oct - 2010 19

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1. CEFRIO. Stats médias sociaux: que fait-on maintenant? -> L’usage des médias sociaux a connu une forte croissance en 2010 au Québec (41 %).

2. Communautique. Manifeste pour un plan numérique québécois -> Nous voici déjà dans la deuxième décennie du XXIe siècle. Pourtant, le Québec ne dispose toujours pas d’une stratégie numérique.

3. Infobourg. Lecture à l’écran : défis du lecteur branché ->  Dossier. La culture du Web, la multiplication des réseaux d’accès à Internet et la miniaturisation des processeurs, permettant de développer de nombreux appareils mobiles, ont donné naissance à de nouvelles formes de lecture et d’apprentissage.

4. Stephen’s Lighthouse. Future Ready : Montana State Library Keynote -> Une présentation de Stephen Abram sur la bibliothèque de l’avenir.

5. NEEHSLs* and beyond. 12 Major Trends in Library Design -> 12 tendances pour assurer à la bibliothèque une position essentielle (dans un contexte universitaire qui se transpose en bibliothèque publique).

6. Librarian in Black. 10 Steps to Mobile Supremacy for Libraries -> Pourquoi et comment entreprendre le développement de la bibliothèque mobile?

Bonus: Des cartes de bibliothèques qu’on voudrait collectionner.

-> L’image Tramway crossing under construction, Ste. Catherine and St. Lawrence St., Montreal, QC, 1893 Wm. Notman & Son provient de la galerie du Musée McCord dans les Commons de Flickr

Marie D. Martel

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oct - 2010 18

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C’est la  Semaine des bibliothèques publiques et elle est dédiée aux 12-25 ans. Je profite de cette occasion pour partager l’extrait d’un article que j’ai écrit pour le magazine L’École Branchée et qui est paru en septembre dernier au sujet de la bibliothèque jeunesse entendue comme service pour les enfants et les ados.

On dit que la  bibliothèque est une idée plus grande que le lieu.  Aux quatre coins du monde en ce moment, on s’ingénie à repenser et à créer un  nouveau genre de bibliothèques jeunesse. Le succès des bibliothèques de demain, assume-t-on, dépendra de notre capacité à répondre aux besoins des jeunes citoyens numériques d’aujourd’hui. Les nouvelles bibliothèques qui relèvent ce défi partagent pour la plupart une philosophie pour le changement qui s’articule autour de trois axes : la participation, la littéracie, l’accès.

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oct - 2010 14

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  • Inscrivez-vous en grand nombre à la soirée Ludo-Biblio au Congrès des milieux documentaires 2010 -> Une initiative des bibliothèques publiques de Montréal-Nord et de Montréal par l’entremise de Jean-François Cusson et de Thierry Robert.

Marie D. Martel

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oct - 2010 12

Photo intitulée Circles12, réprésentant le Yin et le Yang

1. The Seattle Public library. Library Collection -> À la bibliothèque de Seattle on peut s’abonner pour avoir accès aux podcasts qui présentent les activités de la bibliothèque, des lectures d’auteurs invités, les recommandations de livres que les bibliothécaires enregistrent pendant leur pause-café…

2. Petermr’s blog. 12 suggestions for how Librarians can build the future -> « The library can be at a gateway of power and creativity in the electronic world ».

3. TeXtes. Présent de l’indicatif -> Le premier de 3 billets importants rédigés par Véronique Clayssen présente à la Foire de Francfort et au TOC la semaine dernière où elle rapporte un « basculement très net dans les thématiques abordées par tous ceux qui s’intéressent au numérique. L’an dernier encore pas mal de conférences, ateliers, présentations se conjuguaient au futur : Le futur du livre, le futur de l’édition, la lecture demain … Cette année, c’est bien différent. On parle de numérique au présent » Voici les 2 autres:  Changer nos manières de travailler -TOC – Francfort 2010 1/2 et aussi 2/2.

4. Culture Libre. Étude du logiciel libre au Québec -> Une enquête qui vise à réaliser un portrait du logiciel libre au Québec, c’est-à-dire une analyse abordant de façon large les activités, projets, acteurs et actrices du logiciel libre dans le contexte québécois.

5. Descary.com. Les Groupes sur Facebook deviennent très intéressants -> Facebook a fait subir une cure de rajeunissement à ses groupes. Ils sont désormais de véritables outils qui permettent de bâtir des groupes selon les champs d’intérêt de vos amis. Ne manquez pas de vous joindre sur FB au nouveau Groupe Bibliothécaires et Bibliothèques de Montréal.

6. xkcd. Online Communities 2 -> Une nouvelle carte des médias sociaux qui relativise leur distribution en comparaison de la communication verbale et des courriels.

-> L’image Circle12 provient de la galerie de Tanakawho sur Flickr sous licence creative commons

Marie D. Martel

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oct - 2010 08

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  • Les bibliothèques de Montréal-Nord -> Intégration réussie au catalogue Nelligan, les citoyens de l’arrondissement pourront utiliser leur carte d’abonné pour bénéficier de l’ensemble des services des bibliothèques de la Ville de Montréal.
  • ACB. Salon des bibliothécaires ->  l’ACB commence la nouvelle saison avec un Salon des Bibliothécaires sur le thème du code source libre et leur relation avec les bibliothèques. Le mercredi 13 octobre à 17h30 à la brasserie Les Trois Brasseurs, 732 Rue Ste-Catherine O.

Marie D. Martel

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oct - 2010 07

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1. RFI. À la recherche d’un nouveau modèle de bibliothèque publique -> A l’ère du tout numérique, Les «digital natives» demandent plus aux bibliothèques publiques que d’emprunter un livre, ils sont en demande de médias numériques, et les adultes aussi.

2. NYR Blog. A Library without Wall -> La bibliothèque sans livres par Robert Darnton dans le New York Book Review.

3. Library Journal. America’s Star Libraries, 2010: Top-Rated Libraries -> Les bibliothèques étoiles aux États-Unis.

4. Bookshelf. Read -> Du rayonnage pour la promotion de la lecture.

5. Bibliobsession. Ressources numérique et médiation dans les bibliothèques publiques -> Une vision panoramique de l’offre actuelle, de ses enjeux et du contexte en lien avec la médiation numérique.

6. Pressenza International Press Agency. Les dix stratégies de manipulation des masses -> Une approche critique de l’information : Noam Chomsky détaille l’éventail, depuis la stratégie de la distraction, en passant par la stratégie de la dégradation jusqu’à maintenir le public dans l’ignorance et la médiocrité.

C’est tout ou presque…puisque l’on vient d’annoncer que Mario Vargas Llosa remporte le prix Nobel de littérature 2010.

Marie D. Martel

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oct - 2010 04

Nous étions une délégation de plus d’une vingtaine en visite à la Toronto Public Library pour accéder de manière privilégiée à ce réseau aussi performant qu’innovant au plan de la planification et du développement de l’infrastructure physique et numérique comme au plan des services. L’accueil qui nous a été réservé et l’information qui nous a été transmise ont été rien de moins que exceptionnels.

IMG_0094Toronto Public Library, le plus gros réseau urbain au monde avec ses 99 bibliothèques, dessert 2,5 millions de personnes dans des voisinages et des communautés fortement diversifiées.

Établi depuis 1884, le développement initial a profité des initiatives du mécène Carnegie.

Le personnel compte 2 500 personnes.

Le réseau est organisé selon une structure pyramidale avec à sa tête 3 bibliothèques de référence et de recherche, comme autant de Grande bibliothèque, 17 bibliothèques de district et 79 points de service.

La planification stratégique s’articule autour des objectifs suivants :

  • Engaging Toronto’s Diverse communities
  • Addressing the Growing Income Gap
  • Expanding Access to Technology and Online Services
  • Supporting Creativity and Culture
  • Supporting a sustainable Library

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sept - 2010 23

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« Les traditions d’hier sont les fondations d’aujourd’hui ».  Si ce n’est pas un titre souriant, rassembleur et peu porté sur la contreverse, je me demande…Et bien Kristina Virtanen, qui l’a utilisé pour présenter la Helsinki City Library au Symposium de Bucarest, s’en est servi pour tenir un discours assez provocant – mais avec cette explication : c’est la version nordique de la bibliothèque.

Quelques chiffres.

Population : 2 millions d’habitants

Ressources humaines : 480 employés

Visites en bibliothèques : 6 518 971

Visites virtuelles : 6 919 682 -> Je vous invite à relire cette statistique encore une fois et je vous assure que je n’ai pas fait d’erreur. C’est très impressionnant. Depuis 2007, le nombre de visites virtuelles a dépassé la fréquentation au tourniquet. Suivant les termes de la conférencière : on travaille fort pour conquérir les citoyens numériques. On la croit.

La bibliothèque du 21ième siècle à la finlandaise est une bibliothèque sans frontières, qu’elles soient technologiques ou culturelles. Elle favorise notamment:

  • des processus ouverts
  • de l’expression et des bibliothécaires qui ne craignent pas l’auto-promotion pour contribuer à se faire connaître et à valoriser la profession
  • une concurrence assumée avec les autres fournisseurs d’information
  • des intérieurs dynamiques et de la flexibilité
  • l’emphase sur la lecture mais une offre multimédias, films, musique, jeux, etc.
  • l’autonomie de l’usager
  • la médiation hors-les-murs
  • des espaces et des facilités pour les individus et pour les groupes
  • des relations, des réseaux, des partenariats et des projets pour faire advenir la société de l’information
  • une approche interactive du service permettant à l’usager de participer, de donner des intrants, d’être-avec le bibliothécaire dans un contexte de référence par exemple

Les valeurs qui sont le fondement de la bibliothèque publique et sur lesquelles cette re-conception de l’offre en bibliothèque s’appuie?

  • La démocratie, l’accès libre et gratuit à l’information et aux formes nouvelles qui la véhiculent
  • La fiabilité de l’information fiable et son évaluation
  • La contribution au développement de la société
  • L’engagement auprès des enfants et la promotion de la lecture
  • Le catalogage du matériel indépendamment du format

Enfin,  deux exemples de services étonnants qui illustrent sa thèse:

1) The laptop doctor : Un service qui s’adresse essentiellement aux personnes âgées et qui vise à les aider à surmonter des obstacles techniques : effectuer des mises-à-jour, installer des programmes, etc.  Dans les Applestore, il y a le Genius Bar, et je me disais, à l’occasion de certaines de mes visites à cet endroit, que l’on devrait développer en bibliothèque l’équivalent de ce comptoir des génies. La bibliothèque d’Helsinki l’offre.

2) The moving laptop class room : Les ordis sont rangés dans deux sacs de sport et en route! via les transports en commun, pour une séance de formation à l’information quelque part dans la région de Helsinki. Vous avez tout de suite vu qu’il s’agit d’un service hors-les-murs revisité afin de répondre à des nouveaux besoins.

| L’image Stairwell, Heksinki City Library, sous licence creative commons, provient de la galerie de Inky sur Flickr |

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août - 2010 27

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Andrew McDonald expose les 10 qualités les plus importantes d’un espace de bibliothèque réussi dans les IFLA Library Building Guidelines. Dans le billet précédent, j’ai présenté les 5 premières de ces 10 caractéristiques – avec lesquelles, comme mentionné,  j’ai pris des libertés puisque l’auteur se prononce pour les bibliothèques universitaires et parce qu’il importe ici de se positionner en tenant compte des pratiques et des contraintes locales.

TOUT est accès et pour réussir un espace de bibliothèque, celui-ci devra également posséder les 5 qualités suivantes et être :

6. stimulant, inspirant (conducive)un espace humain de qualité supérieure qui motive et inspire les gens. Générant la sphère publique, au coeur de la communauté, la bibliothèque doit traduire le rôle et la valeur de ce lieu distinct, et partant, de ceux qui l’habite. L’ambiance doit être confortable, propice à l’étude, à la réflexion, à l’examen critique; énergisante, elle doit stimuler et encourager les usagers, et contribuer à mettre du sens dans leurs projets, dans leurs destinations. Une architecture ambitieuse et imaginative, des aménagements originaux et variés, du mobilier de qualité vont définir cet espace ouvert à l’exploration et au dépassement de soi. Cette dimension sera enrichie par la présence d’artefacts culturels, d’oeuvres d’art, des jardins sensoriels, distribués dans des aires d’expositions qui s’insèrent aussi nombreux que possible dans l’environnement.

7. durableun espace qui offre des conditions appropriées pour les utilisateurs, les documents et les ressources technologiques. La qualité architecturale doit être développée en fonction du bien-être et de l’environnement en visant une réduction de l’empreinte écologique. Des conditions qui soient environnementalement durables sont nécessaires pour le confort des utilisateurs mais aussi pour une exploitation efficace des équipements informatiques et pour la sauvegarde des documents. Ces conditions dépendent d’un contrôle de l’humidité, de la température, de la lumière,  de la poussière, de la ventilation, de la pollution, des matériaux, de l’énergie en visant un bilan neutre en carbone.

8. sécuritairepour les gens, les collections, les équipements, les données, le bâtiment. Il existe des risques pour les utilisateurs, les collections, les équipements, les données et le bâtiment et la programmation doit faire en sorte de se conformer aux normes et aux législations touchant la santé et la sécurité.

9. efficaceun espace qui vise à des économies de superficie, de personnel et de coûts d’opération. Les bibliothèques doivent opérer de la manière la plus efficace et économique que possible dans un contexte d’attrition. Récemment, la gestion des espaces, leur utilisation et leur efficacité de même que les coûts associés à tout le cycle de vie du bâtiment sont scrutés avec soi et les projets sont appelés à démontrer leur valeur en relation avec les sommes considérables qu’ils engagent.

10. adéquat pour les technologies de l’informationavec des équipements flexibles (dans le temps et l’espace) pour les usagers et les membres du personnel. Les technologies de l’information n’ont pas rendu les bibliothèques obsolètes parce que celles-ci les ont intégrées dans leurs espaces et dans leur offre de service. Les nouveaux espaces doivent permettre aux utilisateurs de profiter des changements technologiques par le biais d’une expérience positive. La programmation devrait être fondée sur des hypothèses concernant les technologies de demain et une compréhension des besoins des citoyens numériques et de ceux qu’il faut inclure au sein de la société de l’information. Le technologies de libre-accès (guichet automatisé de prêt et de retour) favorise l’autonomie de l’usager qui souhaite ce type de service. La technologie doit être omniprésente par le biais du sans-fil et de la distribution des branchements. L’espace doit être propice à une dissémination de la technologie plutôt qu’à une concentration de celle-ci par le biais d’un parc de postes informatiques alors que la mobilité des équipements (portables, que ce soit ceux des usagers ou prêtés par la bibliothèque, lecteurs numériques, Ipad, etc.) est une tendance lourde. Comme en milieu universitaire, les bibliothèques publiques devraient également tenir compte des tendances liées aux nouvelles interfaces de la connaissance qui constituent des sources d’apprentissage mobile, connecté, visuel, interactif. Partenaire de la communauté à travers la technologie, des salle de formation sont prévues dans la bibliothèque, de même que les dispositifs nécessaires pour assurer les services hors-les-murs tel que le prêt à domicile.

En plus de ces qualités, la nouvelle bibliothèque devrait posséder un facteur « wow » et être en mesure de captiver les utilisateurs tout en traduisant, de manière forte, l’identité de marque de l’institution.

Pour compléter cet horizon, on ajoutera que ce lieu devrait être conçu suivant une approche :

  • de réseau : qui tiennent compte de son inscription dans un ensemble plus large, ville, province, communauté internationale, susceptible d’assurer une meilleure planification des activités et une rationalisation des ressources.
  • d’intégration : qui, suivant la perspective de l’architecture intégrée, implique l’utilisateur, qu’il soit usager ou membre du personnel, dans le processus de programmation et de design.
  • de marketing : ici encore, il s’agit d’une approche centré sur l’usager et ses besoins, plutôt que sur les collections; on mise alors sur des techniques de marketing pour mieux identifier l’offre de produits et de services, leur valeur ajoutée, de même que les stratégies promotionnelles et les espaces où celles-ci devraient être déployées.
  • de mémoire :  qui contribue à création, à la sauvegarde et à la mise en valeur des collections locales dont la bibliothèque est la gardienne avec les espaces et les équipements que ceci requiert.
  • favorable au jeu et à la créativité : qui réponde aux attentes d’un positionnement de la bibliothèque comme lieu de divertissement et d’exploration en proposant des aires pour la conception multimédias et le jeu vidéo (gaming) par exemple.

Marie D. Martel

* L’image Prelinger Library est sous licence creative commons et appartient à la galerie de rockcreek dans Flickr.


août - 2010 10

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J’ai appris, de source sûre, que le comité ISO pour les bibliothèques prépare un document décrivant un ensemble de normes pour la construction de bibliothèque qui devrait être diffusé au cours de l’automne 2010. C’est une heureuse initiative, d’une part parce qu’il se construit plus de bibliothèques que jamais. D’autre part, parce que les conditions de la planification et de la programmation des espaces n’ont jamais été aussi hasardeuses dans ce contexte de changement, de complexité et de paradoxes.

Comme le suggère Santi Romero (Library Architecture, 2008), aujourd’hui la société du loisir côtoie la problématique du chômage et de l’immigration. On déplore la surcharge informationnelle alors que l’analphabétisme fonctionnel, le décrochage scolaire et les carences dans la formation continue sont des maux bien documentés. Autre contradiction, l’accès à l’information est élevé en principe démocratique mais les écarts sociaux sont tels que plus de 40 % de la population n’est pas équipé pour accéder à l’information numérique et combien d’autres, parmi ceux qui y accèdent, n’ont pas les connaissances requises pour l’utiliser et l’évaluer de manière critique. Le livre et le texte sont des dispositifs bien ancrés mais aujourd’hui les technologies numériques bouleversent la pratique de la lecture par l’intermédiaire d’informations fragmentées, de documents interactifs avec des conséquences sur la transmission des savoirs dont on mesure encore mal la portée.

Ce qui se détache clairement dans cet horizon brouillé, c’est que les bibliothèques sont appelées à faire une différence dans la résolution de ces contradictions au sein de la sphère publique. La vision de la bibliothèque n’est plus celle d’un entrepôt où un certain produit-livre est soumis à un processus, conservé et diffusé, on le dit et on le répète souvent, elle représente un centre de culture communautaire  qui supporte l’accès à l’information et au savoir dans le contexte de surabondance, d’inégalités sociales, de transformation qui caractérisent la société numérique et pour laquelle on sollicite son intervention. Plus tard, ce sera autrement, pour le moment, ces besoins sont identifiés comme prioritaires.

Il va sans dire que cette mission plus récente se décline dans le prolongement des fonctions séculaires propre au modèle de la bibliothèque publique mais qu’elle actualise. Et comme la bibliothèque est une institution généreuse, à l’image de ceux et celles qui la font, elle continue donc d’assumer la palette de services courants développés au fil des décennies pour les différents publics.

Cet ouvrage à venir du comité ISO sur les normes de construction constituera un complément quantitatif au IFLA Library Building Guidelines : Developments & Reflections paru en 2007 qui expose un ensemble d’enjeux et de recommandations stratégiques concernant le processus de planification d’une nouvelle bibliothèque et dont le contenu, de nature plus qualitative, est toujours actuel.

Dans les IFLA Library Building Guidelines, Andrew McDonald expose les 10 qualités les plus importantes d’un espace de bibliothèque réussi. Et l’objectif de ce billet vise, de fait, à présenter ce point-de-vue – avec lequel j’ai pris des libertés puisque ce dernier se prononce pour les bibliothèques universitaires et parce qu’il importe ici de se positionner en tenant compte des pratiques et des contraintes locales.

On comprend que TOUT est accès et pour réussir un espace de bibliothèque, celui-ci devra être:

  1. fonctionnelun espace qui s’utilise aisément, convivial et qui vieillit bien. Il permet de remplir sa mission, ses fonctions de médiation, de formation comme ses fonctions récréationnelles en offrant des services de haut-niveau. Les relations entre les documents, les gens et la technologie sont prises en compte. Aujourd’hui, on se fait également sensible à la vitesse avec laquelle les usagers s’attendent à pouvoir circuler et trouver ce qu’il recherche.
  2. flexibleun espace adaptable dont l’utilisation est appelé à changer. La futurologie étant ce qu’elle est, on recommande de ne pas planifier pour plus 15-20 ans, en raison de l’incertitude qui règne au sujet des technologies numériques, sinon en planifiant une approche flexible à long terme. On vise à faire en sorte que l’utilisation de l’espace puisse être modifié sans perturbations, simplement par le biais d’un réaménagement du mobilier, des équipements, des étagères. Des dégagements combinés à des dispositifs mobiles permettent une reconfiguration aisée en fonction des besoins spécifiques et des usages ainsi qu’une capacité évolutive des lieux suivant les transformations. Ces caractéristiques permettent à la bibliothèque de s’incarner aujourd’hui tout en considérant les besoins qu’elle devra combler demain pour demeurer pertinente. Mais la flexibilité a un coût.
  3. accessibleun espace sensible, facile à utiliser et qui encourage l’autonomie. Tout est accès mais, en particulier, le design doit rencontrer les exigences associé à l’accessibilité universelle pour les personnes handicapées qui sont des interventions qui profitent généralement à tous. Les usagers souhaitent également plus d’autonomie et un accès 24/7, ce  que l’approche du libre-accès vise à satisfaire notamment avec un ensemble d’aménagements et d’équipements (des automates de prêt, chutes intelligentes et puces RFID). De plus, l’espace doit être aussi lisible que possible assurant aux usagers une compréhension et une appropriation naturelle des lieux et de leur structure en vue d’une meilleure utilisation des services. La signalétique implique désormais des panneaux d’affichages dynamiques et des signaux numériques de même que des repères vocaux. Dans certains cas, on repense également l’organisation des ressources afin de faciliter le bouquinage, le butinage, la navigation en bibliothèque, parfois en adoptant en tout ou en partie des systèmes empruntés aux librairies. Enfin, puisque la bibliothèque est appelé à se déployer hors-les-murs pour rejoindre les clientèles difficiles d’accès, l’impact sur l’espace de stockage et celui dédié au personnel assurant les services mobiles est à prévoir.
  4. varié - des salles adaptées à une variété d’usagers, de style de lecteurs et d’apprenants, de documents/médias, de partenaires. La bibliothèque est un lieu pour tous et parler de « variété » constitue une traduction dans le langage de l’espace de sa vocation démocratique. Les espaces sont organisés en fonction des différents publics (enfants, adolescents, adultes, aînés, communautés culturelles, etc.). Par ailleurs, les usagers ont leurs préférences, certains apprécient la tranquillité qu’assure une bonne acoustique et une certaine intimité où ils sont à l’abri des regards; d’autres aiment le bruit, l’animation, être vus. Les apprenants ne sont pas tous les mêmes, selon les styles, on apprend mieux en groupe ou individuellement, avec des facilités pour emprunter un ordinateur ou brancher le sien. Les lecteurs vont se distribuer entre des places individuelles, des tables pouvant accueillir plusieurs personnes, des salles pour le travail en équipe, des salons de lecture, des cafés. Le registre des attentes en matière de récréation est aussi vaste que pour celles qui sont liées à l’apprentissage. Les tendances qui orientent cette variété sont influencés par le monde du divertissement, du commerce et de la technologie et proposent la création d’espaces ouverts, sociaux/collaboratifs (facilitant les interactions), émotionnels (comme prolongement de la maison et de la communauté), segmentés (différenciés par public en exploitant divers mobiliers, éclairage, revêtement, sonorité, agencement, signaux visuels, technologies ) expérientiels (aptes à véhiculer un aura positif, « hot », « fun », traduisant un certain style de vie auquel on serait bien disposé à s’identifier), inclusifs ( qui reflètent les habitudes et l’appartenance ethniques des usagers qui sont associés aux communautés culturelles) multimédias (qui élargissent ce type de collections et qui valorisent les relations intertextuelles entre le livre et les autres composantes de l’univers documentaire – musique, film, numérique, etc. Enfin, partout dans le monde, on observe un accroissement de projets de bibliothèques qui sont développés en partenariat avec d’autres institutions : universités, centre d’apprentissage, centres culturels, lieux de diffusion, écoles, centre d’affaires, d’emploi, de services sociaux. L’hypothèse de points de service gouvernementaux dans les bibliothèques de Montréal est à l’étude en ce moment.
  5. interactif - un espace qui facilite les contacts et les rencontres entre les gens ainsi qu’entre les gens, les services et les documents. Le renouveau de la bibliothèque comme centre d’information et de culture communautaire – dans la perspective du développement durable – la positionne comme un lieu privilégié pour contribuer à l’élaboration de stratégies de croissance locales et pour favoriser l’habilitation (empowerment). Des espaces sont prévus pour stimuler l’activité citoyenne et faire en sorte que la bibliothèque devienne le cœur, le pivot du village urbain. Cette orientation signifie que des salles de tailles diverses pour la formation, les assemblées, les réunions, les conférences, les événements culturels, les expositions, seront mis à la disposition de la communauté. Les divers partenariats et la présence de point de services gouvernementaux mentionnés plutôt s’inscrivent aussi dans cette foulée. Le web social, la retransmission d’événements, la vidéoconférence, etc. vont faciliter le réseautage en assurant une continuité dans les transactions et les déplacements entre les territoires physiques et numériques. Le hall comme agora et le café comme milieu de vie sont conçus comme les marqueurs de l’identité sociale de la bibliothèque contemporaine en tant que troisième de lieu.

Dans un prochain billet, la seconde partie de cette proposition et les 5 autres qualités d’un espace de bibliothèque au 21ième siècle complèteront ce portrait. J’y ajouterai aussi quelques composantes qui méritent d’être prises en compte.

Marie D. Martel

| L’image provient de la galerie de Lauren Maning sur Flickr. Il s’agit de la Yale University’s Beinecke Rare Book and Manuscript Library. Ceci n’est pas une bibliothèque publique, pourrait-on protester. Manifestement et ce pourrait passer pour un choix d’autant plus curieux que je tentais de ramener la discussion dans cette perspective. C’est juste, mais je trouvais intéressant de montrer que même lorsque les livres se font rares, si c’est ce que l’avenir nous réserve, les lieux peuvent retentir et dire encore toute l’importance qu’une communauté leur accorde. |

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