juin - 2012 12

Image des mardidd avec crédits

Vous connaissez les #mardiDD sur Twitter ?  Y participez-vous ?

 Il est peut-être venu le temps pour les bibliothèques de prendre d’assaut cette plate-forme d’échange sur les bons coups et les moins bons en développement durable. En effet, chaque mardi depuis juin 2011, les entreprises québécoises partagent sur Twitter les actions qu’elles posent pour contribuer à un développement plus viable.

 Conçu à l’origine par Hubrid comme un projet expérimental d’échanges interentreprises (B2B), le site est aujourd’hui animé par la Fondation québécoise en environnement, et réunit désormais, outre les entreprises, des municipalités, des OBNL, des universités et de nombreux particuliers. Chaque mardi, donc, on tweete son expérience, sa bonne idée,  sa nouvelle mesure de DD, pour alimenter un bouillon de conversations duquel on s’abreuve à son tour.

 Il y a certes beaucoup de déclarations d’intention sur cette tribune (les actions suivent-elles ?), mais on trouve aussi des gestes inspirants posés quotidiennement, et en parler de cette façon encourage tous ceux et celles qui contribuent à les poser.

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juin - 2012 11

Image Obsolescence avec crédits

Vous ne pouvez plus ouvrir votre ordinateur ultra portable pour changer votre batterie au risque de perdre votre garantie? Votre imprimante vous demande de la nourrir alors que vous lui avez servi une nouvelle cartouche quelques semaines auparavant? Vous voulez réactiver votre téléphone encore très intelligent, mais on vous propose plutôt un abonnement de trois ans avec un appareil tout neuf?

 Bienvenue dans l’obsolescence programmée des TIC (technologies de l’information et des communications). L’effet de mode, la faible qualité des produits, les mises à niveau compliquées, coûteuses ou impossibles, réduisent la durée de vie des TIC et découragent la réduction à la source, la réutilisation et le recyclage. À ce jeu, seuls les technos les plus aguerris peuvent déjouer le modèle. Ainsi il en va de la couche « matérielle ».

 Or il s’en cache une autre, la couche « logicielle », autrement dit la programmation d’un logiciel. Les programmes sont maintenant tellement lourds qu’on parle d’obésité logicielle, un joueur majeur dans l’obsolescence des TIC :

Puce TIC s'éteint Les développeurs ne réécrivent pas les programmes à chaque nouvelle version, mais ajoutent de nouvelles fonctionnalités. Cette façon de faire, plus économique que la réécriture, crée une obésité logicielle coûteuse et insoutenable, si l’on considère que la majorité des fonctionnalités ne sont pas utilisées.

Puce TIC s'éteint La performance, le nombre de calculs par kWh et les exigences en espace mémoire doublent tous les 18 mois depuis au moins 40 ans. Les nouveaux logiciels nécessitent donc plus d’espace de mémoire et des microprocesseurs toujours plus puissants, du simple au double à chaque nouvelle version, « si bien qu’en 25 ans, la durée moyenne d’utilisation d’un ordinateur a été divisée par 3, passant de 10 à 3 ans [i]». Le passage de Windows ­­­­­XP à la version Vista ou 2010, par exemple, a obligé des milliers d’organisations à remplacer leurs ordinateurs, les parcs informatiques étant plus difficiles à sécuriser lorsque les appareils n’ont pas tous la même capacité de support.

 Puce TIC s'éteint Prêt-à-jeter, une excellente vidéo produite par ARTE, explique la fin de vie des  TIC et ses contreparties, l’obsolescence programmée et la surconsommation.

Le logiciel libre

Pour pallier l’obésité logicielle et le coût financier qui l’accompagne, l’équipe de soutien informatique aux bibliothèques a recours aux logiciels libres dans plus de cas qu’on ne le croit. Sur les postes Internet publics des bibliothèques, ces logiciels non-propriétaires (dont le code source est ouvert), permettent, entre autres, de :

  • lire des documents PDF
  • faire des échanges informatiques de fichiers sur un réseau TCP/IP
  • naviguer dans le Web
  • travailler dans un traitement de texte équivalent à Word

 Bien qu’en l’état actuel ils ne conviennent pas aux usages les plus spécialisés, les logiciels libres présentent des avantages bien réels pour les utilisateurs conventionnels. Ils sont sans coût de licence, ne comportent pas de verrou propriétaire, bénéficient d’un développement et d’un soutien technique solides du fait qu’ils sont l’œuvre d’une communauté de contributeurs, et les mises à jour utilisent le matériel et les périphériques existants (pas besoin d’augmenter la puissance de l’ordinateur chaque fois). Ils présentent un autre aspect primé par les services « sensibles » de la Ville, la sécurité, puisqu’ils ne sont menacés, pour l’instant, par aucun logiciel malveillant.

 Que faire?

L’une des façons phares d’influencer le cours du développement logiciel est de dicter patiemment au marché ses préférences, au moyen du plus puissant outil dont disposent les pouvoirs publics : les politiques d’approvisionnement et les appels d’offres, particulièrement dans les achats groupés.


[i] http://www.greenit.fr/article/acteurs/green-code-lab-une-pepiniere-de-green-design-patterns

 

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juin - 2012 07

Image composite TIC s'éteint 

Pour y répondre, suivons la vie d’une TIC (une technologie de l’information et des communications), du berceau au boulot.

Au berceau : matières premières et fabrication

Un ordinateur peut exiger jusqu’à 100 fois sa masse en matières premières alors qu’une automobile ou un réfrigérateur en requiert du simple au double. La masse de matières extraites pour en dégager les quelques grammes de métaux qui entreront dans sa fabrication se chiffre en tonnes. Ajoutons à cela, pour un PC et un écran de 17 po (1), 1500 litres d’eau potable ou stérilisée (surtout pour la fabrication), 22 kg de produits chimiques et 373 litres de pétrole (2). Un seul circuit intégré (une puce), pesant 2 g et mesurant 0,16 micromètre, requiert 1200 g de combustible fossile, 1 m3 d’azote, 72 g de produits chimiques et 32 litres d’eau.

Côté déchets, la fabrication en génère 164 kg pour le même ordinateur avec écran de 17 po, dont 15 % (le poids de l’ordinateur) sont des substances hautement toxiques. L’énergie (généralement) fossile utilisée totalise 10 fois le poids de l’équipement en équivalent carbone.

Au boulot : l’utilisation dépend des besoins et [surtout] des comportements

Puce TIC s'éteint C’est à l’utilisation que les impacts indirects et organisationnels des TIC influent le plus sur la société, l’environnement et l’économie :

Puce TIC s'éteint Le mode utilisation accapare jusqu’à 60 % de l’énergie totale du cycle de vie d’une TIC. Un appareil qui n’est pas mis en veille est très énergivore, quelle que soit la source d’électricité. Plus un écran est grand, plus il consomme.

Puce TIC s'éteint Un ordinateur portable consomme 50 % moins d’électricité qu’un ordinateur fixe, mais il est moins évolutif.

Puce TIC s'éteint Le mode veille consomme environ 10 % de l’énergie totale de la durée de vie d’un appareil. S’il est mis en veille mais jamais éteint, cet appareil consommera de 10 % à 25 % de la facture d’électricité. En France, où l’énergie est nucléaire, on évalue que la consommation annuelle des appareils en veille dans les maisonnées équivaut à la production de deux réacteurs nucléaires (3). Au Canada, la mise en veille permanente des appareils électriques, avec son cortège de voyants lumineux, représente la consommation électrique annuelle du Nouveau-Brunswick (4).

Puce TIC s'éteint Ne pas confondre la mise en veille avec l’écran de veille ou économiseur d’écran. Ce dernier ne permet pas d’économiser l’énergie.

Puce TIC s'éteint En bibliothèque, les serveurs, les ordinateurs de comptoirs, les OPAQ et les postes Internet, ainsi que certains appareils programmés, doivent, pour l’instant, rester ouverts jour et nuit. Tous les autres appareils, par contre, pourraient être éteints le soir. L’écran, par exemple, s’éteint d’un seul clic. Les lecteurs de code à barres et autres périphériques branchés directement dans l’ordinateur se ferment à l’arrêt de celui-ci. Il suffit de 30 à 60 secondes en moyenne pour démarrer le système et de 30 à 60 secondes pour ouvrir Lotus. Deux minutes. Le temps d’enlever son manteau, d’aller chercher un café ou d’en griller une. La fin de semaine et au départ des vacances, pas d’excuse pour ne pas éteindre son ordinateur et ses périphériques.

Puce TIC s'éteint Même éteint, un appareil électrique consomme de 2 à 22 Watts/h. Un portable consomme jusqu’à 17 Watts/h, l’imprimante 7 Watts/h, le décodeur numérique 15 Watts/h et le téléviseur 5 Watts/h.

Puce TIC s'éteint Selon l’Office de l’efficacité énergétique, la seule façon d’être assuré qu’un appareil ne consomme pas d’électricité est de le débrancher ou de fermer la barre de tension sur laquelle il est branché. Plutôt difficile à faire au travail, mais à la maison, on peut brancher l’ordinateur et ses périphériques sur une multiprise munie d’un interrupteur, qu’il suffit d’éteindre le soir, durant les vacances ou les absences prolongées. Il existe des barres d’alimentation intelligentes dotées de prises indépendantes, qui permettent de regrouper des appareils informatiques (ou même ses petits électroménagers), y compris les appareils programmés qu’on ne peut pas débrancher, tel que les enregistreurs numériques. Il en existe même avec minuterie : le débranchement se fait alors tout seul.

La réponse

Donc, en réponse à la question, on peut répondre que cela dépend de nous…. de combien de centrales électriques nous avons besoin pour satisfaire à la demande énergétique du type d’utilisateur que nous sommes.  Devons-nous absolument garder les voyants de nos écrans, imprimantes personnelles, agrafeuses et étiqueteuses électriques allumés en tout temps? Si le coût et les impacts sont plutôt insignifiants à l’échelle d’un espace personnel de travail ou d’un logis, on n’a qu’à les reporter à l’échelle d’une population pour en saisir l’énormité.

Bonnes vacances !  N’oubliez pas d’éteindre.       


[1] Computers and the Environment : Understanding and Managing their Impacts, 2003, sous la dir. de Ruediger et Eric Williams, Kluwer Academic Publishers, EcEfficiency in Industry and Science Series, Dordrecht/NL, 300 p.

[2] http://www.electronicstakeback.com/green-design-vs-greenwashing-2/

 [3] L’ADEME — l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie de France — fournit, sous forme de tableaux, des exemples d’appareils consommant de l’énergie tout en étant arrêtés ou en mode d’attente. Très informatif. http://www.ademe.fr/lorraine/energie/mde.html

[4] http://vieenvert.telequebec.tv/sujets/588/debrancher-pendant-2-semaines

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fév - 2012 07

Donnez-leur un ordinateur, ils en feront un métier, une salle de jeu, une boîte aux lettres, tout sauf un aquarium.

Les analyses de cycle de vie nous apprennent que les solutions les plus viables, les plus rentables et les moins coûteuses pour réduire les impacts sociaux et environnementaux des TIC1sont la réutilisation et le reconditionnement2. De toutes les TIC récupérées, celles provenant des institutions (comme les municipalités) ont la plus haute valeur de revente. Le tableau ci-dessous montre que, même dans le pire des scénarios de reconditionnement, où l’appareil ne serait pas recyclé à la fin de sa seconde vie, le reconditionnement est de quatre à neuf fois moins dommageable que le recyclage direct, autrement dit, que l’enfouissement technique ou la récupération des matières premières après un premier utilisateur3. Le calcul des impacts est fondé sur l’évitement de la production d’un ordinateur neuf.

Comparaison des  dommages selon quatre scénarios de fin de vie d’un ordinateur

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CIRAIG et Groupe AGECO, Analyse du cycle de vie environnementale et sociale de deux options de gestion du matériel informatique en fin de vie, 2011, p.46. Source : http://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/.

Selon Monica Antoneli, les bibliothèques, en tant que partenaires d’autres organismes, doivent devenir plus engagées dans les processus décisionnels et l’élaboration de politiques publiques4.Un réseau de bibliothèques tel que le nôtre peut, en effet, imprimer sa volonté en matière de TIC vertes dans ce marché, et faire progresser le changement réel en faveur de TIC socialement et environnementa­lement responsables. C’est à cette fin que la Ville de Montréal a négocié une entente de récupération et de revalorisation avec OPEQ5 Ordinateurs pour les écoles du Québec.

L’entente avec OPEQ, profitons-en !

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La mission première d’OPEQ est d’offrir du matériel informatique performant, à peu de frais ou gratuitement, à des organisations publiques ou privées œuvrant dans le domaine de l’éducation, comme les bibliothèques. L’organisme trie et transforme en éco-TIC répondant parfaitement aux besoins de ses clients l’équipement dont se départissent les gouvernements et les entreprises. Il détourne ainsi des milliers de tonnes de matière polluante des dépotoirs. Environ 1000 jeunes ont acquis une expérience de travail dans les ateliers d’OPEQ, qui a distribué 180 000 ordinateurs et 14 000 imprimantes depuis 1998. Étant donné que 90 % du matériel provenant des secteurs commercial et institutionnel ont une bonne valeur de revente ou de réutilisation, on comprend que le tri préalable effectué par les techniciens des services informatiques constitue la pierre angulaire de la filière. À la Ville de Montréal, ce tri repose sur la charte de désuétude révisée chaque année par le Service des technologies de l’information.

Marche à suivre

Particuliers

Tous les particuliers qui souhaitent remettre leurs équipements informatiques à OPEQ peuvent le faire en les déposant dans les magasins Bureau en Gros participants.

Entreprises

Il suffit de remplir un court formulaire en ligne.  Il sera transmis automatiquement au Centre d’appels d’OPEQ, qui communiquera avec vous.

Ministères

Consulter les procédures distinctes pour ministères provinciaux et ministères fédéraux sur le site d’OPEQ

Bibliothèques de la Ville de Montréal

L’entente-cadre de récupération 557215 est ouverte à tous les arrondissements, profitez-en ! OPEQ peut même vous vendre à très bas prix des ordinateurs portables que vous pourriez prêter au comptoir.

Les consignes suivantes sont données à titre informatif. Vous devez toutefois consulter les documents de l’entente dans le WikiBM sous l’onglet Parc informatique/catégorie Récupération, Valorisation, Élimination du matériel informatique désuet, tels que l’entente, le formulaire à remplir,  la liste du matériel accepté par OPEQ et la procédure d’effacement des données, etc.

Les bibliothèques des ex-banlieues peuvent se prévaloir de l’entente comme suit :

  1. Dressez la liste du matériel dont vous désirez vous départir dans un document prévu à cette fin, et le faire parvenir à Bob Kruk (ce nom peut changer). Ce document intitulé Formulaire 8fev2011.xls est accessible dans le WikiBM. Il est présenté sous forme de modèle accompagné d’explications. Conçue pour des fins de traçabilité, cette formalité permet une utilisation optimale du matériel à l’échelle de la municipalité. Ainsi, si l’on se départit d’un appareil dans un service ou une bibliothèque d’un arrondissement ou aux services centraux, cet appareil peut être expédié dans un autre service ou bibliothèque du réseau où il y a un besoin. Cette réallocation des ressources informatiques a permis, par exemple, de récupérer une centaine d’écrans de 17 pouces presque neufs pour les bibliothèques du réseau.
  2. Une fois cette liste approuvée, demandez à votre service informatique de procéder à l’effacement des disques durs selon les directives de sécurité de la Ville de Montréal.  En guise de précaution, OPEQ reformate tous les appareils qu’il reçoit de la Ville. Les postes professionnels des bibliothèques, eux, sont récupérés par les techniciens de la Division de la planification et du développement du réseau.
  3. Ensuite, faites rédiger un dossier décisionnel (GDD) et faites-le valider par le conseil d’arrondissement (CA). Pourquoi un dossier décisionnel? Parce que la Ville verse une somme minimale forfaitaire pour chaque écran ou imprimante remis à OPEQ, couvrant les frais de transport, manutention et traitement. Ces frais sont assumés par la Direction de l’environnement et du développement durable.
  4. Une fois le GDD approuvé par le CA, faites parvenir la liste à OPEQ et prendre rendez-vous avec eux afin qu’ils ramassent les appareils désuets inscrits sur la liste).  OPEQ fait la cueillette sans frais pour des lots de 20 articles et plus. Vous n’avez pas assez d’articles ? Coordonnez les cueillettes avec d’autres bibliothèques de votre arrondissement en désignant un seul point de chute. Suggérez à vos techniciens informatiques d’arrondissement de faire l’inventaire du matériel inutilisé de votre arrondissement sur le même formulaire que le vôtre (un seul formulaire par point de cueillette). Si le volume est suffisamment intéressant, l’organisme peut aussi reprendre du matériel comme des métaux et des plastiques qu’elle revendra sur le marché à des entreprises de recyclage adéquates.

Les bibliothèques de l’ex-Montréal doivent :

  1. Dressez la liste du matériel dont vous désirez vous départir dans un document prévu à cette fin, et faites-la parvenir à Fabien Brunel qui l’acheminera à M. Kruk après vérification. C’est M. Kruk qui rédigera le sommaire décisionnel.
  2. Les anciens postes dotés de disques durs nécessitant un effacement sont récupérés par les techniciens de la Division de la planification et du développement du réseau. Vous n’avez pas à vous en préoccuper.
  3. Une fois le GDD approuvé par le directeur de la STI, un technicien de la Division de la planification et du développement du réseau s’occupera de planifier la cueillette de l’équipement avec vous et OPEQ.

Personnes ressources

Pour toute question concernant l’entente de récupération de la Ville avec OPEQ, communiquez avec M. Michel Provencher, au Service des technologies de l’Information (STI), au 872-5341, ou avec Mme Danielle Fortin, à la Direction de l’environnement et du développement durable, au 872-8987. Pour toute question concernant la procédure à suivre, communiquez avec Bob Kruk, au 280-6585. Pour toute question sur le type de matériel récupéré par l’OPEQ, communiquez avec Mme Maryse Lavoie de l’organisme OPEQ, au 514 870-8045.


1 Technologies de l’information et des communications (TIC)

2 ECPAR-Espace québécois de concertation sur les pratiques d’approvisionnement responsable, sous la coordination d’Édouard Clément, Jean-Pierre Revéret et Jean-Sébastien Trudel, Rapport de recherche : Pratiques d’approvisionnement responsable – Analyse des volets social, environnemental et économique, 2008. Disponible en ligne : http://www.ciso.qc.ca/wordpress/wp-content/uploads/ecpar_rapport_avril09.pdf

3 Le calcul des impacts est fondé sur l’évitement de la production d’un ordinateur neuf.

4 Monika Antonelli, « The Green Library Movement : An overview » EGJ, 12-08-2008, ET Frederick W.Stoss, « Sustainable Communities and the roles of librairies and librarians », Beyond et Reference and User Services Quarterly, vol.42,n°3, spring 2003.

5 Ordinateurs pour les écoles du Québec http://www.opeq.qc.ca/

La vidéo peut aussi être consultée sur [http://youtu.be/xkIWyP6HbAk] ou sur le  site de l’organisme.

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nov - 2011 21

Image_Story_of_elctronicsTablettes de lecture, livrels, liseuses, nuage informatique, Internet, les livres et les données se dématérialisent. Comment  cette dématérialisation s’inscrit-elle dans un développement plus soutenable de nos sociétés en général, et de nos bibliothèques en particulier ?

L’équipe du programme RAC (rénovation, agrandissement et construction de bibliothèques)  s’est intéressée à la question, celle des technologies de l’information et de la communication (TIC), les écoTIC, en particulier.

Pour l’instant, les TIC, vertes ou non, sont encore plutôt grises, malgré une opinion publique favorable à l’adoption de politiques d’approvisionnement responsable. D’abord, les livres et les technologies ne se dématérialisent pas vraiment : ils sont produits autrement ou ailleurs. Ensuite, certains efforts sont bien réels — ateliers de revalorisation des TIC, programmes de recyclage, réduction de matières dangereuses et utilisation de pièces recyclées dans certains appareils — mais ils sont encore marginaux, et les améliorations en matière de conception ont surtout porté, à ce jour, sur l’amélioration de la consommation énergétique.

Qu’à cela ne tienne, les bibliothèques peuvent agir en faveur de modèles plus soutenables de développement de cette filière, et sur plus d’un front. La première ligne d’attaque pourrait être la sensibilisation « préventive ». En effet, l’un des plus grands ennemis des TIC est le temps. La durée d’utilisation des ordinateurs est passée de 10 ans en 19851 à 2,5 ans depuis 2007. Celle des cellulaires est de 18 mois. Si les tablettes de lecture et les liseuses comptent parmi les solutions vertes en permettant de réduire le tirage de livres papier, elles ne sont pas fabriquées à partir de ressources renouvelables. Mais selon le Cleantech Group2, si on lit 22,5 livres sur une même liseuse, la Kindle d’amazon en l’occurence, on pourrait amortir les impacts de la production de cette liseuse. Donc, un impact neutre. Au-delà de ce nombre, le fait de lire en mode liseuse préviendrait les impacts de la production papier de tous les autres livres lus… sur la même liseuse. Ces appareils doivent donc échapper à l’effet de mode et à l’obsolescence programmée3 pour avoir un impact écologique neutre ou positif.  Autrement dit, plus longtemps on garde l’appareil, plus il « verdit ».

The Story of Electronics est un outil pédagogique amusant et fort instructif, produit par The Story of Stuff Project, qui reconstitue le cycle de vie des TIC sous la forme d’une animation narrée. La vidéo fait partie d’une série d’animations destinées à sensibiliser le public des sociétés industrialisées aux enjeux sociaux et environnementaux de leurs modes de production et de consommation, en prenant pour exemple le modèle étatsunien. La série est accessible en anglais, mais il est possible de visionner la toute première animation intitulée simplement The Story of Stuff (L’Histoire des choses), ou encore celle sur l’Histoire des bouteilles d’eau (The Story of Plastic Bottles), en versions sous-titrées en français.  On peut également télécharger The Story of Stuff sous-titrée en français sur le site du groupe Pour un monde durable. Toutes les animations produites par l’organisme — sous licence Creative Commons — peuvent être téléchargées sans frais à partir du site http://www.storyofstuff.org,  pourvu qu’elles soient projetées intégralement et à des fins non commerciales. C’est gratuit, mais un don à l’organisme est apprécié.

Voilà une bonne source d’inspiration pour des activités de sensibilisation au développement durable et responsable en bibliothèque !

[1] Éric Drezet, « Les technologies de l’information et de la communication : une partie de la solution ou une cause du problème ? » Communication donnée au Colloque EJC-TIC 2011, dans le cadre des Entretiens Jacques Cartier, Montréal les 3 et 4 octobre 2011.

[2] L’ analyse du cycle de vie d’une liseuse Kindle produite par le Cleantech Group n’est plus accessible par Internet, mais on peut obtenir une copie du résumé en communicant par courriel avec moi.

[3] Voir l’excellent documentaire produit par Arté sur l’obsolescence programmée ici : http://pourunmondedurable.blogspot.com/

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