oct 04

Nous étions une délégation de plus d’une vingtaine en visite à la Toronto Public Library pour accéder de manière privilégiée à ce réseau aussi performant qu’innovant au plan de la planification et du développement de l’infrastructure physique et numérique comme au plan des services. L’accueil qui nous a été réservé et l’information qui nous a été transmise ont été rien de moins que exceptionnels.

IMG_0094Toronto Public Library, le plus gros réseau urbain au monde avec ses 99 bibliothèques, dessert 2,5 millions de personnes dans des voisinages et des communautés fortement diversifiées.

Établi depuis 1884, le développement initial a profité des initiatives du mécène Carnegie.

Le personnel compte 2 500 personnes.

Le réseau est organisé selon une structure pyramidale avec à sa tête 3 bibliothèques de référence et de recherche, comme autant de Grande bibliothèque, 17 bibliothèques de district et 79 points de service.

La planification stratégique s’articule autour des objectifs suivants :

  • Engaging Toronto’s Diverse communities
  • Addressing the Growing Income Gap
  • Expanding Access to Technology and Online Services
  • Supporting Creativity and Culture
  • Supporting a sustainable Library

L’usage des ressources numériques, ebooks, eAudiobooks, eMusic and evidéo a connu une hausse de 88% en 2009 – en même temps, le taux d’emprunt des ressources matérielles n’a jamais été aussi élevé et représente encore 62% du prêt total. Et, alors que la demande pour des formats traditionnels se maintient, celle-ci doit trouver un équilibre avec la demande pour divers nouveaux formats émergents, pour des contenus en différentes langues, pour les ressources numériques. Cela signifie aussi que, lorsque l’on acquiert un titre populaire comme Lost Symbol de Dan Brown, on ajoute à la collection, le livre, le livre audio, les gros caractères, le livre parlant, le livre parlant électronique et le livre électronique.

Dans un contexte économique difficile, l’emphase a été placée sur les programmes de carrières et d’emploi. Et comme les immigrants se trouvent particulièrement touchés dans ces périodes de crises, des efforts importants ont été investis pour les soutenir.

Un nouveau site a été lancé il y a quelques trois semaines qui visent, à l’aide d’un outil de recherche d’une grande puissance, à présenter une approche intégrée des services. Ce site a vu le jour après un exercice de consultation publique qui s’est déroulé pendant plus de 6 mois par le biais, notamment, d’un sondage en ligne qui a apporté 5000 réponses. En 2009, le nombre de visites virtuelles (23 393 026) dépassaient significativement le nombre de visites sur place  (17 554 470).

La stratégie web de Toronto repose également sur un engagement auprès des usagers par l’entremise des médias sociaux, comme l’explique avec aplomb Jane Pyper, la City Librarian. Telling our story, dit-on, pour faire sens de l’utilisation du web social qui est envisagé comme une manière de se rapprocher de la communauté et de raconter son histoire: le récit des gens à travers la bibliothèque et celui de la bibliothèque, à travers les gens. Outre les pages Facebook, Twitter, Flickr, YouTube, on compte une vingtaine de blogues tenus par des bibliothécaires qui sont mis en valeur et repérables à partir du nouveau site. Le club de lecture en ligne Book Buzz a enregistré plus 1000 commentaires pendant la période estivale. La capture vidéo de nombreuses activités, notamment des rencontres avec des invités de prestige de la Toronto Reference Library sont disponibles sur YouTube.

Le service à la clientèle s’est amélioré par le biais du libre-accès: 9 succursales ont installé le Self-Service Express Check-Out. 75 % des transactions sont effectués par ce biais.

L’aménagement des nouvelles bibliothèques est stratégiquement structuré en fonction du libre-accès, du marketing des collections et de la mise en place d’espace sociaux et interactifs.

Une des dernières bibliothèques rénovées, la succursale Kennedy-Eglinton ProTech Media Center, comme son nom l’indique, s’est inscrite dans le tissu urbain comme une destination pour les nouveaux médias qui vise les jeunes. Intégrée dans un mall, au coeur d’un quartier défavorisé, elle offre, entre autres, des formations sur les arts médiatiques, l’édition vidéo, la production de sons, les notions de base touchant l’ordinateur et l’Internet. La réponse est de la communauté est amazing : 4000 inscrits à ces programmes depuis l’ouverture de ce lieu en avril.

Après ce billet qui présente les highlights de la Toronto Public Library, d’autres suivront portant sur les meilleures pratiques de cette institution en matière d’aménagement, de marketing des collections et de libre-accès.

Marie D. Martel


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4 commentaires pour “La bibliothèque est un Community Hub à Toronto”

  1. Tweets that mention La bibliothèque est un Community Hub à Toronto -- Topsy.com a dit :

    [...] This post was mentioned on Twitter by Silvae, françois bon. françois bon said: @bibliomancienne merci pour http://bit.ly/9XWxB6 mais aurais préféré suite récit aventures retour avec truckers ? [...]

  2. Espace publique numérique et musique libre « Bibliomancienne a dit :

    [...] (avec, entre autres, ses services de The laptop doctor et de The moving laptop class room) et celle de Toronto avec sa succursale ProTech Media Center dont la programmation repose essentiellement sur les [...]

  3. Bibliobsession » Médiation numérique à la bibliothèque de Toronto a dit :

    [...] rebondis sur le billet de l’excellente Bibliomancienne de Montréal pour mettre en avant la stratégie de médiation numérique de la bibliothèque de Toronto qui se [...]

  4. BIBLIOGRAPHIE « L'univers de Sorel-Tracy, … sans frontière !!! a dit :

    [...] bibliothèque est un Community Hub à Totonto => http://espaceb.bibliomontreal.com/2010/10/04/la-bibliotheque-est-un-community-hub-a-toronto/Quelle http://ple-consulting.blogspot.com/2011/03/quelle-bibliotheque-pour-demain.html bibliothèque pour [...]