fév 16

Photo d'un jeune à l'étude
«Nul homme ne peut justement en censurer ou en condamner un autre, car, à la vérité, nul homme n’en connaît vraiment un autre».
[Thomas Browne]
Extrait de Religio Medici

Du 20 au 26 février se tient la Semaine de la liberté d’expression, organisée par le Freedom of Expression Committee of the Book and Periodical Council (BPA). Elle vise à célébrer la liberté d’expression de même qu’à engendrer des discussions quant à la censure, son étendue et ses impacts.

L’année 2011 en sera une à surveiller de ce côté. Au Québec, pourrait débuter en septembre le procès en diffamation de l’éditeur Écosociété (qui qualifie la démarche de poursuite-baîllon), intenté par la société aurifère Barrick Gold suite à la parution de Noir Canada.

À suivre également, le retour du projet de loi américain surnommé Internet « kill switch », qui donnerait au gouvernement la légitimité de restreindre l’accès à Internet dans le cas d’une cyber urgence.

Bibliothécaire vs. Censure

Sauriez-vous rapidement reconnaître un censeur potentiel? Comment réagiriez-vous pour traiter et documenter une plainte d’un usager par rapport à un document ou à son emplacement dans une section? Appelleriez-vous des alliés en renfort? Et si la police s’en mêlait? Un guide de survie pour les bibliothécaires et autres diffuseurs du livre tente de  répondre à de telles questions en proposant quelques stratégies et trucs pour contenir et, dans certains cas, prévenir la censure. Parmi les outils de choix, on note l’importance de pouvoir s’appuyer sur une politique de développement des collections qui a prévu le coup. Plusieurs extraits de politiques de bibliothèques publiques sont donnés.

Censure? Pas dans ma cour!

Des associations ou groupes dénoncent les cas de censure et/ou de contestation en facilitant leur recensement, de même qu’en publiant les résultats :

Aux États-Unis:

Au Canada:

Au Québec:

Jadis, sur le site de l’UNEQ, il était possible de consulter un dossier sur la liberté d’expression, lequel contenait un canevas pour le signalement de cas de censure. Cette section est maintenant introuvable dans la version actuelle du site. Même absence de ce type d’outil du côté des sites web des principales associations québécoises en lien avec la profession de bibliothécaire.

Serait-ce que trop peu de cas sont soumis? Aux États-Unis, où les demandes de censure – et la résistance – sont plus nombreuses et organisées, ALA estime de 20 à 25% le nombre de contestations rapportées. Qu’observez-vous dans votre bibliothèque? Avez-vous eu affaire à de tels cas au cours de la dernière année? Quels étaient les titres et les raisons évoquées pour demander leur retrait ou leur déplacement? Seriez-vous enclins à les rapporter et à suivre les cas de demande de censure si un organisme québécois se chargeait de récolter les données?

Libre de lire

La Semaine de la liberté d’expression donnera lieu à de belles initiatives, personnelles ou collectives, telles des discussions avec des auteurs, des pubs d’Ipad modifiées, des top-10 des raisons les plus tirées par les cheveux pour censurer des titres et des expositions faisant bon usage de ruban jaune et de sacs de papier bruns, notamment.

À ces initiatives s’ajoute Libre de lire, un projet indépendant de bibliothécaires voulant célébrer la liberté d’expression et de lecture. Joignez les lecteurs qui prennent la pose avec un livre contesté, banni ou tout simplement qu’ils sont fiers de lire. Cette semaine est le moment opportun pour lire une œuvre de son choix. Et s’afficher avec.

Passez le mot. Passez le livre.

| L’image Studying Hard provient de la gallerie de Brendan Dean sur Flickr |


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5 commentaires pour “Lecture censurée : bien pire qu’une lecture obligatoire”

  1. Tweets that mention Lecture censurée : bien pire qu’une lecture obligatoire -- Topsy.com a dit :

    [...] This post was mentioned on Twitter by Silvae, marie d. martel. marie d. martel said: [Guide de survie] Lecture censurée : bien pire qu’une lecture obligatoire http://bit.ly/fERYxG #semaine_liberté_d'expression #libredelire [...]

  2. Vanessa Allnutt a dit :

    Pour votre information, d’ici quelques mois, je déposerai mon mémoire de maîtrise sur les attitudes des bibliothécaires québécois face à la liberté intellectuelle et la censure dans les bibliothèques publiques. J’y présenterai les résultats des onze entrevues que j’ai menées auprès de bibliothécaires travaillant dans la région métropolitaine de Montréal. De nature qualitative, cette étude devrait permettre de mieux comprendre toute la complexité de ce phénomène, qui appelle des positions souvent équivoques.

  3. amélie harbec a dit :

    des exemples comme les tentatives de Sarah Palin pour faire interdire certains livres à la bibliothèque (http://www.time.com/time/politics/article/0,8599,1837918,00.html) démontrent bien l’importance d’une telle semaine.

  4. Véronique Dupuis a dit :

    Pour le récit d’une expérience montréalaise et des conseils, voir le blogue scribouille:
    http://biblio-scribouille.blogspot.com/2011/02/lodeur-de-la-censure.html

  5. « Get out there and argue for one position  « Bibliomancienne a dit :

    [...] Par ailleurs, la censure dans le domaine de la technologie de l’imprimé, c’est une dimension. J’attends encore que quelqu’un s’affiche avec une sorte de « libre de lire sans DRM »… Car, bien que nous ayons, pour le moment, focuser sur le contexte du livre sur  Libre de lire, l’enjeu de la liberté d’expression rejoint celle de la liberté d’information et de l’accès dont les bibliothèques sont aussi d’irréductibles défenseurs. Alors que les bibliothèques offrent désormais des ressources et des services en ligne, ces enjeux ont pris des proportions énormes et complexes. À ce sujet, je vous inviterais à consulter un des derniers numéros de Library Technology Reports (novembre/décembre 2010) sur le thème Privacy and Freedom of Information in 21st-Century Libraries qui abordent les réseaux sociaux, les contenus créés par les utilisateurs et les questions que ces environnements soulèvent en termes d’accès, de propriété, de vie privée. Le numéro examine également  la question du filtrage de l’internet et celle du RFID ( en liant avec la problématique de la gestion des renseignements personnels). J’attire l’attention en particulier sur l’article de Barbara Jones qui se penche sur les aspects globaux de l’information : « As the free flow of information transcends national boudaries, it become increasingly clear that prohibitions in one country will inhibit the freedom of those in many other countries of the world.  » Cette discussion nous  rappelle l’épisode sordide des oeuvres de Camus diffusées par Les Classiques des sciences sociales que l’on a connu récemment…et ce n’est qu’un début. On aura souvent l&#… [...]