Depuis 3 semaines, j’utilise le Cybook Gen 3 de Booken. C’est le premier lecteur de livres électroniques en vente légale au Québec puisqu’il est à ce jour le seul appareil à respecter la Loi 101 sur l’affichage en français. On m’informe cependant qu’un lecteur Sony devrait être disponible d’ici l’été 2009.
Ce livre électronique est vendu par la Société Bookeen, une entreprise française liée au consortium Nemoptic qui dirige un projet appelé Système de lecture Nomade (SYLEN).
C’est en novembre 2007 que le Cybook est apparu sur le marché. Il fait partie de cette nouvelle génération de lecteurs basés sur la technologie de l’encre électronique (E-ink) tel le Sony Reader, l’iLiad, l’Amazon Kindle et le Readius. Cette technologie permet la création de quatre champs électriques qui sont appliqués au-dessus d’une microcapsule créant six combinaisons de blanc et de noir (blanc 100%,75% blanc et 25% noir, 50 % blanc, 50% noir, 25% blanc, 75% noir et 100% noir) permettant ainsi une lisibilité comparable à celle de la feuille de papier. La technologie E-Ink demande très peu d’énergie pour fonctionner. Ainsi, le Cybook permet 8 000 rafraîchissements d’écran par chargement soit l’équivalent de 8 000 pages à lire avant l’épuisement des piles. Il est aussi moins fatigant pour les yeux puisqu’il n’y a pas d’affichage rétroéclairé. Il permet de grossir les caractères, grâce à un menu contextuel, jusqu’à 24 picas. On peut y entreposer des centaines de livres. Une mini-bibliothèque dans le creux de la main. Le Cybook utilise le format propriétaire Mobipocket, une entreprise française achetée par Amazon en 2005.
Cet appareil permet de télécharger des livres électroniques (en format Mobipocket, PDF, HTML, TXT et PalmDoc), des images (en format JPG, PNG et GIF), de la musique (en format MP3) et des polices de caractères (en format TrueType).
Sans trop vouloir approfondir les questions techniques, disons que l’apprentissage de son utilisation est somme toute assez simple lorsque l’utilisateur se contente d’utiliser le format Mobipocket pour les livres électroniques. Par ailleurs, les différents boutons, plutôt petits, utilisés pour se déplacer ne sont pas très ergonomiques. Ils obligent le lecteur à des va-et-vient fréquents et à « pitonner » de nouveau. On a intérêt à avoir de petites mains avec de petits doigts. Les délais pour accéder au contenu des livres lors de la mise en fonction de l’appareil, sont de quelques dizaines de secondes qui semblent toujours trop longues aux utilisateurs. De même, le changement de page qui est de moins d’une seconde, soit le temps de tourner une page imprimée, semble également long. L’appareil permet de marquer une page et d’y revenir rapidement. Lorsqu’on retourne dans le livre, il se positionne automatiquement à la dernière page accédée. Cependant, cette version du Cybook ne permet pas de surligner le texte, ni d’écrire des commentaires dans les marges.
Cet appareil tout en permettant une lecture confortable des livres est tout de même cher puisqu’il coûte plus de 390 $ taxes incluses sans les extra tels l’étui, les écouteurs, etc. Les rabais annoncés sur le prix régulier des livres téléchargés sont d’environ 15 à 30% du prix. Le coût de l’appareil se rentabilise après 25 à 30 livres achetés.
L’appareil fonctionne très bien avec le format Mobipocket. Cependant, il est moins fiable pour les formats PDF. J’ai téléchargé des livres provenant de différentes sources et le comportement de l’appareil fluctuait. Dans certains cas, le formatage m’obligeait à passer en lecture horizontale parce que le texte dépassait sur les côtés en lecture verticale. J’ai suivi les conseils recueillis sur le Web d’utilisateurs recommandant de télécharger le logiciel Mobipocket Creator et de convertir les livres téléchargés. Dans certains cas, cela a réglé le problème du formatage, dans d’autres non. Mais déjà, toutes ces conversions de fichiers exigent des connaissances et des habiletés en informatique pour les effectuer. Ce n’est pas ce qu’on appelle une technologie des plus conviviales. J’ai également pu télécharger dans le lecteur un fichier Word que j’avais créé à l’aide de mon portable.
Un aspect important du prêt de ces appareils est la question légale. Ces appareils permettent le téléchargement de livres électroniques peu importe le respect des droits d’auteur. Cette responsabilité revient à l’utilisateur telle l’utilisation des ordinateurs en bibliothèque. Ainsi les bibliothèques ne devront-elles pas gérer les contenus des appareils prêtés afin de s’assurer du respect des droits d’auteur? Ne devront-elles pas prendre des mesures pour interdire les téléchargements illicites puisque ces appareils permettent le téléchargement de la musique (MP3) et des images (JGP) ? Faudra-t-il bloquer les appareils une fois le contenu fixé par les bibliothécaires ? Un beau dilemme alors que nous sommes des médiateurs et des passeurs et que notre rôle devrait plutôt être celui d’initier les citoyens au respect des droits des créateurs que celui de censeur ?
Une solution à envisager. Une expérience française menée en 2002 dans les bibliothèques de la région Rhônes-Alpes qui consistait à prêter des lecteurs de livres électroniques aux usagers, a révélé un grand intérêt du public et des professionnels. Et cela, malgré les problèmes techniques rencontrés lors du téléchargement des livres électroniques et le temps perdu à régler ces problèmes. À cette occasion, les bibliothèques ont fait signer aux utilisateurs un contrat qui rappelait les modalités de prêt et qui fixait un montant maximal de responsabilité à l’usager en cas de perte ou de bris de l’appareil.
Je lance la discussion. Les bibliothécaires de Montréal sont-ils prêts à tenter une telle expérience et à mettre en place un tel service aux citoyens ?
Michel Claveau
Chef de division des activités regroupées – bibliothèque Ville de Montréal
Vous pouvez consulter les documents suivants pour en savoir plus sur le sujet.
ENS-Lyon. Les bibliothèques et le livre électronique ; panorama, enjeux, avenir.
Bélisle, Claire. Lire avec un livre électronique : un nouveau contrat de lecture ?
Source : http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/docs/00/06/21/71/HTML/index.html
Lectures complémentaires :
Les articles sur le papier électronique, le livre électronique et le Cybook dans WikipédiA.
Epelbin, Fabrice. EBook : l’édition connaîtra-t-il le même sort que la presse ?
5 commentaires sur l'article « Un premier lecteur de livres électroniques sur le marché québécois: le Cybook Gen 3 de Booken »
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Vous trouverez sur mon compte Delicious une vingtaine de sites qui offrent des livres électroniques gratuits
http://delicious.com/lujodoin/répertoires+ebook
N’hésitez pas à me signaler vos découvertes, je les ajouterai à ma liste.
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Bonjour
Juste pour vous signaler qu’au Québec, il existe une maison d’édition qui ne fait que cela. Des livres originaux conçus uniquement pour les liseuses.
http://robertneveutpaslire.com
bonne lecture
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Salut Michel,
J’ai aussi testé le Cybook offert par Archambault et j’ai finalement opté pour le Reader de Sony.
Question d’ergonomie. Les boutons, le menu, la manipulation quoi… tout est conviviale. Pas d’hésitation ni de questionnement, clair et simple, suffit de cliquer.
Téléchargement facile et format PDF accessible… un lecteur numérique de qualité.Évidemment, malheureusement, je télécharge en anglais. Malgré la FNAC qui endosse le Reader et Gallimard qui suit.
En Euro, l’offre reste maigre, c’est franchement trop cher payé.Le livre numérique est-il encore un bidule made in USA?
On en parle beaucoup en France et au Québec mais les contenus? He! Les contenus?
Mon Reader est un lecteur de fiction qui se lit in English!
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La Fondation littéraire Fleur de Lys offre plusieurs livres numériques gratuits dans sa bibliothèque en ligne à l’adresse suivante :
http://manuscritdepot.com/livres-gratuits/index.htm


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