juil 09
Image trouvée ici : https://trisomie.qc.ca/a-propos/accessibilite-universelle/

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Sous ces initiales se cachent, non pas les prénoms de deux amoureux ayant convolé, mais plutôt l’implication et les partenariats des Bibliothèques de Montréal et de l’accessibilité universelle.

L’accessibilité universelle, design universel (design for all) ou conception universelle, qu’est-ce que c’est?

Sous ces expressions se cache un même principe : offrir des aménagements ou des services que toutes et tous, sans distinction d’âge, de sexe, de situation ou de handicap, peuvent utiliser.

Les Nations Unies définissent l’accessibilité universelle ainsi : « la conception de produits, d’équipements, de programmes et de services qui puissent être utilisés par tous, dans toute la mesure du possible, sans nécessiter ni adaptation, ni conception spéciale » ( Article 2 de la Convention internationale des Droits des personnes handicapées).

Ainsi on différenciera l’accessibilité simple ou l’adaptation, par exemple construire une rampe à côté d’un escalier pour permettre aux personnes à mobilité réduite d’accéder à un bâtiment, de l’accessibilité universelle où l’on construirait plutôt une entrée de plain pied que toutes et tous sans distinction peuvent emprunter.

À Montréal, l’organisme Société Logique en donne une explication claire et illustrée avec les sept grands principes du design universel.

Le Code de construction du Québec donne les règlements obligatoires à suivre lors de la conception et la construction d’un bâtiment. La Ville de Montréal possède son propre guide d’Accessibilité universelle des bâtiments municipaux, qui dépasse les exigences minimales du Code de construction. Ces normes orientent les nouvelles constructions ou rénovations importantes des Bibliothèques de Montréal, ainsi que les mises à niveau des constructions déjà existantes, lorsque nécessaire.

L’organisme Kéroul a récemment réalisé une évaluation de l’accessibilité des 45 bibliothèques montréalaises (dans le cadre du Fonds dédié en accessibilité universelle du SDIS)  afin de mieux informer les personnes ayant des limitations quant aux détails de l’accessibilité de leur bibliothèque de quartier.

Les principes de l’accessibilité universelle ne concernent pas uniquement les bâtiments, on doit aussi les retrouver dans les services, les équipements, les collections, la signalisation, les espaces particuliers, ainsi que dans la communication (incluant les sites internet) et la médiation, dans l’optique de faire connaître les bibliothèques et d’accueillir au mieux les personnes en situation de handicap, ou encore dans la sensibilisation des publics aux besoins des personnes ayant une limitation.

Plusieurs organismes et ressources peuvent nous guider lors de l’aménagement d’espaces et de services.

Les Bibliothèques de Montréal ont mis en place diverses activités et partenariats avec des organismes spécialisés en accessibilité universelle et plus particulièrement Altergo.

  • Octobre, mois de l’AU dans les Bibliothèques de Montréal a vu le jour en 2012. L’objectif de ce mois est de sensibiliser le grand public aux différents troubles et déficiences et à augmenter la fréquentation de nos bibliothèques par les personnes ayant des limitations. Une programmation de 75 activités reliées aux 5 sens et à la différence est déployée pendant le mois d’octobre. Les organismes de personnes ayant une limitation en profitent pour mettre plusieurs de ces activités à leur programmation et faire ainsi découvrir le plaisir de fréquenter leur bibliothèque à leurs membres.
  • La grande séduction des Bibliothèques de Montréal en accessibilité universelle est un événement qui vise à faire la promotion des services adaptés mais aussi de l’offre de service plus récente des bibliothèques trop souvent méconnue. Ainsi, les organismes et personnes ayant des limitations sont invités à cet événement et il leur est fait la promotion des services et équipements disponibles : livres en gros caractères, livres audios, jeux adaptés, loupes numériques, logiciel d’agrandissement d’écran. Les collections et équipements moins connus tels que le biblio-courrier, les fablabs, la bibliothèque numérique ou encore les vélos-pupitres sont également présentés aux participants à la grande séduction.
  • Marches exploratoires : plusieurs marcheurs ayant une limitation différente déambulent dans une bibliothèque déterminée afin d’exprimer des recommandations quant à ses services
  • Enfin, chaque automne, une formation est déployée par Altergo auprès du personnel afin que chacun soit mieux outillé pour accueillir les personnes ayant une limitation en fonction de leurs spécificités et ainsi mieux les servir.

Voici également une veille qui s’intéresse aux questions que pose l’accessibilité universelle dans nos institutions, qui propose des façons de changer certaines pratiques, d’améliorer certains lieux ou symboles bien connus :

  • The Accessible Icon Project : le symbole international d’accessibilité universelle (le célèbre personnage assis sur sur un fauteuil roulant en blanc sur fond bleu) a été créé en 1968 et on le doit à Susanne Koefoed. En 2009, les américains Brian Glenney et Sara Hendren commencèrent à réfléchir à un symbole plus vivant après que cette dernière en ait vu un différent au MoMA.
  • bibliotheque-inclusives.fr : un site français qui s’adresse aux professionnels des bibliothèques et leur propose des ressources en liens avec l’accueil pour tous. On parle ici de différents handicaps, mais aussi des personnes éloignées des bibliothèques de par leur statut socio-économique, l’emprisonnement, l’illettrisme.
  • Tactile Studio : rendre l’art accessible à tous, c’est ce que fait Tactile Studio en utilisant les principes du Design for All. Ils conçoivent ainsi maquette, signalétique, reproductions à toucher de sculptures, s’adressant premièrement aux personnes avec un handicap visuel, mais qui interpellent finalement tous les publics.
  • Pictos en bibliothèques : un projet qui a vu le jour en Bretagne (France) suite au désir de “de pouvoir utiliser une signalétique adaptée pour les personnes en situation de handicap, notamment pour les personnes en situation de handicap intellectuel, et plus largement pour toutes les personnes en difficulté avec la lecture.” Les pictogrammes issus de ce travail sont accessibles pour les bibliothèques du monde entier, avec ou sans texte.
  • Fablab et handicap : si cette ressources ne s’adresse pas directement aux bibliothèques, elle intéressera tout de même toutes celles qui ont développé un lab dans leur bâtiment. Ce guide aborde entre autres l’empowerment et l’autonomie que les fab labs peuvent générer pour les personnes en situation de handicap, ou bien encore comment ils peuvent participer à changer le regard qui est porté sur eux, ainsi qu’à briser leur isolement.
  • Signes de bibliothèque : ressource française en LSF (langue des signes française), donc différente de la LSQ (langue des signes québécoise), qui en 64 diapositives issues d’un partenariat entre une médiathèque et les élèves sourds d’un lycée français, offre tous les mots et expressions utilisés en bibliothèque : conte, remboursement, science-fiction, réservation, etc. À quand la même chose en LSQ?

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