and Tablets in Libraries
What’s Hot | Library By Design

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mar - 2015 31

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Et si on refaisait le point sur la tablette en bibliothèque? C’est l’objectif de l’article du Library Journal, Meet the Tabletarians, paru au début de l’année 2015. La tablothèque a déjà une histoire : La tablette a été perçue, dès 2010, comme une solution pour révolutionner le service de la référence en libérant les bibliothécaires des chaînes qui les retenaient prisonniers à leur bureau. Mais le poids, la connexion approximative/la lenteur ont rapidement terni ces espoirs. Les tablettes sont retournées de l’autre côté du comptoir- et les bibliothécaires aussi. Incidemment, la présence de ces appareils mobiles au sein du personnel est devenue l’occasion d’expérimenter : Les tablettes ont opéré à la façon d’une technologie de rupture qui aura permis de concevoir d’autres possibilités en termes d’usages et de services. Qu’est-ce que l’on a imaginé depuis autour des tablettes? Quels sont les nouveaux services supportés par les tablothécaires? Plusieurs bibliothèques au Québec et à travers le monde ont intégré cette technologie dans leur programmation notamment comme une stratégie pour favoriser l’effet de tiers lieu. Puis, la technologie s’améliorant peu à peu, on assisterait aujourd’hui au retour en force de la référence nomade.

Ce survol des pratiques et des services impliquant la tablette en bibliothèque a été discuté au sein d’un laboratoire vivant qui se tient dans les bibliothèques de Montréal. D’autres éléments d’informations sur le profil des tablonautes ont été partagés dans un article précédent.

La tablette, un perturbateur technologique

La référence nomade qui s’appuyait sur la tablette n’avait pas convaincue. La lourdeur, le peu d’ergonomie, le manque de connectivité avaient fini par en faire une sorte de tremplin, un prétexte pour raccompagner l’usager vers le bureau de référence plutôt qu’un service mobile autonome. Mais si les tablettes n’ont pas connu le succès escompté dans les allées, elles ont servi, en revenant du côté du personnel, à remettre en question la référence, ainsi que les autres services, et à explorer de nouvelles avenues, comme l’heure du conte avec des applications interactives ou les services hors-les-murs réinventés, par exemple. La tablette a servi de technologie de rupture :

Et tandis que les iPads n’ont pas été très utiles dans les rayonnages, le programme a provoqué toute une série de conversations fondamentales sur le service de la référence sans le bureau de référence …«Le personnel a développé une conscience accrue de l’importance de rejoindre et d’aider les clients là où ceux-ci se trouvent (plutôt que d’obliger les clients à revenir à la réception)», explique Lewis. «À tout le moins, les iPads ont connu un très grand succès comme technologie de rupture qui a suscité de nombreuses discussions sur la prestation de services. »

Après les tâtonnements et les expérimentations, on assiste désormais à une intégration plus stratégique des tablettes qui permet d’améliorer l’efficacité et l’expérience en bibliothèque – en soulignant que cette expérience client doit pouvoir se mesurer à celle des commerces de détail que ce soit une librairie ou un Applestore.

L’essor des tablettes en bibliothèque se décline maintenant à travers un registre assez large de services : accès aux technologies numériques, prêt de tablettes sur place ou en prêt externe, libre-service, utilisation dans les activités et la formation, applications de bibliothèques pour la découverte de contenus exclusifs, applications éducatives (littéracie numérique, emploi, etc.), sélections de livres et de jeux, lecture de livres interactifs à voix haute pour les jeunes, valorisation thématique des ressources, stations de travail, kiosques de iPads pour les actualités, bars à informations à l’aide de tablettes, etc.

Cette tendance prend diverses formes, note Miller. Pour de nombreuses bibliothèques publiques, l’accès aux nouvelles technologies est une partie importante de leur mission, et même si les propriétaires d’une tablette sont à la hausse, les programmes qui prêtent des tablettes ou permettent à leurs clients d’utiliser celles de la bibliothèque sont devenus de plus en plus communs. Les bibliothèques installent les tablettes sur des étagères ou des supports pour servir de points d’aide à la référence pour les clients. Les instructeurs les intègrent dans les programmes et les cours. Et comme avec [BPL], de nombreuses bibliothèques sont à la recherche de moyens susceptibles de permettre au personnel de passer plus de temps avec les clients, le recours aux tablettes pourrait contribuer à répondre à cette demande.

La tablette, une tierce pratique

La tablette fait aussi parties des repères domestiques et des stratégies pour aménager la bibliothèque tiers lieu conçue comme un second chez-soi : «les bibliothèques sont devenues le « troisième espace » pour leurs communautés offrant un endroit loin de la maison et du bureau avec des sièges confortables, des ordinateurs, le wifi.»

D’un point de vue pratique, lorsqu’un usager est confortablement installé à un ordinateur ou une table, la perspective de quitter ses effets ou ses objets de valeur pour demander de l’aide peut s’avérer problématique, et on appréciera la présence des bibliothécaires nomades dans ce contexte.

Et puis, les tablettes ne sont plus ce qu’elles étaient naguère: Elles sont devenues moins lourdes, plus rapides, de moins en moins coûteuses. Elles peuvent être utilisées pour donner accès aux ressources de la bibliothèques, montrer comment emprunter des livres ou pour faire découvrir des sélections d’applications. Les fournisseurs proposent maintenant des solutions mobiles et développent des outils permettant d’emprunter, abonner, éditer un compte d’usager, accepter des paiements pour des amendes, renouveler un prêt ou réserver un document, utiliser des listes et des inventaires en temps réels pour l’élagage, etc.

Il semble aussi plus cohérent de préférer les tablettes à une autre sorte d’interface quand il s’agit d’aider ou d’accompagner un usager considérant qu’il retournera chez lui pour refaire les démarches apprises ou accéder à ces ressources sur des appareils mobiles. Ces pratiques adaptées à celles des usagers favorisent la continuité et la familiarité de l’expérience de même que l’effet de la bibliothèque comme prolongement de la maison.

Une diversité de modèles de services

Différents projets pilotes explorant différents modèles de services sont mis en place aux États-Unis, en France et au Québec.

San Diego public Library, le prêt de masse.  Cette bibliothèque inaugurée récemment est réputée pour son programme technologique innovateur prévoyant plus de trois cents dispositifs mobiles. L’offre mobile comprend le prêt de iPads, iPads mini, Chromebooks, Kindle, et Sony Readers ainsi que des stations de travail (working stations) qui exposent des collections de documents rares,

Hennepin County Library,  une référence pour les projets pilote de tablettes destinés au personnel. Ce réseau a été reconnu comme Top Innovator 2013 par le Urban Libraries Council pour son projet pilote de tablettes conçu dans le but de développer les compétences du personnel. Ce projet a été étendu aux 41 succursales.

Brooklyn Public Library, un leader pour le prêt externe de tablettes. Depuis 2013 la bibliothèque publique de Brooklyn (Brooklyn Public Library, BPL) s’est doté d’un programme de prêt externe gratuit de tablettes avec 1000 Google Nexus 7 pour les enfants, les adultes et les éducateurs de Brooklyn. Ce projet a été rendu possible grâce à un don de Google, de l’État de New York et du Fonds pour les écoles publiques. Les tablettes offrent les applications de la bibliothèque ainsi qu’une sélection orientée sur l’éducation et l’alphabétisation.  Le programme est disponible en ligne avec les informations concernant les conditions du prêt, la politique, une foire aux questions et un tutoriel.

Chicago Public Library annonce le prêt externe de routeurs et de tablettes. Trois bibliothèques du réseau de Chicago ont annoncé le prêt externe de tablettes ainsi que le prêt de routeurs en février dans le but de contribuer à réduire la fracture numérique. »

Le prêt de tablettes en libre-service dans les bibliothèques de Montréal. À l’instar de certaines bibliothèques américaines, on trouve du prêt de tablettes en libre- service dans les bibliothèques de Montréal. Le prêt de liseuses n’a plus la cote auprès des usagers. Les abonnés peuvent emprunter des iPads par le biais du dispositifs de prêts NetSpot en libre-service aux bibliothèques Du Boisé et Pierrefonds , ou au comptoir de services à la bibliothèque Marc-Favreau. Très populaire, le prêt est destiné à une utilisation sur place. Les nouvelles bibliothèques Saul-Bellow (Lachine), et Benny (Notre-Dame-de-Grâce) qui ouvriront  leurs portes cette année prévoient aussi ce service. Ailleurs au Québec, la bibliothèque de Saint-Lambert est un autre exemple.

Le prêt de tablettes externe se retrouvent essentiellement dans les bibliothèques universitaires québécoises. Note : À l’université de Montréal on peut voir en ligne la disponibilité des tablettes.

Ailleurs au Canada, on semble plutôt orienté vers le prêt de portables que de tablettes. À Edmonton, le prêt de Chromebook est disponible  à l’intérieur de la bibliothèque pour la journée.

En France, une carte présente les établissements qui prêtent des lieuses et des tablettes : https://www.google.com/maps/d/edit?mid=zNsEEEK68_-I.khelhmAlzdNU

À confirmer, il s’agirait essentiellement de prêt sur place. Dans cette veine, les bibliothèques de Paris annonçaient le prêt de 250 iPads en  juin 2014. Des listes de bibliothèques engagées dans ce modèle de services sont recensées sur Bibliopedia (une mise à jour serait requise). Ce Storify documente le contexte des  bibliothèques françaises où les appareils mobiles semblent susciter beaucoup d’enthousiasme.

Tablette 101

Aujourd’hui, les initiations à l’utilisation des tablettes font généralement partie des cours de base des bibliothèques aux États-Unis, au Canada et en Europe. C’est bien connu que les grande villes canadiennes (Toronto, Vancouver, Edmonton) sont très fortes en matière de littéracie numérique : la quantité et la qualité des ateliers y est affolante (insane). Du côté de Halifax, où se trouve la nouvelle bibliothèque dont tout le monde parle, on propose la formation 1:1 en invitant les gens à se présenter pour des séances personnalisées sur les liseuses et les tablettes. Un guide d’introduction à la tablette (Hello iPad en format pdf) est aussi accessible en ligne pour les autodidactes débutants.

Mais, au Québec, même la bibliothèque de Saint-Tite, à travers le réseau Biblio, a ses ateliers sur les tablettes (Android ou iPad, mais c’est payant), pendant que la bibliothèque de Saint-Jean-sur-le-Richelieu vante la qualité de ses propres formations sur le sujet.

La bibliothèque d’Outremont s’apprête à offrir une formation gratuite : iPad pour les aînés d’une durée de10 semaines, les mercredis matins, en partenariat avec le Centre d’éducation des adultes. Les tablettes sont fournies.

Et l’applithécaire ?

Le développement de collections, traditionnellement orienté sur le livre, puis sur les autres types de documents (musique, films, jeu, etc.) se renouvelle encore à travers le développement de collections d’applications. Cette fonction introduisant un nouveau profil, celui de l’applithécaire (hum).

On peut voir un exemple intéressant d’une démarche de sélection d’applications du côté de la bibliothèque du MIT.

Si vous connaissez des projets pilote autour des appareils mobiles au Québec ou ailleurs, dans le milieu des bibliothèques ou de l’éducation, n’hésitez pas à alimenter ce survol.

Dans un troisième article, des scénarios de développement de services en fonction des publics seront présentés, avec une liste de ressources. 

Source : Flickr Sascha Müsse, cc-by-sa

 

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mar - 2015 25

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Tablonautes, tablothèques, tablothécaires et applithécaires, ou comment répondre aux attentes de la génération “tablette” en bibliothèque ? C’est le thème que les participant(e)s ont ingénieusement exploré à la bibliothèque Marc-Favreau le 17 mars 2015 dans le cadre d’une démarche de laboratoire vivant. Constat : Dans les foyers comme à l’école, toutes les générations numériques adoptent la tablette

À travers cet échange sur les usages liés aux tablettes numériques, diverses sources ont été explorées dont une enquête du Cefrio sur la mobilité au Québec publiée en janvier 2015.

La popularité de la tablette numérique s’accélère au Québec

Dans son rapport sur les usages des mobinautes en 2014, le Cefrio constate la progression de la tablette numérique chez les adultes québécois (39 %). Ce taux atteint près de 55% chez les adultes de 25 à 34 ans. De plus, 13 % des gens avaient l’intention de s’acheter une tablette en 2014.

Les résultats publiés par le Cefrio en juillet 2014 affirmaient qu’un foyer sur deux (45%) au Québec était équipé d’une tablette. Dans les foyers avec des enfants, ce taux s’élevait à 64%.

Par ailleurs, le taux d’adoption du téléphone intelligent augmente aussi chez les adultes du Québec (52 %), surtout les adultes de 25 à 34 ans (80 %).

En revanche, l’adoption du baladeur numérique, qui avait déjà beaucoup diminué au cours des dernières années, se stabilise. L’usage de la liseuse numérique reste faible (moins de 8% des adultes), et peu de  Québécois auraient l’intention de se doter d’une liseuse au cours de la prochaine année.

Être ou ne pas être sur la tablette

La tablette numérique et le téléphone intelligent sont en progression au Québec. Plus de 50 % des adultes possèdent l’un de ces deux appareils qui leur permet d’accéder à des applications mobiles.

Parallèlement, on observe une diminution du nombre d’adultes au Québec qui ne sont pas dotés de l’un ou l’autre de ces appareils numériques mobiles (téléphone intelligent, téléphone mobile de base, tablette numérique, baladeur numérique ou liseuse numérique). On estime qu’un adulte sur cinq ne possède aucun de ces appareils (soit moins de 18% des adultes québécois).

Le nombre de Canadiens disposant d’un téléphone intelligent est plus élevé (56%) qu’au Québec. On prévoit qu’en 2017 aux États-Unis, les mobinautes représenteront 80% de la population et au Canada, 65,5 %.

Qu’est-ce qu’on fait sur les mobiles ?

Selon le Cefrio, les appareils mobiles sont utilisés pour aller sur Internet : On attribue la croissance des mobinautes au nombre d’adultes qui vont sur Internet par le biais d’un téléphone intelligent ou d’une tablette.

Ce sont surtout les 18 à 44 ans qui se connectent à Internet à l’aide d’un téléphone intelligent (70 % des adultes).  Les adultes de 25 à 54 ans (45 %) utilisent davantage la tablette à cette fin.

Seulement 1,6 % des adultes  ont recours à la liseuse numérique pour se connecter à Internet.

Les activités de communication pratiquées sur les appareils mobiles, même si elles tendent à se diversifier, se concentrent principalement sur le courriel (84,8 %) et les courts messages – clavardage, messagerie instantanée ou textos (83,2 %).

Les deux tiers des mobinautes téléchargent des applications (69 %) pour des activités de divertissement. Les appareils mobiles sont utilisés pour pratiquer les trois activités suivantes :

  •  lire des nouvelles et consulter l’actualité (65%)
  • écouter des vidéos, des webtélés, des webradios (55 %)
  • jouer à des jeux (52 %)

Un mobinaute sur cinq (19,5 %) télécharge des livres, cette donnée est le même depuis 2012.

Bye bye la liseuse numérique et le baladeur numérique

Moins de 8% des adultes québécois possèdent un liseuse numérique. Par ailleurs, ils sont peu nombreux à avoir l’intention de se doter d’une liseuse au cours de la prochaine année.

Les Américains ont adopté avec plus d’enthousiasme que les Québécois cet équipement de lecture : Un Américain sur trois possède une liseuse (32%). Chez les 30 à 49 ans, ce taux  atteint 40 % – une proportion qui augmente encore chez les personnes dont les revenus sont élevés

Ce déclin relatif pourrait aussi affecter le baladeur numérique.

L’adoption des liseuses a été laborieuse au Québec, et l’usage des tablettes tend à supplanter ce dispositif de lecture. Les tablettes offrent plus de fonctions, notamment la possibilité de lire des fichiers audio de type MP3 ou autre, ce qui expliquerait qu’on les préfèrent au baladeur numérique.

On fait l’hypothèse que les tablettes et des téléphones intelligents sont devenues les principales plate-formes de divertissement numérique en raison de leur versatilité.

La génération tablette

L’usage des tablettes tend à répandre dans le milieu scolaire. Les questions que soulèvent cette présence sont nombreuses : Quel est l’intérêt pédagogique ? Qu’est-ce qu’on peut apprendre, et comment, à l’aide de celle-ci ? Combien de temps devrait-on consacrer aux écrans ? Produire, consommer, travailler, jouer, y a t-il encore une différence ?

Malgré les débats, la perception de cette technologie par les étudiants est positive.

Selon une enquête récente aux États-Unis, les étudiants du primaire et du secondaire croient, dans une large majorité (90%), que les tablettes transformeront la façon dont ils vont apprendre à l’avenir et, notamment, qu’elles rendront l’apprentissage plus amusant.

L’enquête a révélé que, même si les élèves (de tous les âges) sont toujours plus nombreux à utiliser des appareils mobiles et en être propriétaires,  l’accès à Internet haute vitesse et le 1:1 avec un équipement représentent encore un défi  significatif dans les écoles américaines.  Seulement 62% des étudiants ont accès au wifi à l’école, contre 93% des élèves qui disposent de ce service à la maison. Cela signifie qu’un étudiant sur six (16%) fréquente une école qui offre un ordinateur portable ou une tablette à chacun.

«Les résultats de l’étude de cette année montrent un niveau élevé d’optimisme, d’engagement et de confiance envers les appareils mobiles chez les étudiants américains», a déclaré Douglas Kubach, président, du groupe Pearson. « Alors que nous assistons à une croissance constante de l’utilisation des appareils mobiles parmi les étudiants pour le travail scolaire, il existe toujours un écart entre l’accès à domicile et l’accès à l’école, ce qui empêche de nombreuses écoles de tirer pleinement parti des technologies d’apprentissage numériques disponibles aujourd’hui qui sont susceptibles de contribuer à l’amélioration des expériences éducatives des étudiants.»

Pour le travail scolaire, les ordinateurs portables demeurent le plus utilisés par les étudiants. Ce sont les étudiants du secondaire surtout qui utilisent les portables. Les tablettes sont davantage répandues chez les élèves du primaire.

Au Québec, les tablettes suscitent un intérêt qui se traduit par des expérimentations en classe appuyées par le Ministère. Elle sont aussi perçues favorablement par les chercheurs :

Malgré toutes ces difficultés — qu’il appelle poliment des « défis » —, Thierry Karsenti reste convaincu que la tablette a sa place en classe. Pourquoi se contenter de soporifiques cours magistraux quand Google Earth permet de découvrir Tokyo ou Athènes en mode immersif et que la magie de l’écran tactile permet de manipuler une molécule chimique modélisée ? Quand l’appareil est utilisé à son plein potentiel, les jeunes en redemandent au lieu d’aller voir en cachette leur iMessagerie. Les professeurs de français notent aussi que les jeunes lisent davantage sur ce support pouvant contenir plus de livres électroniques que leur bibliothèque scolaire tout entière. Un avantage, à une époque où les jeunes lisent beaucoup de textos, mais très peu de littérature ! (L’actualité)

En somme, toutes les générations numériques adoptent la tablette, mais les adultes plus âgés et les enfants du primaire sont ses plus fervents utilisateurs. Plate-forme de divertissement, d’information et d’apprentissage pour tous, comment intégrer désormais cette technologie dans le contexte social de la bibliothèque ? Comment l’inscrire dans un projet critique et durable ?

Ce billet sera suivi d’un survol des services repensés à l’aide des tablettes dans les bibliothèques à travers le monde.

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nov - 2014 28

Ce billet est d’abord paru, sous la signature de Josée Plamondon, sur le site de Bookcamp Montréal :

Bibliothèque du jeu Myst, de Cyan Worlds (1993)

Le début d’une grande aventure. La bibliothèque du jeu Myst, 1993, Cyan Worlds.

Tous les acteurs du domaine du livre sont concernés par les transformations numériques qui leur demandent de composer avec de nouveaux usages et de nouveaux modèles économiques. Qu’en est-il du rôle des bibliothèques et des bibliothécaires à l’ère de la société en réseau, de l’accès à la connaissance,  des nouvelles plate-formes éditoriales? De la programmation de nouveaux espaces publics et communautaires, des super tiers lieux, des bibliolabs? Des utopies de la bibliothèque intelligente?

Si le livre n’est plus le référent exclusif des bibliothèques, quelles sont ses nouveaux repères? Quels sont les enjeux fondamentaux pour cette profession en transformation? Êtes-vous en passe de devenir des humanitaires du savoir? Des médiateurs numériques? Tantôt cartographe de la culture locale, tantôt curateur des ressources éducatives libres, des données ouvertes, des biens communs? Designer de l’innovation sociale ? Engagé(e) dans le droit des usagers, celui de participer à la culture, la liberté d’expression, la démocratie participative, le développement durable? Wikipédien(ne)? Fabmanager? Bricodeur? Biblioremixeur?

Quelles sont les questions qui vous habitent? Comment penser/imaginer/collaborer/co-créer pour renouveler la profession et favoriser l’émergence de bibliothèques qui contribuent à faire du sens dans le monde d’aujourd’hui!

Mardi le 2 décembre, en marge du Congrès des milieux documentaires 2014, les organisateurs de Bookcamp Montréal ont choisi de revenir à la formule « camp » le temps d’une soirée afin d’accueillir et de partager les visions et les préoccupations de ceux et celles qui veulent réinventer les bibliothèques. L’invitation est ouverte à toutes et à tous. Sur le modèle de l’anticonférence,  c’est ensemble, dès votre arrivée au Pub Saint-Pauà partir de 18h30 que nous allons élaborer l’horaire et le canevas des discussions.

Le Pub Saint-Paul est situé dans le Vieux-Montréal, à proximité du Palais des congrès. Il sera possible de manger sur place.

Rendez-vous sur la page d’inscription du Bookcamp Montréal 2014 pour acquérir votre billet d’entrée (gratuit).

Bienvenue à toutes et à tous! Ne tardez pas à vous inscrire, les places sont limitées.

Pour aller plus loin :

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sept - 2014 30

Voici une réflexion que j’ai partagée récemment à la Tables des bibliothécaires où l’on souhaitait se pencher sur l’avenir. Cette présentation est un exercice de prospective sur la profession à partir d’une diversité de sources qui ont en commun, pour la plupart, de souligner l’engagement actuel en matière de développement durable à travers cinq dimensions :

1. Bibliothécaire, une profession globale
2. Bibliothécaire communautaire
3. La bibliothécaire dans l’écosystème numérique (est une activiste)
4. La bibliothécaire au marché des savoirs
5. La bibliothécaire, une créative

Au moment où circule le Plan culturel numérique qui semble ignorer les bibliothèques publiques dans ses propositions, cette réflexion cherche à mettre l’emphase sur les tendances numériques et le rôle des bibliothécaires au sein des communautés en matière d’accès, de création et de valorisation de contenus locaux, de médiation numérique, d’apprentissage, de protection de la vie privée, de soutien à la diversité culturelle, de mobilité, d’offre en fablab, medialab, etc.

C’est un document de travail aussi ouvert que possible aux commentaires et à la discussion.

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avr - 2014 08

Exposition et série d’ateliers sur le thème de l’abécédaire réalisées à la Bibliothèque Frontenac À l’affiche ! Des mots, des émotions et des lettres

Exposition sur les abécédaires

À l’origine, une exposition sur les abécédaires s’organise à la bibliothèque en novembre 2012. Elle s’appuie sur l’observation suivante : les dernières années ont vu circuler en bibliothèque un nombre impressionnant d’abécédaires et ce, autant dans la collection adulte que chez les jeunes. L’étendue du champ de connaissances touchées nous donne rapidement l’idée d’en faire un projet pour notre programme d’activités.

Un projet pour les adultes en alphabétisation et en apprentissage du français

S’inspirant de la variété des abécédaires à notre disposition nous avons fondé une approche originale pour créer une série de quinze ateliers sur ce thème avec les participants.

Le projet À l’affiche ! Des mots, des émotions et des lettres veut rendre compte de tout un processus de création et d’échanges basé sur l’expression des participants – des adultes qui sont pour la plupart issus de différentes communautés culturelles et qui sont en apprentissage du français.

Des ateliers pour apprendre, communiquer et créer

À raison d’une rencontre par semaine et durant quatre mois, nous avons travaillé à l’automne 2013 avec deux classes d’élèves du Centre Gédéon-Ouimet, situé dans l’arrondissement de Ville-Marie.

Les ateliers se sont déroulés dans un espace de jeu et d’exploration artistique et dans le but d’alimenter la réflexion et la prise de parole des participants.

Peu à peu le groupe s’est resserré autour d’un noyau d’élèves très engagés. Des liens significatifs entre eux se sont tissés et nous les avons vus s’approprier les aires et services de la bibliothèque en dehors du temps consacré au projet. Plusieurs d’entre eux nous ont témoigné avoir pris plaisir à lire et à comprendre le sens des mots, à avoir aimer apprendre et échanger avec les autres.

« Je viens d’un pays pauvre où on n’a pas vraiment accès aux bibliothèques et d’habitude, le genre d’activités que nous faisons avec vous est réservé aux enfants. On a de la chance de vivre ces ateliers. J’ai découvert toutes sortes de dictionnaires et de livres. Ça m’a donné l’amour des livres. » -Noria

Concevoir une affiche et un jeu de cartes abécédaires

Jeu de cartesDans ce contexte de valorisation et d’apprentissage du français, nous avons concentré nos efforts à créer un véritable espace de réflexion et de questionnement pour les participants en les invitant à partager leurs efforts, leurs difficultés ainsi que leurs plaisirs et rêves de réussite.

Les notions de territoires – personnel, collectif et géographique – nous ont permis d’installer un canevas pour jouer et développer un vocabulaire plastique témoignant de la synergie du groupe dans le but de concevoir une affiche et un jeu abécédaires.

Les expériences artistiques de même que les échanges significatifs ont donné lieu à une série d’éléments narratifs qui ont inspirés l’illustratrice Suana Verelst, soutenant elle aussi les participants au processus de création et au choix des mots pour composer le jeu de cartes.

Au Jeu ! Des mots, des émotions et des lettres

Les silhouettes qui forment les lettres de l’alphabet de l’affiche sont celles des participants qui se sont prêtés au jeu lors de l’atelier. Elles témoignent du plaisir que nous avons eu à créer les lettres de notre abécédaire.

Femme positionnée dans la forme de la lettre K

L’affiche est un outil pour apprendre. Exposée dans la classe ou à la bibliothèque, elle peut servir de tablette abécédaire ou d’ardoise à l’alphabétisation.

Le jeu de cartes est conçu pour aller plus loin. Plusieurs façons de jouer sont expliquées dans les règles qui accompagnent les cinquante-deux cartes.

Nous pouvons chercher à relier entre-elles les lettres et les images, énumérer le plus de mots possible en un laps de temps, composer une histoire en équipe ou partager idées et sentiments sur des sujets proposés. Le jeu cherche donc à intéresser les jeunes et les adultes à se raconter et à s’exprimer en français entre eux et dans leurs milieux respectifs. Car savoir reconnaître les lettres et comprendre tout ce que renferment les mots c’est s’outiller pour la vie et s’ouvrir au monde.

Ce projet a été financé par le Secrétariat à la politique linguistique en vertu du Programme de promotion du français lors d’activités culturelles du Gouvernement du Québec.

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août - 2013 19

C’est aujourd’hui que débutent les travaux de la Commission culture et éducation dans le cadre des séances et des auditions publiques sur le document intitulé :« Document de consultation sur la réglementation du prix de vente au public des livres neufs imprimés et numériques ». 

Pour réfléchir et aller plus loin au sujet du débat sur la réglementation du prix des livres au Québec, voici des suggestions de lecture :

1. La série des billets préparatoires de Clément Laberge pour sa prestation devant la Commission constituent un exercice pédagogique incontournable.

2. Les nombreux avantages pour une loi québécoise sur le prix unique du livre (Me Charlaine Bouchard ) __ Trois constats : La fixation du prix du livre a un effet déterminant sur la structure du réseau de diffusion du livre; Le choix du système de prix a une influence indirecte sur l’offre éditoriale ; Le caractère supposément inflationniste du prix fixe est totalement infondé.

3. Le débat entre les éditeurs Jacques Fortin de Québec Amérique et Gilles Herman, au Septentrion.

4. L’ABPQ se prononce en faveur de la réglementation du prix du livre (Association des bibliothèques publiques du Québec) __ Afin d’offrir aux Québécois des bibliothèques disposant d’une collection de qualité, diversifiée et à jour, l’ABPQ se prononce en faveur de la réglementation du prix du livre. Nous croyons fermement qu’une telle disposition viendra compléter la Loi sur le développement des entreprises québécoises dans le domaine du livre qui est maintenant devenue insuffisante pour soutenir les librairies et les bibliothèques dans l’accomplissement de leur mission. Une telle réglementation permettra de maintenir l’accès à une offre littéraire variée partout au Québec.

Le mémoire déposé par l’ABPQ auprès de la Commission de la culture et de l’éducation peut être consulté en ligne à l’adresse : http://www.abpq.ca/pdf/2013-08-19-MemoireABPQ.pdf

5. Prix du livre : une règlementation sensée (Simon Tremblay-Pepin / Institut de recherche sans but lucratif indépendant et progressiste (IRIS) __ [Le] mémoire de l’IRIS à propos d’une règlementation sur le prix du livre en commission parlementaire à l’Assemblée nationale … porte sur la proposition d’un regroupement du milieu du livre de limiter les rabais à hauteur de 10% pendant les neuf premiers mois de vie commerciale d’un livre. Globalement, après recherches et analyses, [L'IRIS trouve] que cette proposition est tout à fait raisonnable.

Les mots-clics des travaux de la Commission : #prixdulivre  ou #prixlivre

Ce billet a été mis à jour à 18 h 50.

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mar - 2013 11

Library of Birmingham - Open Air Amphitheatre

Les projets de nouvelles bibliothèques se multiplient un peu partout à travers le monde, malgré certaines prédictions pessimistes voulant que les bibliothèques disparaissent avec l’arrivée du livre numérique et la dématérialisation des supports et de l’information.

Ces projets sont de plus en plus ambitieux, parfois intégrés dans de vastes projets « mutualisés » de centres culturels ou de loisirs. Ils sont orientés vers le futur, non seulement en termes de technologies, de services et d’aménagement des espaces mais aussi en termes de méthodes et d’approches adoptées : ils font appel au design participatif, au design intégré et respectent les principes du développement durable. Ils sont souvent menés par des pionniers de l’architecture et des cabinets de renom : Rem Koolhaas (OMA), Norman Foster, Zaha Hadid, Santiago Calatrava, Schmidt hammer lassen,… et font l’objet de concours internationaux d’architecture.

Ces projets se démarquent par leur esprit novateur, leur ambition et leur vision de la bibliothèque du 21e siècle. Ils incarnent un symbole fort de rayonnement de la culture dans la ville et s’intègrent parfaitement dans les politiques locales d’aménagement culturel du territoire.

Les projets s’inscrivent dans le contexte de mutation des bibliothèques en tant qu’institution culturelle dans une société du savoir et de l’information marquée par la dématérialisation du livre et de l’information.

Ils marquent l’évolution de la bibliothèque en tant que place pour les livres vers un espace pour les citoyens, d’un lieu de transactions à un lieu de relations, d’un lieu de rencontre avec les livres à un lieu de rencontre avec des personnes, d’un lieu de stockage à un lieu de création. L’usager n’est plus seulement consommateur mais aussi créateur.

Chacun de ces projets propose,  à sa manière, une redéfinition des rôles de la bibliothèque du 21e siècle. La bibliothèque, ce bâtiment imposant qui inspire le respect, parfois intimidant, réputé élitiste, un peu « snob » pour certains, devient un lieu accessible, citoyen, ouvert à tous, démocratique, inclusif mais aussi tourné vers le futur, proposant ainsi une image renouvelée de la bibliothèque.

Les bibliothèques ont souvent été construites selon la perception qu’ont les porteurs de projets : bibliothécaires, architectes, élus et gestionnaires. Il est temps de construire des bibliothèques qui reflètent les attentes du public et d’opter pour une approche du design centrée sur l’usager.

1. Aarhus Urban Mediaspace (Aarhus, Danemark)

Un modèle de démocratie participative

Résultat de plusieurs années d’expérimentation de nouveaux concepts, développés autour de l’approche orientée usager, Urban Mediaspace est l’un des plus importants projets de bibliothèque en cours actuellement au Danemark et en Scandinavie.

Situé au bord de l’eau (Baie d’Aarhus), le projet se veut un lieu de convergence entre la ville et l’eau, entre le centre-ville et la baie.

Il s’agit d’une nouvelle bibliothèque centrale pour la Ville d’Aarhus (300 000 habitants). Elle sera bâtie comme un lieu de vie au cœur de la cité, axé sur les citoyens plutôt que sur les livres.

“Mediaspace will be a ‘melting pot’ for knowledge, growth and development. Centred on the users, Mediaspace should be the city’s heart for knowledge and culture – a unique place for cooperation.”

Le Mediaspace se veut un lieu d’Edutainment (education+entertainment), une place pour le savoir, le dialogue et l’inspiration, un lieu qui contribue à promouvoir la démocratie et la communauté, un environnement d’apprentissage et d’expérience ouvert et accessible, un espace urbain propice aux activités culturelles, à la détente, à la tranquillité et aux jeux. Une place unique pour les enfants et les familles.

Le projet est principalement basé sur la participation et l’implication des citoyens. Il fait appel à l’approche de co-création, à l’innovation avec et par l’usager. Les usagers sont impliqués dans toutes les étapes du processus de design, depuis la réflexion jusqu’à la réalisation.

Le Danemark est pionnier dans ce domaine puisque le MindLab, un laboratoire fondé par des ministères danois pour penser l’innovation dans les services publics via l’implication des citoyens, a vu le jour au début des années 2000 dans le domaine des politiques publiques.

Le projet Urban Mediaspace priorise également le réseautage, la coopération et le partenariat, implique les institutions et les entreprises locales et s’assure de leur contribution au partage du savoir.

Le Mediaspace abritera plusieurs types de laboratoires d’expérimentation et de création : Transformation lab, Literature lab, News lab, Music lab, Fiction lab, etc.

Avec son  architecture visionnaire et durable, le Mediaspace se veut une icône durable pour la ville d’Aarhus, une image de marque renouvelée pour une bibliothèque du 21e siècle hybride et moderne.

  • Date d’ouverture : juin 2013
  • Superficie : 30 000  m2
  • Coût du projet : 255 millions d’euro
  • Architectes : Schmidt hammer lassen

2. Helsinki central library (Helsinki, Finlande)

Il s’agit de la future bibliothèque centrale de la ville d’Helsinki (600 000 habitants), nommée capitale mondiale du Design en 2012.

Située dans un site prestigieux, près de la baie de Töölö, la future bibliothèque sera conçue comme un lieu d’apprentissage, de travail, d’étude et de loisirs. Un hub pour le savoir. Elle a la particularité d’être conçue pour, par et avec les citoyens.

La future bibliothèque se veut un espace urbain où les citoyens s’expriment, interagissent, participent et créent ensemble.

Elle est conçue autour de la participation citoyenne, l’apprentissage, la formation et le Crowdsourcing.

Les usagers sont vus comme des partenaires, des créateurs actifs de la culture et non pas seulement des consommateurs. La bibliothèque est une place de création et d’innovation pour l’individu et pour la société.

Cette bibliothèque se veut hybride combinant l’espace physique et la bibliothèque virtuelle. Une maison de la littérature et du savoir axée sur les usagers, une bibliothèque vivante « Living library ». La technologie y sera omniprésente et ambiante.

« The Central Library will be a combination of personal cultivation, culture and entertainment. It will be a vibrant and functionally versatile meeting place, a house of literature in which the users are the focus. The new Central Library will be much more than a traditional library. It will be a dynamic entity comprised of the physical spaces, technology, library collections, staff, cooperation partners and clients.”

La future bibliothèque s’attend à recevoir 1.5 millions de visiteurs par année. Elle sera accessible 24h par jour, 7 jours sur 7.

La bibliothèque a fait l’objet d’un concours d’architecture international. Le gagnant du concours sera dévoilé en juin 2013.

La Finlande qui se définit comme « la terre des bibliothèques » (a Land of libraries) est aussi connue par l’excellence de son système d’éducation. Les bibliothèques y jouent un rôle important dans la formation, l’information et la culture et sont considérées comme des institutions culturelles et éducatives (rattachées au Ministère finlandais de l’éducation et de la culture).

  • Date d’ouverture : 2017
  • Superficie: 10 000 m2
  • Coût du projet : 69.9 millions d’euro

3. BMVR, Caen La mer (Caen, France)

La future Bibliothèque Multimédia à Vocation Régionale (BMVR) de Caen la mer est le résultat d’une réflexion collective menée par des professionnels et des élus sur la place de la lecture publique dans l’agglomération de Caen.

Le projet s’est fixé comme ambition d’inventer un nouveau type de bibliothèque ancrée dans la société de l’information.

La future bibliothèque se veut un lieu de partage et d’échange autour du savoir et de l’information. Elle regroupera 4 pôles : les arts, les sciences humaines, la littérature et les sciences et techniques

Située sur la pointe de la presqu’Île de Caen, face au bassin Saint-Pierre, Le bâtiment  offrira plusieurs services sur cinq niveaux : une bibliothèque de 810 places assises, un auditorium de 150 places, un espace  d’exposition et un café-restaurant.

« La programmation architecturale a été guidée vers un équipement hybride, tout autant physique que virtuel, avec une parfaite imbrication de ces deux mondes en jouant sur la superposition d’une carte mentale de la connaissance sur la carte spatiale de la bibliothèque ».

« La future Bibliothèque Multimédia à Vocation Régionale de Caen la mer sera :

  • conviviale : car invitante et appropriable par chacun, dans une diversité d’usages et d’attentes. Elle est voulue comme une sorte de living-room urbain ;
  • sémantique : car elle propose une mise en espace heuristique de la connaissance, comme une réponse concrète à la virtualisation progressive de l’information ;
  • mouvante : car elle favorise les flux de personnes et les corrélations entre les idées ;
  • efficiente : car elle intègre au service public la valeur ajoutée des professionnels et des outils de l’information ;
  • évolutive : car elle est d’origine pensée comme vivante, donc apte à anticiper et accompagner toutes les mutations des usages, notamment l’apparition de nouvelles attentes des publics ou l’émergence de nouveaux media, pour tisser et maintenir le lien avec le savoir et l’information. » Source : avant-projet définitif

4.    Halifax Central library (Halifax, Canada)

Une place pour chacun

La future bibliothèque centrale se veut un centre vital au cœur de la cité, pour l’apprentissage, la formation tout au long de la vie et la culture. Elle est le résultat d’un processus majeur de consultation publique avec les citoyens.

“The future Library will blend the best of traditional library services with new and innovative spaces, making it a vital centre for learning and culture in the heart of the community ».

Le processus de consultation publique a été mené afin d’impliquer les citoyens et recueillir leurs avis et suggestions pour la conception de la nouvelle bibliothèque centrale. Plusieurs rencontres ont eu lieu dans le cadre de ce processus avec des citoyens et des groupes d’intérêt.

Les consultations publiques ont permis de dégager trois thèmes majeurs de développement pour la nouvelle bibliothèque : La bibliothèque comme centre communautaire pour la culture, comme centre communautaire pour l’apprentissage et comme centre communautaire pour le partenariat.

Les espaces et les services de la nouvelle bibliothèque centrale d’Halifax refléteront donc les souhaits et la vision des résidents de la ville.

Une bibliothèque orientée vers le futur, moderne et technologique, construite autour des principes du développement durable et de l’accessibilité universelle, visant la certification LEED or. Un espace flexible qui évolue à travers le temps, capable de s’adapter à l’évolution technologique. La bibliothèque se veut une icône pour la ville d’Halifax.

À noter que les bibliothèques publiques d’Halifax ont collaboré dans l’élaboration du programme canadien « Working together », une approche de collaboration avec la communauté, un « laboratoire vivant » (Living Lab) pour développer des bibliothèques publiques inclusives qui servent les besoins de leurs membres principalement les personnes socialement exclues.

  • Date d’ouverture :2014
  • Superficie : 10 034 m²
  • Architectes : Fowler Bauld & Mitchell (FBM) en partenariat avec Schmidt hammer lassen architects
  • Coût du projet : 55 millions $

5. Library of Birmingham (Birmingham, Royaume-uni)

Il s’agit de la future bibliothèque centrale de la ville de Birmingham, deuxième ville du Royaume-Uni avec une population qui dépasse le 1 million.

Un projet ambitieux qui va à l’encontre du climat d’austérité qui règne actuellement en Angleterre, un contexte marqué par des coupures budgétaires et des fermetures de bibliothèques.

Le projet est l’un des plus grands projets culturels entrepris au Royaume-uni durant la dernière décennie.

Rewriting the Book

“Rewriting the Book means redefining the purpose of libraries in the 21st century, by creating a world-class library that is highly responsive to need in a rapidly changing world. It means transforming the way libraries will work in the future, transforming Birmingham and transforming people’s lives.”

Décrit par ses architectes comme le palais du peuple « People’s palace », le projet se veut un centre d’excellence pour la littératie, la formation, la recherche, l’étude et le développement des compétences.

Avec une superficie de 31 000 m2, la bibliothèque se veut une destination culturelle majeure et hautement accessible. Elle vise à transformer la ville et la vie des gens en étant une place pour la découverte, l’acquisition du savoir et l’expérience de lecture.

Cette bibliothèque s’est fixée comme ambition de transformer l’image des bibliothèques, de transformer la ville et la vie quotidienne des résidents.

En plus des services traditionnels, la bibliothèque sera axée sur le numérique et l’insertion sociale et offrira également l’accès aux collections d’archives, de photographies et aux livres rares.

Le bâtiment, fait d’acier et de verre, abritera un studio de théâtre, un studio d’enregistrement, un amphithéâtre extérieur, une galerie d’art, une terrasse intérieure et une autre extérieure.

Elle s’attend à recevoir 3 millions de visiteurs par année.

26 visages représentant chacun une lettre de l’alphabet feront partie de la façade extérieure de la bibliothèque. Ils reflèteront la diversité des rôles que les bibliothèques peuvent jouer dans la vie des personnes issus d’horizons différents et à différents stades de leur vie.

  • Date d’ouverture : septembre 2013
  • Superficie : 31,000 mètres²
  • Architectes : Mecanoo architecten
  • Coût du projet : 188.8 millions de livres sterling

D’autres projets en cours aussi importants méritent d’être cités : rénovation de la New York Public Library, construction de la New Deichman Library à Oslo en Norvège. En France, les projets de bibliothèque troisième lieu à Angoulême et à Thionville. À Londres, le nouvel Idea Store Watney Market qui va ouvrir ses portes cette année.

Tous ces projets se sont fixés comme ambition de proposer à leurs citoyens un nouveau modèle de bibliothèque, à la fine pointe de la technologie, tourné vers le futur.

Bien qu’ils soient implantés dans des villes avec des réalités et des caractéristiques politiques, économiques, sociales et culturelles très différentes, ces projets ont tous en commun le recours à des approches novatrices, une vision moderne et une conscience marquée du rôle de la bibliothèque du 21e siècle dans une société du savoir et de l’information centrée sur l’usager, le citoyen.

Ces modèles rompent avec le modèle traditionnel et classique de la bibliothèque telle qu’elle a été construite jusqu’à tout récemment et nous propose une image renouvelée de la bibliothèque, une hybridation entre le physique et le virtuel, marquant ainsi le passage vers une nouvelle ère.

“Traditional libraries reach traditional users, non traditional libraries reach every one”.


Photo : Library of Birmingham, source : Flickr, licence : CC BY-NC-ND 2.0

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